mardi 20 octobre 2020

The Banging Souls @ Deb Fest' #3 - Centre culturel de Chênée, le 17 octobre 2020

 The Banging Souls @ Deb Fest' #3 - Centre culturel de Chênée, le 17 octobre 2020

 

 Encore un organisateur qui ose, un comité qui se mouille et lève bien haut la bannière de l’entraide et de la culture qui forgent notre histoire et notre identité, non seulement aux yeux du monde mais aussi à nos yeux, alors que nos dirigeants semblent s’en détourner sans aucun remords. 

Ne vous y méprenez pas, le nom DEB et non « Dub » est un évènement résolument Rock, ça reste de la musique avant tout, pas un truc de mecs pris de convulsions devant des machines électroniques qui vomissent une kyrielle de sons plus abrutissants les uns que les autres. 

L’intérêt principal de ma venue c’était The Banging Souls, rien ne sert de le cacher, je suis un fan absolu, ce qui n’empêche pas la critique constructive quand c’est nécessaire. N’empêche que j’ai fait des découvertes intéressantes avec Minor / Minor et Thomas Frank Hopper. Tête d’affiche de l’évènement, The Banging Souls prend la scène avec une bonne demi-heure de retard, chose inhérente à toute manifestation lors de laquelle une manutention de matériel est nécessaire. En backstage, on ressentait une certaine nervosité, celle de renouer enfin avec les concerts, de sentir à nouveau les vibrations qui émanent du public, mais surtout cette volonté qu’ils ont de donner et de partager leurs âmes et de mettre leur cœur à nu, offrande suprême à ce public qui s’est déplacé malgré l’ombre du corona virus qui plane comme une ombre maléfique sur chacun d’entre nous. Comme pour tous les groupes qui renouent enfin avec le spectacle, on sent une certaine tension dans les rangs du trio namurois mais après une dizaine de minutes, les rouages se remettent à tourner et la machine se lance à plein régime, le public ne s’y trompe pas et porte le band à ébullition. Les trois visages du cerbère musical ruissellent de sueur, les corps se déhanchent, les notes tranchent l’espace sidéral comme des lames de rasoir. On monte vers les sommets. Oui, il y a bien eu quelques petites notes bleues, un accord ou l’autre qui cherchait sa place mais ce n’est rien en comparaison de ce que Ludwig, Pierre et Gaëlle nous ont donné : Leurs âmes!

 Superbe version de “Come Together” des Beatles avec deux musiciens de Minor / Minor en guests, et ça dépote mes amis, et ce sont des potes qui nous donnent tout ce qu’ils ont parce qu’ils sont comme çà. Ils ont joué comme si c’était la dernière fois, car personne ne sait de quoi demain sera fait. Merci à Pierre et à Ludwig pour les lifts et l’invitation, merci à ma sister Gaëlle pour trouver à chaque fois les mots qui me font tant de bien. 

See You soon, 

I know it. 

 

 Mitch « ZoSo » Duterck

lundi 19 octobre 2020

Laura Perrudin • Soren Canto à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc , le 17 octobre 2020

Laura Perrudin • Soren Canto à Bonjour Minuit, Saint-Brieuc , le 17 octobre 2020


Durcissement des mesures sanitaires pour enrayer le Covid-19, à Bonjour Minuit, plusieurs sièges sont marqués d'une croix, le public cède-t-il à une sorte de panique, car à 21h, la pièce est loin d'afficher complet alors que l'affiche proposée était des plus tentantes, deux artistes bretons,  qualifiés d'audacieux dans leur démarche musicale,  Laura Perrudin et Soren Canto.

Loin du macadam commercial, la dame de Rennes et François Colléaux, alias Soren Canto, ex- Fieffé Fou, ( Douarnenez), empruntent des sentes semées d'embûches où les ornières sont légion.

 Soren Canto.

Sur scène un malin kora,  un synthé, des claviers, un outillage electro ( échantillonneur, boucleur ...) attendent l'arrivée des artistes.

François rapplique, un timide salut avant de proposer un poème de Jean Vasca débutant ainsi ... J'ouvre des portes, comme on s'ouvre la poitrine en plein soleil,pour mieux respirer toute la viande de l'espace qui bourdonne....

Il s'accompagne à la kalimba, aux sonorités douces et harmonieuses caractéristiques.
Mise en route du synthé et quelques notes de piano, la fable prend de la consistance, l'approche évoque Léo Ferré et quand, arrivé au terme du texte, il débite ...
Je suis une île de face,
une île éclatée,
et J'AVANCE... tu te souviens que Léo avait acquis l'île du Guesclin près de Saint-Malo.
Marc Lardoux sort de coulisses pour s'installer à la kora, le duo amorce ' Mutine' , l'histoire 'un amour carcéral.
Une pièce envoûtante et sensible.
Le blues ' Minimalement' fait l' éloge de la sobriété, ensuite pince-sans-rire, le manieur de mots aux cheveux ébouriffés, annonce que d'accoutumée ses compositions sont empreintes de  groove purulent et flirtent avec le funk, ils ont été adaptés pour les concerts assis.
On n'était pas obligé de le croire, il a enchaîné sur le downtempo délicat   'En Nous' un premier extrait du EP  'En mode avion'.
T'as prêté attention au texte et, forcément, t'as entrevu Marilyn lorsque t'as cru entendre  ma rivière  est sans retour .
Exit Marc et changement de style, 'Les Oiseaux' voltigent au dessus des berges du Kourou  sur fond electro.
Il récupère le lamellophone et propose l'impressionniste  ' A refaire' avant de passer au morceau qui a donné son titre à l'EP  ' En mode avion', qui  décrit un monde où désormais tout va trop vite.
Bizarre de faire l'éloge de la lenteur sur une toile ' dance'.
Désolé de casser l'ambiance avec une chanson de rupture, 'Il ne reste rien' bouillonne et joue la carte  musicale indus.
Les plantes saxicoles ont causé la ruine de Rome, le savais-tu?
Soren Canto nous l'apprend, ce n'est pas commun de chanter les plantes qui percent sans racines, Soren Canto n'est pas commun!
Retour de Marc pour finir le set par une suite acoustique, 'Polarité a été composé par Gabriel de Villeneuve, du groupe La Goutte, polarité ou comment marier l'amour et l'électricité, et 'Echouer à l'aube' une autre pépite qui sonne comme du Feu!Chatterton.
 
Un récital apprécié, les plages acoustiques, s'adressant à l'âme, tenant superbement la route!

Laura Perrudin.
La chanteuse,  harpiste, compositrice, productrice et auteure vient de réaliser un troisième album solo . 'Perspectives et avatars' succède à  'Impression' ( 2015)  et  à 'Poisons et  Antidotes'( 2017).
Onirisme, originalité, expérimentations, éclectisme, maîtrise technique, étaient quelques uns des termes utilisés par les critiques analysant les premiers ouvrages,  'Perspectives et avatars' ne va pas déroger aux règles instaurées par une artiste intransigeante qui s'est fait construire sur mesure une harpe chromatique/électrique  par le luthier Philippe Volant.
Je serai seule sur scène, déclarait Laura, seule, mais pas démunie, ses richesses: la fameuse harpe, un maillet, un looper, des pédales à effet, une tige métallique,  différents amplis, une caisse claire reliée aux machines...bref tout un attirail lui permettant de bricoler une texture sonore qui ferait pâlir
Einstürzende Neubauten et autres bruitistes, fameux, style John Zorn, ou inconnus, comme IRèNE  ou encore  les pionniers, Pierre Henry et Karlheinz Stockhausen.
La blonde dame se présente, concentrée, pour ébaucher une amorce avant-garde, la voix, claire, précise, s'élève ' Well, they lied' est sur les rails.
Fingersnaps, boucles, effets liquides, ce trip hop jazzy a tôt fait de plonger l'auditeur dans l'univers particulier de la chanteuse qui nous expliquera que chaque titre de l'album est chanté à la première personne, mais il ne s'agit pas d'une autobiographie, ce sont douze personnages, improbables, qui se confessent, ainsi pour la première plage, c'est une grenouille ayant pris Monsieur Météo en grippe qui s'exprime.
Fondu enchaîné,  et fausse queue, je reprends, elle martyrise la harpe d'un coup de maillet, met en boucle et d'une voix trafiquée entame 'The W Word'  au flow hip hop irrésistible.
Puis vient l'histoire de l'oiseau ayant installé ses pénates en ville, 'Country townie bird',  les teintes asiatiques renvoient à la fois  vers Björk,  Bat for Lashes, Laurie Anderson ou tUnE-yArDs.
'Inks', au texte répétitif et phrasé rap, est extrait de 'Poisons and Antidotes', cette encre n'est pas vraiment celle utilisée par Francis Cabrel nqui a trempé sa plume dans l'encre des yeux de celle qu'il aime.  
Saint-Brieuc, prêts pour requiem chanté du point de vue du défunt, un lapin écrasé?
Une voix sépulcrale amorce 'From one dark side to another' , et tu te mets à penser à Billie Holiday qui, revenue parmi nous, s'essaye au trip hop.
Renversant!
Le trip se poursuit sous la neige, voici le feutré ' Follow Snow' ... à la recherche du silence perdu, merci Marcel. 
Elle se lance dans une séquence de vocalises acrobatiques, actionne le looper et attaque ' Le Poison', un nouvel extrait  ( en français) du second volume de ses oeuvres.
Quand  Baudelaire s'abandonne à l'absinthe...
La harpe sonne comme une contrebasse, 'MetaSong' est certainement la plage que les puristes du jazz apprécieront le plus, malgré l'apport électronique marquant.
Même les chansons se posent des questions, ajoute la jongleuse qui embraye sur 'Light players' , une aquarelle new age  où le flou domine.
Peut-être le titre le plus proche de cette autre harpiste de talent, Joanna Newsom.
Avant de prendre la direction du bar, où je viendrai marchander mes CD's à votre table,  j'interprète  le hip hop 'Push Me' ( Philippe Katerine en voix off), qui traite des enquêtes, laborieuses, s'enquérant de l'indice de satisfaction après un service quelconque ou l'achat d'un objet inutile.
 
 
C'est gentil de me rappeler, je compte sur votre participation pour assurer le fond liturgique du traditionnel folk  ' When I was a youg girl' ( Barbara Dane) que je compte vous chanter a capella.
Elle peut tout faire, Laura, et toujours avec grâce! 
 




 


 

 

 

 

Bruce Springsteen and The E Street Band - Candy's Room extrait de Darkness on the edge of town 1978

 Bruce Springsteen and The E Street Band  - Candy's Room extrait de Darkness on the edge of town 1978

 

Flashback.

Considérations en période de (post)-confinement... par NoPo!

 

 

BACK TO BEFORE AND ALWAYS
Bruce SPRINGSTEEN Candy's room extrait de Darkness on the edge of town 1978
1978, après avoir lu que SPRINGSTEEN était le futur du rock, j'emprunte le divin vinyle de 'Darkness on the edge of town' à une copine dont le frère détient une collection à en faire pâlir plus d'un... et en effet je change de couleur.
Toutes les dernières sorties (avant l'autoroute du tout venant commercial) que j'aurais aimé avoir en ma possession trônent à la verticale sur une commode... pratique! Bizarrement, mes yeux s'y accrochent plus qu'aux jambes de la copine.
Je n'y touche pas et pourtant je prends une claque... mais pas par la demoiselle.
Drôle d'effet loin d'être éphémère, j'en prends une 2è, grâce à Antoine de Caunes qui diffuse 'Rosalita' en live de folie sur Chorus. Je comprends alors d'où vient le surnom du patron, car il faut le voir, à genoux, haranguer le lion noir Clarence (feu Mr Clemons) pendant son solo de sax d'anthologie!
1980 parution de 'The river', mon meilleur pote me rabâche que rien ne vaut Bruce et Bob Dylan (encore aujourd'hui, ma meilleure pote me le répète...).
Je tends la joue à une 3è claque. Je rugis, je rougis, je change encore de couleur. Ce double album varié, bien écrit et puissant me promène avec une force indescriptible ('Point Blank' poignant).
Difficile d'extirper un titre dans cette discographie si riche et longue à défiler mais je fais une pause sur 'Candy's room'.
Un beau ténébreux imberbe à chevelure noire, cuir négligemment ouvert sur un t shirt blanc, mains dans les poches du blouson (sans les pouces), pose fièrement devant des persiennes fermées couleur glauque.
Appuyé négligemment sur l'angle d'un mur à tapisserie vieillotte, son regard toise, avec virilité, l'objectif. Quel est le sien?
Son nom et celui de l'album frappés comme sur ancienne machine à écrire, recouvrent en partie l'arrière plan en haut à gauche.
'Darkness on the edge of town'
L'album remarquablement équilibré groupe 5 titres sur chaque face pour la durée idéale de l'époque, une quarantaine de minutes. 'Obscurité au bord de la ville', même sombre, l'ensemble percute voir uppercute, je protège ma joue!
'Candy's room' frappe déjà par son titre simple et direct et ramène à la surface 'White room' de Cream.
Comme toujours chez l'artiste, les paroles s'imprègnent de la vraie vie, et souvent de la vie difficile de gens qui veulent, malgré tout, croire à des jours meilleurs.
Candy fréquente beaucoup d'hommes mais le narrateur se persuade qu'il est le seul qu'elle aime et il la veut. La vérité est suggérée mais pas imposée, d'ailleurs, mon interprétation n'engage que moi... mais... Pour atteindre la chambre de Candy, il faut traverser un couloir rempli d'ombre et la tristesse se cache dans son joli visage.
Le morceau démarre sur les chapeaux de roue avec une frappe ultra rapide sur la charley fermée, où viennent rebondir doucement les notes de piano de Danny Frederici et glisser la voix du Boss d'abord presque murmurée.
Dans une instrumentation subtile, des clochettes (ou glockenspiel) se fondent au piano léger. Le vrai chant commence dans le ton du passage sur la tristesse 'There's a sadness hidden in that pretty face'
avant de s'emballer sur 'We kiss...' avec un déboulé batterie-basse (Garry Tallent). L'accent insistant porte sur certains mots comme un souffle lourd pendant une course, avant l'explosion sur le simili refrain (la structure de la compo n'est pas traditionnelle) 'Baby if you want to be wild' où les instruments soudés font bloc dans un instant rugissant puis le galop reprend.
A mi- morceau, tel un coup d'épée dans une bataille, la guitare de Steve Van Zandt tranche ferme, accompagné par les puissants moulinets de massue par Max Weinberg toujours étonnamment droit.
Et juste après que Bruce ne déclame avec assurance en une phrase fragmentée '... they don't see- that- what she wants- is me', il enchaîne sans coup férir, 30 secondes de la même mitraillette qu'à l'ouverture mais sur la caisse claire cette fois.
Avant d'écrire les paroles, ce morceau s'appelait 'The fast song', 'Fast and furious' aurait été encore plus approprié!
Encore un effort au galop et derrière ça, le morceau bouillonnant s'interrompt dans un court envol de guitare partant d'un nid de clochettes et de piano. 2'48, Trop court!
SPRINGSTEEN écrit toujours des morceaux intenses qu'ils soient rock, folk, en balade, électriques ou acoustiques.
SPRINGSTEEN possède une chaleur profondément humaine et ne laisse le soin à personne de l'exprimer.
Assurément un homme dans toute sa force et aussi ses faiblesses et c'est bien la combinaison des 2 qui mène à ses chefs-d’œuvre.

dimanche 18 octobre 2020

Fred and The Healers - Spirit of '66 - Verviers - le 16 octobre 2020

 Fred and The Healers - Spirit of '66 - Verviers - le 16 octobre 2020 


Premier Covidconcert de l'année dans ce lieu mythique qu'est le Spirit of '66 de Verviers.
Concert assis comme l'imposent les (dé)mesures prises par un gouvernement qui continue à "con-finer". Une cinquantaine de fans s'étaient donc rués sur les quelques places disponibles. 
A certains moments, en regardant le décor dans lequel nous étions séparés les uns des autres par des parois en plexiglas, on se serait cru en terrasse sur la digue à Blankenberge, il ne manquait plus que la Rodenbach grenadine et l'assiette de crevettes ou de langoustines à décortiquer et à déguster face à la mer. Pendant plus de deux heures, Fred,armé de sa Gibson 335, Bertrand, et sa Fender Telecaster, Cédric "le bassisse" commme on dit par là et Nico derrière ses fûts de batterie vont revisiter l'inépuisable catalogue du blues et nous faire vibrer à la manière de Freddie King, John Lee Hooker ou encore Junior Wells dont le célèbre "Messin' With The Kid" a reçu toutes ses lettres de noblesse entre les mains expertes de Rory Gallagher et sa Fender Stratocaster survitaminée qui ont laissé des souvenirs impérissables dans bien des mémoires. 
Alternant les passages plus tendres avec les morceaux plus couillus, notre Fred Lani , en mode animation cabaret avec un humour qui lui est propre à fait de cette soirée un très agréable moment de bonne musique live et de détente. 
A quelques secondes près, on frôlait la Jam Funk! 
Espérons que l'expérience ne s'arrête pas là en tout cas. 
Merci à Francis Géron pour nous avoir concocté cette quasi "Private Party". 
A bientôt alors?
P.S : Les photos sont de qualité moyennes, sorry c'est pris avec un gsm.
Mitch "ZoSo" Duterck

vendredi 16 octobre 2020

Album - Maybeland de Dr Olive and the Hoperators

 Album - Maybeland  de Dr Olive and the Hoperators

 

Michel, tu dois écouter ça, Dr. Olive (  ex Little Nemo)  qui a produit mon album de Kinex Kinex a sorti un terrible disque en mars, 'Maybeland', un concept-album conçu comme une symphonie synthétique, du Chostakovitch electro.

Dr.Olive, tu dis, le dermatologue des Hauts-de-Seine.

Fous-toi de moi, Olivier Champeau peut-être considéré comme un précurseur de la French Touch, son Little Nemo ( co-fondé avec Vincent Le Gallo) est considéré comme un des bands majeurs de la post new wave parisienne, baptisée Touching Pop.

Quoi, non aucun rapport avec le Nemo arrivé en finale du Humo's Rock Rally en  1992.

Une discographie éclectique, allant des cassettes du début aux EP's, 7 inches, LP's et rééditions ou participations à des compilations.

Le groupe a vécu de 1983 à 1992 et  a été réactivé en 2008, Didier Becu (  PeekaBoo, Dark Entries et maintenant Luminous Dash) considère l'album  'Past and Future' comme un classique.

En s'installant en Belgique, Olivier Champeau devient Dr.Olive, produit des stars locales, fonde
Les Disques Bazoline, enregistre quelques albums  avec The Hoperators ( First DJ on the Moon, Screenage Boogie, Future EP...) et joue au deejay.

Maybeland est sa dernière production.

Tracklisting:

 

1 Maybeland Theme - The Maybeland Suite Part 1 4:08

2 Commercial Break #2 - The Maybeland Suite Part 2 1:04

3 Heuristic Olgarhythms - The Maybeland Suite Part 3 3:03

4 Commercial Break #2 - The Maybeland Suite Part 4 0:58

5 When Philip Came to Metz - The Maybeland Suite Part 5 2:45

6 Commercial Break #3 - The Maybeland Suite Part 6 1:30

7 Everblue - The Maybeland Suite Part 7 7:10

8 Swing Song Along 3:33

9 The Fat Lady of Limbourg 5:41

10 Germanium (Parts I, II, III) 11:15

I. Eisenwaffen und Maschinen
II. Wales Rainbow and Arrows
III. The Ascent 
 
T'as pris ton ticket pour le Maybeland, le Brave New World, celui où le Covid n'a pas encore été inventé, où les Chinois ne viennent pas s'implanter en masse à Woluwe, où Shakespeare fait dire à Miranda  , "How beauteous mankind is! O brave new world / That has such people in't!".... embarque!
Le Maybeland Theme qui ouvre le tableau évoque le soundtrack de '2001: A Space Odyssey' et c'est bien d'une odyssée qu'il s'agit, Ulysse en route vers Ithaque.
Le bref ' Commercial Break' sous forme de spot publicitaire bien putassier nous fait découvrir une voix off (féminine)  plus sexy que celle d'Anne Sinclair.
En mode ritournelle synthpop  aux accents russes, voici 'Heuristic Olgarhythms', admirez le subtil subterfuge, comme tu souffres d'un  déficit en compétences mathématiques, tu n'approfondis pas, tu te contentes d'apprécier le chant d'Olga. 
Après une seconde pub ne vantant pas, heureusement, une Hybride, au minimum 29 986 € fors taxe, il ne s'agit pas d'une Lexus... , vient 'When Philip came to Metz'.
Qui est Philippe, pourquoi Metz?
Who knows...  sinon, on a beaucoup aimé le côté Kraftwerk de la compo.
La pub est envahissante mais pas quand elle est susurrée par une voix que tu associes à celle de Yoko.
Ono?
Tu rigoles, Tsuno!
Tu aimes les comparaisons, c'est à Brian Eno que tu penses à l'écoute de 'Everblue', avoue que c'est moins con que Bigoli et Flo!
On nous dit que l'album est un hommage à Philip Kindred Dick, icône de la science - fiction, on se demande qui est Valentino, the tomato, dépeint dans ' Swing Song Along', on a aimé le côté absurde à la Frank Zappa et les pointes psychédéliques à la Syd Barrett.
On évoquait Eno, le docteur Folamour reprend son 'The fat lady of Limbourg'.
Brian , qu'est ce qui t'a poussé à faire un tour dans un asile limbourgeois?
Pas de commentaire, Albert, d'ailleurs Maggie est originaire de Merchtem, Vlaams-Brabant!
 Le germanium est l'élément chimique de numéro atomique 32.
 T'avais lu géranium, Dick Annegarn t'a corrigé, t'as pensé à une nouvelle feinte, made in Germany, non  la suite 'Germanium', plus de onze minutes, démarre comme un 'Astronomy Domine' moderne, sans le lightshow avec les oil-based inks, mais l'usage de l'allemand te renvoie plutôt vers Blixa Bargeld.
Puis le rêve devient cauchemar: des baleines, un arc-en-ciel, des flèches, quelles substances illicites ont été ingurgitées, la brigade des stups mène l'enquête.
Tu jettes un coup d'oeil vers le chat,  c'est pas vrai, il plane!
L'ascension se poursuit sur des sonorités electro asiatiques, 'The Ascent' t'emmène plus haut que le
mont Fuji, on te souffle ...Elles n'ont jamais été si blanches... t'as répondu Pascal Danel, c'est le Kilimandjaro, t'as fermé les yeux pour écouter la musique s'estomper et puis t'as poussé sur la touche Replay, deux ou trois finesses t'avaient échappé.
 
Merci,  Raphaël, super le disque de ton copain!,

 




 

mercredi 14 octobre 2020

Yael Naim à La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc, le 13 octobre 2020

Yael Naim à La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc, le 13 octobre 2020

 

Une première quinzaine d'octobre monstrueusement pluvieuse... en cette morne soirée, il a fallu  sérieusement se contraindre à quitter un chaud domicile, où le chat ronronne à 20 cm du poêle à bois tournant à plein régime.

Traverser Saint-Brieuc sous une pluie battante n'est pas un exercice te conduisant vers le nirvana, à peine 5 minutes de marche et tu dégoulines, mais pas d'amour.

Après avoir décliné ton identité et collecté ton ticket, tu prends place sur le siège H 17, les jeans trempés, que tu conserves, mais tu jettes  la veste détrempée à tes pieds, il te reste à attendre le coup d'envoi comme les centaines d'autres masqués ayant affronté les intempéries.

Derrière-toi, Yvonne glisse à monsieur: Assez glauque, l'ambiance...

Tu n'as pas souri!

20:15', obscurité intégrale, Yael Naim, précédée d'un technicien muni d'une lampe de poche, s'installe derrière le piano et les claviers, elle se produit en solitaire pour la seconde date d'une tournée entamée aux Nuits Botanique à Bruxelles.

La clef de voûte de son répertoire repose sur son dernier album ( le sixième) , le bien-nommé ' Nightsongs'.

Quelques notes parcimonieuses, histoire de se délier les phalanges, elle vient d'entamer le somptueux nocturne ' Shine', qui brille de mille feux dans une salle plongée dans une pénombre vert émeraude.

L'artiste passe du piano aux claviers, la complainte, majestueuse, céleste, déjà, te refile la chair de poule, à moins que ce soit tes frusques mouillées qui t'amènent à frissonner. Bonsoir, Saint-Brieuc, je suis si heureuse de retrouver la scène après un trop long silence, elle attaque ' How will I know' qui amalgame anglais et français.

La voix est ample, caressante, l'orchestration fastueuse, et pourtant, elle se produit seule, sur le disque un choeur féminin, aérien,  habille la composition.

Un sourire, un merci d'être là, la dame blanche, nous révèle la genèse des ' Nightsongs', l'album est le fruit d'un confinement personnel, il est en grande partie autobiographique et baigne dans une mélancolie et une gravité qui la rapprochent d'artistes de la trempe d'Agnes Obel, de  Soap and Skin ou de Marissa Nadler.

'She' , et ses touches Keren Ann, bouleverse, 'Familiar' marie douceur, émotions,  sensualité et grâce.

L'album contient deux plages en français, 'Miettes' en est une, Yael fait astucieusement rimer la langue de Molière et celle de Shakespeare, cette comptine minimaliste va droit au coeur, ellet est capable d'attendrir la brute la plus sombre. 

Le pointilliste 'Des trous' est le second morceau en langue romane et si tu pensais au "Poinçonneur des lilas", tu t'es fourvoyé, elle esquisse avec pudeur la difficulté d'aimer. 

C'est à 39 ans que l'on se pose des questions, qu'on sent sous soi la terre trembler, qu'on réfléchit au sens de la vie...  mon père s'est envolé vers un ailleurs, cette chanson ( ' Daddy')  s'est imposée à moi. 

Close your eyes, listen to your heart beat... une liturgie en clair obscur, tu suis son conseil, tu fermes les yeux et  écoutes le chant de la pluie, par la fenêtre, tu entrevois des arbres, quasi dénudés, qui oscillent au gré des vents d'automne, tandis que Yael murmure puis vocalise et laisse la mélodie s'estomper.

Saint-Brieuc, pas trop déprimé, voici un uptempo.

Pourtant ' My Sweet Heart' démarre paresseusement avant de s'activer et de prendre de l'envergure.

Au terme de 'Watching you' et de ses  allures de gospel gothique, elle propose au public de choisir la suivante.

'Coward' ou ' Go to the river' ( écrit par David Donatien)  sont proposés, c'est ce dernier titre, extrait de l'album  "She Was A Boy" qu'elle entreprend après quelques balbutiements.

Superbe souvenir, rythmé et optimiste, accompagné par nos battements de mains, Yael enchaîne sur le hit 'New Soul' à la grande joie de l'assistance.

Toujours dans le réservoir du passé, elle ressuscite la ballade  'Lonely' avant de se diriger vers la guitare pour revenir au dernier album et interpréter le lumineux 'The sun', une chanson parlant de regrets, de conscience et de gratitude.

Eclairagiste, pouvez-vous plonger la salle dans le noir?

Ell a emmené une lanterne, s'éclaire, divise la salle en trois groupes, priés de démarrer un canon biblique, elle se promène au bas de la scène pour chanter ' Leave it there'  a capella  et terminer ce concert fascinant.


Saint-Brieuc la rappelle, elle nous rejoint, hésite, piano/guitare ?, le roadie a escamoté les trois micros installés près de l'instrument à cordes, elle en déniche au dessus du piano pour amorcer ' Paris', chanté en hébreu.

Une pure merveille suivie par ' Coward' au piano.


How did I become a coward ?, tu t'es posé la question en reprenant le chemin du retour, Stromae ne t'a fourni aucune réponse!


Anyway, un grand concert!

 

 

 


  

lundi 12 octobre 2020

Les Poupées Gonflées- les NoctamBals- Port de Pontrieux, le 10 octobre 2020

 Les Poupées Gonflées- les NoctamBals- Port de Pontrieux, le 10 octobre 2020

 

2020, année maudite,  et pas uniquement pour les producteurs de foie gras, ce ne sont pas les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle mais les annulations en tous genres. 

L'Association Bal et Art avait prévu d'organiser une troisième édition des NoctamBals d'été à Loguivy de la Mer,....à l'eau, le Covid passait par là!

On ne va pas se laisser abattre, on prépare des festivités pour l'automne, "Un pas de Côté" aura lieu du 10 octobre au 28 novembre: pas de fest noz, mais des ateliers, des concerts, du cirque, du cinéma, du cabaret et de la bonne humeur!

Un chapiteau est dressé au Port de Pontrieux, des sièges, une scène, une buvette et du chauffage ( euh en option) 

Le samedi 10, on inaugure avec un show des Poupées Gonflées!

Tu dis, Nabila, Pamela Anderson, Beyoncé?

Non, les dames ne sont pas originaires de Malibu mais du Béarn!

Le flyer disait 20:30', avec des portes s'ouvrant à 20:15', tu peux facilement imaginer que le concert ne débutera jamais avant 21h, il te reste à admirer un décorum guinguette en manque de moyen et à t'asseoir sur tes mains, t'avais laissé tes moufles chez toi.

Peu avant 21h, une escouade féminine se charge de présenter le festival avant de nous signaler que les dolls se sont égarées dans l'estuaire du Trieux et actualisent leur assistant de navigation.

Elles sont gonflées, ces filles, poireauter dans un frigidaire, c'est mortel!

21:15', trois robes à pois surgissent: Valérie Charlot ( Madame Charlot, no comment) ,  majorette en chef, compositrice, chant, ukulélé, concertina/ Julie Ann Lambert ( Jujubi) , accent British, chant, U-bass, xylophone guitare acoustique et la longue Christine Lecourt ( c'est pas vrai) alias Bebob, un sosie de Catherine Deneuve, au chant, à l'accordéon, à la guitare, aux percussions improbables ( claquettes de buste, planche tablier à balai, brosses d'entretien, couvercle inoxydable, triangle,etc...)

Ces drôles de dames  ont décidé de nous promener dans leur univers pétillant, coquin, voire libertin, sur fond sonore allant du swing au tango en passant par la bossa nova, la java, la valse ou la chanson Rive Gauche.

On débute en faisant la connaissance de ' Lulu et Loulou', de douces fragrances Andrews Sisters embaument l'air, rare, sous nos masques, les girls minaudent, jonglent avec les mots et les sous-entendus et séduisent l'assistance, pas très nombreuse.

' Le cul sur le sofa' est dédié à toutes les ménagères débordées, rêvant de Scarlett O 'Hara, et aux hommes qui les débordent. 

Cette douce pantalonnade au goût merengue est extraite de leur premier long playing,  "Chansons pétillantes à voix frétillantes!".

Irrévérence et provocation sont au rendez-vous  avec 'l'Allumeuse' au buisson ardent.

Tu dis, Fanny?

N'ai rien dit!

Place au tango avec ' l'Hôtel des Miroirs', un bordel à Buenos-Aires, des soupirs, des regrets, des désillusions.

Agnès Varda, ça t'inspire?

Mesdames et Messieurs, nous sommes des oeuvres-d' art, un musée en raccourci, écoutez 'Le clou de l'exposition',  dont la mélodie rappelle ' La Parisienne' de Marie-Paule Belle, on passera par le Musée d'Orsay pour admirer la toile la plus célèbre de Gustave Courbet.

Après avoir croisé ' Le fumiste', c'est ' Norbert' qui déboule, il aurait été le chauffeur de Lady Chatterley, t'as essayé en vain de joindre D H Lawrence, car t'avais des doutes.

Sinon, Norbert devrait pouvoir s'entendre avec Jacques Demy.

Celle que tu préfères s'intitule ' Sad song', avec des effluves raffinées; dignes de Marguerite Duras.   

Ce titre nacré met fin au premier set.


Pause boisson et reprise en mode instrumental,  'La Jalouse', le concertina virevolte, les filles s'agitent, youpie!

Un petit tour à la foire pour admirer  ' La femme à barbe' et autres curiosités du freak show, de passage sur la place du village.

Séquence yodeling et gestuelle théâtrale pour ' Le sauvage' qui précède le morceau carré blanc de la soirée, pour éviter la censure on le chante en espagnol, 'Eres mi salsa' .

Faisant fi du protocole sanitaire, une brigade en jupon a entamé une danse chaloupée tout en encourageant la blonde andalouse qui  pirouette sur scène.

'Carlito' est beau comme un camion et le swing des 'Triplettes' a fait danser tout Belleville.

Olé.

Un bis, ladies?

Après une tarentelle instrumentale justement baptisée ' La Tarentule' , Ulysse et les autres marins se dirigent vers  'Le Café des Méduses' , poupée, tu nous sert du  rhum, du vin vieux ou du gros rouge qui tache,  avant d'appareiller, cap sur Macao.

La mélodie de l'ultime salve ' La Douce Ambiance' a été empruntée à Django,  c'est par de dernières acrobaties vocales que le trio prend congé de la Bretagne pour regagner les Pyrénées.