vendredi 13 janvier 2023

EP - The Interests - ‘Going Nowhere, Fast’

 EP - The Interests  - ‘Going Nowhere, Fast’

 independently released

NoPo 


THE INTERESTS 'Going Nowhere, Fast' EP 5 titres 2022

On claque au moins 2 Bens avec le lineup de the Interests :
Ben Hunter (vocals/guitar), Ben Walker (drums), Ollie Downes (guitar), Joe Whitlock (bass).

Ils choisissent un cliché noir et blanc de la ville en bord de fleuve, parcouru par un dessin d'un blanc lumineux contour de monuments renommés de Londres (bridge et tower of London, Big Ben...).
EP enregistré, mixé et masterisé par Ben Hillier, dans son studio du nord de Londres.
On confirme le british rock estampillé...

Démarrage avec 'It'll never be you' spontané qui donne aussitôt envie de suivre le thème.
Un gimmick de batterie ne lâche ni le riff de guitare, ni le cerveau dans lequel il s'est ancré pour un moment. Et le cerveau croasse, il aime ça!!
La trame évidente nous transporte sur une mélodie sinueuse et nerveuse. Le chant, lui, ne s'emballe pas, dans son style un peu aristocratique, so British.
Il me fait penser à la nonchalance des vocaux de Fontaines D.C. Une belle bouffée de décontraction!

'Capitulation' sort en single en début d'année. Si c'était le cas, ils ont repris des forces depuis.
Bien que la mélodie déroule assez rectiligne, la batterie, enrobée de basse, pave le chemin de quelques bosses bienvenues.
Placide, la voix cool, sans s'immerger, flotte sur l'onde. Ici Londres!

Veulent-ils nous le faire croire : 'Going nowhere, fast'?  
Comprends l'inverse! La chanson, brève et délicate, sait où elle va, ruisselant tranquillement sur une guitare sèche à peine humidifiée par des accords lointains.
Morceau nostalgique, écrit par le chanteur Ben Hunter dans un fast food (en pause pendant l'enregistrement du disque).
L'appui sur les touches d'un téléphone conclut après 1'25, on aurait aimé que ça décroche...

Echec! 'Sober' confirme que ça ne répond pas.
Une brise de violon, joué par Marlon Barrios, adoucit l'atmosphère et une pincée de guitare vient piquer au vif la voix qui reste définitivement calme.
La rythmique, sobre et discrète, ne s'autorisant que quelques petits éclats sur les cymbales et caisse claire, s'installe confortablement sur un mid-tempo.
Pendant que Ben Walker marche, Ben Hunter ne chasse ni ne court, entre détachement et désinvolture.

'Feel the disparity' parait en single juste après 'Capitulation' et son ambiance guillerette, sur une cadence vive, entraine le mouvement du genou (minimum).
Un riff bouclé, épaissi par une seconde guitare tournant autour, se laisse gronder par la basse rugissante et tout s'emmêle magnifiquement.
La batterie ne s'en laisse pas compter et galope à son tour sans s'essouffler mais sans esbroufe.
Quant au chant, on meurt d'envie de l'accompagner dans ses pérégrinations; les choeurs ne s'en privent pas juste avant la conclusion fiévreuse.


A fond dedans, le quintet prépare de nouvelles choses dans l'année (il partageait le titre 'Overdrive' le mois dernier).
Vous avez intérêt à faire attention ('Attention' morceau publié en Février mais pas sur l'EP), ces jeunes gens promettent et vont certainement foncer rapidement quelque-part!






Album - Little Destroyer - 1134

 Album - Little Destroyer - 1134

 Tiny Kingdom

michel 

En 2013, à Vancouver, il y avait, ( oublie Véronique Sanson), un trio s'essayant au noise rock, il prit le nom de "Legs".

 Allie Sheldan et les frangins  Chris et  Michael Weiss, s'acharnaient sur leurs instruments, ou s'époumonait pour la petite Allie, dans une remise plus ou moins insonorisée en espérant se produire sur scène, un jour.

Des débuts connaissant un succès mitigé .

Le projet est momentanément suspendu lorsque Allie file vers L A.

'On reste en contact, boys'.

'Sure, Allie!'

Les Weiss partent rendre visite à leur copine en Californie, le trio travaille à de nouvelles compositions,  sans parvenir à trouver un producteur qui soit capable de procurer un son adéquat à leur cocktail, ils ont toutefois dégoté une nouvelle identité, cadrant mieux avec leurs chansons agressives et lo-fi: Little Destroyer.

2016, ayant déniché un producer,  les singles 'Bad Cell' et  'Rattlesnakes' voient le jour.

Le groupe tourne et compose, d'autres singles paraissent, dont ' 21' ou ' Alpha', un full album est en préparation.

2022, Little Destroyer découvre l'Europe et joue  au Reeperbahn Festival à Hambourg et, enfin, hallelujah, en octobre, l'album ' 1134' est disponible.

Pourquoi, 1134?

Aucune idée, on a consulté les anges , pas les tristement célèbres Hells Angels ( remember Altamont), qui nous informent:

The 1134 numerology has precisely appeared to you, and you wonder what does 1134 mean. Indeed you have a message from the divine beings. Angel number 1134 is a compilation of the vibrations of number 1 appearing twice, amplifying its influences with the energies of number 3 and number 4. Angel Number 1134 brings a message to focus on the Divine spark within yourself and manifest your desires.

T'as essayé avec ta date de naissance, ça a donné  "Triangle de suspension" , 56,49€, t'as pas acheté!

 

Tracks

 1. godcomplex
02:46
2. sucker4u
03:07
3. hitmanE
02:31
4. only way out
02:24
5. timezone
03:20
6. love and anarchy
02:59
7. xbar
02:47
8. it's been a while
11.34

 

 Vocals, Bass, Keyboards, Percussion : Allie Sheldan

 Drums, Percussion: Michael Weiss.

 Guitar, Synth, Percussion : Chris Weiss.

Coup d'oeil à la pochette: une feuille de papier chiffonnée, dans les tons rose délavé, il s'agit peut-être d'un semblant de setlist, bourré de ratures.

Le nom du groupe apparaît par deux fois, en grands caractères  détériorés, dans la partie supérieure et sur un encart à côté d'un cercle,  rempli d'inscriptions indéchiffrables. Le titre de l'album, répété trois fois, complète la publication sur la carte de visite.

Mademoiselle Catherine, institutrice retraitée, te signale ceci: si un élève m'avait remis un tel torchon, il volait illico presto à la poubelle ( le torchon) . 

Catherine Langelaid est de la vieille école!  

Go...

'godcomplex' , je suis exceptionnel, je suis fort, intelligent, beau, je suis Dieu... 

OK, tu présentes tous les signes du complexe divin.

Entrée en matière détendue, presque céleste, murmures frêles, quand soudain une machinerie noisy jaillit, le ton change, la voix aussi, elle devient friable et paresseuse et  débite un texte  en  flow rap , qui finit par te taper sur les nerfs, un choeur  soucieux et discordant, en arrière-plan, ajoute un aspect répulsif à la tirade reposant sur un fond indus saturé qui  te refile des frissons.

Et Dieu, ?

Ce ne semble pas être le même que celui qui a dit à Moïse... Je suis le Seigneur ! Je suis un Dieu plein de tendresse et de bienveillance, lent à la colère, riche en bonté et en vérité...

Celui-ci annonce I'm a dick to you,  bref, de quoi passer à l'athéisme!

Dans le même ordre d'idée ' sucker4u' vient te secouer sans compassion, le truc évoque le punk crasseux des Slits , des filles ayant salement secoué l'univers musical à la fin des seventies.

On sèche une larme en pensant à Ari Up et on revient à Allie,  à ses vocaux péremptoires et à son message amoureux d'une poésie romantique, une nouvelle fois, guitares stridentes et synthés abrasifs viennent lacérer tes tympans.

Une seule solution, danser tel un robot malade, comme la fois où tu as assisté à un concert de Shitdisco.

En entendant l'intro de ' hitman', un mec cite les B52's, pourquoi pas?

Le titre fait référence au  harcèlement qui concerne toujours bon nombre de femmes. Sur une ligne de basse, qui tabasse sévèrement, viennent se greffer  les piques de guitares forant joyeusement des petits trous dans ton crâne. 

Hit me with your rhythm stick, chantait Ian,  ici, ils ont sorti tout un éventail d'armes destinées à te blesser.

Allie, qui refuse de répondre aux  bip bip bip incessants du   téléphone, déclame négligemment    son laïus féministe  alors que des castagnettes et une chorale pop,  virant braillements énervés, en background,  habille habilement ce morceau qui atteint la cible en plein centre.

Place au tourbillon 'only way out', il n'y a qu'une issue, elle le clame haut et fort .

Démarrage en force: drumming acharné , vocaux déformés, fond electro punk survolté,  chorale animée, tous en file pour suivre Allie le poing levé,  en clamant l'hymne à pleins poumons.  

Il faut bien se calmer après toute cette débauche d'énergie et de fureur, 'timezone' vient à point nommé.

Une plage, presque propre, aux relents girl doo wop groups des sixties, The Ronettes ou The Shirelles, par exemple.

Dommage que Phil Spector n'ait pas survécu au Covid, il eut apprécié. 

' love and anarchy', rien que pour la ligne... love's like a molotov bomb... tu recommandes cette plage à tous les joyeux cassant du flic à chaque manif.

Se faire un poulet est une preuve d'amour!

La basse, qui n'a rien à envier au jeu de J J Burnel, imprime un rythme soutenu , synthés, percussions, riffs de guitare se marient magistralement tandis qu'Allie dépeint sa vision d'un monde parfait puisqu'il doit disparaître.

Forcément en entendant 'xbar' tu vas songer au 'Eisbaer' de Grauzone, deux plages addictives s'imprégnant sans délai dans ton cerveau.

Une nouvelle tranche de dance punk irrésistible, bourrée d'effets fusée, de bruits de sirènes, de grincements industriels,  un truc qui doit faire un massacre lors de  futures rave parties pendant lesquelles la consommation de psychotrope peut atteindre des sommets.

'it's been a while' finalise l'exercice en douceur.

Une guitare délicate accompagne la voix caressante d'Allie et t'invite à valser gentiment, les yeux clos, évidemment, comme Little Destroyer est classé dans la catégorie noise, tu te doutais bien que toute cette guimauve allait accoucher  d'un final moins détendu.

Quelques crissements percent, le ton monte, la guitare s'agite, Allie se tait, et puis, abruptement, tout s'arrête au bout de 3'15"", alors que la pochette indique 11'30".

Ils nous font le coup du morceau caché, qui apparaît alors que l'horloge pointe  9'.

Un punk track classique, Allie devient Poly Styrene,  la guitare crache des flammes, la basse pulse de manière infernale et le batteur a sorti les casseroles, le tout sans aucune fioriture du point de vue production , un son ' live',  brut  et sale.

Un disque tonique, idéal  pour réveiller le punk qui sommeille.

 

En février le groupe doit tourner au Canada comme support de Dune Rats.



 




 

 



mercredi 11 janvier 2023

Bonjour Minuit- un premier point presse 2023

 Bonjour Minuit- un premier point presse 2023

 

Après la trêve des confiseurs et la semaine destinée à digérer les divers excès causés par la répétition de  ripailles, Bonjour Minuit convie la presse à son immuable rendez-vous bimestriel.

Muriel, Hélène et François sont au poste et entament l'exposé, une fois n'est pas coutume, par une information concernant la billetterie.

Comme t'as pas peur de perdre 5 minutes de ton temps, on t'envoie le texte officiel:

 "Pour mieux développer ses engagements vis-à-vis du territoire, Bonjour Minuit propose désormais une nouvelle offre tarifaire afin de permettre à un plus grand nombre de bénéficier de tarifs préférentiels sur toutes ses activités.


La scène de musiques actuelles des Côtes d’Armor amorce une nouvelle phase de son activité, après une longue période de bouleversements de 2018 à 2022, débutant avec la restructuration de son projet et de ses équipes et allant jusqu’à la levée récente des restrictions sanitaire. Avec (enfin) la perspective d’une certaine stabilité, Bonjour Minuit repense sa politique tarifaire dans l’optique de s’affirmer un peu plus comme un lieu de vie ouvert à toutes et tous.


La carte « Bonjour Voisin·e », pour les habitant·es des Villages
Le quartier des Villages accompagne le développement de la salle depuis sa création en 1967 ! Il était donc évident de proposer à ce voisinage historique un avantage dédié : c’est désormais chose faite avec la nouvelle carte « Bonjour Voisin·e ». Disponible sur simple demande auprès de l’accueil et sans autre critère qu’un justificatif de domicile, cette carte valable 1 an (de date à date) ouvre droit au tarif Mini sur tous les concerts, soit 3 € le billet pour le Club ou 5 € pour une soirée en Grande Salle.


Adhésion ou abonnement ? 2 choix pour plus de souplesse
La formule d’adhésion existante est reconduite à l’identique : pour 14€ par an, elle permet de soutenir l’association gestionnaire de Bonjour Minuit et de s’investir dans la vie associative, tout en bénéficiant de multiples avantages dédiés (tarifs réduits sur la billetterie et aux studios, invitations, filages etc.). L’abonnement est en revanche une nouveauté 2023 : pour 10 € par an, cette formule simple a pour unique avantage de donner accès au tarif Réduit sur tous les concerts.
L’adhésion comme l’abonnement sont valables de date à date. Pour les moins de 23 ans, le coût annuel de ces deux formules est réduit à 5 €.

 

Zoom sur les tarifs Mini & Réduit
Outre ces nouveautés, le tarif Mini (3 € le billet pour le Club ou 5 € en Grande Salle) est désormais étendu aux bénéficiaires des minima sociaux (liste disponible ici) et aux personnes en recherche d’emploi. Il continue également à être proposé aux personnes étudiant dans un établissement post-bac de l’agglomération de Saint-Brieuc, grâce à un partenariat avec Saint-Brieuc Armor Agglomération.
Le tarif Réduit (5€ le billet pour le Club ou 10 € en Grande Salle), quant à lui, est donc destiné aux adhérent·es et abonnés de Bonjour Minuit mais aussi, comme précédemment, aux personnes de moins de 23 ans ou aux adhérent·es d’une salle du réseau Fedelima (liste disponible ici).
Pour toutes les autres situations, Bonjour Minuit continue à proposer son tarif Prévente pour tout achat sans justificatif de tarif réduit et jusqu’à deux heures avant l’ouverture des portes (à partir de 10 € pour le Club et 12 € en Grande Salle). Pour les achats à l’ouverture des portes sans justificatif de tarif réduit, le tarif Plein s’appliquera (à partir de 12 € pour le Club et 15 € en Grande Salle).
L’intégralité des événements organisés par Bonjour Minuit sont éligibles au Pass Culture, ainsi qu’aux chèques vacances et chèques Culture.

Enfin, en dehors des événements jeune public, les billets restent gratuits pour les enfants jusqu’à 10 ans (à condition que chaque enfant soit accompagné d’un adulte) et les accompagnants de groupes ou de personnes en situation de handicap : dans la limite des places disponibles, réservation auprès de l’accueil obligatoire."

 

Pour le graphisme, rendez-vous sur le site de BM. 

 

- Second point à l'ordre du jour: la programmation.

En janvier:

Le 18, du cinéma ( gratuit):  No Land’s Song d’Ayat Najafi  à partir de 18h00 (apéro-playlist dans le Club puis début de la projection à 19h00).

Le 20: une nouvelle collaboration Astropolis/ Bonjour Minuit: ASTROCLUB #3 avec Madben • Sentimental Rave • Blutch [live av] • Swooh ( de 21:30' à 4h du mat, p s, la boulangerie ne sera pas encore ouverte).


Le 27: en partenariat avec l’association Volume : le RN12 TOUR : Levitation Free • Radio Bandit • Volume dj set à 20:30

En février:

Le premier jeudi du mois c'est la Session Live de Radio Activ', ce 2 février un tour sur la banquise, à 19h, pour aller admirer Phoque.

Le 4: une soirée métal avec Seth + Deliverance + Mutterlein ( à 20:30) 

Le 11, attention à 16h30', un événement familial à partir de 5 ans: le conte musical ' Les Graines Oubliées' featuring Ladylike Lily.

Le 25: une soirée rap avec Ben Plg + Angie.

 

- Les résidences: e a : Levitation Free/ SBRBS/ Ben PLG 

- Et enfin, les actions culturelles : Studio 107 avec le Collège Simone Veil de Lamballe

Un projet en gestation: le 808 studio.


 

 


mardi 10 janvier 2023

Les 20 ans des Enflammés Lamballais au Quai des rêves à Lamballe, le 7 janvier 2023

 Les 20 ans des Enflammés Lamballais au Quai des rêves  à Lamballe, le 7 janvier 2023

 

NoPo

 

Les 20 ans des enflammés lamballais - Quai des rêves à Lamballe le 07/01/2023

20 ans déjà mais une 1ère, pour nous, avec leur spectacle live en entier, d'autant qu'il n'a pas pu avoir lieu en 2021 (en 2022, oui c'est vrai) pour raisons sanitaires et c'est pas la faute à Voltaire!
Les représentations programmées :
le samedi 7 janvier 2023, à 15 h et à 20 h 30 ; le dimanche 8 janvier 2023, à 15 h ; le vendredi 13 janvier 2023, à 20 h 30 ; le samedi 14 janvier 2023, à 20 h 30 et le dimanche 15 janvier 2023, à 15 h.

Les artistes ne vont pas chômer et ils ont bossé dur pour ça avec 2 à 3 répétitions par semaine. 'Motivés' chantait un groupe bien connu...
Quasiment 2H30 de spectacle, en enlevant le quart d'heure 'syndical' d'entracte, dans une belle salle confortable.
Elle est comble (environ 400 personnes) et après les traditionnels discours d'accueil (courts) et la chanson des enfoirés pour les restos du coeur, le rideau se lève.
Impossible de se tromper d'objectif, la marionnette de Coluche trône devant les musiciens et son fils a validé par sa présence l'année dernière.

La troupe? Un bataillon : 20 chanteurs, musiciens et danseuses prêts à en découdre!
Beaucoup de jeunesse mais pas que... et on verra que l'osmose s'opère naturellement.
On connait une partie des pointures (http://www.concertmonkey.be/reports/regard-chante-maxime-le-forestier-au-caf%C3%A9-th%C3%A9%C3%A2tre-des-ballons-rouges-lamballe-le-10 ).
Les musiciens prennent place sur la scène pendant que les chanteurs et danseuses ainsi que le superbe piano noir avec le chef d'orchestre débordent sur le plateau.
Le premier rang de spectateurs se trouve donc directement en face. Nickel pour les clins d'oeil (numériques ou pas)!
La lumière en jette et la décoration évolue à chaque scénette (et si c'est net, c'est pas flou!).

Avec autant d'artistes, on peut varier les combinaisons et les plaisirs (me faites pas dire, c'que j'ai pas dit!), chacun son style!
En vrac : l'humour, l'énergie, la puissance, la poésie, l'imaginaire, la maitrise technique, la fragilité touchante... on peut mélanger et j'en oublie.
Dosez avec équilibre, mixez bien et secouez, vous arrosez la scène avec le cocktail et ça glisse sans besoin de poudreuse!

Un mot sur la grâce des danseuses, élastiques, qui nous promènent dans un rêve délicieux variant selon les chorégraphies. Le charme opère sur Noëlle devant moi... pas seulement...
T'as oublié ton tutu? T'as remplacé tes ballerines par des charentaises? T'arrives plus à faire tes exercices sans douleurs? Laisse tomber mémé et admire, c'est moins risqué!

Démarrage en couleurs...
Dites le avec des fleurs! Tout l'équipe ne s'en prive pas, et le dire c'est bien, le pouvoir c'est mieux d'après Souchon/Voulzy.

Je ne détaillerai pas tout, le bouquet étant très garni, mais je lance ici quelques pétales musicaux.

Floriane nous gratifie d'une prestation bien déjantée sur 'Je t aime tellement' se permettant d'allumer quelques gars de la troupe avec malice.

Henri n'a plus la souplesse du corps mais encore celle de la langue et du verbe qu'il manie avec brio et fluidité.
Ouch! ça fait longtemps que j'aurais avalé la mienne avec un débit pareil qui n'a rien à envier au rap!
Le ptit monsieur, avec bretelles ou marinière à la JP Gaultier, adore Boris Vian et Bobby Lapointe et tire au plus précis.
Il nous fait bien marrer et le public en redemande.
Son duo avec Floriane reste à mourir de rire (n'en déplaise à Mickey 3D), une filiation avec Annie Cordy chez la jeune dame?

Un coup de chaud incontournable avec Monsieur Or (tout ce qu'il touche le Goldman) et 'J'irai où tu iras' en duo mixte particulièrement complice (Floriane et Antoine).

On remonte plus loin dans le temps? La Mamma n'est plus toute jeune, d'ailleurs elle a disparu et ses auteurs avec, Charles... toutefois, on s'en souvient, la preuve!

Une relique de Dylan composée en 1963 puis repris  par Graeme Alwright en 1966 (et même Lavilliers en 2021), 'Qui a tué Davy Moore ?' marque l'histoire musicale.
L'ensemble des chanteurs et teuses participent à cette chanson, rehaussée par une photo projetée et surtout une mise en scène théâtrale et dynamique, les clans des accusés (4 hommes) et des procureurs (4 femmes) s'affrontant.

'Pura Vida' (dans la famille Higelin, je demande la fille 'Izia') casse la dramatique et insuffle un côté latin et coloré.

Je suis, personnellement, très sensible au titre 'Champagne' dont l'interprétation allumée (feu Jacques Higelin - dans la famille, je voudrais le père) par Antoine qui sied parfaitement à l'ambiance des textes (... toute ma jeunesse, on en boira une coupe à la mi-temps).
Tout aussi guedin, les redingotes, fantômes et autres squelettes plantent le décor, la nuit promet d'être belle!

ENTRACTE

Les guitares de Bertrand, Gilles et Jean-Luc nous régalent électrique, folk ou classique et je ne me trompe pas, j'ai entendu du Oud ou du Bouzouki?
A la basse, Luc, toujours placé et placide, ajoute, parfois, une corde acoustique à son arc.
Hortallin et Yves-Marie alternent à la batterie et aux percussions, le 1er détendu et jovial et le 2è retenant son souffle pour le saxophone qu'il pratique aussi.
Au piano, les doigts agiles du maestro alias le coach Mr Eric, volent sur les touches (au coeur).

Impossible d'oublier les classiques de Michel Berger et France Gall, chantés à 4 voix féminines magnifiquement harmonisées.
Pas les années 70 quand même? Si maman si! Mais t'inquiète, ça balance pas mal à Lamballe, ils résistent et jouent aussi du piano debout, vérification faite de visu avec ... le pianiste!
Un triomphe évidemment, tant ces morceaux s'ancrent quasiment dans l'inconscient collectif.

Côté incontournable, ils ont coché le récent 'Le dernier jour du disco' qui donne les fourmis dans les jambes. La jolie voix d'Aurore s'y prête.
C'est trop injuste! J'ai bien essayé de démonter mon siège mais impossible de danser alors... j'ai chanté comme la cigale 'Je veux le passer sur ta peau / À rougir comme un coquelicot'.
Résultat météo... c'est beaucoup plus pourri que si on m'avait laisser danser finalement!

'La boxeuse amoureuse' frappe par l'entremêlement clair-obscur lumières, voix, danse. Un morceau d'un autre Higelin (dans la famille, je voudrais le fils 'Arthur').

Atteindre le nirvana, à travers Niagara, repris avec la puissance de feu d'Elodie? 'J'ai vu'... et surtout entendu, si, si c'est possip!

Et maintenant, une chanson écrite par Jean Nohain et Mireille... quoi? 1935? Avant Jésus-Christ? Même pas né!
On se laisse prendre par le charme désuet des décors et la mise en scène très réussie où Pierre et Marie-Laure (j'ai failli dire 'Curie') jouent les voyageurs enchantés et en chanson.

Pour rafraichir tout ça 'Et Bam' (plutôt que 'Voilà' de B.Pravi) et bim! Morceau écrit par Vianney pour the 'voice' of Mentissa et ce jour, the 'voice' of Floriane...

Mauricette était à l'origine de la création de cette manifestation dans le hall de la Mairie, il y a 20 ans.
Ce soir, sa prestation, pleine d'émotions, 'Mon Dieu', prouve qu'elle en a encore, sous les cordes vocales, puissantes, entre Piaf et Barbara (même si elle avoue avoir eu du mal à suivre le rythme après les années 2010), étonnant non?

'L'orange' chanté en batterie au risque de dépasser les 100 000 volts de Gilbert, on va passer au rouge...
Les yeux, eux, regardent autant la jolie projection tout en ombres chinoises que les mouvements des danseuses.

Le final sur la chanson des restos permet à tous de se relâcher, et oui, le trac concerne tous les artistes...
Chacun s'amuse, les sourires fleurissent et les accolades des acolytes se multiplient, ça fait du bien de terminer dans cette ambiance joyeuse.
D'ailleurs, les sourires ne restent pas sur scène, ils montent les marches. Le public, de 7 à 77 ans, applaudit bruyamment... un très bon signe!
Seulement le début d'une série, une bien belle réussite pour démarrer, ça vous met le truc en place et c'est pas un truc en plumes (n'est-ce pas Zizi?)!
Quoi? Je m'enflamme un peu! Normal non?


DEROULEMENT DETAILLE

Le répertoire
Partie 1

Le pouvoir des fleurs - A. Souchon L, Voulzy- Chanté par la troupe
Putain de ballerine -Soan Decroix, chanté par Pierre
Vancouver- Véronique Sanson- Chanté par Aurore et Elodie
Je t aime tellement - Délinquante- chanté par Floriane
Le monde tourne mal - Axelle Red, paroles et musique Richard Seff - chanté par Marie Laure
Une bonne paire de claques -Boris Vian- chanté par Henri
J'irai ou tu iras - JJ Goldman- chanté par Floriane et Antoine
La mamma - C. Aznavour, R Gall - chanté par Aurore
Qui a tué Davy Moore? - adapté en francais par Graeme Alwright, écrit et composé" par Bob Dylan, Chanté par la troupe
Pura Vida - Izia Higelin, Bastien Burger- chanté par Elodie
Ta Katie t'a quitté - Bobby Lapointe- chanté par Henri
Champagne - Jacques Higelin- chanté par Antoine

ENTRACTE

Le répertoire
Partie 2

Medley F. Gall : chanté par Aurore, Marie Laure, Floriane, Elodie

Poupée de cire, poupée de son - S. Gainsbourg
Si maman si - M.Berger
Ca balance pas mal - M Berger
Résiste - M Berger
Il jouait du piano debout - M. Berger

Le premier jour du reste de ta vie - Etienne Daho / Guy David Batson / Jonathan Edward Male / Sarah Cracknell - chanté par Antoine
Le dernier jour du disco - J Armanet, A Armanet - chanté par Aurore
Il n'est pas de plaisir superflu - Bernard Joyet- Chanté par Floriane et Henri
La boxeuse amoureuse - Arthur Higelin- chanté par Marie Laure
J' ai vu - Niagara - chanté par Elodie
Puisque vous partez en voyage - Mireille et Jean Sablon - chanté par Marie Laure et Pierre
Et Bam - Vianney Bureau - chanté par Floriane
Lumière Tango - Bobby Lapointe - chanté par Henri
Oiseau  - L Bardaine et tigre d'eau douce feat B. Belin- chanté par Pierre
Mon Dieu - M. Vaucaire C Dumont - chanté par Mauricette
L'orange - G Bécaud - Chanté par la troupe
La chanson des restos -  JJ Goldman - chanté par la troupe.


La troupe:

Bertrand Lautredou - guitares
Gilles Renault - guitare , bouzouki
Jean Luc Méheust - Guitare
Hortallin Padonou - Batterie, percussions
Luc Bonidan - Guitare, Basse
Yves Marie Meheust - Saxophone, guitare , basse, percussions, chant, batterie
Pierre Labbé - Chant
Marie Laure Plesse - Chant
Aurore Richard de Wismes - Chant
Floriane Pierre - Chant
Antoine Bouzid - Chant, basse
Henri Lanoé - chant
Elodie Autret Chant
Eric Richard- piano, direction artistique
Marylène Letoux- Danse
Laurie Letoux - Danse
Annette Pageix - Danse
Morgane Visdeloup - Danse
Annabelle Heurtault - Danse
Virginie Poulain. - Danse




lundi 9 janvier 2023

Album - KEYS - When Shadows Fall

 Album - KEYS - When Shadows Fall

 Cargo Records

NoPo 

KEYS 2022

Qui? 'Keys'... j'ose à peine proposer une combinaison clé / serrure entre Mark Mangold (Michael Bolton, Cher, Paul Rodgers), à gauche aux claviers, et Jake E (Cyhra, Amaranthe) à droite au chant.
Une clé pendant le lockdown qui nous a enfermés... parfois dans nos têtes mais ici, comment dire? On pourrait avoir la sensation qu'elles ont gonflé les têtes ...
Faut écouter le résultat, le son créé, monstrueux, surprend, tout en se baignant dans un classique rock-prog rutilant (allant de Uriah Heep -remember Ken Hensley?- à Boston), le tout pétri (sans Julie) à la main.
Cyhra enregistrant dans le studio de Mark, présent pour un titre, à New York en 2019, les deux musiciens se mettent en cheville, écrivent et consignent (Mark à Stockholm, Jake à Göteborg).
Pour finaliser, le duo complète l'équipe avec Charlie Calv (ex.Angel, oups Charlie... angel non mais allo quoi!) aux claviers (y'en avait pas assez) et choeurs et Alex Landenburg (Kamelot, Cyhra, Rhapsody, Philosophobia) invité à la batterie, en live.

Pour avoir toutes les clés, on détaille la pochette en premier lieu.

Exubérant, l'artwork présente un cadenas surchargé scintillant sur un fond de nuit étoilée. Aucune présence de clé.
Les détails relèvent d'une architecture baroque avec la sculpture de 3 visages : 2 de profil, l'un tourné vers la gauche et l'autre vers la droite, celui de centre fait face sa bouche faisant office de serrure.
Les ornements, nombreux, s'insèrent un peu partout : en haut deux sphinx se regardant, 2 serpents à leurs pieds, cheveux et barbes sont flanqués d'enluminures.
Les personnages, soudés par leurs oreilles, semblent marquer les étapes de la vie : un visage de bébé, puis d'homme mûr et enfin de vieillard.
Les quatre lettres du nom surplombent l'anse, dessinées dans un assemblage de métaux précieux et de diamants pareils à des rotules (les 3 barres horizontales du 'E' n'étant pas connectées).
Comme la musique qui va suivre, ce côté pompeux et très travaillé reste aussi écrasant qu'impressionnant.

Tournons donc notre propre clé dans le cadenas pour ouvrir cette porte...

Dès les premières notes de 'When Shadows Fall', on se sent happé par ce son léché et ce sens de la mélodie. Les touches du synthé étincellent d'entrée de jeu.
La batterie numérique claque métalliquement, réverbérée très en avant, et le clavier en rajoute avec tellement de grandiloquence et de virtuosité qu'on ne peut s'empêcher de penser à Keith Emerson.
Jake E. chante superbement, en voix de tête, avec un neurotransmetteur d'émotions. Là aussi, s'empilent plusieurs couches.
Ben oui, mais en même temps, je n'entends que ces 2 instruments. Faut dire qu'ils s'y mettent à deux aux claviers et abandonnent les guitares.

A l'intro de 'Tear It Down', on croirait entendre la guitare de Mark Knopfler dans 'Money for nothing'.
Avec les pédales d'effet d'un côté et les émulations de l'autre, çà devient réellement difficile de séparer les sons de guitares et synthé.
Ici, les claviers font tout ou presque, marqués par une batterie rectiligne, puissante mais sans fioritures. Des choeurs, en ébullition, gonflent les lignes de chant déjà balaises.

J'ai vu le documentaire sur Arte 'Eric Clapton - Nothing but the Blues', je peux vous assurer que 'For Your Love' ne reprend pas les Yardbirds! Mais peut-être que Mangold is God...
Pas de guitare ni chaudron, les synthés tiennent le haut de la marmite fulminante. Derrière la solide voix tracée, les choeurs parsèment le morceau tels des nuages gorgés de pluie (l'eau de là-haut).

A nouveau, le 1er synthé agit tel un riff vif de guitare. Le chant s'éclate à la (Drag) Queen, même pas peur de passer du rugueux colérique, aux aigus célestes, guttural en retour puis voix délirantes de cartoon en(dé)chainées.
Le second synthé vient rythmer divinement le morceau à en rendre jaloux la batterie qui ne rigole plus. Déstabilisé, Je ne sais plus quoi penser sauf que j'ai envie d'y revenir!
Emballant ce 'Feast of lies', une vraie symphonie!

Allez! Un clin d'oeil à 'Time' de Pink Floyd. Les réveils électroniques viennent buzzer l'entame de 'Angelfire'.
La trame au clavier, grandiose, séduit totalement et la voix prend des accents en distance décalée. Le mélange de sons clavier rétro/ clavier moderne régale.
Finalement, l'emphase arrive à créer l'émotion. On a envie de les suivre jusqu'au bout, curieux de savoir ce qui va bien pouvoir se passer.

'RIP' et son clavier bégayant entraine la batterie dans des assauts sur les cymbales et roulements aux toms (à tics). On atteint bien souvent la syncope rythmique.
Le chant touche jusqu'aux choeurs en soutien si épais sur le refrain 'How long'. Le synthé tournoie en dorures autour d'un autre clavier qui déroule un tapis onctueux.

On perçoit des petits bonds voir sifflements d'oiseaux au départ de 'Sparrow'. Les claviers sonnent plus légèrement et vivement.
Jake s'est senti inspiré par Ronnie James Dio. On ressent réellement un vol parsemé d'embûches et de vent sur une rythmique saccadée.

Un thème électro ouvre 'Goodtimes' mais on revient rapidement aux fondamentaux.
Les échanges se font entre des éclairs synthétiques et d'autres, électriques imitant un riff de guitare.
Le refrain s'habille de façon plus FM innée (AOR) et ose 'Good times roll'.
Les synthés finissent par craquer et se lâcher par moments mais le morceau se retient de dépasser les limites du sirupeux.

On dirait une basse... non, les claviers font tout même le café! 'Raise your head' s'avance en finesse et c'est touchant.
Le refrain arrive, carrément entêtant. On veut chanter en choeurs. Dérapage, les claviers friment et finalement, c'est beau, c'est bon!
Qui ose encore faire ça avec cette maitrise?

'Scathe' part sur des bases progressives avec des ornements plus baroques.
Le morceau s'enfonce un peu sombrement avec une voix d'abord basse puis montant au faîte des 4 octaves atteintes par Jake, semble-t-il.
Tourmenté, il finit par s'arrêter brutalement.

Roulements de batterie et riff lancent 'Cries and whispers'.
La mélodie déroule un mid-tempo enveloppant et chaleureux malgré un trait de mélancolie.
Les zébrures aux claviers lacèrent quelque peu la douce trame mais les envolées lyriques avec choeurs gardent la maitrise.

Un tournoiement de touches ouvrent pour des vocaux vindicatifs.
La rythmique perturbée confirme le ton cafardeux jusqu'au refrain à l'ambiance plus euphorique.
On alterne dans 'The World Can Wait' entre les deux avec quelques recherches jazz prog rock.

Mark, inlassable, participe aussi au nouvel album de House of Lords et nul doute qu'il y aura un autre jeu de 'Keys'.


Parti sur un a priori, je me suis laissé bluffer par cet album. Plus je l'écoute, plus j'y retourne.
La simplicité des mélodies et le nombre limité d'instruments contrastent avec la virtuosité et l'habilité.
Finalement, il sort des sentiers battus et ouvre des portes dégageant une vraie personnalité!
On pourrait penser qu'ils en font trop mais on se laisse emporter par cette vague de fraicheur, l'effet 'kiss cool'.
Ne laissez ce disque cadenassé!


Tracklisting:
1. When Shadows Fall
2. Tear It Down
3. For Your Love
4. Feast Of Lies
5. Angelfire
6. RIP
7. Sparrow
8. Goodtimes
9. Raise Your Head (Sky)
10. Scathe
11. Cries and Whispers
12. The World Can Wait
KEYS
Jake E - vocals
Mark Mangold - keyboards, backing vocals
Charlie Calv - keyboards, backing vocals
Alex Landenburg - drums

samedi 7 janvier 2023

Calling Cadence- 'Acoustic Session, Vol. 1' EP

 Calling Cadence'Acoustic Session, Vol. 1' EP

 hi-res records.

michel 

Oscar Bugarin et Rae Cole, de Los Angeles  forment le duo Calling Cadence.

C'était couru, le destin d'  Oscar était déterminé avant sa naissance, un grand-père faisant partie d'un groupe écumant les salles de fêtes et bars de Santa Paula, un bled connu pour le jeu de sax sentant fort la tequila d'un certain Danny Flores, alias Chuck Rio ( remember les Champs et leur  hit monstrueux), papa tâtait lui aussi de la musique, résultat,  à  6 ans, Oscar, en voyant Elvis en noir et blanc sur le petit écran, se dit I'm gonna play rock'n'roll and be famous.

Plus tard, ses héros se nomment Jimi Hendrix et Stevie Ray Vaughan. Oncle Sam l'incite à rejoindre l'US Army, ce qui lui donne l'occasion de voir du pays, mais pas en touriste, le Koweit, l'Iraq, la Somalie. Dans ses bagages, outre quelques sous-vêtements et l'indispensable  XM250, une guitare!

Les soldats ricains ont leur Star Academy,  The Voice, ou American Idol si tu préfères, qui se nomme Operation Rising Star, le truc passe sur the Armed Forces Network.

Oscar se retrouve en finale, du coup il compose et, à son retour à la vie civile, il suit des cours d' audio engineering et joue avec différentes formations illustres,  “The Puscie Jones Revue”, “Jules Galli and the Family Jules”, ou  “KC’s Heroes” avant de former son groupe “The Cowboy Killers” , inspiré par les Eagles et  C S N & Y, e a, il fait également partie de Pavo Real.

Sa femme ne le voit plus, le mariage foire, tout comme ses projets musicaux, l'éternelle histoire des différences de point de vue.

Un nouveau plan germe dans son cerveau: Calling Cadence, il a des chansons en réserve,  en 2020 un album se prépare, c'est là qu'intervient Rae Cole, que l'on entend sur ce premier album riche de 15 plages.


Rae Cole, que papa et maman connaissent sous l'identité  Rachel Culhane, is a singer songwriter. 

Elle débute comme back up singer, enregistre quelques covers, dont le fameux L O V E de Nat King Cole ( aucun lien de parenté), se produit avec son frangin, Luke Culhane, ils enregistrent une chouette version de' Wagon Wheel' du band  Old Crow Medicine Show, assure les choeurs pour KC's Heroes, formation dont le guitariste se nomme Oscar Bugarin, avec lequel elle fera équipe, le duo forme Calling Cadence.

Alors qu'un premier album vient à peine d'atterrir dans les bacs, le groupe décide de sortir un EP  comprenant cinq titres interprétés in a  stripped-down setting, tu comprends en version acoustique, épurée.

 “These acoustic tracks are a pretty good representation of how we sound outside the studio,” says Cole!

Ont participé à la session acoustique: 

 Vocals: Oscar Bugarin, Rae Cole, Jules Galli

12 string guitar: Oscar Bugarin 

Acoustic bass: Thomas Drayton

Tracks;

 1
Just The Way It Goes

2
Good Day
3
Burn These Blues

4
California Bartender 

5
Throw My Body 

 

La pochette: Rae et Oscar, appuyés sur un 4x4, prennent la pose, la fille ( jolie) sourit gracieusement, Oscar, look Les Dudek, et/ou  chevelure Allman Brothers Band/ Lynyrd Skynyrd post Woodstock, semble plus dubitatif.  

A noter que Line Renaud pour l'extended play de 1961 "La Môme Whisky', déjà,  paradait en se collant contre un cabriolet  sportif.

 Sur les quinze titres de l'album, ils en ont choisi cinq pour leur acoustic session, en débutant par ' Just the way it goes', composé par Oscar.

L'accent est mis sur les harmonies vocales, ce qui engendre inévitablement un parallèle avec le boulot de Stevie Nicks et Lindsey  Buckingham au sein de Fleetwood Mac.

La twelve string guitar d'Oscar vagabonde sereinement , la basse maintient un rythme soutenu, c'est comme si on était revenu au temps des fameux MTV unplugged, avec  en mémoire la superbe performance d'Eric Clapton, soutenu par quelques cracks, dont Andy Fairweather-Low et Nathan East, sans oublier Katie Kassoon et Tessa Niles aux choeurs.

'Good Day' démarre par une longue intro à la douze cordes , magnifiquement maîtrisée par Oscar Bugarin,  qui se charge des lead vocals, Rae et Jules Galli assurant les secondes voix et Thomas l'assise rythmique. 

On n'est guère surpris lorsque l'ex-militaire avoue être fan du groupe The Civil Wars, pas pour la connotation belliciste, mais bien pour la richesse des harmonies vocales et la pureté de l'instrumentation.

Don Felder qui passait dans le coin, a lâché un wouah admiratif en entendant le solo majestueux placé par Oscar  après 2'30" , il y avait de quoi!

Comme le titre le laisse sous-entendre, “Burn These Blues,’ offre un background bluesy renvoyant vers le début des seventies et le premier album de Crazy Horse, les gars qui accompagnaient Neil Young à cette époque.

A chaque fois que tu entends 'I Don't Want to Talk About It' composé par le regretté Danny Whitten, tu verses une larme.

Après une courte et précieuse amorce à la guitare, Oscar, d'un timbre mélancolique partage le blues, qu'il a écrit avec David Swartz.

Les factures, les chaussures avachies, la Chevrolet laissée au clou, le loyer à payer, ....merde....  I wanna  burn these blues away et en faire un feu, si pas de joie, salvateur.

Rae , quand elle ne fredonne pas le refrain avec son complice, bien aidée par le brave Jules,  accompagne la mélodie de oooh oooh's soyeux et apaisants.

Fabuleux, ce titre! 

Un arrêt au roadhouse du coin pour boire un coup?

Ben, ce coup-ci, Rae Cole se colle ( pas fait exprès) aux lead vocals pour  'California Bartender'.

Et qui croises -tu dans ce  bar: des paumés, des laissés- pour-compte,  noyant leur amertume dans leur Budweiser,... drinking, sinking, selling their soul to the night...

Même esprit que sur le 'Tequila Sunrise ' des Eagles, Calling Cadence a le chic pour nous replonger dans un univers musical où les engins électroniques brillaient par leu absence.

 Authenticité,  dépouillement, maîtrise vocale, et instrumentale, exemplaires, du California Rock intemporel  et quintessentiel, digne des Byrds, Buffalo Springfield, Poco, The Monkees ( en pensant à 'Last Train To Clarksville') ou encore The Flying Burrito Brothers.

'Throw My Body' clôture un voyage nostalgique, bourré de bonnes vibes, même si le sujet ne prête pas à la rigolade,  .... Throw my body in the river Let the water wash me clean...

Rae et Oscar se partagent les vocaux, John The Immerser se contentant de baptiser les âmes  baignant dans le Jourdain .

 

Pas besoin d'être fan des marches militaires pour apprécier l' acoustic session, volume 1,  de Calling Cadence, il suffit de se laisser séduire par la magie des harmonies vocales et par la grâce du son vintage de la guitare et de la basse acoustique habillant les compositions de l'EP.

 



 

 




 


 

mercredi 4 janvier 2023

Album - Headkeyz - "The Cage & The Crown: Chapter I"

 


Album - Headkeyz - "The Cage & The Crown: Chapter I"
 
NB Records
 
michel 
 
On pique un extrait d'une interview accordée à Electrypop.
"Bonjour. Je m’appelle Adrien Doran Girard, d’où les initiales ADG, et je suis originaire de Montpellier."
 
Et puis, on émaille, eh, ADG, as-tu un lien de parenté avec le footeux René Girard, international français au début des années 80, lui aussi originaire du Sud du pays et pendant un temps entraîneur de Montpellier?
Comme on n'a pas pu entrer en contact, la question reste en suspens.
 
Musicalement, ADG, qui n'a pas écrit "Pour venger pépère", débute en 2009 comme chanteur d'un groupe de reprises, ça l'amuse pendant quelques années, avant qu'il ne décide de voyager en solitaire et de pondre ' The end of time' en 2014, si tu ne trouves aucune trace de ce disque, c'est parce qu'il l'a sorti sous le pseudo de Sirius Circus.
 
Pour nourrir ses chats, il bosse comme sound designer pour des jeux mobiles, donc, ton petit-fils a peut-être entendu ses créations avant toi, il travaille aussi dans la pub, non Johnny and Mary, c'est pas lui, puis, en 2019,  il soumet "Schizophrenic Conversations", un premier jet sous l'identité ADG. 
 
Les critiques sont positives, il est lancé, oui, mais, 2019 c'est juste avant le cadeau chinois, le Covid!
Confinement, chômage, détresse, dégoût, découragement... et nouveau projet, monter un groupe, un vrai, avec des copains, Headkeyz naît en 2021.
 
Le line-up:
ADG | Vocals & Synths
Timothée BERTRAM | Guitars & Vocals, passé: Signal, Daitman Paweto, e a
Baptiste WILLAUME | Guitars, passé: The Wankers, Timeless, e a.
Benjamin MICHEL | Bass, passé : Rabie Houti Band.
Sylvain MOLINA | Drums live, passé et présent: GNA', 'Triembach', 'Boulevard Apollon' , 'Undercover', e a.
Clément PERNET | Drums ( sur l'album) - passé: Ezra Hesper, Anna Farrow, Francois Palumbo, e a
 
Ces braves gens sont donc crédités sur "The Cage & The Crown: Chapter I", sorti il y a quelques semaines.
 
TRACK LISTING:
01. The Cage
02. Killing God
03. 7even
04. Run Run Run
05. Passenger
06. Speak
07. Ctrl+Z
08. Big Bad World
 
Pochette: un dessin  ésotérique dans les tons noirs, l'artwork est signé ADG., un graphisme qui devrait plaire aux amateurs de tarot, de franc- maçonnerie  ou de symboles occultes.
 
Le titre annonçait The Cage and The Crown, c'est dans la cage que niche la bête.
Intro mystérieuse, grésillante, en sourdine apparaissent guitares, synthé,  et choeurs, puis soudain, boum, boum, des frappes lourdes, ça cogne contre les barres de fer, l'animal rue, se démène, la voix annonce ... we fight for freedom.. le ton est à la rogne, et à la lucidité...we just fuck the world..., la cage, c'est notre cerveau, comment sortir de là si nous sommes à la fois les prisonniers et les geôliers?
Tout ça sur fond rock volcanique, édulcoré par des choeurs lisses.
' The Cage' secoue, c'est un fait, question efficacité, difficile de faire mieux!
' Killing God' est non seulement un film signé  Albert Pintó, Caye Casas  ( titre original,  Matar a Dios), mais aussi le single, qui sent le soufre,  issu de l'album qui serpente dans le lecteur.
Début rugueux, une guitare hargneuse qui sent les Black Keys ,  Band of Skulls, Royal Blood ou autres alternative rock bands fielleux.
 La toile de fond blues rock renvoie aussi vers quelques vétérans tels Freddie King  à cause des lyrics, ...You can hide , You can run..., même si il s'agit d'une variante car pour Freddie tu peux galoper, mais tu ne t'échapperas pas, because you can't hide.
T'as fait écouter le truc à un copain, putain, il a dit, c'est aussi méchant que certains titres des Rival Sons.
D'après moi, c'est un compliment!
Et Dieu, qu'en pense-t-il?
Sais pas, quel Dieu, Clapton? 
M'est avis, qu'il s'est terré, on sait jamais avec les God Killers
' 7even', jolie association, qui renvoie peut-être vers 'Se7en' de David Fincher.
Le morceau baigne dans des eaux nu-metal devant plaire aux aficionados de Korn, Body Count, Fear Factory et autres braves gens ne dédaignant pas les couches de groove pour barbouiller leur métal. 
Pour tromper l'ennemi, le morceau débute tout en douceur, les  riffs caressants et le  chant velouté font place à une ambiance moins paisible, la voix mue et se transforme en tourbillon, les guitares grondent. Tu imagines déjà une déflagration finale, mais non, pour jouer avec nos nerfs, Headkeyz retrouve tout son calme et se remet à te caresser dans le sens du poil.
Pour amateurs d'imprévu!
Tu voulais de la vivacité, tu vas être servi avec ' Run Run Run'.
On n' ira pas jusqu'à le comparer au 'Speed King' du Purple, dominé par la guitare enflammée de Ritchie Blackmore, avant l'entrée en piste de l'orgue liturgique de Jon Lord, ni au fabuleux ' Race with the Devil' de Gun,  mais ce rock effréné  est à classer dans la même catégorie sprinter  véloce.
'Passenger', oublie Iggy Pop, ici, les gars de l'Hérault joue la carte neo-psychedelia, on y entend des pointes d'Oasis, de Kula Shaker  ou d' Ocean Colour Scene.  
Voix planante, guitares passant du céleste au sonique, drumming soutenu et final sauvage, Dior est sur le coup pour sa prochaine fragrance. 
'Speak' est amorcé en mode ballade, Adrien psalmodie son laïus sans élever la voix, les guitares flânent affablement, en toile de fond des percussions tribales  évoquent le travail aux congas de Ron Prudence au sein du groupe The Greatest Show on Earth des talentueux frères  Watt - Roy. 
Les rockeurs peuvent se montrer délicats.
' Ctrl+Z' , ou  comment annuler les modifications apportées à n'importe quel document  sous Windows. Headkeyz t'explicite tout ça, en 90 secondes ( Mike Oldfield était plus prolixe) , sous forme progrock instrumental, c'est plus efficace qu'un long discours et c'est reposant. 
 'Big Bad World' is a comedy about what happens when you wait for life to begin, oui, mais, il ne s'agit pas d'une série télévisée, mais du dernier titre de ce premier chapitre de 'The Cage and The Crown'.
Une dernière envolée mixant éléments lyriques ( cf. Muse), post métal et message engagé.
 
La suite au prochain numéro, en attendant, tu peux actionner le bouton replay pour une écoute plus attentive d'un premier épisode qui nous a tenus en haleine. 

Le groupe se produit en showcase ce samedi 7 janvier au Cultura de St Aunès dans  l'Hérault.