lundi 16 août 2021

Concert sous les arbres ... B.J. Scott avec en guest Jérémie - à Finnevaux , le 14 août 2021

 Concert sous les arbres ... B.J. Scott avec en guest Jérémie - à Finnevaux , le 14 août 2021

 

 

BJ SCOTT : “Concert Sous Les Arbres” – Finnevaux, Belgium – 2021.08.14
C’est dans un cadre naturel et bucolique à souhaits que s’est déroulé cette seconde édition d’une manifestation qui, soyons-en convaincus, en appellera encore bien d’autres. Toutes les conditions étaient réunies pour faire de cette journée un véritable succès et nous ne fûmes certes en aucune manière déçus.
Un concert acoustique de la plus belge des américaines, c’est une occasion à ne jamais manquer tant aucune de ces communions avec le public ”n’est, chaque fois ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre” comme le dit si bien le poète Paul Verlaine dans ce merveilleux texte qu’est “Mon rêve familier”. Tous ces concerts sont magiques car ils sont le reflet de l’âme, l’expression du vécu, la mise à nu du cœur de Beverly Jo Scott et ça, c’est quelque chose qui ne se calcule pas, qui ne se scénarise pas, parce que c’est tout simplement l’étincelle du moment présent.
Tantôt seule, tantôt accompagnée de son batteur Michel Gudanski, de son poulain Jérémie Makiese, dernier vainqueur de “The Voice” ou encore de Didier Laloy, sorte de Jimi Hendrix de l’accordéon et propriétaire de lieux, notre BJ nationale va nous faire vivre deux heures d’une toute grande intensité. De Johnny Cash à Nino Ferrer en passant par Mouloudji, Ray Charles et les Animals, la Southern Girl va nous emmener sur les routes de son cœur et des États du Sud dont elle est native. Humour, sensibilité à fleur de peau et partage resteront les traits caractéristiques de cette soirée musicale intense sous les frondaisons et le regard parfois centenaire des grands arbres à la sagesse immuable. Merci BJ et à très bientôt… Baby.
Grand merci à Jacqueline et Philippe pour cette soirée intercalée entre deux périodes de vacances.
Mitch ZoSo Duterck

vendredi 13 août 2021

Album - Rosie Tucker - Sucker Supreme

 Album - Rosie Tucker - Sucker Supreme 


( michel) 

Epitaph Records.


Rosie Tucker, une singer-songwriter de LA , a fait des études, non, pas de sciences-po, ni de mécanique, elle est sortie de l'unif  de Californie du Sud  avec un Bachelor of Music degree, elle écrit des poèmes, et certains fichiers la  signalent comme étant activiste.

Quoi, tu t'en fous, la cousine de ton ex-petite amie a acheté, très cher,  un master en droit pénal et sciences criminelles, elle est caissière chez Auchan!

OK, revenons à la musique, Rosie sort un premier effort discographique , ' Lowlight' en 2015, elle compose les 9 titres et joue de tous les instruments, après ce premier jet folky, suivi par la sortie de quelques singles, on la retrouve comme bassiste au sein du post-rock combo Gypsum, puis  vient l'album 'Never Not Never Not Never Not', de 2019, cette fois-ci elle est  épaulée par quelques amis musiciens.

2021, un nouvel LP, 'Sucker Supreme', voit le jour, la bio dit: It’s a coming of age album, yes, and an album that aches with self-discovery, self-definition, and self-redefinition...

Coup d'oeil à l'emballage qui intrigue, une photo, comme lacérée  de la jeune personne qui  arbore un piercing au septum.

Crédits:

  Drums: Jessy Reed 
Bass: Rosie Tucker

 Guitars: Rosie Tucker and Wolfy
Synths + programming: Wolfy 
Vocals: Rosie Tucker
Produced by: Wolfy
Mixed by: Keith Armstrong

 

TRACK-LISTING
01. Barbara Ann
02. Habanero
03. Different Animals
04. Trim
05 For Sale: Ford Pinto
06. Ambrosia
07. Arrow
08. Creature of Slime
09. Brand New Beast
10. Airport
11. Dog
12. Clinic Poem
13. Peach Pit
14. How Was It?
 
 A Ba-Ba-Ba-Ba-Barbara Ann... t'as tout faux, ' Barbara Ann' de Rosie Tucker n'a aucun lien de parenté avec le tube des Beach Boys.
Le titre, nerveux et  armé de guitares cinglantes, serait inspiré par la grand-mère de Rosie, fermière dans le Mid West.
 Gosse, Rosie s'y rendait et profitait d'une liberté totale tandis que Granny travaillait d'arrache-pied.
Musicalement, Rosie se rapproche plus de l'alt rock de Belly que de la surf music californienne.
'Habanero' , s'avère assez doux pour un piment.
 Rosie flirte, Rosie rêve, Rosie se pose des questions
..Wouldn’t we be perfect together if we wanted exactly the same thing?... ou pense à la réincarnation...I can’t believe I’ll die Before becoming a frog.
Le titre de l'album s'éclaircit.... I smile while I suffer like a sucker supreme... 
Bois un coup, Rosie, pour éliminer les saveurs trop épicées! 
Le midtempo mélodieux  ' Different Animals' évoque, en demi-teintes, une relation amoureuse possible mais pas évidente.  
Un final sonique envoie comme des éclairs dans un ciel jusqu'ici serein. 
 Place au minimaliste 'Trim' . Absence d'effets grandiloquents, juste une acoustique quelques glou glou marécageux en fin de cycle, histoire d'évoquer un milieu amphibien, on est proche de l'univers DIY de PJ Harvey ou de Scout Niblett à leurs débuts.
 Combien pour ta Ford Pinto puisque tu affirmes 'For Sale: Ford Pinto'?
Aucun prix mentionné dans le texte, par contre des associations pas banales ...
Time is a trash compactor I’m feeling pressed But at least you’re here with me and We’ve got sexual tension Bending over backwards Doing my best To make the most of my minutes Diminishing in a garbage world...., tout ça sur un fond indie/grunge proche de bands tels que L7, Sleater-Kinney ou Babes in Toyland.
Musicalement le mélancolique ' Ambrosia' nage dans des eaux fréquentées par Lennon/McCartney dans 'Strawberry Fields Forever' tandis que 'Arrow'  de Jeffrey Lewis reçoit un traitement nettement plus électrique, féroce et speedé que l'original.
Le phrasé, en mode TGV, de Rosie interloque et fascine à la fois.
Une reprise convaincante!
Elle nous donne 44 secondes pour faire la connaissance de l'étrange 'Creature of slime' avant de passer saluer une 'Brand New Beast' dans son zoo imaginaire.
Elle a l'imagination fertile, Miss Tucker,  son rock secoue à la manière des filles de Veruca Salt.
Décollage frénétique pour 'Airport', des riffs incisifs et saccadés, après une minute, elle minaude...my girl is an airport... sur un fond faussement serein, car tu sais qu'elle va s'agiter et que le vol ne sera pas de tout repos.
Elle a été grenouille, la voici 'Dog', pas de panique  ..I’ll only bite if you beg me to... le tout porté par une ligne de basse appuyée soutenant une mélodie canine.
Un nouvel interlude, de 52 secondes ce coup-ci, voici 'Clinic Poem' , une berceuse d'inspiration maison de santé.
'Peach Pit' flotte dans un univers dream pop ouaté , quoique si tu te mettais à analyser son rêve, tu sens comme un sentiment de vague à l'âme pointer à l'horizon.
 
Miss Sucker Supreme achève son conte sous forme de question  avec le quasi instrumental ( des balbutiements précèdent l'interrogation)   'How was it'  ?
 
Well, dear Rosie, we can say it was unusual and certainly worth  listening to.


 



 



 

 


lundi 9 août 2021

Gil Riot et Broken Waltz au Chaland Qui Passe à Binic, le 8 août 2021

 Gil Riot et Broken Waltz au Chaland Qui Passe à Binic, le 8 août 2021

 

Durant tout l'été, Le Chaland qui Passe, le bar le plus branché de Binic, programme des concerts pointus.

En ce dimanche d'août où la cité balnéaire du Goëlo fait le plein ( pas évident de caser ton  tas de ferraille) malgré une météo grincheuse, deux noms se retrouvent à l'affiche:   Gil Riot et Broken Waltz!

C'est démasqué  et armé d'une Coreff que tu te colles  au pare-vent délimitant la terrasse du zinc en attendant le bon vouloir du Gilles de Rio.

Gil Riot, c'est un grand cru millésimé, qui a bien vieilli. Il a  traîné sa bosse au sein de différentes formations, la plus récente étant Crocodile Boogie, fondée par le boss de chez Beast Records, sinon on retrouve sa trace chez Casse Pipe, le Rio Cinema Orchestra, Scenic Railways, Swing Bazar,  Dizzie Roméo, Orville Brody & Goodfellas, Tim Bewlay, Holy Dust, Pete Ross etc...

Quoi, non, pas Mireille Mathieu, c'est un certain Gilles Proust, ma chère, qui reprend  du Mireille.

Deux albums à son nom disponible chez Beast, le thérapeutique 'Whisky on your wounds' ( label au choix, pas de glaçon, svp ) et 'Felicity Road'.

En cette fin d'après-midi, Gil, bien rôdé, fringué d'un seyant gilet noir et d'une liquette sortie de la garde- robe 1965 d'Antoine, s'accompagne d'une acoustique, quelque fois d'un harmonica, et se base sur  un calepin, où les caractères sont écrits en grand, pour le choix de son répertoire.

Après un faux départ, le roadie, inexistant, ayant omis d'insérer un instrument dans le porte-harmonica, Gil attaque ' I  Can't Help but Wonder Where I'm Bound' le folk track composé par Tom Paxton, un morceau que Johnny Cash avait emboîté dans son catalogue.

Avoue qu' il y a pire comme entrée en matière!

La voix mature et le jeu sobre enrobent brillamment un texte écrit en 1964.

If I take care of you, I just take care of me...ainsi débute le midtempo suivant ( 'Felicity Road') toujours interprété d'une voix de crooner ayant vécu , un timbre profond, mature mais aussi tourmenté,  à la croisée d'un Delbert McLinton ou de Rodney Crowell.

Quelle drôle d'idée, demander à sa copine d'être enterré avec les chaussures qu'il portait lors de son mariage, sans oublier de glisser tous ses péchés dans le cercueil ( My proud way to hell) , c'est à Lee Clayton que tu penses en l'entendant psalmodier sa prière, et en ajoutant baby, please don't cry...

Tu as vu deux ou trois oiseaux noirs voltiger à côté des mouettes et des goélands, les habitués du port.

Mon groupe est resté sur le paquebot qui mouille au large de Saint-Malo ou d'Osaka, je confonds tout, sorrry, d'où ce voyage en solitaire, confie-t-il en piochant dans le recueil traînant à ses côtés, avant d'entamer la suivante, nostalgique. Sillonner le monde d'est en ouest, c'est bien beau mais quand tu vieillis, trouver un endroit you may call home c'est pas plus mal!

Même sans le violon plaintif, 'There's some words', extrait de son dernier enregistrement, frappe juste, tu  pouvais le sentir son désespoir de brokenhearted man, quand tout à coup, au moment où il terminait sa complainte, le serveur se prend une pelle laissant un amas de verre brisé sur la chaussée.

Plus de peur que de mal, tu n'avais pas passé commande!

Toujours sur l'album de 2019, voici ' Bad Moon' , c'est sûr, ce n'est pas la vie en rose, il n'y a pas de quoi pavoiser: des attentats, la pollution, la pandémie, les prédictions catastrophiques du GIEC, on n'est pas qu'un petit peu dans la merde!

Seconde cover, 'I'd be a legend in my time' de Don Gibson.

Binic goes country, tandis qu'un chapeau passe, les artistes aussi ont soif.

Retour de l'harmonica pour 'Born in September', un folk automnal suivi par 'un galop énervé,  ' A horse to Ride', un cheval que tu peux jouer  placé à Longchamp.

Ladies and gents, le groupe qui suit a comme devise 'Fuck the guitar players', faut que je me grouille pour placer ma dernière tirade, tout aussi remuante que la précédente, 'Let it go', car ... my heart is a ball of fire!

Un set apprécié par la clientèle du troquet et par les nombreux curieux flânant sur les quais qui, souvent, ont fait une halte pour écouter le musicien.


Broken Waltz

Tu les as connus Buck en sortie de résidence à Bonjour Minuit, c'était avant toutes les restrictions, ils t'avaient impressionné. 2020, Buck a vécu, Xavier Soulabail, Clément Palant et leurs sbires opèrent désormais sous l'appellation contrôlée Broken Waltz.

Pas pour les mêmes raisons que l'oncle Ben's devenu Ben's Original, pour quon ne le confonde plus avec la case de l'Oncle Tom, ni même dans l'optique Lotus Speculoos, devenu Biscoff pour faire plaisir aux Yankees, Papous et Chinetoques, non, Broken Waltz, d'après le bassiste, est un emballage convenant mieux au produit proposé, Tom Waits a bien composé une valse pour Cinny ou repris le traditionnel Waltzing Matilda, quand il ne tournoie sur une mesure 3/4 temps  avec la dénommée Alice.

Broken Waltz est sur le point de sortir un second album chez Beast ( ...And Disasters), il doit succéder à 'A mysterious land of Happiness' de 2020.

Line-up:

 Xavier Soulabail ( basses et backings), Clément Palant ( chant, batterie, colifichets voodoo, orgue), les racines de Buck, auxquels s'ajoutent les cuivres, l'élégant barbu, Pierrot Rault au saxophone et le mètre 93, Vincent Paulic, au trombone, parfois à l'orgue.

Les ingrédients utilisés pour leur recette n'ont pas vraiment changé, leur cuisine demeure spicy et colorée, tu aimes le Spicy Boiled Crawfish, le chicken and sausage gumbo ou les New Orleans Stuffed Bell Peppers, tu vas te régaler.

C'est Xavier qui met le feu aux poudres en malmenant sa basse à la slide, Clément le rejoint et, de sa voix caractéristique , cassée, éraillée et salement rugueuse, arborant des senteurs Dr John/Tom Waits/ Henry Rollins, entame un gospel:blues  hanté, 'Come down of the cross'.

Après quelques minutes, Clément passe derrière ses fûts, ce qui ne le calme pas, la plage, hypnotique, mue en mode voodoo tandis que sax et trombone viennent ajouter une croustillante note brass band,  à la tirade. 

Virage boogie crasseux avec la suivante, ' Deep in the Mud'.

Tu te demandes  comment tu vas te sortir de ce merdier, les alligators se sont mis à chalouper dans le marais, du coup, une baleine égarée au large, déjà étonnée par l'ampleur du chantier éolien dans la baie de Saint-Brieuxc se dit que le monde tourne mal, ce que confirme Axelle Red.

Sur l'estrade, Xavier poursuit son travail de sape, la quatre cordes boit le calice jusqu'à la lie, les cuivres pilonnent sec et le jeu métronomique de l'Iroquois breton assure un tempo infernal, ...break the walls... lance-t-il d'une voix à faire passer Screamin Jay Hawkins pour un castrat.

Avec 'Facedown in the Dust',  Broken Waltz propose un blues/punk/garage ravagé.

Imagine l'enfant bâtard né des amours tumultueuses de Poison Ivy et de Frank Zappa pour te faire une idée, quelques pointes de punk/free jazz  à la Lounge Lizards agrémentent la salve.

T'étais sur le point de sortir l'aspirateur quand Clément nous promet  ein deutsches Lied, du coup tu t'attendais à une version La Grande Vadrouille de "Hi Lili Hi Lili Hi Lo",. Eins Zwei Drei qu'il dit pour entamer un ' Christmas Boiler Suit'  qui exhale des fumets Nina Hagen, là où certains espéraient Marlene Dietrich.

Ils nous ont eus par surprise et ont bien l'intention de continuer à nous bousculer ( comme on est légèrement maso, on aime ça), voici 'Long Live the Bride', une chanson d'amour en mode cabaret tango/waltz.

Kurt Weill a apprécié le côté théâtral de la pièce, tu as réfléchi quand le chef a questionné...do you know about my Rosie?

Celle de Cabrel ou d'AC/DC... sinon je me souviens de Rosy Varte!

Fondu enchaîné sur un blues râpeux, baptisé ' He fell down' , qui commence comme il se doit par When I woke up this morning... Clément se sentant des fourmis dans les jambes se paye  une petite balade  dominicale avant de reprendre du service avec ses baguettes.

Le  convulsif ' White Gown' est poussé par un sax poisseux tandis que Xavier a repris le bottleneck pour le faire glisser rageusement sur la basse initiale.

Une boîte à rythme amorce 'A Dream Worth Living For'.

Repos pour l'armada cuivrée.

 Une basse saturée et un chanteur à l'orgue, style  Question Mark and the Mysterians, engagent ce garage frelaté, le sax rapplique et vient faire la cour à Clément Palant, pour le coup tu revois le délirant et regretté Steve Mackay dans un de ses soli endiablés.

La fin du voyage est en vue, le quartet nous balance un nouveau boogie gluant, 'The Devil Has a Bigger Heart than Men', à rendre malade le Canned Heat, John Lee Hooker et leurs copains.

L'outro envoyée, les clients ont droit à un salut indien mais ils savent qu'en insistant un peu, il y aura un bis.

On vous refait une valse viennoise légèrement trafiquée sous forme de boogie et on vous promet un feu d'artifices final.

Ce qui eut lieu!


Le 8 octobre à Bonjour Minuit en compagnie de Crocodile Boogie , il reste des tickets!



 






samedi 7 août 2021

Album - Vacation- Stay Online

 Album - Vacation- Stay Online

 

Mitch ZoSo Duterck 


VACATION: "Stay Online" AEP music # ALCD 895636
 
Petit rappel pour les plus anciens d'entre vous et présentation pour les jeunes qui vont découvrir un fleuron du Hard Rock qui a laissé son empreinte dans les annales du rock belge made in 70's. Imagine toi dans le Pays Noir, notre "Black Country" à nous, région de Charleroi en 1969. Tu t'appelles Luigi Collu et tu es vachement doué lorsqu'on te met une Gibson Les Paul en mains. Alors avec ton pote bassiste Sonny "Bono" Ignoti, comme toi originaire de la grande botte, et le troisième larron Alain "Alan" Wéry qui se charge des fûts et cymbales, vous formez un groupe, un power trio. L'enfant porte le nom de Vacation. Inspirés tous les trois par le blues et le rock, vous citez comme  références des gens comme Cream ou encore Jimi Hendrix, et personne ne vous le reprochera jamais.
1970 et 1971 seront deux années charnières dans la carrière du trio qui écume tous les bars et festivals qui veulent les accueillir. C'est sur les planches que Vacation commence à se construire une solide réputation de groupe de scène. C'est aussi la glorieuse époque des festivals, certains éphémères, qui fleurissent partout dans notre pays et ce, pour le plus grand plaisir de tous. A cette époque tu pouvais encore organiser ce genre de manifestation sans avoir à te heurter au monopole d'un ou deux financiers qui font la pluie et le beau temps en décidant qui tu verras jouer ou pas.
Ces glorieuses 70's permettent encore à tout un chacun d'enregistrer un ou plusieurs 45 tours ou, pour les plus créatifs ou les plus nantis : un 33 tours! C'est l'option que va choisir notre groupe qui sort dans la foulée "Résurrection of Vacation" un album live auto-produit et auto-financé dont la qualité d'enregistrement est malheureusement plus proche d'un disque "Pirate" de facture moyenne que d'une véritable sortie officielle. Le groupe ne bénéficiera ,ni du soutien médiatique, ni de la promotion, qu'il mérite pourtant et l'album restera du domaine du confidentiel. Il ne s'en vendra que quelques centaines d'exemplaires sur le réseau des disquaires locaux.
La presse de l'époque est pourtant élogieuse, asseyant encore un peu plus la réputation d'un groupe qu'il serait imprudent d'ignorer mais cela ne suffira pas à faire décoller les ventes. Trois ans plus tard, Vacation décide de réitérer l'expérience mais le second album tant attendu ne verra jamais le jour. A partir de 1979, le groupe se fait de plus en plus rare sur le plan scénique mais il ne disparaît pas pour autant... Il se repose.
Et tout à coup, sans crier gare, voici que Vacation refait surface le 30 avril dernier avec un tout nouveau line-up au sein duquel on retrouve mon pote Laurent Debeuf. Les bonnes nouvelles allant de souvent de paire (comme les cornes) le band débarque avec un tout nouvel album baptisé "Stay Online". Si vous chercher le nouveau sprinter de la six cordes ou la dernière voix d'outre-tombe à la mode, mieux vaut passer votre chemin car c'est d'un hard-rock de facture classique dont il est question ici, rien d'autre.
C'est en dix titres que Vacation va présenter sa nouvelle collection sur le catwalk pavé des milliers de galettes dont l'industrie musicale accouche sans relâche chaque jour, avec une régularité métronomique. Au début, j'ai un peu de mal à prendre mes repères mais au fur et à mesure que le cd tourne, je trouve des points d'accroche de plus en plus nombreux que mes écoutes futures vont confirmer. Je me suis tout d’abord senti un peu mal à l'aise dans la globalité car ce truc me rappelle quelqu'un sans savoir mettre un nom. Zut alors, c’est là, et pourtant ça ne me saute pas encore aux yeux malgré l'évidence incontestable. À un point tel que je m’envoie au diable ou plutôt, en enfer. En anglais “Go to Hell”! Bon sang, ce timbre de voix un peu rocailleux, cette façon de scander les mots, ce style, bordel, j'y suis : Alice Cooper!
01."Don't Want It No more". On démarre avec un truc à l'harmonica qui me fait penser invariablement à Blackfoot tandis que les deux guitares lorgnent franchement vers le genre d'exercice dont le Southern Rock est friand. Belle entrée en matière.
02."Go on she said" Rien que l'intro et tu te demandes comment ils ont réussi à inviter Neal Schon de Journey sur l'album! C’est digne de l’album “Frontiers”
03."I'll Shoot Me Down" J'espère que ce n'est pas prémonitoire, ce serait con tout de même! Très belle ligne mélodique pour les six cordes en solo.
04."Never Go Back To London." Et là, j'adore, je suis dans le même véhicule qu'eux, embarqué par cette talk-box qui me fait penser à "Sweet Emotion" d'Aerosmith. Un titre très fort qui pourrait très bien faire son chemin sur les ondes. Sans conteste un des moments phare de l'album.
05."Stay on Line" L'exercice casse-gueule par excellence : la ballade rock. Et Vacation n'est pas tombé dans le piège d'avoir composé d’abord la grosse saucisse dégoulinante de sauce autour de laquelle l'album s'articule. Non seulement c'est très beau mais ca s'intègre dans l'ensemble. Et toujours cette manière involontaire de scander le texte à la Alice. Un autre titre fort.
06."That's What I Do." Un brûlot Hard FM que n'auraient certainement pas renié REO Speedwagon ou encore April Wine. Ca passe tout seul, chouette compo les gars.
07."Time for Rock 'N' Roll." Un rock de facture classique et un avertissement.
08."Man In the Hat." Un titre sous forme d'hommage à ce grand riffeur qu'était Malcolm Young d'AC-DC. Et hop, un lapin qui sort du chapeau.
09."Wonderland Zoo". Du boogie-rock d'excellente facture qu'apprécieront certainement les fans du Quo et de Rose Tattoo, moi j'aime et je bats du pied.
10."Up." Un morceau classique où l'on retrouve le thème des antagonismes, right-wrong, up-down, black-white.
En conclusion, un album bien enregistré et très bien produit qui fait du bien aux oreilles avec ses guitares ciselées, bien en avant. Un album qui alterne moments très forts et d'autres plus habituels. Que demander de plus plus sinon un second cd mais dans pas trop longtemps hein!
Fabrice CARLONI : Lead & backing vocals
Thierry LIMELETTE : guitars & backing vocals
Laurent DEBEUF : guitars & backing vocals
Franco ROMANO : drums
Simon PRIMERANO : Bass.
Mitch "ZoSo" Duterck

jeudi 5 août 2021

The Banging Souls au Rideau Rouge- Ohain, le 30 juillet 2021

 The Banging Souls  au Rideau Rouge- Ohain, le 30 juillet 2021
 
Mitch Zoso Duterck
 
THE BANGING SOULS: Le Rideau Rouge, Ohain, Belgium (Friday, July the 30th 2021)
 
La dernière fois que je les ai accompagnés en concert c’était en plein confinement, le 17 octobre 2020 à l’occasion du Deb Fest # 3 au Foyer Culturel de Chênée. On sentait bien que tout cela allait bientôt finir, inéluctablement, pour cause de Covid, dont acte dans les jours qui suivirent. Longue période de disette, gestation de 9 mois et enfin, c’est le retour de la culture ou plutôt à la culture. Les autorisations sont encore bien difficiles à obtenir, quant aux conditions de prestation, c’est pratiquement aussi facile que de composer un menu aux bornes d’un Mac Do un soir d’affluence quand tu as vingt personnes qui trépignent d’impatience dans ton dos.
Bref, pour renouer avec notre passion, Phil, Mono, Marc et moi embarquons dans le dernier modèle SUV de chez Seat dont le tableau de bord fait passer celui de l’Airbus A320 pour un modèle d’entrée de gamme de chez Lego Technics. Quand il y a de la musique, tu ressens ce que les fêtards éprouvent en débarquant à Ibiza, sauf qu’ici y a pô d’gonzesses qui moussent, troussent, se trémoussent, toussent, et détroussent dans de violents déhanchements, un peu comme si un lézard avait pris possession de leur string ! Comment ? Ah c’est un short ça ? Vingt dieux qu’est-ce que ça doit-être quand c’est plus court, c’est presque une incrustation alors, que dis-je, une greffe !
Soit, mon verbe s’éloigne du sujet donc, comme le disait si bien Panurge, « revenons à nos moutons et les vaches seront bien gardées » Là, je ne te garantis pas la citation (à comparaître…) ce que nous faisons avec détermination et en bloc à l’entrée qui sert également de sortie au bâtiment. L’endroit dégage un côté plaque en cuivre patiné et commémorative, du style « Napoléon a dormi ici ». Le « Kilroy Was Here » local en quelque sorte. L’accueil est très sympa et nous voici bientôt assis tous les quatre autour d’un mange debout, cherchez l’erreur. C’est aussi l’occasion de passer les troupes en revue et de saluer chaleureusement ceux et celles qui ont été vaccinés et qui ont survécu au COVID saison 1, épisode 1 à 9. Ouf, on dirait que tout le monde est là, et c’est tant mieux, c’est toujours triste de perdre des gens qui ont bon goût comme disait un ami anthropophage.
Les lumières baissent lentement (veinardes) pour faire place à un éclairage de scène Curaçao souvent bleuté et du meilleur effet (voir ma vidéo). On se pose logiquement la question de savoir si l’isolement aura laissé des marques indélébiles, sortes de cicatrices honteuses, dans le corps du cerbère musical qui monte maintenant sur les planches. La bête tricéphale et conquérante, se fend d’un sourire carnassier lorsque nous recevons les premières notes du concert en pleine face. Quelle pèche mes aïeux, c’est encore pire qu’il y a 9 mois. Une puissance aussi dévastatrice qu’un tremblement de terre. C’est à la fois compact et distinct, lourd et léger, rapide et lent, c’est l’eau et le feu qui s’épousent pour habiller chaque titre d’une gerbe de lave qui dégouline, envahit, possède et façonne un paysage musical encore plus près de Jérôme Bosch et de Dali qu’il ne l’était déjà.
Banging Souls n’a manifestement pas attendu que les choses reviennent à la normalité en restant assis sur leur séant, soupirant à fendre le cœur. Ils ont profité de l’espace qui leur était offert pour donner un nouveau visage à leur musique, de nouveaux arrangements, une sonorité encore plus directe, plus pénétrante, de nouvelles intros. Bref, c’est une tuerie en règle, « Full Metal Jacket » remasterisé, Kubrick devient Lubrique, un Vietnam version Banging Souls qui envahit tout, s’empare, conquiert, et gagne cette guerre que personne n’avait prévue. Je ne citerai qu’un titre, un nouveau brûlot dont nous avons eu la primeur en live ce vendredi soir ; « The Train ». Un morceau qui représente bien ce trio new-look, un train qui se veut à la fois petit tortillard de montagne, touristique dans la vallée du Bocq, TGV rugissant lancé à plus de 300km/h dans les plaines de France mais aussi, train de marchandises avec sa centaine de wagons tractés par trois locomotives accouplées dans sa traversée de l’Arizona. Une mécanique simple et complexe à la fois, des paysages riches et variés, une vérité nue et sincère dans laquelle chacun d’entre nous se retrouve, peu importe le moment. Banging Souls rassemble et fédère, sans jamais forcer, tout simplement parce que leur cuisine musicale est comme un grand restaurant étoilé, il faut en faire le tour et là, vous découvrirez la petite auberge traditionnelle et familiale qui se cache derrière. C’est de là que viennent les effluves les plus riches, les saveurs les plus intenses qui font de la musique de Banging Souls, le plus savoureux des menus. Gaëlle, Ludwig, Pierre, un mot : MERCI
Mitch « ZoSo » Duterck

 

mercredi 4 août 2021

Cheeky Nuts au Marché de Pléhédel, le 2 août 2021

 Cheeky Nuts au Marché de Pléhédel, le 2 août 2021 

 

Depuis quelques années l'association les Graines du Goëlo organise un marché bio chaque lundi, de juillet et août, aux pieds de l'Eglise Saint-Pierre à Pléhédel.

Ils ont la bonne idée de prévoir une animation musicale à côté des échoppes de producteurs locaux, offrant légumes, fruits, pains, miel, pâtés, cidre et bière artisanale ou bijoux et objets de décoration.

En ce premier lundi du mois où Pierre Perret propose de faire les fous, Cheeky Nuts doit distraire les nombreux chalands.

Cheeky Nuts voit le jour il y a cinq ans et  depuis lors balade son funk aux quatre coins des Côtes-d'Armor et au-delà.

 

Ils étaient cinq, trois garçons, deux filles, mais depuis, l'écureuil bassiste Philippe Férat a été remplacé par  un Sciurus vulgaris femelle.

Donc trois nanas:  Sophie Jobert (chant, trompette, trombone), Charlotte Le Calvez (secondes voix, guitare) et la dernière arrivée, Eva Montfort ( basse, seconde voix) et deux rongeurs mâles: Erwan Tassel (batterie) et Guillaume Heuze (saxophone,secondes voix).

Oui,  ces noms ne te sont pas inconnus: 2/3 des Acoustic Ladyland sont en piste, Charlotte fait désormais aussi dans l'afrobeat avec l' espionne Mata Hari, elle poursuit sa route avec Talkie Walkie, Raggalendo, par contre, semble au point mort.

Eva, s'ébat chez Santa Claws, Hophophop Crew, et accompagne UKAN, Sophie Jobert , sans liens de parenté avec Marlène, joue chez La Cosecha Del Barrio Loco et Kar Ha Pistouill.

Tu as déjà eu l'occasion de croiser la route d'Erwan Tassel à maintes reprises, que ce soit pour accompagner le défunt Bob Gullotti, ou en duo aux côtés d'Alban Schäfer, comme sideman pour siiAn ou le Hurluberlu Sextet, depuis il a rejoint Mata Hari.

Guillaume Heuze fait partie des P'tits Yeux, de Celo et de Blue Bird.

Bref, ces jeunes gens ne chôment pas.

18:20', on démarre ...you make me wet, you make me sweat... en mode funk, acid jazz ' Groovy Baby', nous rappelle au bon souvenir de combos aussi solaires et juteux que les Brand New Heavies, les Young Disciples , Corduroy ou celui dont ils se réclament Jay Kay, alias Jamiroquai.

Le sax et la trompette en doublette, la guitare en mode Ronny Jordan et une rythmique aussi ronde que groovy en diable, bref on nous sert un savoureux mix d'efficacité et de prouesse technique.

'Warm me up' sécrète les mêmes saveurs, tes guibolles flageolent et tes hanches dodelinent aux rythmes de cette transe cuivrée.

T'avais compris ' Cold', la ballade était intitulée  'Called', de toute façon comme le disait James, c'était some ' Cold Sweat'... let's boogaloo, kids!

' Cheeky Nuts' plus collant que la Nutella surtout avec ce trombone gluant, tu y goûtes, t'es ensorcelé!

'Please' , satisfaction guarantee , no-one asked fot its money back.

Ça chatouille, but please, please, please, don't stop teasing...  et le sax, collant,  termine la requête.

Avant la pause on a droit à une visite du ' Dream Merchant'.

Pas de panique, Nicolas, ce n'est pas le marchand de sable, ce n'est pas l'heure du dodo.

Un punch redoutable qui met de bonne humeur et donne soif, ça tombe bien, Marcel vend de la Bonne Humeur ambrée.

Bonne idée que d'envoyer du Janis pendant le break.

 

Seconde tranche de cake!

Les nénuphars chaloupent, ' Water Lily' sonnent comme du Blood, Sweat and Tears, sans les larmes et le sang.

Cette longue plage associe groove et climats atmosphériques.

'Break it' voit la wah wah entrer en action, le fantôme de Wah Wah Watson erre dans le coin, soul, funk et disco ne sont jamais loin.

Le voyage au pays du groove se poursuit avec' Never let it go' et ' Catch the train' , une machine plus fiable que les locomotives de la SNCF. Embarque et laisse-toi guider par les cuivres chauds, ils t'emmèneront à bon port. 

La setlist a probablement eut à souffrir pendant le trajet, t'es sur le point de perdre le fil, sans aucune certitude on t'indique les salves suivantes, ' Spinning' et le remuant et syncopé ' Fast Lane' doté d'un bridge orientalisant.

La dernière devrait vous voir escalader les tables et danser comme des bêtes, 'Move on'.

Cadence endiablée, Shake Everything You've Got, te souffle Maceo Parker, tu manquais de souffle, t'as tenu deux minutes!

 

Du souffle, Cheeky Nuts en avait à revendre, le groupe nous propose une version alternative de ' Cheeky Nuts' en rappel.

 

Le 16 août, ils seront  à Erquy!

 


 

 


 

 


mardi 3 août 2021

Album - Emily Davis and the Murder Police - Never a Moment Alone

 Album - Emily Davis and the Murder Police - Never a Moment Alone

label-  1978497 Records DK2


NoPo

"The murder police", de la provoc? Emily dévisse! Certains restent
politiquement correct en préférant 'Dream Police' ou 'The Police' tout
court, d'autres frappent aussi fort 'Police Milice'.
Le groupe vient d'El Paso au Texas, bien connu, pour ses célèbres
produits tex-mex! Eux jouent un folk-pop tout autant épicé dans un
esprit punk, on reviendra sur les textes.
Après le romantisme de Cigarettes After Sex (un paquet par jour?) et 3 EP's solo, mélange de folk-pop-jazzy-celtique, Emily Davis s'engage dans
la police en 2016 et sort sa 1ère semonce 'Same Old World' en Octobre
2018 avant de préciser cette année 'Jamais un moment seul' (explication
dans la dernière piste).
Elle a grandi, bercée par la musique écoutée par son père, Cat Stevens,
Paul Simon, autant que Creedence Clearwater Revival et se dit influencée
par Bad Religion (dont elle aime faire des covers et faire découvrir).
Ici, impossible de ne pas penser à des Cranberries énervés même si la
voix d'Emily montre moins de prouesses techniques que Dolores. Quelques
impressions d'Amy Mac Donald et Maria Mc Kee peuvent aussi se faire
sentir ici et là.
Voici leur second album présenté telle une tapisserie pleine
d'enluminures. On y retrouve des papillons et autres insectes qui
tournent autour de miettes de terre sous cloche. Un symbole, une
prédiction?


'Play' sûr! Quelques notes de guitares à la réverb désertique attirent
l'attention de l'auditeur.
La guitare sèche se comporte comme une reine mais l'électrique mouille
pas bien loin. 'Artificial happiness' pose les bases. Mélodie
entraînante, rythme trépidant, vocaux convaincus et convaincants.
Les textes, bien troussés, font mouche 'Trade me one ugly truth for a
hundred charming lies... 'Cause I'm bored every morning And I die every
night'.
Echanger l'affreuse vérité contre une centaine de gentils mensonges,
quand on en a marre,  un soulagement vraiment?

'God hate flags'? Sans doute... La composition avance en déboulés
pressés. 'They're deified to obfuscate Our ugly history'
Les riffs partent rectilignes. Emily chante de façon assurée et les
choeurs s'accrochent discrètement au fond de sa gorge.

L'intro suivante fait croire à un ralentissement aérien mais non, pas de
répit, elle enchaîne un 'Eden is the worst' à peine moins rapide avec
ses frappes sur le cercle puis les cymbales.
Le refrain embarque magnifiquement avec ses pointes au bout des
'yououou'.
Adam et Eve acceptent que leur paradis soit le pire car ils sont seuls.
Dans la difficulté 'Eve' Davis chante en trouvant le réconfort ... 'in
youou'.

Un plan de batterie dans l'écho impulse un balancement.
'Partners in crime' nous balade dans une déception mélancolique aux
allures d'enquête criminelle.
La conclusion troublante 'Now all that's left of you is the best of me'
s'expulse dans un souffle puissant.

'Don't make a promise' repart sur un rythme effréné et une guitare
féroce.
Surtout 'Ne fais pas de promesses que tu ne pourras pas tenir', la voix
le répète tout au long de la piste de façon catégorique en un cri
soutenu par des choeurs bien d'accord.

Bipolaire comme Dolores? Emily dévoile son esprit partagé par des avis
opposés : 'Cleaved in half One side cries While the other one laughs'
A l'inverse, la mélodie, ououatée et syncopée, ne se prend pas la tête et
sans perturbation, elle coule en accords harmonieux, bien giflés par la
batterie.

Ta ta ta ... poum / Ta ta ta ... poum. 'Why Weren't They Stunned?
dénonce l'aveuglement du monde face aux dérèglements de la nature.
Les toms de batterie roulent, les accords et solos de guitare
scintillent, la voix et les choeurs entonnent joyeusement à l'inverse de
la gravité des paroles intelligentes.
Le refrain emporte ce morceau qui frappe ... fort!

'Semicolon', dans une ambiance acoustique, insiste sur la position,
entre les 2, d'Emily; un point-virgule liant 2 phrases.
Ce petit morceau de rien du tout place un point (mais un bon point)
c'est tout!

'Bloodlines' parle de gènes, de transmission et de persistance.
L'instrumentation fait bloc pour soutenir la chanteuse dans son
expression.
La voix, les choeurs hauts et l'accompagnement, en particulier, le solo
de guitare, incisif, provoquent un effet stimulant.
Le rythme sautillant pousse de suite à danser en communion avec le
groupe et persiste jusqu'au bout du voyage.

La guitare folk flottante, transporte la voix d'Emily jusqu'au milieu du
morceau.
Puis 'Eternal Babylon' se veut plus enjouée et poppy. Par instants, voix
principale et choeurs se répondent 'You can play roulette (Like there's
no bullets left)'.

'Space Cadet' s'envole ailleurs. Les arpèges de la guitare électrique
envoûtent comme un 'Charming man' des Smiths. La cadence légèrement
chaloupée fait perdre le contrôle 'I don't know where I am'
Le solo résonne dans un espace intersidéral (comment ça, pas de son dans
l'espace?), la morceau finit pourtant dans un écho stellaire.

'Apartment Homes' conclut par une prière. 'Kyrie Eleison' surprend dans
la bouche de l'autrice et augmente l'urgence du propos.
Les textes dénoncent le pillage de notre planète. Le titre coda explique
celui de l'album. Jamais un moment seul, à cause de la surpopulation et
du manque de ressources.
Le poids des paroles n'empêche nullement de fredonner cette musique
légère.

Tout au long de 12 titres, assez courts, la compositrice crache ses
points de vue tranchants et d'une grande franchise.
Emily ne gratte pas dans le sens du poil et exprime avec véhémence sa
sensibilité. La musique et les voix motivées agissent comme des fouets.
Du coeur et des choeurs, il y en a!
On sent une belle harmonie dans le jeu et les arrangements accrocheurs.
'Same old world' traduisait un bel essai, 'Never a moment alone'
transforme avec maitrise.


The band :
Emily Davis chant, guitare acoustique
Jorge Torres guitare électrique, choeurs
Jose Macias guitare basse, choeurs
Tomas Tinajero Batterie, choeurs

TRACKLIST
Artificial Happiness
God Hates Flags
Eden Is The Worst
Partner In Crime
Don't Make A Promise
Mitosis
Why Weren't They Stunned?
Semicolon
Bloodlines
Eternal Babylon
Space Cadet
Apartment Homes


Produced, mixed, and mastered by Chris Common with sound engineering
assistance provided by Ross Ingram.
Recorded at Brainville studios in January 2021.
Special thanks is owed to Mike Minjarez for assisting with the vocal
arrangements on Bloodlines, Javier Martinez for his lyrical contribution
to Partner In Crime, and Justin Chase Black for helping us conceptualize
our artwork.