lundi 4 janvier 2021

Album - Violent Soho "Everything Is A-OK"

 Florian Hexagen survole les sorties musicales estampillées  2020
 
 Album - Violent Soho "Everything Is A-OK" 

Label : Pure Noise Records
 
Tracks
 
 1.Sleep Year 03:27
2.Vacation Forever 04:28
3.Pick It Up Again 03:10
4.Canada 03:29
5.Shelf Life 03:31
6.Slow Down Sonic 03:45
7.Lying on the Floor 03:23
8.Easy 03:11
9.Pity Jar 03:10
10.A-Ok 02:43 
 
  Luke Boerdam (lead vocals, guitar), James Tidswell (guitar, backing vocals), Luke Henery (bass, backing vocals) and Michael Richards (drums, backing vocals)
 
Ce "Everything is A​-​OK" des Australiens de Violent Soho a démontré depuis plusieurs mois maintenant sur moi son pouvoir absolument magique et précieux, celui -plutôt rare- de me retrouver transporté irrémédiablement dans les 90's et ses années college indie rock inoubliables, celles qui participent grandement à façonner l'être que tu es, pour le pire et le meilleur.
Cette période fascinante où le pouvoir du son prend définitivement sa place dans ton identité, jusqu'à devenir si important qu'il en est au final totalement structurant.
Plus qu'une passion, une dévotion, une nécessité, une religion quasi, une façon de vivre et d'appréhender le monde, de le fuir aussi parfois, en se réfugiant dans cet univers particulier si chéri car si exutoire, réconfortant, cathartique, libérateur, au choix ou en même temps, en fonction du ressenti et du besoin du moment.
Ce disque du quatuor de Brisbane, à la fois empreint de nostalgie adolescente et d'énergie communicative, a bien ce "petit" quelque chose de la naïveté adolescente incandescente, une pureté simple qui se rappelle forcément à toi, de celle qui font reconnaître facilement et immanquablement à celui qui sait écouter et se rappeler ce qu'était et est encore au final un grand album pour lui, même arrivé à l'âge adulte.
Terminer cet album par une chanson de la trempe de "A-Ok", c'est avoir tout compris à ce que l'auditeur teenager qui sommeille encore en chacun de nous a besoin: un appui, un confident, un soutien éternel dans sa vie.
Même si les idéaux du passé s'effilochent petit à petit confronté à un réel devenant de plus en plus tendu, il y a quelque chose qui restera à jamais inchangé: des groupes continueront de produire des albums qui auront toujours la capacité insensée de nous faire rêver et donc quelque part de nous sauver.
De la magie pure, tellement subjective certes, mais c'est aussi ça qui est beau dans la musique

 

dimanche 3 janvier 2021

Lissie - EP - Thank You To The Flowers

  Lissie - EP - Thank You To The Flowers

 

Message - Lissie has released her gorgeous brand new covers EP Thank You To The Flowers via Cooking Vinyl. 

Lissie, tu en avais gardé un excellent souvenir suite à son passage à l'Ancienne Belgique, c'était il y a plus de dix ans. 

A l'époque sa disco comptait deux EP's et un album, 'Catching a Tiger', plébiscité, e a,  en Norvège.

Aujourd'hui Miss Elisabeth Corrin Maurus, aka Lissie, a quatre full Cd's à son actif + deux Live et deux compil et une flopée d'EP's, le dernier uniquement composé de reprises de morceaux gravés par des ladies.

Le cinéma aime la singer-songwriter de l'Illinois, de Mike Bigelow à Robert Luketic en passant par Daniel Barnz ou les Farrelly Brothers et Matt Johnson, ils sont nombreux à avoir utilisé l'une de ses chansons pour l'inclure dans une B O.

En 2010, tu n'étais pas le seul à avoir été ébloui, tu lui prédisais une belle carrière, depuis tu envisages de remplacer Nostradamus.

En parlant du récent EP, Lissie  s'épanche: la pandémie l'énerve, la politique aussi ( Trump n'avait pas encore perdu les élections), pour passer le temps elle contemple les fleurs du jardin qu'elle associe à la féminité, du coup elle décide d'enregistrer un EP de covers....  it felt appropriate to celebrate these women whose words and  melodies have been a safe place for me to rest in, a garden of beauty and  resilience, ces dames sont: Martha Wainwright, Miley Cyrus, Paula Cole, Lana Del Rey et Sinead O’Connor.

Lissie aime reprendre d'autres artistes, après Lady Gaga ' Bad Romance', elle  a emprunté ' Go your own way' ou' Dreams' à Fleetwood Mac, ' Nothing Else Matters' à Metallica ou ' Pursuit of Happiness' à Kid Cudi.

Un EP précédent de cover songs avait atterri dans les bacs en 2011, '   Covered Up with Flowers', les fleurs sont toujours au rendez-vous, la dernière production s'intitule donc: Thank you for the Flowers/

 

Tracks:

 

1. Bloody Mother Fucking Asshole (Martha Wainright)

2. Wrecking Ball (Miley Cyrus)

3. Where Have All The Cowboys Gone? (Paula Cole)

4. Change (Lana Del Rey)

5. Nothing Compares 2 U (Sinead O’Connor / Prince)

Musicians?

Cela devient une bien mauvaise habitude des firmes de disques ou des agences de promotion, ils omettent de les citer, maudits soient ces gens!

La seule information dont on dispose, après des fouilles laborieuses, ce sont les noms des gens accompagnant la fermière de l'Iowa sur scène: drummer  Luke Anderson, keyboardist Dayton Brock, bassist Justin Blair and guitarist Peter Sieve. 

Toni Lindgren  ( guitar)  et  Megan Mahoney ( bass)  sont également mentionnés, rien ne garantit que cette fine équipe se trouvait dans les studios d'enregistrement!

Comme Lissie, tu es un grand fan de la soeur de Rufus et fille de Loudon Wainwright III, Martha Wainwright, ce n'est pas n'importe qui, tu as failli la demander en mariage après un concert à Koekelberg, pas de bol, pas moyen d'ôter ta foutue alliance fixée sur l'annulaire.

'Bloody Mother Fucking Asshole' est un grand morceau, qui te refile la chair de poule, la version proposée par Lissie secoue et vient remuer tes tripes. Quelle voix,  maîtrisée, profonde, passant de la douceur à la fureur, la dame expulse toute la rage amassée dans ses poumons.

T'es déjà conquis, la suite ne va pas décevoir, ' Wrecking Ball' , le titre  de la fille sulfureuse de Billy Ray Cyrus, semble avoir été écrit pour Lissie.

Cette nana est incroyable, refile lui un annuaire téléphonique ( difficile à dénicher de nos jours), demande-lui de chanter toutes les pages commençant par la lettre Q, elle  va te refiler des petits boutons sur l'épiderme de l' avant-bras! 

Tu rejoins, Shawn, un pas rasé affirmant: everything Lissie touches turns to gold!

En 1997, la singer-songwriter Paula Cole place 'Where Have All The Cowboys Gone?' dans le top ten des US charts. Lissie s'approprie  cette romance country ironique, qui à l'époque a décontenancé les fans de John Wayne et autres Western heroes,  pour en faire un petit  bijou minimaliste.

Plus étonnante est la reprise lumineuse de 'Change' une plage que Lana Del Rey avait insérée dans son album de 2017, 'Lust for Life'.

Si Lana a construit ' Change' sur fond de piano sur lequel elle écussonne une voix tremblante, voire gémissante, Lissie opte pour une guitare aux teintes Chris Isaak  et un ton moins dramatique, elle  transforme le lament en chant d'espoir.

On croyait qu'après l'original de Prince et la cover magistrale de Sinead O’Connor, tout avait été dit à propos de 'Nothing Compares 2 U' , Lissie en propose une autre lecture, moins théâtrale mais tout aussi prenante.

Des guitares bourrées de reverb, des touches célestes et des voix hantées en background, transforment le titre en pièce imparable.

Elle a osé s'attaquer à ce qui semblait hors d'atteinte, elle a gagné son pari!

 

Du grand Lissie, worth a listen! 

 





Album - Fiona Apple – Fetch The Bolt Cutters

 Florian Hexagen survole les sorties musicales estampillées  2020

 

 Album - Fiona Apple – Fetch The Bolt Cutters

 Label- Epic /Clean Slate

 

Tracklist

  1. I Want You To Love Me
  2. Shameika
  3. Fetch The Bolt Cutters
  4. Under The Table
  5. Relay
  6. Rack of His
  7. Newspaper
  8. Ladies
  9. Heavy Balloon
  10. Cosmonauts
  11. For Her
  12. Drumset
  13. On I Go

 

 

Band
Fiona Apple – vocals (all tracks), piano (1, 2, 4, 10), Casio drums (1), percussion (2–7, 9, 10, 13), claps (2), backing vocals (2–5, 7–13), drums (3, 5–7, 9, 11, 13), Mellotron (3, 6, 12), metal butterfly (3), electronic drums (7), timpani (7), Wurlitzer (8), Casio (9), bells (9), chair (12)
Sebastian Steinberg – bass (1–10, 12, 13), drums (1), percussion (2, 5, 9), claps (2), guitarrón (8), guitar (9), backing vocals (9, 12), electric autoharp (10, 13), acoustic 12-string guitar (10), slide guitar (10), lighter on Wurlitzer (12), harp thing (12), stomps (13), breathing (13), water tower (13)
Amy Aileen Wood – drums (1–10, 12, 13), percussion (2, 4, 5, 9, 10, 13), claps (2), loops (10), water tower (13)
Davíd Garza – percussion (2, 5, 8, 9, 12, 13), claps (2), Mellotron (4, 8), guitar (5–7), vibes (8, 9), backing vocals (8, 9, 12), electric guitar (10), Wurlitzer (10), piano (10), organ (12), water tower (13); artwork
Additional musicians
Bobb Bruno – special effects (2, 5)
Cara Delevingne – backing vocals (3)
Mercy – backing barks (3), collar jangles and thrashing (5)
Maddie – backing barks (3)
Leo – backing barks (3)
Alfie – backing barks (3)
John Would – Wurlitzer (4), organ (4), piano (4, 8, 10), vibes (4)
Little – collar jangles and thrashing (5)
Maude Maggart – backing vocals (7, 8)
Winifred Ada Lucky – backing vocals (7)
Spencer Maggart – soft shoe stomp (13)
 
 
"Sometimes, you have no other choice than to follow the hype..."
Ouais, et bien au final, il est vraiment bien fichu le dernier album de Fiona Apple , intitulé "Fetch The Bolt Cutters".
Impressionnant même.
Y a du Dresden Dolls à fond dedans (coucou Amanda Fucking Palmer, where are you? what are you doing? we miss you), du PJ Harvey, mais en fait toutes les femmes du rock et au-delà sont en fait représentées ici, dans une série de chansons ultra inspirées et fascinantes sur la condition féminine à travers un spectre d'émotions et de scènes de la vie de tous les jours, ce qui rend d'emblée ce disque assez universel.
C'est intelligent, pertinent, prenant, parfois renversant, bref, c'est la classe. Ce retour de Fiona... quand je pense que j'avais zappé ce disque tellement je n'en attendais rien ou presque. Quelle erreur...

vendredi 1 janvier 2021

Album - Dreams and Devastation - KnightressM1

 Album -  Dreams and Devastation - KnightressM1 


par NoPo


KNIGHTRESSM1 Dreams and devastation 2020

TRACK LIST
01. Butterfly
02. Polarity Integrate
03. Lock & Key
04. Supernova
05. Force of Nature
06. Raising Light
07. Minutes
08. Fire
09. Desolation Heartbreak
10. Gates of Dawn
11. Stars From My Sky
12. Zero Point

KM1 records

KNIGHTRESSM1, nom de code KM1, ressemble à un nom d'avion ou de soucoupe volante (OVNI lui conviendrait bien) mais il s'agit, en fait, d'un(e) super héro (Knightress est le nom d'une justicière des Marvel comics, épouse du New avengers Luke 'Power man' Cage).
L'imagination en revient à EMILY PALEN (pas laide non plus) qui met toute son inventivité, sa personnalité, son histoire et son cœur dans cet avatar, M pour 'Em' son surnom et 1 pour l'unité.
Emily Palen vient de la baie de San Francisco, issue d'une famille d'artistes, mère et sœur violonistes/violoncellistes et père poète. Elle même, apprend le violon à 4 ans et le piano à 5, une belle écorce précoce.
Après 2 albums solo et des collaborations, avec Silveroot, les fous Foo Fighters, l'extraordinaire guitariste Gretchen Menn (femme) et le non moins fabuleux guitariste Eric MacFadden (homme), elle assemble son arme fantastique.
Emily et John Lousteau, ingénieur du son des Foo, produisent l'enregistrement dans le studio 606 de ces derniers.

La femme compose texte et musique et je ne sais pas où accrocher les références. Même si l'artiste cite Architects, Queens of the stone age, Tool ou Florence and the Machine, rien ne s'accorde (à part celles de son violon).
Je qualifierai le style de powerprog post-metal ce qui ne veut pas dire grand-chose... mais l'attirance de l'artiste pour le métal combiné à l'amour et la maîtrise de son instrument donne une toute petite idée de la forme.
L'artiste chante de façon fragile mais décidée d'une voix sensible, expressive et pleine de vitalité.

Le superbe visuel rappelle 'Eat the Elephant' de Perfect Circle et interpelle tout autant. L’œuvre aurait pu s'intituler 'Je t'ai donné mon cœur'!
L'artiste, photographiée de face, torse nu, tend ses bras vers le spectateur, en offrant son cœur, arraché et quasi palpitant, sur ses mains ensanglantées.
On y revient, Emily consacre tout son cœur à cette création!
Une blessure sanguinolente marque la gauche de sa poitrine; des gouttes de sang, ici et là, tachent sa peau. Le nom du groupe, écrit en noir, repose sur toute la largeur de la partie basse, avec les initiales et le chiffre de plus grande taille (KM1).
Le titre de l'album s'accroche entre les 2 grandes lettres. Le rouge domine, même au niveau de la chevelure, qui donne à Emily des airs d'héroïne de bande dessinée.
Je dois souligner ici que le personnage de Marvel a pris une revanche sur la vie, car, asservi mentalement pendant 8 mois avant de s'en sortir... histoire en corrélation avec celle d'Emmy qui dénonce, par son écriture, toute manipulation et aliénation.

Le riff saturé de 'Butterfly' au violon électrique vrille le tympan (t'es mort, les oreilles m'en tombent!!). L'orchestration, particulièrement originale, met en beauté les cordes mais avec un son de basse, peu commun, à la fois enveloppant et en retrait.
A l'inverse, la batterie, au premier plan, bavarde avec beaucoup d'envie. Un synthé discret fait le liant. Le rythme domine par son balancement sans gêner les parties de violon en doux contrepoint du riff saignant.
La voix, sans être marquante, s'affirme avec beaucoup de charme et d'assurance au sujet du pouvoir d'indépendance détenu par chacun d'entre nous (une dédicace à son frère décédé cet été 2020).

Dans 'Polarity integrate', la guitare déchirée se contente d'ouvrir pour le violon. La basse s'arrondit et la voix, un peu languissante, s'intègre comme un instrument.
Progressivement la mélodie s'accélère et devient plus exaltante jusqu'à la dernière phrase.
Cette chanson (1er single) parle de ceux qui ont survécu à un traumatisme et de leur capacité à le surmonter puis à aider les autres par leur force intérieure ainsi développée.

'Lock and key', 2è single, s'autorise un riff véloce au violon électrique. Le titre s'interprète avec beaucoup de vigueur et de combat.  La musique traduit l'oppression et les paroles expriment le désir de rupture et de fuite, si compliqué dans une relation toxique. La 1ère minute crache une vraie fulgurance et la suite ne ralentit pas. Le violon écorché (qui me rappelle la flamboyance d'Eddie Jobson dans UK) pleure sous les coups de boutoir de la batterie inarrêtable jusqu'au break.
On part alors dans un 2è tourbillon (introduit par une phrase au vocoder) et prolongé par la répétition 'I found my lock and key I won't go out silently' avant d'atteindre le fond dans un grave ralentissement.

'Supernova' flotte sur un motif syncopé escorté par un son de violon comme un vol d'oiseau. L'ensemble, combiné à un frotté de cymbales laser, produit des effets d'accélération.
La voix primordiale saute entre les coups pour les éviter. Les solos de violon déchirent le cœur (enfin ce qu’il en reste !).
Plus posé, ce morceau parle probablement de la fin tragique du frère de la musicienne ('It was a Sunday On that bright highway') et de l'amour qu'elle lui porte.

'Force of nature' chaloupe sur une basse rebondie. A nouveau le violon sature puis zèbre la mélodie.
La voix gracieuse et légère y met des intonations contrastées. On se laisse facilement emporter par cette force naturellement dansante.

'Raising light' laisse la place à la basse omniprésente accompagnée de percussions orientales pendant que la guitare joue la danse du ventre à la wah wah. Le violon, pertinent, vient ensuite contrebalancer un rythme plus appuyé à la batterie.
Le refrain se veut plus léger et joyeux comme un trait de lumière ('All together now Face your pain and turn around Get to the light get to the other side').

'Minutes' prend son temps. La musique résonne dans un écho qui vibre sur les cordes du violon. La voix arrive aussitôt, portée par la basse, puis se cale sur un rythme en cross stick avant un lâcher de frappes plus violentes.
L'ambiance s'alourdit dans un tempo plus lent, Emily parle de son frère John (mort avant la sortie de l'album). Dans un passage atmosphérique, le violon rappelle la poésie de King Crimson lyrique 'Take your wings and fly'.

'Fire' s'alarme dans un sifflement puis une stridence à la guitare juste avant d'exploser. Un son sourd gronde comme le tonnerre sur un rythme effréné. Peu perturbée, la voix saute sur des crêtes enflammées à la batterie pendant que le violon allume l'horizon. Le morceau très court (3 minutes comme le 'Dynamite' de Scorpions pour un effet similaire) condense une grande puissance évocatrice.

Dans 'Desolation heart' une basse à l'inspiration 'Every breath you take' (POLICE) se balade puis la compo s'envole dans un trip évanescent jusqu'au refrain prenant, boosté par une voix énergique.

'Gates of dawn' déroule d'abord un tapis d'orgue au pied d'un violon en sanglots puis soudain, la musique s'échappe dans un reggae singulier.
Au contraire, le refrain traduit mieux l'ambiance tonique de la l'album. A 3'43, après un curieux bip avertisseur, le morceau s'évade vers un voyage lumineux de tradition progressive.

'Stars from my sky' se démarque par son côté électro. Il débute avec une boucle au synthé comme un tracé dans le cosmos, puis avance doucement et sans à-coups dans l'espace.

'Zero point' monte lentement dans l'atmosphère en mélangeant le violon, l'orgue et la voix soutenus par une batterie reposée. La fin se dessine dans un balancement exquis qui fait la part belle à la basse.

Pas de zéro pointé pour Madame, ce serait plutôt l'inverse!
A une période où l'évolution du rock passe, moins par l'invention, que par la fusion, la mixité et les collaborations diverses, KM1, sans révolution, ne ressemble à rien de connu.
Les paroles sont à la fois intimes mais transposables de manière universelle.
Par son expression artistique, Emily attise d'abord la curiosité puis finit par impressionner. Sa force réside dans une personnalité sans concession qui s'affirme sans questions.
Elle réussit là un acte majeur comme un doigt d'honneur à son récent passé douloureux.


Line up
Emily Palen Violon, voix, orgue Hammond, claviers, synthesizers, choeurs
Rob Ahlers (ex batteur de Kristin Hersh) Batterie
Uriah Duffy (musicien de Whitesnake live) Basse
Mick Murphy Guitare sur certains titres
John Lousteau Percussions, choeurs

Album - Sugaregg par Bully

 Florian Hexagen survole les sorties musicales estampillées  2020

 

 Album - Sugaregg  par Bully

  Sub Pop Records 

 credits-

Alicia Bognanno — Bass, Composer, Cover Photo, Engineer, Guitar, Vocals
Angelina Castillo — Photography
John Congleton — Engineer, Mixing
Zachary Dawes — Bass
Heba Kadry — Mastering
Wesley Mitchell — Drums
Graham Walsh — Engineer, Mixing
 
 

Tracklist

A1 Add It On
A2 Every Tradition
A3 Where To Start
A4 Prism
A5 You
A6 Let You
B7 Like Fire
B8 Stuck In Your Head
B9 Come Down
B10 Not Ashamed
B11 Hours And Hours
B12 What I Wanted
C1 All Truth
 
 
Sympa sans plus au final que ce troisième album de Bully intitulé "SUGARREG" et signé sur Sub Pop Records.
Basé pour partie sur les troubles bipolaires et les expériences amoureuses de la leader Alicia Bognanno, on se retrouve ici dans une veine indie rock "grungy" malheureusement un peu trop aseptisée, les tantes Courtney Love (Hole) et Brody Dalle (The Distillers) période 90's auraient probablement d'ailleurs trouvé cela un peu trop léger et "cute" à leur goût.
Reste quelques morceaux accrocheurs, mais qui ne resteront toutefois pas forcément dans les annales ("Add It On" -tubesque quand même, "Where To Start" ou encore "Come Down).

 

Kéren - EP In Form

 Kéren - EP  In Form

 

Available via  Audio Network Ltd, recorded at Dreamland Studios

 

Dans la tonne de mails s'écrasant dans la boîte du site, 86% prennent la direction du vide-ordure, tu en avises un avec comme sujet Björk meets Kate Bush!

Intrigué, tu ouvres le message qui concerne une certaine Kéren.!

Connais pas, rien à voir avec Keren Ann, ni avec la tenniswoman Keren Shlomo, 359è joueuse mondiale en 2012, non, on la présente comme a New-York based singer-songwriter, du genre globe-trotter mystique.

Tu interroges tous les détectives payés par Google, l'un d'entre eux retrouve la trace de Kéren-Or Tayar, présentée comme musicienne, alchimiste et reiki healer, utilisant des techniques  japonaises ou en provenance du Tibet pour diminuer le stress ( Tintin l'a bien connue, Haddock ne croyant pas aux vertus de la palpation a continué à se soigner au whisky).

Avant la confection de 'In Form', elle a fait partie du band Jungle Fires ayant sorti l'EP 'Bliss Point' paru en 2015. 

Elle pose également sa voix sur quelques titres enregistrés par Michael Hewett ( musicien et yogi) au printemps 2020.


In Form- Tracks-

Love Blinds

Outer Mirrors The Inner

You Without Me

Ever Learn

Talisman

Somewhere Else to Go

Crédits?

Quasi introuvables, par hasard tu tombes sur  quelques noms: Ian Hafiz Turner ( membre de l'art rock ensemble  Rubycon),   Scott Colberg (Upright -  Electric Bass), the Brooklyn-based guitarist and composer Alon Albagli, Daniel Meron ( piano, auteur de l'album « Embracing Wild »), le drummer/ percussionist Daniel Dor et Ariel Shafir qui  s'est chargé de l'enregistrement.

 

 “Over the time this album was written, I was in a process that some would call an 'awakening,'” Kéren said of the EP. 

L'éveil débute avec une ballade contemplative et  quintessenciée,  'Love blinds' ,  chantée d'une voix nébuleuse,  appliquée sur un écrin musical raffiné, aqueux et hypnotique.

Plus de cinq minutes de grâce et de préciosité.

A traiter avec le plus grand soin lors du grand nettoyage de printemps, le bibelot semble encore plus fragile qu'une boule de Noël ( en cristal , soufflée à la bouche, le plastique, c'est vulgaire).

I call this song my ‘spiritual-coming-out-of-the-closet’ song! dit la dame à propos de 'Outer Mirrors the Inner' .

Vulnérabilité, introspection et  impalpabilité caractérisent une plage que tu verrais bien interprétée par Janis Ian ou Carole King.

Pour ' You without Me', traitant avec retenue le thème de la séparation,  la palette utilisée évite  toujours les saturations violentes,   pas de vociférations, de coups ou d'insultes, mais l'acceptation et la recherche de la paix intérieure, le tout interprété d'une voix céleste sur fond musical minéral.

'Even Learn'  sur un tempo  animé, bondissant et  enjoué nous incite pourtant à ralentir, tout va trop vite, l'homme oublie l'essentiel pour cavaler de manière absurde.

C'est sur les sonorités exotiques du marimba que démarre ' Talisman', que  Kéren chante d'un timbre charmant, légèrement zézayant. Le titre s'écoule joyeusement  à la manière d'un frais ruisseau de montagne gazouillant dans des prés verdoyants et  parfumés.

Après l'interlude pastoral, idyllique, la guérisseuse spirituelle propose le folky ' Somewhere else to go' porté par une guitare acoustique jouée en picking .

Ce titre d'une simplicité intemporelle conclut un mini-album transpirant l'apaisement, la sérénité, l'abnégation et la bienveillance.

Déconseillé aux adeptes de rave-parties, recommandé aux âmes pures et aux amateurs de heavenly voices!




 


 

 

 

 

 


 

 

Making a Door Less Open par Car Seat Headrest

 Florian Hexagen survole les sorties musicales estampillées  2020

 

 Making a Door Less Open par Car Seat Headrest

 chez Matador

Tracklist

  1. Weightlifters
  2. Can't Cool Me Down
  3. Deadlines (Hostile)
  4. Hollywood
  5. Hymn - Remix
  6. Martin
  7. Deadlines (Thoughtful)
  8. What's With You Lately
  9. Life Worth Missing
  10. There Must Be More Than Blood
  11. Famous

 Written by Will Toledo.
“Hollywood” written by Will Toledo and Andrew Katz.
Published by Mattitude.

Will Toledo – vocals, synths, keyboards, organ, guitar, piano, drum programming
Andrew Katz – vocals, drums, drum programming
Ethan Ives – guitar, vocals
Seth Dalby – bass guitar

Violin on “Can’t Cool Me Down” by John Huggins.
Guitar on “Hollywood” and “There Must Be More Than Blood” by Gianni Aiello.

Recorded in January and October 2019 at Avast Recording Co. in Seattle, WA.
Produced by Will Toledo and Andrew Katz.
Engineered by Will Toledo and John McRae.
Mixed by Will Toledo and Andrew Katz.
Mastered by Andrew Katz.

Artwork by Cate Wurtz. 

 

 

Contrairement à l'album évoqué juste en-dessous de celui-ci (Fleet Foxes)   là notre binoclard nerd indie préféré a accompli une mue juste fantastique avec ce nouvel album de Car Seat Headrest, intitulé "Making a Door Less Open".
Will revient d'ailleurs en détails pourquoi et comment il a décidé d'évoluer vers un son bien différent de ce qu'il faisait précédemment, moins "indie rock (de qualité) de base", car tout simplement ses influences et ses envies l'ont amenées vers quelque chose de plus complexe et varié.
Et franchement, même si on kiffait beaucoup la formule d'avant, force est de constater que ce qu'il nous expose ici est franchement génial, ce dès la première écoute et les suivantes, nécessaires pour bien appréhender la richesse de ce "MaDLO", comme le surnomment déjà les fans.
Le fameux "album de la maturité" pour Toledo?
Moi je préfère l'appeler l'album du "vrai Will", celui où il laisse ses pas l'emmener là où il souhaite réellement aller, et c'est vraiment passionnant et percutant.
Il y a tellement d'influences et de choses différentes ici qu'il faut vraiment se laisser le temps de s'imprégner de ce patchwork musical, dont la colonne vertébrale est assurée par la personnalité et le génie créatif de son auteur.
Pas spécialement de titres spécifiques à mettre en avant, tous sont de sacrées réussites / pépites et méritent plusieurs écoutes attentives pour en découvrir toute la richesse.
Déjà hâte de découvrir la suite de tes aventures musicales Will...