mercredi 9 décembre 2020

Album - You Had Your Cake, So Lie in It by Chelsea Lovitt

 Album - You Had Your Cake, So Lie in It  by Chelsea Lovitt

 

 Label: Fat Elvis Records

Tu dis?

La fille de Lyle, mais non, pose tes lunettes sur le bout du nez, Lovitt, ce n'est pas Lovett, espèce de lavette!

Chelsea Lovitt naît quelque part au fin fond du Mississippi, comme on n'a pas eu ses papiers en main, sommes pas flic, on ne précise pas l'année, elle a étudié, a déménagé à Nashville et s'est mis à composer avant de mettre le cap sur la France en compagnie d'une guitare.

Et pour se nourrir?

Elle donne des cours d'anglais, après un passage à Londres et New-Orleans, elle retourne chez les bouffeurs de catfish, sillonne les   honky-tonks, chante Gram Parsons, Elvis, d'autres cowboys, ainsi que ses compos.

Après un EP paru en 2015 ( Mossy Stone), introuvable de ce côté des mers, elle retourne dans les studios en 2018 pour enregistrer 'You Had Your Cake, So Lie in It'.

Cette plaque ressort en 2020 pour être mieux distribuée.

Tracklist -

If I Had A Dollar
Beanstalk
Anybody Else
State Of Denial
Bind
If Stupid People Could Fly
Waiting
You Had Your Cake, So Lie In It
De Donna
 
Credits:
 Recorded/Mixed at the Bombshelter
Andrija Tokic, Producer/Engineer
Marc Ottavi, Pre-Production/Guitar
Jesse Harman, Bass
Charlie Garmendia, Drums
Jon Estes, Pedal Steel, Keys, Bass
Chelsea Lovitt, Vox, Rhythm Guitar, Omnichord
Mastered by Carl Saff 
 
Un mot sur la pochette, tu hais les gosses qui jouent avec la chantilly et encore plus ceux qui t'en maculent le visage!
 
Début remarquable avec le country rock ' If I had a dollar' bourré de twang sur fond rockabilly  et chanté d'une voix typiquement female country, tu vois le style, la fille à qui on ne l'a fait pas, qui te prend pour ce que tu es, un naze, male chauvinistic pig de surcroit.
Wanda Jackson sort de ce corps!
Quoi?
Tu le veux ce banknote avec le portrait de George Washington, tiens, et je te paye une Budweiser au Whiskey Bent Saloon.
' Beanstalk'  a été inspiré par le classique ' Raunchy' que Bill Justis a enregistré sur Sun Records en 1957, même andante tempo, histoire de ménager les jockeys et les montures.
Et c'est quoi cette histoire de haricot, babe?  
Une métaphore, fieu, un peu comme la grenouille de la fable qui veut devenir boeuf, mon plant de haricot a des ambitions de gratte-ciel!
On adore ce jeu de guitare oisif.
Avec ' Anybody Else', elle nous balance une nouvelle tranche de country/rockabilly éloquent.
We love it, Chelsea!
Eh, fais pas comme le mec dans la chanson, ça fait des lustres qu'il me court derrière, ce con m'indiffère.
T'es dure.... Nancy disait, these boots are made for walking, t'es encore pire qu' elle!
Le downtempo 'State of Denial' prend à la fois des allures Bob Dylan, venant de découvrir l'électricité, et des intonations  Stones  époque ' Wild Horses'.
La voix nasale, traînante de la Madame, le piano discret mais approprié et les étonnants riffs de guitare, font de ce morceau de six minutes un must pour country afficionados.
Retour au rock secouant avec ' Bind' , à consommer en se tapant plusieurs whisky shots, avec ou sans glaçons, quand la bouteille sera aux trois quarts vide tu vas danser comme un dératé.
Je veux ce logo sur mon prochain T-shirt, ' If stupid people could fly' et puis je compte scruter les cieux pour voir tous les connards de cette terre entamer un ballet ridicule.
Elle ne manque ni d'humour, ni de discernement, Miss Lovitt.
Une nouvelle fois les boys abattent un boulot de titans, mordant et addictif, ce rock!
James Calvin Wilsey, le Wicked Game guitar player de Chris Isaak, décédé en 2018,  eût adoré les guitares habillant la confession  ' Waiting' .
Life is just a cake, déclare-t-elle dans le titletrack, with traditional country flavors,  'You Had Your Cake, So Lie in It' .
A première vue, Chelsea n'est pas des plus faciles à vivre, si tu veux entamer une relation avec cette fille, attends-toi à pas mal de désillusions, d'ailleurs... look at this mess I made... avoue-t-elle!
Une steel guitar  sinueuse décore la dernière ballade ' De Donna', dédiée à sa mère.
 
Cet album prisable ( merci, Montaigne) , façonné par une forte personnalité,  s'achève sur une note tendre.
 
 



















                                                                  

 


lundi 7 décembre 2020

Album - Blast Candy - Blast Candy

 Album - Blast Candy - Blast Candy

 Label : CRASH TOYZ

 

 J'ai pas spécialement envie d'être réduit à un seul personnage, se dit-elle.

Je serai Victoria Vicky B.: chanteuse, comme Madame Beckham, mais un brin plus trash, performeuse burlesque, pussy  riot grrrl, poétesse patti  punk, psychanalyste ...et aussi Mirabelle Wassef , comédienne, un mètre 61, 59 kilos, diplômée, directrice artistique, clown, metteuse en scène, chanteuse et chef de gang.

Mon gang explosif et sucré porte le nom de Blast Candy, il a sorti un album pour lequel on n'a trouvé aucun nom, donc il s'intitule ' Blast Candy', il ne fond pas dans la bouche, il éclate, mais pas comme du pop-corn, ce truc dégueulasse!

 Tracklist:
Too Bad It's a Girl
My Dragon
Taste My Candy
Break the Silence
Suis une pute
I Say No
Lady Pink
Me touche pas
Knives Are Out
La femme dans la voiture rouge
 
 
All songs written by Mirabelle Wassef

Composed by BLAST CANDY :
 Thibaut Brandalise, Cedryck Santens, Guillaume Aknine, Laurent Guillet, Florian Pellissier
Musicians
Lead singer : Mirabelle Wassef

Drums : Thibaut Brandalise

Bass : Cedryck Santens

Guitar : Guillaume Aknine, Laurent Guillet
Production Mirabelle Wassef - CRASH TOYZ

Recording at Question De Son - Jordan Kouby / Sept 18
Mixing by Laurent Deboigisson - One Two Pass It studio
Mastering by Jeremy Henry- La Villa Mastering

Artwork by Jean-Pascal Retel - LÜDICKE

Distribution by L’autre Distribution et IDOL
 
Merde, une fille, a dit le papa, ' Too Bad, It's a Girl' démarre comme une gentille comptine avant de voler en éclat et d'abîmer ton poupin visage d'ex- gigolo.
Vocaux éructés, flonflon sonore barbare, ça éclabousse de partout, ce gynéco besogne pire que Jack l'éventreur, un véritable carnage!
Faut dire que ces gens-là on des lettres, Florian Pellissier et Tibo Brandalise ont tourné avec l'iguane et tout le monde sait qu'Iggy et le mainstream ne font pas bon ménage.
'My Dragon', tu peux essayer de m'atteindre, jamais tu ne réussiras à m'abattre... elle est costaud, cette nana, elle te le crache au visage  sur un fond post punk/industriel spectral.
La Femme Insoumise, représentée par Miss Vicky, est moins bidon que les rodomontades de Jean-Luc, le  manchon.
'Taste my Candy' est plus explicite que ' Peaches' des Stranglers, s'il fallait établir un  registre des titres, chantés par des nanas, abordant le sexe sans oeillères on peut facilement y inclure ' Taste my Candy', il peut se glisser aux côtés de Peaches ( Sex-I'M) , Pussy Riot ( Straight Outta Vagina), Cardi B ( WAP), Miley Cyrus ( Golden G String).... évidemment 'Les Nuits d'une Demoiselle ' de Colette Renard reste hors-concours!
Le punk est une arme, c'est pas neuf, demande aux Sex Pistols, Blast Candy t'envoie un pamphlet clair et tranchant, ' Break the silence' .
Message: rompre le silence pour vaincre la violence! 
'Suis une pute': ou comment poser les questions essentielles en spoken-word , sous-forme de métaphore, ' Suis une pute, I'm a whore ( si tu lis ce texte, Donald)  interpelle et dresse un portrait pas rose de notre société hypocrite.
Ici pas de tornade punk tourmentée, non, Vicky frappe juste en déballant son texte de manière posée sur toile sonore minimaliste.
Il y a du Brigitte Fontaine dans le ton.
Elle enchaîne sur l'enragé ' I Say No', ne t'y fie pas, c'est pas la poupée qui dit non de Polnareff,  c'est au marteau-pilon que la clique travaille.
Le rose c'est pour les filles, ouin mais, le short rosâtre, la sucette à la fraise, les happy socks fuchsia cachent  le Smith and Wesson enfoui dans le slip, méfie-toi de ' Lady Pink', mec, c'est une panthère!
Les guitares implacables entendues sur  'Lady Pink' ne se calment pas lors de l'intro de 'Me touche pas' alors que la fille hurle ...don't touch me.
 La garce change subitement de registre, elle se fait allumeuse et légère,  c'est pour mieux te manger pauvre imbécile crédule, elle va te mener par le bout du nez ( et de la queue!).   
' Knives are out' et ses guitares abrasives lorgne du côté de Sonic Youth ou de Free Kitten, du noise/post-punk qui déracine même les chênes et abolit les chaînes ( en sourdine, babe)!
Allez dans la paix du Christ, annonce le curé à la fin de l'office, pour célébrer la fin de sa messe, Blast Candy se base sur un texte de l'évangile selon Hettie Jones, une copine de Jack Kerouac, ' La femme dans la voiture rouge' nous balade sur des routes poussiéreuses, l'auto-radio passant un morceau tonitruant des Doors, bien que ton cerveau t'envoie l'image de la femme au volant, une main en l'air, illustrant la pochette de l'album des Cars, sorti en 1978.


Blast Candy ne colle pas aux dents mais peut faire mal si le punk te donne des démangeaisons et si tu estimes que les nanas sont juste bonnes à fermer leur gueule.
Ce premier album, c'est  de la bombe, les enfants! 
 
 



Album- Ocean Hills- Santa Monica

 Album- Ocean Hills- Santa Monica

 

Label-  AFM Records


NoPo

Tracklisting:
01. Bound
02. A Separate Peace
03. Death Or Liberty
04. Like A Lady
05. Santa Monica
06. Budapest My Love
07. Hold Me
08. Angels Wings
09. Vampire
10. Christina
11. There Is A Light That Never Goes Out

Digipak Bonus:
12. A Separate Peace - Extended Version
13. Death Or Liberty - Extended Version
14. Santa Monica - Extended Version

 

 Un quartier de New York porte le nom d' Ocean Hill, mais avec le 's', ce mot pourrait décrire les formes de la mer qu'on voit danser à Santa Monica.
En vérité, la moitié des musiciens viennent de Budapest 'The Hill', l'autre moitié côtoie l'océan le long des plages de Californie.

L'acteur chanteur, d'origine hongroise, Zoltán Téglás se lance à l'eau l'année du 20/20 (c'est bien d'essayer) avec cette nouvelle formation (maritime).
Ne tentez pas le rapprochement avec son précédent combo hardcore 'Ignite', même en suivant le Gulf Stream, on n'y arrive pas!
Les courants à emprunter s'orientent plutôt vers la maîtrise technique et mélodique de Journey et Boston ou du côté de Nickelback plus récemment.

Outre le chanteur leader, l'équipage embarque :
Peter Lukacs (guitare solo)
Daniel Szebenyi (claviers et basse)
Reinder Oldenburger (guitare rythmique) (lui, originaire des Pays-bas et artiste peintre)
Pas de batteur? Ah ben, bizarre, y'a de la batterie!

Avec les palmiers en fond, la belle américaine, toute noire, immatriculée 'Santa Monica' et garée sur un carrelage le long d'un rivage, difficile de ne pas penser à la Californie!
Sur un ciel bleuté agrémenté de beaux nuages, l'intitulé de l'album figure discrètement mais le nom du groupe s'impose dans des lettres montant comme des collines ou des dunes.

Sans détours, le 1er morceau jette d'emblée une vague de 'woah oh oh' à reprendre en chœurs. La grosse caisse scande 'Bound' en rythme.
'No way but down my hands are bound by fools and saviors' Ecoutez bien, c'est certain, ce ne sont pas les mains agiles des musiciens qui sont attachées!

Un père demande, tristement, à son fils de lui pardonner son départ. 'A separate peace' part sur des bases plus heavy avant de surfer sur un refrain accrocheur à souhait.
La guitare slalome comme une planche à voile en plein vent. La technique assure une assise indéboulonnable et finit de remplir le futur tube.

Rebelotte! 'Death or liberty' reprend les 'woah oh oh' où ils s'étaient arrêtés.
Pour un titre aussi affirmé, le mid-tempo semble incongru mais, sous ses faux airs de 'Radioactive' d'Imagine Dragons, la mélodie va pécho du gro.

Les guitares valsent et swinguent sur 'Like a lady'. Les 2 électriques matchent magnifiquement et me branchent bien.
Le bleu du ciel californien se reflète dans une mer sans rides. Une glisse toute lisse pour Brice de Nice.

'Santa Monica' brosse une chanson d'amour simple mais qui surprend par sa proposition finale 'Let's make some babies in Santa Monica', y'a pire!
Le flux des guitares rythme la marée. Les chœurs séducteurs soutiennent magnifiquement la voix, pleine d'assurance, de Zoltan.
On appelle ça 'A(dult)O(riented)R(ock)', je crois, pourtant qu'il y a quelque chose de juvénile dans cette composition.

'Budapest my love', sans surprise, rend hommage à la ville d'origine du chanteur. Ici, le piano vient se mêler gracieusement aux affaires des guitares.
La voix parfois doublée monte sur l'écume provoquée par les vibrations des grattes.
Après un solo lumineux, quelques clapping hands jouent à 'we will rock you'. La fin de la chanson s'élève dans une ambiance heureuse et s'interrompt sur quelques notes de piano.
On navigue entre le gracieux et le kitsch mais les reflets argentés nous aveuglent délicieusement.

'Hold me' Au milieu de chants d'oiseau, des notes égrenées sur les cordes invitent au feu de camp. Le timbre de voix et la forme du morceau rappellent U2 et Bono pendant la 1ère partie.
Au delà de ce charme un peu provoquant, la musique déroule en toute évidence.

'Angels wings' veut rappeler que la mer n'est pas toujours calme par une introduction plus musclée mais... chassez le naturel, il revient au galop!
Les guitares dessinent des ailes aux anges qui frôlent les vagues avant de les apaiser.   

On ne s'attend pas à un 'Vampire' en balade. Contrairement au personnage du Blue Oyster Cult, celui-là n'est pas tatoué. 'Devils' et 'Angels' dansent ensemble sur cette croisière un peu facile mais pas déplaisante.

Il manquait un prénom pour la tête à TOTO. 'Christina' va faire le boulot! Une seconde ballade (aux intonations Klaus Meine) promène nos yeux sur des eaux turquoises.
Quelques pas, pieds nus dans le sable avec sa bien aimée, ne chamboule rien si ce n'est notre coeur d'artichaut.

On pensait que la lumière allait s'éteindre mais non! 'There's a light that never goes out'. Jamais 2 sans 3, il s'agit d'une nouvelle ballade sur coucher de soleil où un piano/synthé prend le courant ascendant.
Le son de cordes annonce une petite averse larmoyante.  Cette reprise des SMITHS constitue une fin précieuse et délicate pour un océan de bons sentiments.

Ocean Hills possède les qualités de ses défauts (et recto verso selon les goûts), notamment ce ton un peu sirupeux peut coller aux dents des adeptes de rock plus musclé.
A l'inverse ce côté FM, inné pour ce type de musique, peut aussi séduire par ces ritournelles léchées et soyeuses. Choisis ton camp ou sois éclectique!

dimanche 6 décembre 2020

Album - GODSNAKE - Poison Thorn

 Album - GODSNAKE - Poison Thorn

 

Label-  Massacre Records

 

Par NoPo

 

 Formé en 2012 aux alentours de Hambourg, le panzer (surprise) trash laboure la campagne allemande pour creuser son trou, sans y rester enterré.
Le poids lourd (Kammthaar?) passe la frontière du studio en 2014 avec l'EP 'Hellbound ride' puis 'Poison Thorn' cette année.
 Ça fleure bon la choucroute à la sauce Metallica pur jus, avec une voix s'approchant même de celle, épicée, de James Hetfield, saupoudrée au grain de Jeff Scott Soto et une pointe d'Anders Friden (In Flames) - (malgré le mélange, pas de risque d'Ultra vomit!).
Bizarre autant qu'étrange, 'Godsnake' rappelle un titre de Jason Newsted, ancien membre de ... Metallica.
Rien n'interdit non plus de citer d'autres groupes comme Death Angel ou Trivium.

La troupe :
Torger – Vocals
Stevo – Guitars
Malt – Guitars
Walt – Bass
Sidney – Drums
production Lasse Lammert (Alestorm, Gloryhammer...) 

01. Urge To Kill
02. Poison Thorn
03. Sound Of The Broken
04. We Disagree
05. Stone The Crow
06. Darkness
07. You Gotta Pay
08. Blood Brotherhood
09. Hellbound Ride
10. This Is The End

Esthétiquement très travaillé et réussi, l'artwork de Björn Gooßes s'inspire de la série dark 'The invisible Empire' du photographe finlandais Juha Arvid Helminen.
Dès le 1er coup d'œil, on se sent happé dans un autre monde. Le buste cravaté du personnage, déifié par une couronne d'épines fluorescente, inquiète par son costume de momie.
La couleur verte de la tresse et de la coulure d'un sang alien interpelle. Le nom du groupe, en gris blanc, laisse apparaître, plein centre, le 'S' en forme de serpent et des épines dans les lettres en une calligraphie qu'on pourrait qualifier de chorégraphie tellement ça danse!

'Urge to kill' ouvre les hostilités, double pédale dehors, et guitares-baïonnette au canon pour un carnage. Les riffs éclatent de partout sur une rythmique lourde! La basse vrombissante amortit les coups comme elle peut.
La voix motivée de Torger prend des intonations et du grain (à moudre) de James H. Le refrain nous attrape un sourire en coin ' Rhââ lovely' (qui se confirme tout au long du disque).

'Poison thorns' commence par un échange batterie guitare au dessus du filet... de la grosse maille et du tranchant pour du gros poisson! Comme au morceau précédent, le refrain accroche.
Un pont métalliquesque frappe en série à l' estomac.

'Sound of the broken' se tourne plus vers le heavy metal avec une trame posée sur une chape mélodique solide qui brille au chorus.
Un passage groovy, dédicacé au headbang, ouvre le chemin à un superbe solo débuté par une guitare bientôt doublée. Si c'est ça le son des brisés, on va danser sur les morceaux!

'We disagree' nous mène en bateau-tank, on n'est pas d'accord avec le titre, nein, nein 'We agree'. Le claquement de caisse claire invite les guitares, graves comme le vin.
Les couplets attestent le tanin, âpre mais pas trop... pendant que le refrain se veut gouleyant ... mais pas trop.

'Stone the crow' figurait sur le 1er EP. Une guitare s'enfuit, en zigzag, pour éviter les explosions, bientôt poursuivie par un char d'assaut. La mitraille défouraille les entrailles.
La batterie joue au rebond avec la basse et appelle quelques growls discrets, le chant du corbeau?
Signature des soldats, le refrain allège la sauce et séduit les papilles auditives. La danse, en toile d'araignée, des twins guitars fait mouche. Sacrée secousse!

A peine surpris par une lueur fugace dans la nuit, nos yeux et nos oreilles s'adaptent facilement au crépusculaire 'Darkness', une promenade heavy metal bien rythmée et convaincante.

Par ses accords graves et groovy, 'You gotta pay' flirte avec le cas métallique. Trop? Peut-être... mais la tension paye comme la mort aux trousses.

Des guitares en scies circulaires découpent l'intro de 'Blood brotherhood' Bien que sanglant et respectueux des canons, le morceau, convenu, se digère plus difficilement.

L'EP de 2014 contenait 'Hellbound Ride' et le titre suivant. Loin de paraître moche, le voyage aux frontières de l'enfer invite au mosh, avec le plaisir maso de collisions inopinées!
Ça  déboule, sans limitation de vitesse, dans un impact viril (mais correct, on ne sifflera pas penalty).

'This is the end' se place bizarrement en fin d'album. La voix growlée annonce la couleur sombre du couplet, le refrain se situant à l'opposé dans des teintes claires avec envolées de grattes.
Sur un beau débordement, l'arbitre siffle la fin d'un match vigoureux.

Une main de fer dans un gant de velours tient le cap et le manche des guitares, reines.
Nul doute que les musiciens écoutent beaucoup 'Hardwired… to Self-Destruct' mais, sans atteindre un k o métallique, la bataille fait rage à tout instant, captivant notre attention.
Il faudra suivre la brigade de près car elle semble avoir une belle marge de progression.

samedi 5 décembre 2020

Album - Yumi Ito - Stardust Crystals

 Album - Yumi Ito - Stardust Crystals

 

Label: Unit Records.

Bio- Yumi Ito  (*1990)   ist eine Schweizer Sängerin, Songwriterin, Produzentin, Arrangeurin mit japanisch-polnischen Wurzeln und Sitz in Basel.

 Ihre Musik ist ein Amalgam aus Jazz, Art-Pop und Neoklassik. 

La jeune femme a eu l'occasion de se produire aux quatre coins du monde, dans des lieux aussi prestigieux que le  Montreux Jazzfestival, le Summer Jazz Festival Krakow, le Bluenote  à Sao Paulo, le Cully Jazz Festival, le Jazzfestival Offbeat Basel,à l' Akademia Letnia Jazzu Lodz ou à Paris à la Fondation suisse / Pavillon Le Corbusier, que ce soit avec  le Yumi Ito Orchestra ( 11 éléments), en duo avec Szymon Mika, solo, ou au sein du  Vaclav Palka's Poens et  de Niko Seibold's European Song, le groupe du saxophoniste Niko Seibold. 

Comme sidewoman on retrouve l'artiste sur quelques albums, e a,   de Marton Juhasz, Rahel Zimmerman, Paco Andreo ou Esther Séverac, elle assure les vocaux sur l'album 'Japan' de l' ETH Big Band Zürich, comme leader, on lui doit  le disque 'Intertwined'  en 2016 et  l'année suivante  'Ypsilon' avec Yves Theiler, un nouvel enregistrement, 'Stardust Crystal' vient de pointer le bout du nez.

 

Stardust Crystals – Track Listing
 
1 Stardust Crystals (Yumi Ito) 5:32
2 Little Things (Yumi Ito) 5:29
3 What Seems To Be (Yumi Ito) 4:38
4 Ballad For The Unknown (Yumi Ito) 5:48
5 Unwritten Stories (Yumi Ito) 5:08
6 Old Redwood Tree (Yumi Ito) 4:58
7 When The Lights Go Down (Yumi Ito) 4:52
8 Spaziergang In Prag (Yumi Ito) 6:40
Total time 43:07 
 
Recorded and edited at Hardstudios by Andy Neresheimer
All compositions by Yumi Ito
Recording Date: 9.11.-11.11.2018
Studio engineer Aurélien Marotte edited and mixed in Paris and mastering by Zino Mikorey in Berlin
Executive Co-Producer: Swiss Radio SRF2 Kultur, Peter Bürli
Produced by: Yumi Ito, Hugo Van Rechem, Aurélien Marotte
Label: Unit Records
 
Personnel
Yumi Ito – vocals, composition, arrangement, lyrics (Switzerland, Poland, Japan)
Marina Tantanozi – flute (Greece, Switzerland)
Sam Barnett – altosaxophone (England)
Enrique Oliver – tenorsaxophone, bassclarinet (Spain)
Victor Darmon – violin (France)
Hugo Van Rechem – viola (France)
Jo Flüeler – cello (Switzerland)
Esther Sévérac – harp (Switzerland)
Izabella Effenberg – vibraphone, array mbira, crotales (Poland / Germany)
Kuba Dworak – doublebass (Poland)
Phelan Burgoyne – drums (England)
 
L'album est amorcé par le titre qui lui donne son nom ' 'Stardust Crystals' , un morceau audacieux, mariant généreusement jazz, chamber music, pop, éléments folk, new age et acrobaties scat.
Les poussières d'étoiles se déposent sur une couche de cordes, la voix virevolte, un ou deux coups sur les cymbales semblent vouloir donner une nouvelle direction au vaisseau, mais non, elle se ravise, avant de vocaliser et de rivaliser avec les violons et le violoncelle, accélération, séquence scat, apparition d'une flûte céleste, on ne s'ennuie pas dans l'univers de  Yumi Ito.
Horreur et damnation,  penser à One Direction car la pièce suivante a été baptisée ' Little Things'.
Aucun rapport, évidemment, la fragile  ballade, décorée d'une harpe astrale par Esther Séverac,  te transporte dans un univers de contes de fées, loin des rumeurs sordides de notre monde contemporain.
A écouter, en position du lotus, en contemplant le mont sacré, le Fuji, miroiter dans le lac Kawaguchi.
' What seems to be' se rapproche plus du concept jazz, le phrasé minutieux ( il y a du Björk dans son approche)  ou les vocalises fluides, les interventions subtiles de la flûte ou l'envolée brûlante du saxophone, impressionnent et te font envisager que, finalement, une certaine forme  de perfection est imaginable en ce bas monde!
' Ballad For The Unknown' démarre sous forme d'un  requiem for strings, il y a du Haydn ou du Mozart dans cette oeuvre sombre et tragique que la douce harpe et le vibraphone parviennent à peine à édulcorer. Yumi reste en retrait, ce n'est qu'à l'approche du terme que son chant douloureux, tout en vocalises Swingle Sisters, intervient.
' Unwritten Stories' par contre joue la carte pirouettes jazz, la voix cabriole de façon espiègle, les violons et le vibraphone entament un dialogue courtois avant de céder la place au saxophone soutenu par un jeu de batterie sobre, Yumi revient pour marivauder de manière désinvolte avant un final symphonique.
Une composition à l'architecture fastueuse et complexe.
Elle nous rappelle la merveilleuse Joni Mitchell s'attaquant à Charlie Mingus avec quelques pointures, dont Jaco Pastorius, Wayne Shorter et Herbie Hancock.
Une flânerie en forêt pour admirer un 'Old Redwood Tree'?
Il paraît qu'un séquoia peut vivre facilement 1000 ans, un brin d'humilité est donc requis face à ces géants.
Comme Jean Sibelius, la compositrice de Bâle est en symbiose parfaite avec la nature.
Après cet épisode sylvestre,  reposant et propice à la méditation, la nuit tombe, et c'est dans le crépuscule naissant, que la belle enfant entonne la ballade mélancolique et impressionniste ' When the lights go down' , parée d'une lamentation au saxophone à l'esthétique Jimmy Giuffre.
L'ultime plage sera aussi la plus baroque,  'Spaziergang In Prag' déambuler dans la capitale de la Bohême en ayant consommé plusieurs flacons d'absinthe te procure une autre vision, moins poétique, de la ville aux mille tours et mille clochers.
C'est dans un état  proche du delirium tremens que l'artiste colle une voix difforme sur une danse macabre glauque,  faisant passer celle de Camille Saint-Saëns pour de la dream pop.
 
' Stardust Crystals', un album innovant, aventureux, opulent, esthétique, bourré d'idées  et savamment orchestré.
Pas étonnant que les critiques placent Yumi Ito sur un piédestal et voient en elle l'avenir du jazz.

 
 
 
 

 
 

 


 



vendredi 4 décembre 2020

EP - Dreams - Jessy Yasmeen

 EP - Dreams  - Jessy Yasmeen

 

Label: Bert Music (  a division of TCBYML)


Jessy Yasmeen ( born in 1994 as Jessy Yasmeen Lugo ),  singer/songwriter de  Rotterdam, a du sang sud-américain dans les veines.

Depuis plus de cinq ans, elle parcourt le très plat pays pour faire entendre son indie folk chaloupé, les plus belles salles et les plus petits clubs  des Pays-Bas l'ont déjà accueillie,  elle a vu Berlin, mais pas Kinshasa.

Avant d'entrer dans les studios d'enregistrement pour pondre un premier EP, précédé du single ' Alone' sorti en 2018, elle a accumulé les lauriers: en 2015, finaliste  au Jong Quite Quiet, en 2019: 'Grote Prijs van Rotterdam '  (category:  singer-songwriter),  et nommée aux Rotterdam Music Awards .

L'EP ' Unchain Me' paraît en 2019, d'autres singles suivent, puis en 2020, elle propose un nouvel EP, 'Isolation Tapes', et  peu après  ' Dreams', un tout récent trois titres, se retrouve dans les bacs

La demoiselle ne glande pas.


Tracklist-

1 Dreams 04:55
2 Forbidden Fruits 02:50
3 No Man Is An Island 03:12

 

Credits?

Si sur scène Jessy s'accompagne à la guitare et est secondée par Jeroen Smelik et Vincent van Liempd, les détails quant à la distribution sur le CD font cruellement défaut.

En fouillant sur sa page facebook, nous avons lu ceci, big thanks to Vincent van Liempdn Jeroen Smelik, Matteo Pavesi, Hannes Bieger, Teodor Voicu,  and Rocktown Studio for being part of this project! 

Plus loin:  Production: Matteo Pavesi  - Keys: Vincent van Liempd - Drums: Jeroen Smelik - Sax and Flute: Luuk Cox - Mixing: Hannes Bieger and  Matteo Pavesi - Mixing vocals: Teodor Voicu Mastering: Teodor Voicu.

Le moins qu'on puisse dire est que ces gens ont accompli un boulot soigné.

' Dreams', la plage inaugurale, évoque la pop raffinée de Carole King ou Carly Simon, la voix est  satinée, les arrangements sobres et judicieux, avec une pluie d'étoiles pour les interventions perlées à la flûte et au saxophone.

Rien à ajouter, le titre est parfait et porte divinement son nom, madame qui passait par là a tendu l'oreille puis a ajouté c'est harmonieux, je connais?

Jessy Yasmeen uit Rotterdam!

'Forbidden Fruits' : 
A nice dreamy Indie Folk song. Driven by storytelling...dixit, LeFutureWave.

Orchestration minimaliste et voix ardente, enveloppante, à la manière de Nina Simone,  pour nous transporter dans le jardin d'Eden où Adam et sa copine ont croqué le fruit défendu.

C'est malin ça, depuis lors, nous, pauvres humains, on ne connaît que des emmerdes.

Pour répondre à  Lafawndah qui prétend être une île ( I'm an Island), Jessy affirme ' No Man is an Island' , un indie folk track reposant sur un doux nuage de claviers liturgiques tandis que d'un timbre narratif, légèrement rocailleux, la madame délivre son message.

Well done, Jessy!

 

Nous ne prenons aucun risque en avançant: that girl is gonna make it!





 

 

 


 

 

 

 



jeudi 3 décembre 2020

Album - Sunstack Jones - Golden Repair

Album - Sunstack Jones - Golden Repair
 
 
Label - Mai 68 Records
 
 
Les débuts de la formation de Liverpool, Sunstack Jones, remontent à 2011, le bébé de Chrisy Jones a d'abord démarré en mode réduit, pour suivre en formule trio, depuis quelques années le groupe compte cinq éléments.
Sunstack Jones a sorti un quatrième album ( Golden Repair) fin octobre, le premier chez Mai 68 Records.
Les précédents, 'Surefire Ways To Sweeten The Mind' ( 2012),' Roam' ( 2014) et 'Sunstack Jones' ( 2018) ont tous été loués par la presse UK, qui, à leurs débuts, voyaient en eux les successeurs de The Verve..
Le troisième effort produit par Paul Den Heyer ( membre de Fishmonkeyman.) reçoit 4 étoiles du magazine Mojo et Gigwise n'hésite pas à citer les Byrds, Love ou Pink Floyd comme éléments de comparaison.
 
'Golden Repair' est à nouveau produit par Paul Den Heyer.
 
Tracklist
A1 Where you gonna go
A2 How it all went down
A3 Shouldabin
A4 Nowhere near an ocean
A5 Glass boat
B1 Wintersong
B2 Golden repair
B3 Distill
B4 Seams
B5 Almost hear the city 
 
Crédits
Acoustic Guitar, Electric Guitar, Lead Vocals – Chrisy Jones
Bass Guitar – Julian Connor
Drums – Richy Jones
Electric Guitar, Backing Vocals – Lorcan Moriarty
Electric Guitar, Lead Vocals – Dave Jackson
Mastered By – Danny Woodward
Producer – Paul Den Heyer
Recorded By – Simon Jones
 
A l'écoute de 'Where You Gonna Go', qui ouvre l'album, tu as peine à croire que Sunstack Jones possède la nationalité anglaise, tant les harmonies à trois voix, les guitares ensoleillées et le côté laidback, évoquent la West Coast. Pendant près de huit minutes ton esprit folâtre, tu voles en zig zag au dessus du désert de Mojave, tu planes comme à l'époque où tu écoutais Buffalo Springfield ( ' For what it's worth' te refile toujours des frissons) , Crazy Horse ou Quicksilver Messenger Service.
Quelle claque!
'How it all went down' emprunte la même voie, lactée, mystique et psychédélique, quand un gars de  XS Noise interviewe le band, il trace un parallèle avec les Stone Roses, c'était pas une suggestion idiote.
Toujours en mode décontracté, le groupe propose ' Shouldabin' .
Si 'Golden Repair' est un album studio, il n'a pas fallu des journées de remixes ou de bricolages quelconques, tout a été capté live en une ou deux sessions .... we were all basically in the same room, all looking at each other, all the amps and everything was in there and we just basically played the songs.... explique Richy.
Deux chansons ont une attache avec le milieu marin, 'Nowhere near the ocean' est la première, il a fallu une vingtaine de minutes, à peine, pour la composer.
Il y a des soupçons Peter Green/ Jeremy Spencer/ Danny Kirwan dans les arabesques décorant cette plage hypnotique, suivie par le second morceau nautique, 'Glass Boat', une embarcation te menant sur des eaux quasi étales, à peine troublées par quelques ondulations dues à une brise tiède.
T'as pas été étonné de voir d'autres barges voguer mollement sur cette pataugeoire, à leur bord les marins d'America, de Firefall ou de Kaleidoscope ( les anglais, devenus Fairfield Parlour).
L'hiver est propice à la mélancolie, 'Wintersong' distille des bouffées de lyrisme sentimental.
Le titletrack ' Golden Repair' est du genre acide mordant, les guitares s'en donnent à coeur joie et tu penses aux légendaires jams proposées par des bands tels que Grateful Dead , Moby Grape ou, plus tard, les Black Crowes.
La démarche promise par ' Distill' est plus sereine, l'accent est mis sur les harmonies vocales et un jeu de guitares ( bourré de reverb) délicat.
' Seams' t'emmène sur des sentiers plus accidentés, à l'arrière des guitares vrombissantes à la James Gang, à l'avant un chant éthéré, au milieu un bridge instrumental qui plaira aux amateurs de neo-psychédélisme et de groupes tels que Brian Jonestown Massacre.
Pour terminer le périple 'Almost Hear the City' résume tout ce que les titres précédents avaient annoncé, une toile brossée par un cousin de Martin Sharp, remettant le graphisme psychédélique à l'honneur.
 
'Golden Repair' de Sunstack Jones agit comme une cure de jouvence, il gomme rides et ridules, redonne à ta vieille peau un teint éclatant, active la circulation sanguine et stimule la libido, pour moins de 18 livres ( sterling), c'est donné, quand on compare avec le tarif d'une cure d'un jour en Thalasso!