dimanche 15 novembre 2020

Death notice - décès depuis le 22 octobre! ( part one)

 Tout le Zik Zak a pleuré en apprenant le décès de Michel Strompers, un ami, leur graphiste attitré, photographe et musicien, il a notamment joué pour Lovegang SS avec, e a,  un autre défunt, le regretté Stef Debusscher.

Emotion et incompréhension, nous retenons un seul hommage parmi les tonnes de messages: le 22 octobre: "C'est avec une grande tristesse que nous venons d'apprendre le décès de Michel Strompers.

Toutes nos condoléances à la famille de la part de ED HUNTERS."
 
Toujours en Belgique, Jack Roskam, le premier guitariste de Machiavel est décédé le 26 octobre, il quitte le groupe après la parution du premier album et s'installe en Croatie où il joue e a avec le groupe Galija.
Tu avais eu l'occasion de le voir à l'oeuvre avec Machiavel au Malakoff à Linkebeek, un souvenir qui restera gravé dans ta mémoire. 

Guitariste britannique établi à Brest depuis le début des années 80, Kevin Wright est décédé le premier novembre.
Celui qui a commencé à gratter une six cordes dans les mid-sixties, en écoutant Davey Graham, Bert Jansch ou John Renbourn avant de s'intéresser au blues, a tourné et enregistré avec sa compagne
Olga Bystram, il a, aussi, joué au sein du Big Band de Jacques Le Guellec,  chez Unlimited Blues Time, avec Les Shakers aux côtés de Pikey Butter et Bernard Le Dréau.
 
 Singer and songwriter, Jerry Jeff Walker who became an icon in the Texas outlaw country scene and wrote the standard "Mr. Bojangles." died on October 23rd.
Il avait 78 ans.
Willie Nelson, Waylon Jennings et Jerry Jeff Walker sont considérés comme les figures de proue du
mouvement Outlaw Country.
Jerry Jeff nous laisse une discographie impressionnante, 'It's about time' de 2018 est son dernier album, sorti en 2018.  "Throat cancer nearly felled Jerry Jeff Walker last year as he wrapped recording for It's About Time." notait The Austin Chronicle en reviewant la plaque.

Jazz Magazine: Le guitariste Marc Fosset s’en est allé, des suites d’une longue maladie ( le 31 octobre).
Le guitariste débute aux Trois Mailletz, joue au sideman pour les Américains de passage à Paris, fait un temps partie de Magma, tourne avec Stéphane Grappelli ,avant de poursuivre en trio  ave l’organiste Philippe Petit et le batteur Eric Dervieu.
On lui connaît une douzaine d 'enregistrements en tant que leader, plus de douze aux côtés de Grappelli et d'autres comme sideman.
Il lui arrivait de saisir le micro pour chanter, comme sur l'album ' Crooner'. 
 
The Music Network, le 2 novembre: Australian bassist Ronnie Peel, best known for his work in the La De Das and the John Paul Young All Stars, died on the weekend. He sometimes used the stage name, Rockwell T. James.
Sa carrière avait débuté au début des années 60, il jouait pour  The Mystics, un combo surf
de la Nouvelle-Galles du Sud.
D'autres groupes ont suivi, The Missing Links, The Pleazers, Ray Brown and The Whispers avant de lancer son propre  Rockwell T James and The Rhythm Aces.
Ensuite il  fait partie de Thunderclap Newman ( ' Something in the Air', tu te souviens?), d'une nouvelle mouture des La De Da's et enfin du groupe de John Paul Young.

Formed in late 1969, Uriah Heep originally featured vocalist David Byron, guitarist and backing vocalist Mick Box, keyboardist, guitarist and vocalist Ken Hensley, bassist Paul Newton, and drummer Alex Napier.
David Byron est décédé en 1985, Lee Kerslake, qui très vite s'est retrouvé derrière les drums, après Alex Napier et un bref passage de Nigel Olsson, le suit en septembre 2020, et, maintenant, c'est au tour de Ken Hensley de passer l'arme à gauche, à 75 ans.
Une perte immense!
Ken Hensley s'entend sur les 12 premiers albums du groupe dirigé par Mick Box.
Avant de rejoindre le Heep, Ken avait joué chez The Gods, Head Machine et Toe Fat ( comme Lee Kerslake).
Après le long épisode Uriah Heep, Hensley rejoint les Américains Blackfoot, puis on le voit chez  WASP et Cinderella. 
Par après, il monte Ken Hensley and  Visible Faith ( un album) , participe avec d'autres stars ( Jack Bruce, Mitch Mitchell, Buddy Miles....)  à l'album de Bruce Cameron , enregistre avec John Lawton, puis John Wetton, prête main forte à Therion et  B T R, tout en réalisant pas mal d'albums solo, un des derniers, a studio album,  "Love and Other Mysteries", datant de 2012, reçoit de bonnes critiques. 

Len Barry, the original lead singer for the doo-wop group The Dovells, died November 5. He was 78. ( Deadline).
"Bristol Stomp", "Hully Gully Baby" et "You Can't Sit Down" sont les titres les plus célèbres des Dovells.
En 1963, Len quitte le groupe et se lance pour une carrière en solitaire, il se tape un Grammy Award nomination for Contemporary Rock and  Roll Male Vocal Performance pour le single' 1-2-3'.
La suite sera moins glorieuse, son dernier fait d'armes, a semi-biographical novel titled “Black Like Me” en 2008.

Fin de la première partie.


 

samedi 14 novembre 2020

Album - The Prettiest Curse - Hinds.

 Album - The Prettiest Curse - Hinds.

 

Label:  Lucky Number/Mom + Pop Music


Par Florian Hexagen

 

Las jóvenes Madrileñas de Hinds ont tellement pop-fm-isé leur son sur ce "The Prettiest Curse", leur dernier long datant de cet été, que je devrais en être automatiquement rebuté, mais non, incroyable.
Elles choisissent ici une formule plus sûre, leur permettant de s'ouvrir clairement à un public plus large que leur indie rock garage de base ne le leur aurait permis, en misant un max sur une production claire et le côté le plus pop de leurs chansons, mais sans pour autant entraîner la réaction naturelle pourtant si attendue de mon côté (en gros le rejet), réussissant un sacré tour de force me concernant.
Non seulement je n'ai pas perdu une once de l'intérêt que je leur porte depuis que je les avais croisées sur scène et dans la fosse en tant que spectatrices averties juste heureuses d'être là au Paredes de Coura (festival top dans le nord du Portugal), mais je crois même que je les trouve plus fortes et talentueuses encore maintenant.
La ribambelle de tubes est tellement là qu'elles emportent toute velléité de dénigrement liée à l'absence de "pureté indie" pourtant quasi automatiquement présente en moi. Ca doit être ça le talent...
En résumé, felicidades Señoritas!
 
Tracks-
 
 1. Good Bad Times
2. Just Like Kids (Miau)
3. Riding Solo
4. Boy
5. Come Back And Love Me <3
6. Burn
7. Take Me Back
8. The Play
9. Waiting For You
10. This Moment Forever
 

 

































Album - Cristiano Filippini's Flames Of Heaven - The Force Within

 Album - Cristiano Filippini's  Flames Of Heaven - The Force Within

 

label: Limb Music

 

 La bio de Cristiano (pas le Portugais qui enfile les buts) originaire de la ville portuaire de Pesaro au centre-est de l'Italie, nous apprend qu'il se lance très tôt dans la composition de morceaux symphoniques et épiques.
Dans ce style, il publie 'The First Crusade' en 2010 et 'Flames of Passion' en 2011 qui seront joués par l'orchestre symphonique 'Gioachino Rossini' (du nom du compositeur) avec l'enregistrement d'un live en 2015.
Mais ce qui le fait rêver réside dans la musique hard rock et métal et le conduit à la création de Flames of Heaven en 2018.

Le groupe réunit :
Cristiano Filippini - guitares rythmique et lead, claviers, arrangements, orchestrations
Michele Vioni (Vivaldi Metal Project, Michele Luppi) - guitares acoustique, électrique, rythmique et lead
Marco Pastorino (Temperance) - Voix principale et choeurs
Giorgio Terenziani (Arthemis) - basse
Paolo Caridi (Geoff Tate -Queensryche-/Sweet oblivion) - batterie
Matias Kupiainen (Stratovarius) mixe l'enregistrement masterisé par Mika Jussila (Nightwish, Stratovarius, Avantasia).
Stan W. Decker (Dragonforce, Timo Tolkki's Avalon, Rage, Masters Of Disguise) imagine le visuel par une belle gravure d'Anges-Dieux, en armures, qui semblent transmettre, via leurs épées dirigées vers la terre et nos gratte-ciels modernes, les flammes du paradis.

TRACK-LISTING

01. The Force Within
02. We Fight For Eternity
03. Far Away
04. Against The Hellfire
05. Always With You
06. Dying For Love
07. Finding Yourself
08. Lightning In The Night
09. Missing You
10. Moonlight Phantom
11. The Angel And The Faith
12. Ab Angelis Defensa

Bonus Track:
13. Missing You (Acoustic Version)

Vu le pédigrée, je ne suis pas certain d'entendre beaucoup de reggae ou de folk, ça tombe bien, j'avais envie de power metal à la double pédale grosse caisse!

Sans surprise dans cette catégorie, le voyage débute par le morceau titre, instrumental bref, au duo clavier-guitare avant l'arrivée des autres instruments.

'We fight for eternity' dénomination, presque cliché, bien dans le style, enchaîne par une mélodie entraînante et séduisante qui fait penser à Almanac ou Masterplan. La technique inattaquable pointe au rendez-vous.
Ça  pilonne grave mais en glisse dans une neige poudreuse.

'Far away' s'introduit en emphase par son clavier pompeux et ouverture en direction de la guitare laser. La voix vole, irréprochable, et la batterie court sur un marathon régulier.

Un clavier, un peu plus électro sci-fi, donne le change à l'entrée de 'Against the hellfire'. Le ton se rapproche de l'AOR (ou FM) avec un clavier à la 'Final Countdown'.
La composition, au refrain facile, fait de l'oeil à l'oreille.

'Always with you' Avec ce titre, on devine l'incontournable ballade. La voix de crooner s'élève sur un piano mais, évidemment, la rythmique puissante et la guitare hero rejoignent, très vite, la trame (power metal dans l'âme).
Ici, l'orchestre symphonique se fait entendre et enveloppe d'une douceur cotonneuse. On verrait bien le titre se glisser dans une scène d'amour d'un film classé heroic fantasy.

'Dying for love' souffle des claviers aux sonorités 80's (et à nouveau final countdown) avant la guitare tranchante. La mélodie démarre en douceur et reste classique mais agréable sous les frappes bétonnées de Paolo.
Un solo de clavier enchaîné à celui de la guitare ouvre un espace grandiloquent aux harmonies vocales lyriques.

'Finding yourself' remet le couvert pour une ballade, dessert sucré, à intro de piano et voix sensible d'abord puis, beaucoup plus lyrique, lorsque tous les instruments jouent ensemble. Le solo de guitare se pose naturellement.

'Lightning in the night' -  Le riff à la guitare fait penser à 'Flash of the blade' de Iron Maiden en moins agressif. Par contre le batteur s'en donne à coeur joie, sans limitation de vitesse, à la double pédale.
Un break au piano amène le solo de guitare, lumière dans la nuit. On reste captif jusqu'au bout.

'Missing you' Ah ben oui, avec un intitulé pareil, il s'agit d'une troisième ballade qui laisse un peu de place à l'orchestre... Bien qu'on respire un joli air, ça redonde un peu...

'Moonlight Phantom' démarre par un riff clavier repris à la guitare. Ce titre catchy se projetterait bien en single. Classique mais flamboyant, il entraîne sans retenue.
La ligne claire et remarquablement rythmée se suit sans difficultés ... et ce passage aux cordes chez 'Flames of heaven' n'aurait pas dépareillé au clavecin chez Stratovarius...

'The Angel And The Faith' danse dans un rythme plus syncopé, bienvenu, qui tranche un peu avec les autres morceaux. La batterie claque et la pulsation ventile.
Les choeurs donnent envie de chanter sous la douche!

'Ab Angelis Defensa' - Le court coda répond, de manière symphonique, au prélude.

En dehors de l'intro et l'outro, toutes les durées flirtent avec les 6 minutes, minimum syndical du power metal.
'Flames of heaven' correspond bien au sens des mots, mélangeant chaleur de flammes et sérénité du paradis.
Les paroles tournent autour des thèmes habituels dans ce domaine : combat, solidarité, virilité, courage, héroïsme et amour.
On peut penser aux albums de Allen-Lande mais ces derniers possèdent des voix monstrueuses inégalables et chantent sur des mélodies encore plus accrocheuses.
On pourrait évidemment citer Luca Turilli et Rhapsody, dont la musique sonne parfois plus complexe et ampoulée.
Ici, nous sommes en présence d'une oeuvre très calibrée.
On ressent donc l'hommage aux glorieux ainés mais qui manque un peu de personnalité et surtout de prise de risques.
Pourtant on peut palper le potentiel ne demandant qu' à éclater avec plus de confiance dans le caractère de l'écriture.
Malgré cela, nul doute que les aficionados du genre apprécieront déjà et... je suis repu avec ma part de crème fouettée.

Album- HOA QUEEN - Hoa Queen

 Album-  HOA QUEEN - Hoa Queen 

 

par NoPo

 

Record Label: Beast Records

 

01. Marjorie
02. Willow
03. Betty
04. Aileen
05. Norma Jeane
06. June
07. Lizzie
08. Lucia
 
Aurélie de Chalvron - vocals
Aude le Moigne - vocals, banjo, pedal-steel, guitars
Xavier Soulabail - bass, vocals
Joachim Blanchet - drums, keyboards
Eric Cervera - guitars

 

 

HOA QUEEN pousse, sans engrais, porté par une solide réputation dès ses 1ers concerts fin 2017/ début 2018.
Aucun point commun avec le groupe sans la 1ère syllabe qui fait toute la différence car 'HOA' ne couine pas, comme les incroyables britons, tout au contraire, sa musique se la coule douce mais avec un côté vicieusement torturé.
Les musiciens ne se doutent certainement pas que leur destin va suivre celui de cette fleur vietnamienne à la floraison éphémère.
Bien trop court pour un début de carrière si alléchant et une dream team de cet acabit.
Eric CERVERA, le cerveau (la tête bien sur les épaules contrairement à David Niven dans le film du même nom) détonateur, guitariste émérite et producteur, lance l'affaire sur des bases trip-hop, avec Aurélie de Chalvron, chanteuse immersive.
Il possède son studio à Lanmeur où de très nombreux groupes fignolent et mettent en boîte leurs enregistrements (Bikini Machine, Buck, Brieg Guerveno, Moundrag, Dominic Sonic, Marquis de Sade, MHA, La Battue, Pat O' May, Skopitone Sisko, THM, The Fabulist, Ukan, Wicked, liste riche et longue!).
Le musicien ingé-son jouit donc d'une sacrée notoriété et d'un carnet d'adresses bien rempli, ayant joué, de plus, avec de nombreux groupes (notamment 'CAID','Ultra Bullitt' et 'Brieg Guerveno'), et écrit beaucoup de musiques de films ou de publicités.
Tous deux font ensuite appel à Aude Le Moigne au CV éclectique et long comme le bras (Patricia Kaas! 'Raggalendo' les inoubliables belles et déglinguées rock electro hip pop du Trégor, les hardos musclés de 'Stallone', 'Talkie Walkie' le bluegrass avec Colin son frère et le métal 'Captain America Is Dead' avec ... Eric Cervera)
Vient les rejoindre la colonne vertébrale de la mouture folk métal (avant 2019) de Brieg Guerveno : Xavier Soulabail à la basse (Camadule Gredin, Buck, Broken Waltz) et Joachim Blanchet (Camadule Gredin, FauxX).
L'incontournable découvreur de talents 'Beast Records' sort l'album en 2018.
La sobre et discrète pochette intrigue. Sur un fond immaculé, seule la fleur, couleur rouge sang striée de blanc, scarifiée, donne une indication.
Aucun titre aucun nom! Sophie DEGANO (femme d'ERIC), signe cette jolie gravure, on reste en famille, sentiment étendu à l'ensemble de la troupe!
La track list ressemble à une liste de 8 petites amies... mais je ne suis pas certain de vouloir les rencontrer! Le propos respire la littérature et le cinéma.
J'avoue que l'accroche ne s'est pas faite à ma première écoute mais l’œuvre opère comme par hypnose, vénéneuse et addictive.
'Marjorie' ouvre le bal sur quelques cordes caressées tout comme la voix qui caresse langoureusement autant que sulfureusement.
L'héroïne, speed queen condamnée à mort, se confesse et ce n'est pas une princesse!
Un banjo pour 'Willow' ferait un bon titre de western poussiéreux. Le vibrato de la guitare fait écho et derrière, se cache un clavier au son de flûte, comme un souffle de fantôme. L'esprit d'une femme survole la vie d'après de son ex.
Le rythme bancal renvoie un sentiment douloureux, exacerbé par la voix bouleversante d'Aurélie d'autant plus puissante sur ce qui pourrait faire office de refrain 'How how doest it feel to be a liar'
'Betty' commence sur une guitare cristalline et on devine un déhanché sensuel d'Aurélie pendant qu'un banjo fait croire à la sérénité. Fausse route encore une fois, le chemin n'avance pas tout droit. Un groupe d'enfants venge une petite fille des méfaits d'un prêtre criminel.
La basse sonne comme une contrebasse et la batterie titube pendant que le clavier trace la voix en 'twist and shout'... Tordu le maître mot, monte le ton et la tension insoutenable en bout de course.
'Aileen' n'y va pas par 4 chemins avec sa basse menaçante qui introduit une comptine inquiétante chantée par une voix doublée, quasi-enfantine, comme dans un film d'épouvante.
Il faut préciser qu'Aileen est une prostituée, prédatrice et tueuse à ses heures perdues.
Le morceau terriblement rock s'emballe ensuite par une steel-guitare agressive et déchirée ainsi qu'une batterie déchaînée puis fait un retour à la comptine avant de finir en rock sévèrement burnout.
'June', autant une période qu'un prénom, symbolise la maternité. Un banjo torturé met tout de suite mal à l'aise (faites comme chez vous!) pour un enterrement au rythme macabre d'une grosse cloche.
Alors qu'un instant permet de respirer 'I want to breathe the air you breathe', ce n'est jamais serein ni pour longtemps. A la 2è respiration 'whispering a lullaby', une guitare part en tourbillon avec l'orgue et des vocalises de folie.
Le banjo accompagne enfin 'Sweet lovely child born to be wild' et arrache le cœur dans un dernier adieu au son d'un orgue strident arrêté brutalement.
A l'inverse, dans 'Norma Jean', on ressent presque la légèreté du coup de vent(ilateur) des '7 ans de réflexion' et le frou-frou de la jupe soulevée. La guitare tinte et teinte joliment l'intro puis entraîne une espèce de valse marquée en plein chœurs angéliques.
Un parfum de fausse naïveté traverse le morceau car, on le sait, cette vie ne se termine pas en happy end.
Elizabeth ou 'Lizzie' (Dizzy Miss) commence par une guitare dure presque dissonante pour une mélodie déjantée. 'Let me tell about my story' raconte l'histoire de cette femme qui voulait être une star, surnommée le Dahlia noir, encore une fleur au destin tragique.
La batterie tribale sonne lourdement enveloppée par un orgue brûlant. Un déséquilibré séduit, par des mensonges, la belle qui suit le mauvais chemin et se fait tuer sauvagement 'He wrapped his hands around my neck until it hurts until it hurts'.
En fin de morceau (elle finit en 2!) au milieu de cris puis de la voix intense, le solo de guitare s'emporte en balafres dont la dernière reste une épitaphe.
La senorita s'appelle 'LUCIA', une lumière froide et glauque venant plutôt de LUCIFER. Dans le rythme lent d'un tambourin, un banjo entonne une mélopée désespérée au parfum hispanique.
Une guitare gratte tristement, par instants, avant l'arrivée de chœurs mélangés à un accordéon discret et poignant. Encore la confession d'une vie brisée et sans amour, celle d'une prostituée...
Des mots fleuris pour HOA Queen, la fleur du mal. Une reine de la nuit pense des maux profonds parfois avec une légèreté confondante mais en même temps si dérangeante.
Comme toutes ses histoires violentes, celle du groupe s'arrête d'un coup. Un one shot d’œuvre! C'est pas du jeu, il y avait d'autres titres sur scène!
Mesdames et messieurs les musiciens, sans abandonner vos projets en cours (ERIC trip-hop dans Run with the Wolves, FauxX et Broken Waltz sont en activité), gardez vos bagues à tête de mort mais please, ressuscitez Hoa Queen!

vendredi 13 novembre 2020

EP - Tomberlin – Projections

 EP - Tomberlin – ‘Projections’

 

 Record Label: Saddle Creek

Saddle Creek a toujours été synonyme de qualité, le label d' Omaha a découvert bon nombre de pépites: Azure Ray, Bright Eyes, Conor Oberst, Cursive, Spoon, Orenda Fink, Maria Taylor ne sont que quelques noms issus de leur riche catalogue.

2018:  Sarah Beth Tomberlin, nom de scène Tomberlin, est accueillie au sein de l'écurie en juin et trois mois plus tard, la maison de disques du Nebraska  sort son debut-album "At Weddings".

Les critiques sont unanimes, un chef-d'oeuvre, plusieurs magazines de renom reprennent le disque dans le top 50 Albums of 2018.

Deux ans plus tard, Sarah Beth revient avec un nouvel  EP dans sa besace, 'Projections'.

 

TRACK LISTING

1. Hours
2. Wasted
3. Floor
4. Sin
5. Natural Light

 

Credits:

Sarah Beth Tomberlin - producer, lyrics, music
Alexander Giannascoli - producer
Samuel Acchione- producer
Jacob Portrait- mixing engineer
Heba Kadry - mastering engineer
Blake Stephens - photography
Jadon Ulrich - design
 
Pour amorcer la plaque, Tomberlin a choisi la ballade mélancolique 'Hours' , cette tranche de chamber folk respire le vague à l'âme, l'indolence, la torpeur romantique.
Sarah Beth confiait à un journaliste..  “‘Hours’ is a song ruminating on time spent with someone who makes time spent doing nothing together feel meaningful...
Pour dépeindre cet état d'esprit: une guitare acoustique légèrement caressée, de doux balais glissant sur les cymbales,  quelques cordes discrètes et une voix limpide, à peine un  souffle.
En fermant les yeux, tu laisses ton esprit errer, il t'envoie l' image   d'une peinture de James Abbott McNeill Whistler , 'Symphony in White 3' , pour lequel Joanna Hiffernan et Milly Jones  servirent de modèles.
Le récent single 'Wasted' succède aux heures alanguies, il repose sur un fond rythmique répétitif, vif et mélodieux,  aiguillant la chanson à s'installer dans ton cerveau, comme si une araignée y avait tissé sa toile.
' Floor' aurait pu s'intituler 'Blue Sky' tant la mélodie ténue semble fragile et aérienne et pourtant le propos ne prête pas aux rêves roses, c'est vers un  cimetière que l'imagination de Sarah Beth la conduit ...
Behind the house where I grew up
Old cemetery bodies broken up
I touched their names in the cold cement
I made up lives they could've lived...
Quand on  te parlait  de romantisme, on ne divaguait pas, de là à  classer la fille dans la liste des Graveyard Poets, dans la lignée de John Keats ou Robert Blair, c'est un pas que nous n'avons pas l'intention de  franchir.
Is it a 'Sin' to be queer?
Avec pudeur, Tomberlin chante une lovesong à celle qu'elle vénère... 
I watch myself undress and I pretend that it's for you... fredonne-t-elle sur un tapis  musical idyllique.
La chanson s'achève sous forme de complainte,  ...Say a prayer, lay your hands on me, I just want to be clean’... s'amuse-t-elle à répéter.
Tomberlin opte pour une reprise pour clôturer ce court voyage, 'Natural Light' a été gravé en 2009 par  Casiotone for the Painfully Alone ( Owen Ashworth) sur l'album 'Vs Children'.
La version de  la fille du Kentucky ne s'éloigne pas radicalement de l'original mais lui confère une touche féminine,  rendue encore plus vulnérable grâce aux choeurs angéliques tapissés en toile de fond.

'Projections' de Tomberlin est à conseiller aux fans d'indie  folk introspectif qui ne craignent pas de passer pour des chiffes molles car ils ont sorti la boîte à mouchoirs



 



 

jeudi 12 novembre 2020

Margot - Make It Last - EP

 Margot - Make It Last -  EP 


Margot qui?

La reine Margot? Adjani qui se tape une cure de jouvence? La fée des Côtes-d'Armor?

Qui tient à garder le secret?

Les webzines, tous anglo-saxons, nous la décrivent comme a Parisian songstress d'un peu plus de 20 ans.

Comme détails: elle est originaire de Paris, a vécu à Berlin et réside désormais à Londres, elle dispose d'un background classique, a appris à jouer du violon et du piano, aime autant l'opéra que RATM ou Rihanna et Erykah Badu.

Certains affirment que 'Make it Last' est son premier EP, mais en fouillant, on a déniché le single ' One Hour' en 2018, 'Fake For You', 'Love On The River Grand', 'Chill, Girl' et 'Rendez-Vous' , tous aux sonorités r'n'b/electro, en 2019, un duo sucré   Nikaa ft Margot ' Toi et Moi' et un autre Margot et  Maevis 'Changed Me' au printemps 2020.

Tout ça pour te dire  que la demoiselle ( Margot Seynaeve) est du genre bosseuse.

 Make It Last est sorti sur le label Pink Bikini Records.

Tracks:

1. Make It Last
2. Slow Down
3. U In Mind
4. Dance For You
 
Credits:
 The Ep was produced by Frank Slimm, it  features Andy Bunting on bass as well as Jamie Chalmers on guitar.
 
' Make it Last' qui donne son titre à l'Extended Play  repose sur une basse bondissante, la voix faussement naïve et les choeurs au parfum vanille font de ce track une confiserie pop délectable, si tu parviens à oublier tes cheveux gris, tes rides profondes et ton manque d'élasticité....
Le plus récent single 'Slow Down' utilise les mêmes recettes, ...let's get out of town... ok, Margot on accepte la proposition et le verre de vin frais.
Euh, quelle case faut-il cocher sur l'attestation de déplacement dérogatoire?
By the way, on a dévoré le clip, tu es à croquer!
Comme toujours au jeu des parallèles lorsqu'il s'agit d'electropop les mêmes noms reviennent: Dua Lipa,  Ariana Grande ( qui vient de sortir un nouveau single ' Positions'),  Rita Ora ou la plus exotique
Camila Cabello.
Les jeunes filles rêvent d'amour, c'est le sujet du bilingue  ' U in Mind'  dans lequel on retrouve des traces d'Angèle  dans le phrasé.
' Dance For You' et son flow hip hop,  qui conclut l'enregistrement, invite, comme le titre le laisse supposer, à la danse.
Beau travail de la paire Jamie Chalmers ( il a écouté Santana) /  Andy Bunting tandis que la voix de  Lolita prend une teinte sensuelle.
 
Dans le même style qu' Evie Irie, Margot est prête à se mesurer aux starlettes pop actuelles et, le cas échéant, prendre place sur le podium!
 
Why not?


 






EP - Cancre - Face au vent

EP - Cancre - Face au vent

Label: Upton Park

'CANCRE' ne s'assoit pas au fond de la classe mais habite au bout du monde... à Brest.
On y retrouve Robin Millasseau à la guitare et au chant, son frère Mathias à la basse et leur pote Klet Beyer à la batterie.
J'ai eu la chance de découvrir Robin à la guitare aux dernières heures de feu Craftmen Club (dont chacun vit encore bien heureusement).
Auparavant en 2013, il a créé, à Morlaix, son propre groupe qu'il dénomme 'WICKED' (plutôt que 'BATMAN', oups, désolé Robin, on a déjà dû te la faire!).
Il officie dans un style heavy blues in English avec look, ad hoc, perfecto santiags. Deux EPs sont pressés... comme les bretons, qui tournent beaucoup et pas en rond, chapeau!
Steeve Lannuzel, chanteur et artisan du club, produit le second EP.
On les voit à St Brieuc et plus récemment en Juillet 2019 à Plouha où ils interprètent les premiers nouveaux titres en français avant le changement de blaze.
Sous ce patronyme, CANCRE, le même line-up sort aujourd'hui (ou presque) son premier EP 4 titres.

tracks-

1 Vols de nuit
2 Rodez
3 Face au vent
4 Saisir



D'entrée, on reconnait la chouette guitare avant les chœurs beaux (ptet les corps aussi mais seules les fringues sont noires!) et bien travaillés tout comme les textes (inspirés par les poèmes de l'arrière grand-père de la fratrie).
Forcément 'Vols de nuit' fait voyager avec Saint-Ex. On attend une composition léchée façon chanson française mais le rock, chevillé au corps (d'hier à aujourd'hui) des musiciens, même bordé de violon, se fait entendre à travers une batterie tribale et des accords de guitare écorchés.

'Rodez' se chante sans accent vu qu'il n'y a pas de paroles juste des chœurs (et du coeur) mais la musique possède un sacré punch, gare aux abdos!
Un gimmick au synthé parcourt tout le morceau comme une sirène de pompier, y'a urgence là!
La rythmique rentre-dedans ne lâche rien et donne une grosse envie de pogoter. L'orchestration claire et à la fois ramassée met tous les instruments d'accord.

'Face au vent' nous emporte telle une évidence, 'On ne décolle que face au vent'. La rythmique carrée ne dévie pas d'un iota  malgré la bourrasque.
Le débit de la voix fait penser à Tristan Nihouarn, on palpe l'énergie de Matmatah ou l'écriture bouillonnante de Noir Des...

'Saisir' rappelle, dès l'ouverture (en tam tam?), le blues brûlant des méchants 'Wicked'. La guitare canarde comme le tonnerre de Brest roulé dans la basse. Ce morceau autant que les précédents possède un groove inexorable.
La voix de Robin, superbe, continue de briller comme c'était déjà le cas auparavant. Ici la musique s'interrompt trop brutalement, on veut la suite.

On peut souhaiter (et parier) que l'EP précède un vrai album car le grand-père, dans les tranchées de la grande guerre, a semble-t-il été prolifique.
On aime que les cancres continuent d'écrire sans fautes ... au premier rang!

 

Par: NoPo