mercredi 11 novembre 2020

Album - Palace Winter – Keep Dreaming, Buddy

 Album - Palace Winter – Keep Dreaming, Buddy

 

Label -  Tambourhinoceros

 

Palace Winter, à ne pas confondre avec The Winter Palace à Saint-Pétersbourg, résidence des Tsars où   Pierre le Grand ( Peter Alekseyevich Romanov) est décédé en 1725, est un groupe australo-danois, formé, presque par hasard ( tais-toi, Eden),  en 2013, lorsque le singer/songwriter Carl Coleman,  en tournée avec Sink Ships, et  le producer et classically trained pianist Caspar Hesselager qui se produisait avec The Rumour Said Fire, se rencontrent et sympathisent.

Ils décident de faire un bout de chemin ensemble et en 2020 ils ne sont pas encore parvenus à la destination finale, ils viennent de délivrer un troisième ouvrage, portant  l'enseigne  "Keep Dreaming, Buddy". 

La plaque succède à  "Waiting for the World to Turn" de 2016 et à 'Nowadays' de 2018, sans mentionner les EP's ou singles parus avant, entre, ou après les long-playings.

 

Tracks:

 

  1. Monument Eyes

  2. Won't Be Long

  3. 1996

  4. Top of the Hill (feat. Lowly)

  5. Richard (Says Yes) [feat. Penny Police]

  6. Keep Dreaming, Buddy

  7. The Deeper End (feat. Jason Lytle)

  8. Control

  9. Rose

  10. Lava Moving over the Land


 Credits-

 Guitar, Lead Vocals – Carl Coleman

Synth, Piano, Programmed By – Caspar Hesselager

 

Même en 2020, tu peux continuer à rêver, à imaginer un monde meilleur, à croire au message d'espoir chanté par John Lennon dans 'Imagine', Carl et Caspar n'expriment rien d'autre.

Leur nouvel album débute par un synthpop/dream pop  cosmique et ouaté rappelant des groupes tels que Phoenix, Hurts, Amber Arcades ou  Ultimate Painting.

Tu notes l'absence de couleurs vives et agressives, ,tout est dans la mesure et la subtilité. Le stylé 'Won’t Be Long' confirme le propos, les arrangements quintessenciés et  les voix soyeuses doivent séduire les amateurs de jolies mélodies, légèrement lisses.

'1996' évoque à la fois les Korgis et certains titres les plus doux des Beatles.

Madame, en entrouvrant la porte, prête l'oreille  et murmure... c'est gracieux... je connais?

Non, mon ange,  ce ne sont pas Peter Bjorn and John!

Le hit ' Top of the Hill' features la voix nuageuse de Soffie Viemose du groupe pop danois  Lowly.

Une perle de douceur à laquelle succède  le stimulant  'Richard (Says Yes)' dévoilant  une nouvelle invitée,  Marie Fjeldsted, alias Penny Police. 

Pour errer dans le cosmos rien de tel qu'un instrumental planant, on te conseille 'Keep dreaming, Buddy'.

Tu dis... de l'acide, une substance psychotrope, du chanvre indien ... si tu en sens le besoin. Oui, tu peux relire celui qui écrivait ... Il faut être toujours ivre. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous !

Nouveau convive de choix sur  'The Deeper End', Jason Lytle, que tu connais sans doute comme
leader de Grandaddy, vient pousser la chansonnette sur cette synthetic country ballad avenante.

' Control', plus mordant, propose des sonorités très 80's à la Tears for Fears ou Talk Talk.

Un contraste bienvenu après la série de plages pondérées.

Elle dégage un charme pastel, la lady lymphatique  appelée 'Rose' ...
Her name is Rose
And everywhere she goes, sedated
And everybody knows
And her body shows
She stays until close, deflated
She always leaves alone
Are you giving up the ghost?

Les choeurs sucrés et les synth arpeggios ludiques dégagent un charme vernal qui devraient plaire aux âmes romantiques et aux jeunes filles en fleur.

 Carl Coleman résidait à Tenerife lors de la conception des titres de l'album, le stratovolcan El Teide a inspiré pas mal de morceaux, notamment ' Lava Moving over the Land', de la synth pop posée sur des beats hip hop non agressifs.

Carl, quelque chose à ajouter?


“I began to think of the volcano as a metaphor for our lives: volatile, mysterious, beautiful, dangerous. No matter where you were on the island, you could see it. Looking down on us. Asleep. But at any moment, it might wake up and destroy everything.”!

 

Pas de panique, Carl s'en est sorti et avec son copain nous livre un album attachant et esthétique.




 


 

 


 

 

 

lundi 9 novembre 2020

Album - Let The Kid Go - Annabel Lee .

 Album - Let The Kid Go  - Annabel Lee . 


Label: Luik Music


Tracklisting
“Astronaut”
“Never Ever”
“Farewell Everyone”
“The Way I Look At You”
“See You Naked”
“Let The Kid Go”
“LA”
“Blue Dress”
“You Never Came”
 
Line-up:
Audrey Marot ( vox, guitar) 
Hugo Claudel (batterie), ex- Dream Baby Dream et Animal Youth
Jérôme ‘Vankou’ Damien ( basse), ex- Animal Youth
 
 
 
Florian Hexagen exprime un bref avis:
 
L'un des "feel good" albums qui a bien accompagné le premier confinement (et le second du coup aussi) est ce merveilleux "Let The Kid Go" des Bruxellois d'
Annabel Lee.
Leur potion magique indie power rock à la sauce 90's renvoie automatiquement aux good vibes de l'adolescence, comme une vague de nostalgie positive, et on y trouve des tubes à la pelle, tels que "Astronaut", "Farewell Everyone", "See You Naked", "You Never Came" et même l'une des pépites de l'année dans le genre, avec "Let The Kid Go".
Bref, t'as un coup de déprime parce que la situation actuelle craint, tu te balances ça dans les esgourdes, et tu seras vite réconforté-e!
 
 

Album + EP - Brieg Guerveno - Ar bed kloz et Bleuniou an distruj

 Album + EP - Brieg Guerveno - Ar bed kloz  et Bleuniou an distruj 


My neighbours are rock...
 
 
Brieg Guerveno 'Bleuniou an distruj' 2012 - 'Ar Bed Kloz' 2014
Jeudi 16 Août 2012, j'ai réservé ma soirée pour assister au concert de Since my Accident sous les Halles à St-Brieuc car leur métal lourd et brillant m'a ébloui dans la semaine sur radio activ'.
J'arrive un peu avant l'heure et me voilà bien marri car j'intercepte juste la fin de la prestation fougueuse de 3 chevelus qui chantent en breton.
Brieg Guerveno semble avoir une personnalité très affirmée car il dénonce sans détours, en guise d'au revoir, le peu d'intérêt des médias bretonnants pour son œuvre pas assez traditionnelle à leur goût.
Ces quelques instants suffisent pour attiser mon intérêt et je saisis chaque occasion pour retourner à ses concerts.
Je me souviens particulièrement du 2 juillet 2015 sur les quais du Légué, accompagnée de ma bretonne, où nous étions 3 pelés et un tondu (pas moi plutôt du style Jackson 'touffe') à apprécier la musique de Brieg.
Entouré de ses potes Xavier Soulabail et Joachim Blanchet, il nous a tout donné jusqu'à plus faim! L'euphorie suffit pour rassasier, ça se passait après la parution de 'Ar bed kloz' et avant l'arrivée de Eric Cervera dont la guitare s'intègrera ensuite avec évidence.
Depuis, mon voisin d'origine briochine, fait un sacré bout de chemin. 
En 2016, sort 'Valgori' toujours dans un style folk métal affirmé, cette fois salué par la critique nationale notamment 'Rock hard' aux grandes oreilles ouvertes à toutes les langues.
Puis 2020, la bascule, 'Vel ma vin' ne conserve que le folk dépouillé mais quel folk!
Tous les commentaires se veulent élogieux et les concerts rayonnent d'une lumière incroyable qu'ils soient avec tout l'orchestre ou parfois plus intimes, réduits à quelques musiciens.
Je garde un souvenir particulièrement ému de la soirée 'Diversion' organisée par Bonjour Minuit à la chapelle Lamennais, ma dernière avant confinement.
Plutôt que de choisir cette œuvre récente tellement commentée, je décide de revenir à la période 2013-2014 qui m'a embarqué sur un fier vaisseau breton.
YES chantait 'Nous sommes du soleil', nous, bretons, pouvons prétendre être d'Armor et d'Argoat (littoral ouvert autant qu'intérieur enfermé de bois et de terres).
'Ar Bed Kloz' (un monde fermé) chante Brieg sur sa publication de 2014 que je ne peux séparer de l'EP de 2012 'Bleuniou an distruj' annonciateur de l'album avec un titre en commun (mais interprété très différemment).
Ce 3 titres commence donc par 'Skornet' morceau majeur (repris et réarrangé sur l'album) et joué si souvent sur scène à l'époque.
La musique commence paisiblement à la guitare qui souligne la voix de tête de Brieg et la ballade s'élance tranquillement avec l'arrivée de la basse et de la batterie à l'unisson et sans heurts. J'ai l'impression de parcourir la lande bretonne.
Puis la musique décolle sous les 1ers accords aux sonorités guitare proche du Neil Young électrique. La 1ère moitié du titre séduit par sa beauté jusqu'aux 3mns où des chœurs et un clavier chaud et romantique, comme un verse anthem dans une église, ensorcellent une montée en puissance fascinante.
Soudain la guitare s'alourdit comme la rythmique et la voix de Brieg devient comme possédée, elle appelle, des voix répondent, elle gémit, des fantômes répondent.
Le cri déchire sur une instrumentation douloureuse aux cordes battues et qui semble mener une procession au sacrifice où tout s'arrête dans le néant.
'An emtzig truder' enchaîne une ambiance assez proche par un départ tendu d'emblée sur les cordes de la guitare et la voix plaintive.
Le crescendo se ressent dès la 1'30 avec la frappe lourde et les cymbales éclatantes associées à une basse fondue dans la masse. Je tiens à évoquer ici la rythmique soudée et infaillible des 2 amis de Brieg, Xavier et Joachim.
Un virage en cantique opère à 2'30, d'abord voix et basse posées seules, puis appuyées par une batterie turgescente.
La composition s'installe alors sur un mid tempo qui rappelle les plus belles heures d'Anathema. Un court retour au cantique puis la guitare avance par vagues, le son enfle et prend du volume mais à 7'10, la rupture nous surprend avec l'alternance d'un arpège sobre et de violents tirs de mortier à la batterie puis la marée monte jusqu'à l'étale.
10 mns fabuleuses, un grand moment, une odyssée! L'interprétation sur scène me sidère à chaque fois!
A côté de ces 2 compositions, 'Emgann Kerdidu', reprise de Storlok (1ers rockers bretons), fait office de récréation où les musiciens se laissent aller dans un rock classique mais bien énervé avec une voix qui interpelle par sa solide agressivité .
'Ar bed Kloz' reprend le chemin tracé par les 2 1ers titres de l'EP. La mélodie brille sur un orgue rasant comme un soleil de printemps. Les accords à la guitare et la voix nous promènent sur des terrains boisés.
Basse et batterie se mêlent harmonieusement dans un folk pastoral, pourtant le métal ne plane jamais loin et s'invite par instant mais tout en retenu.
A nouveau, un orgue à riche texture vient ajouter des reflets de soleil et le solo de guitare floydien marque le ciel de son empreinte atmosphérique.
'Al liver' ouvre à la sèche pour un bon riff à l'électrique, malmené par une batterie qui claque. Ce sont les accords à la sèche qui nous emmènent pendant que la voix et les chœurs enchantent.
Un violon apporte une touche comme une brise légère bienvenue et vogue la goélette. Un pont à voix plus sombre avec guitare et violoncelle pousse la porte à la batterie qui déboule et déroule un tapis à la guitare électrique partie dans des méandres et soudain rompue abruptement.
Bahia el Bacha signe ici une belle prestation à l'archet avant de collaborer avec l'artiste plus prolifiquement sur le troublant 'Vel ma vin' de 2020.
'Traon an hent' ici, la guitare électrique développe une ritournelle plus inquiétante qui explose sans avertissement dans un riff métal puissant, bordé d'orgue et soutenu par une frappe de mule et une basse grondante.
Une accalmie à la guitare sèche et une voix plus légère pour quelques secondes se fait dévorer par des roulements de batterie et cymbales crashantes, enluminés par un orgue abondant.
Cette fois le bateau traverse la tempête et casse les rouleaux de vagues, la voix semble supplier les Dieux.
'Dianket' un son presqu'électro de clavier, mixé à la guitare et à la basse, démarre le titre sur les chapeaux de roue. La belle voix s'envole sur une mélodie tendue et enivrante, avide de frissons et d'écume de bout en bout. Un morceau ramassé qui cogne comme un uppercut.
'Skornet' reprise de l'EP précédent surprend par ses sonorités folkisantes en provenance des années 70. Le morceau, plus lent que sa version précédente, avec une rythmique électronique au son synthétique, fait tinter des clochettes et lever des chœurs légers.
L'instrumentation se veut plus dépouillée avec un sombre violoncelle puis un violon qui attirent des envies de sanglots au fond de la gorge. Une belle introduction au futur 'Vel ma vin'.
'Divent' la batterie en roulements et la basse vibrante ouvrent en fanfare cette compo avant l'arrivée d'une guitare discrète et des voix aériennes. Le gratté des cordes ramène à un style cold wave au parfum de Cure.
Le tempo se maintient et l'instrumentation enfle dans une ambiance guillerette. Le morceau quasi instrumental me fait penser à l'arrivée d'un bateau qui accoste dans la lumière de l'aube.
'Den ne oar' 3 couches de sons de guitare différents accueillent une belle mélodie aux accents métal entrecoupés de passages folk à la guitare acoustique. La 1ère partie plus pop celtique me rappelle les nantais d'EV. A moitié de ce long morceau, une envolée très progressive, aux racines 70's (un peu crimsoniennes), mélange, tout en tension, guitare, basse, clavier et batterie galopante avec une voix aérienne, puis c'est le retour à la mélodie principale et métallique.
'Ar spilhenn' -  Un début à la guitare acoustique, voix haut perchée et chœurs angéliques encore plus hauts, semble soulever doucement le voile d'une brume matinale aux embruns salés. Le morceau court et aérien, porteur de bien-être, progresse sereinement jusqu'à bon port.
'Bev out atav' un départ dans un doux accord électrique répétitif soutient la voix qui, soudain, se dédouble puis s'envole, parfois accompagnée de Uilleann Pipes aux influences celtiques.
L'orchestration intervient à mi-morceau et amène de l'emphase dans un merveilleux tourbillon où les Uilleann Pipes restent omniprésents.
'Dor 911' - Le duo guitare/accordéon envoûte d'emblée et construit une mélopée mélancolique qui prend aux tripes. A nouveau des variations à mi-morceau assombrissent l'ambiance.
Le ton s'alourdit encore par une complicité triste piano, synthé, mais le titre finit par le retour des quelques notes mélancoliques à la guitare d'introduction.
Soulignons l'art-work très réussi. Sur un fond bleu nuit, se détachent les lettres du nom de l'auteur, couleur or, et du titre, avec une typographie originale, dans les mêmes teintes orangées mais remplis d'ombres chinoises d'arbres aux branches en pleine repousse. La silhouette dorée d'un oiseau s'envole d'un arbre à l'autre, d'une lettre à l'autre. Un tableau très représentatif de cette musique bio-diversifiée.
N'hésitez pas à rentrer dans ce 'monde fermé' tellement ouvert sur la nature et l'humanité!
Et surtout ne manquez pas les prestations scéniques si profondes qui transcendent et transforment des musiciens 'into the wild'!

dimanche 8 novembre 2020

Album - The Jacques - The Four Five Three

 Album - The Jacques - The Four Five Three

 Label: Rough Trade

Il est là le premier album de la nouvelle coqueluche indie britannique,  The Jacques. La sortie de 'The Four Five Three' avait été précédée d'une campagne de presse à grande échelle, plusieurs singles l'avaient préludé, radios et magazines trépignaient d'impatience  et en cette belle journée du 6 novembre, où Donald n'a cessé de répéter qu'il allait gagner, l'objet est officiellement disponible.

The Jacques: s'il te plaît ne les confonds pas avec Jacques ( Jacques Auberger), le bricoleur/fumiste qui remplissait les salles en 2016 et dont on est sans nouvelles, The Jacques nous viennent de Bristol, leur naissance a été déclarée en 2014, ils ont choisi leur nom de scène en référence au soulèvement paysan  La Grande Jacquerie, jacques étant  le sobriquet que les nobles donnaient aux paysans.

Lors de la sortie de leur premier EP ‘Pretty DJ’, un journaliste certifiait que le line-up était constitué de Bonnie Jacques (voice/guitar), Elliot Jacques (drums), Oliver Jacques (bass/voice) et Jake Jacques (guitar).

Les Ramones ont ri.

A leur début, les  gamins ( tous moins de 20 ans, le plus jeune à peine 15 piges) avaient été repérés par  Gary Powell des Libertines qui les signe sur son label et les collent  à l'affiche du show des Libertines à Hyde Park, l'EP sort quelques mois plus tard.  

Le line-up du groupe a été fluctuant, en 2015 lors d'un passage à Amsterdam, les chroniqueurs ont relevé les noms suivants:  Finn O’Brien (vocals/guitars), Jake Edwards (guitars), Oliver Edwards (bass) et Elliot O’Brien (drums).

En 2016, lors d'une interview Finn cite  Clint Trembath et  Will Hicks comme membres du groupe, tu les croises aux Nuits Bota la même année ( un set hyper concis mais, oh combien, furieux) , ils s'appellent tous Jacques, quel cirque!

Ce qui est certain c'est que le bassiste Will J Hicks décède en mars 2019,  le groupe actuel comprend Finn O’Brien (voice, guitar), Elliot O’Brien (drums), Harry Thomas (keyboards) et James Lay (bass), ce sont ces noms que tu retrouves sur la pochette de The Four Five Three.

 TRACKLISTING:

1. Born Sore
2. Kiss The Pharaoh
3. Swift Martin
4. Do Me For a Fool
5. The Ugliest Look
6. Count On Me Pt.1
7. Tiny Fuzzy Parasite
8. Cradle my heart
9. Count On Me Pt.2
10. Holy Mamacita
11. Hendrik
12. Taste the Mexican Sun
13. God's Lick

 

Tu riais quand t'es né?

Pas les gars de Bristol, qui ne sont pas nés non plus dans un berceau trip hop, ' Born Sore', un des premiers morceaux composés par les gamins, chemine sur un rythme lent en abordant les thèmes de la naissance, du péché originel et de la fertilité.

Riffs lourds, guitares distordues, la morne complainte sinue sournoisement dans ton cerveau jusqu'à te rendre cinglé.

Toujours en mode lo-fi, le creepy ' Kiss the Pharaoh' est le titre grâce auquel Blake et Mortimer sont devenus fans.

Le timbre rauque, inquiétant, de Finn et le chorus martial scandé par  les autres, les sonorités post punk de la basse et de la guitare, le synthé glacial   transforment 'Swift Martin' en décharge cold wave polaire.

Changement radical avec le catchy et printanier  'Do Me For a Fool', the lyrics make it kind of a love song, confiait Finn à un besogneux.

Retour à la hargne avec la tirade sociale ' The Ugliest Look' qui ne décrit pas le sourire de ta belle-soeur mais  secoue et dérange, à la manière de Blur ayant pris un accent Ian Dury.


Sur fond de grincements, vrombissements  et texte récité,  'Count On Me Pt.1', à peine 1 '50", marie sonorités industrielles et vocaux espiègles, sûrement un titre que  Syd Barrett eût apprécié.

' Tiny Fuzzy Parasite':  explique, Finn, une cochenille? un scarabée? une pyrale?... en général ce n'est pas le genre de bestiole minuscule qui sert de thème à une ballade romantique, et pourtant!

Toujours en mode pop, ' Cradle my heart' et ses sonorités caoutchouteuses pose des questions existentielles,  sans caricaturer au crayon celui qui parle au nom d'un dieu.

' Count On Me Pt.2' un second chapitre encore plus bref mais toujours noisy.

Le plus récent single des Jacques, ' Holy Mamacita', est sorti fin octobre, il s'agit d'une dentelle fine et sensible, douce aux oreilles, révélant que ces garçons peuvent tout se permettre avec un égal bonheur.


‘Hendrik’ is the oldest track on the album and was renamed to celebrate one of Finn’s closest friends who had always loved the song before he passed away, dit la pub.

Hendrik aimait les belles mélodies jouées sur un tempo accéléré.

 

Cancun Beach, le soleil, les mariachis, le sombrero sur le nez ( merci, Marcel), la carte postale, une tequila, une image floue de Humphrey Bogart,  voilà ce à quoi tu penses à l'écoute du charmant 'Taste the Mexican Sun', la pénultième plage, dorée, d'un album se terminant  en jam sur chant chevrotant  avec ' God's Lick' .


Un mot sur l'artwork ( kitsch) illustrant la pochette, il est de la designer Jessie Denny Kaulbach qui était la compagne de Will Hicks.

Ce premier album confirme tout le talent du combo de Bristol qui risque bien de devenir le prochain fer de lance de la scène indie en provenance du UK.

 

 



 


  

 

vendredi 6 novembre 2020

Album - Labasheeda - Status Seeking

 Album - Labasheeda -  Status Seeking 

 

Label: Presto Chango Records.


Labasheeda, étrange comme nom de groupe pour une formation amstellodamoise!

Le band  monté par Saskia van der Giessen, professeur de violon, a opté pour le patronyme d'un village irlandais, devant une partie de sa notoriété grâce au fiddler et dance teacher Dan Furey, car la famille de  leur premier bassiste était originaire de ce patelin situé sur le Shannon Estuary.

Comme  Leaba Shíoda signifie  'Bed of Silk', aucun membre du groupe ne s'est opposé à l'emploi de ce terme pouvant paraître exotique.

C'est en 2004 que  Labasheeda voit le jour, le combo compte désormais neuf enregistrements avec la sortie de 'Status Seeker', qui pointe le bout du nez cinq ans après la parution de Changing Lights, leur quatrième full-length album.

Credis: Labasheeda + guests
Saskia van der Giessen – vocals, guitar, violin, viola
Arne Wolfswinkel – guitar, bass, Hammond M3, Fender Rhodes
Danielle Pijpers – backing vocals
Edwin Slothouber – drums (#1-6)
Luca Fiandri – drums (#7-12), bass (#10, 12)
Bas van Waard – cello (#9-11)

Recorded at Schenk Studio, Amsterdam, August 17-18, 2019 (side A) -  August 28-29, 2018 (side B)
Engineered by Jan Schenk
Mixed by Edwin Slothouber (#1-6), Renato Cannavacciuolo (#7-9, 11, 12) & Ryan Hadlock (#10)
Mastered by Renato Cannavacciuolo

Cover art and  design by Saskia van der Giessen and Arne Wolfswinkel

Tracklist:

 

Side A:
1. Dark Dream
2. Reunion
3. Interruption
4. Elusive Girl
5. False Flag
6. Crossing Lines

Side B:
7. Clouds
8. No Guarantees
9. The Adversary
10. Uncomfortable Objects
11. Infralight
12. A Novelty

 

Le collectif déclare pratiquer de l'art punk, il faut se méfier des étiquettes, ne t'attends en tout cas pas  à entendre les Ramones, les U K Subs ou les Heideroosjes! 

L'album se lance avec l'efficace  ' Dark Dream'  évoquant la hargne et la causticité des premiers Breeders, la voix de Saskia montrant quelques similitudes avec celle de Kim Deal.

Le son est brut, les guitares lacèrent, la basse pulse comme au bon vieux temps de l'alternative rock millésimé 80's, style Belly, Guided By Voices, forcément Throwing Muses ou  Sleater-Kinney.

Le midtempo 'Reunion' baigne dans les mêmes eaux que la plage inaugurale, un violon approprié, placé au bon moment, nous rappelle que rock violin exists ( remember Curved Air, The Flock ou  The Penguin Cafe Orchestra), tout s'écoule paisiblement ...I won't forget to remind you... susurre la voix, puis soudain, la basse, fourbe, annonce un changement de climat, l'orage éclate, la voix se fait stridente, ce n'était qu'une bourrasque passagère,  retour à la quiétude.

Sont hollandais, tu dis, cette troisième plage baptisée ' Interruption' me rappelle leurs compatriotes Bettie Serveert , même si les fans de Betty Stöve montre un caractère plus poppy.

A droite tu lis Pixies, à gauche Sonic Youth,  en France certains avancent Slowdive, il y a de tout cela dans le cocktail proposé, mais avant tout il y a du Labasheeda.

'Elusive girl' constitue la première ballade de cet effort discographique, elle est joliment décorée par un orgue cérémonial, 'False flag' qui lui succède reprend le flambeau alt. rock, un violon violent vient vous agresser alors que vous étiez toujours sous le charme de la romance précédente, ce drapeau flou te ramène vers l'énervé ' Suds and Soda' de dEUS et nous prouve que le gang de Saskia peut tout se permettre sans se fourvoyer.


‘Crossing Lines’ multiplie les changements de direction, démarrage acoustique, virage noise, solo de violon aérien sur toile rythmique  shoegaze et un Hammond liturgique pour achever la messe, étonnant!

 

Prévisions météorologiques... de sombres 'Clouds' vont traverser le pays, méfiez-vous des rafales de vent , ça va souffler sauvage.

Après le bref ouragan ' Clouds'  vient le posé  'No guarantees', pour lequel les vocalises assurées par
Danielle Pijpers obtiennent un rôle essentiel, et quand les claviers prennent un petit air de glockenspiel désuet, tu te dis qu'il est l'heure de coucher les gosses.

I feel like I don’t want to feel the way that you do, the way that you do... ainsi sonne le refrain du mordant  ' The Adversary'  qui avant un final au violoncelle vient te marteler le crâne de manière opiniâtre.


Bas van Waard continue sur sa lancée pour introduire, comme en pleurant,  'Uncomfortable Objects' sur drumming sobre, les autres rappliquent, insensiblement le ton monte, il faut patienter plus d'une minute avant d'entendre la voix de Saskia,.

Pourquoi diable, tiens-tu à dresser un parallèle entre l'alt rock des Néerlandais et le 'White Rabbit' de Jefferson Airplane?

God, can you  help me?

Basse en mode bulldozer, chant saccadé, batterie métronomique, guitares acérées et claviers Dave Greenfield,  'Infralight' joue la carte postpunk avec succès.

Il ne reste plus que 90 secondes pour arriver au bout du roman, c'est ce laps de temps qu'il te faudra pour écouter le noise punk incandescent  ' The Novelty' dans son entièreté.

 

Après 16 ans d'existence, Labasheeda est loin d'être essoufflé, ' Status Seeking' en est la preuve!

 Comme pour l'instant tous les concerts live sont uitgesteld of afgelast, tu saisis pourquoi, Labasheeda se rabat sur le livestream:  le 4 décembre dans le StudioGonz à Gouda à 21h.

 www.studiogonz.nl/agenda/1950/Labasheeda

 

 




 



mardi 3 novembre 2020

Album - Juanita Stein - Snapshot

 Album - Juanita Stein - Snapshot

Label: Nude Records.

 

Snapshot est déjà le troisième album solo de Juanita Stein, chanteuse et guitariste de Howling Bells, le groupe indie australien  dans lequel évolue également son frère Joel Stein.

Howling Bells a pondu quatre CD's, le dernier, Heartstrings, pour lequel Juanita a écrit 90% des lyrics, date de 2014.

Si le groupe a encore tourné en 2017, plus aucun enregistrement n'a vu le jour, par contre  Juanita a aligné une suite de trois albums sous son nom: 'America' en 2017, 'Under the lights fade' un an plus tard et, enfin, ' Snapshot' sorti en octobre.

Vivant désormais au Royaume Uni, one of the most sexy ladies in rock ( Gigwise)  n'a pas coupé les ponts avec la famille, son frangin ( guitare)  fait toujours partie des musiciens l'accompagnant sur scène, il est crédité sur l'album, tout  comme le drummer Evan Jenkins et  Jimi Wheelwright  à la basse.

A noter que Miss Stein a conçu ' Snapshot'  après le décès de son père ( lui-même musicien) , à ce propos Rolling Stone écrit "Juanita Stein Turns Grief Into Grandeur On ‘Snapshot’"

Tracklist:

 Side A
1. 1,2,3,4,5,6
2. L.O.T.F
3. Lucky
4. Snapshot
5. Hey Mama

Side B
1. From Peace
2. The Mavericks
3. Reckoning
4. Take It Or Leave It
5. In The End

 

L'opener '1, 2, 3, 4, 5, 6' renvoie à la fois vers les Cowboy Junkies, Mazzy Star ou Anna Calvi, le titre démarre en mode midtempo, avec les répétitions de l'énumération de chiffres, jusqu'à l'intervention farouche de la guitare de Joel Stein qui déchire la mélodie.

Le calme revient avec un choeur onctueux, tout semble assagi, mais le loup Joel revient à la charge pour envoyer une tirade menaçante, tandis que sa soeur continue à débiter ses nombres.

Un grand morceau suivi par 'L.O.T.F' ( Land Of The Free) , un blues en demi-teinte nous permettant une nouvelle fois d'admirer le jeu de guitare souverain du frangin, tandis que soeur serine... I was raised in the land of free...en se rappelant ses jeunes années dans le beautiful  homeland.

Out of the darkness comes a brand new rage...chante-t-elle dans ' Lucky' le premier titre qu'elle avait composé pour ' Snapshot'.

Cette ballade alt.country est soulignée par des coulées de violons formant une toile de fond lisse à la digression mélodieuse offerte par Joel. 

' Snapshot' est-il dédié au père décédé, probablement... tu es comme un instantané dans mon esprit, all I can do is build a frame... des images poétiques sur fond musical pondéré, que quelques éclairs psychédéliques viennent étriller.

Tendre est la nuit, tendre est la chanson adressée à sa mère, l'aquarelle ' Hey Mama' bouleversera les âmes sensibles.

'From Peace' baigne dans une nébuleuse mélancolique. Décidément la disparition de Peter Stein a marqué sa fille jusqu'à la moelle.

"There is pain and truth, sadness, and nostalgia, as well as genuine humanity, love and empathy which runs throughout the course of the album." notait Andy Vonpip dans sa chronique pour Louder Than War, tu acquiesces à 100%, le twang de la guitar dans ' From Peace' donne encore plus de poids à l'analyse du journaliste.

Pourquoi ' The Mavericks'?

Pour le combo country de Miami? 

Juanita, une réponse?


I wanted the song to rise and fall, swell and intensify, mirroring the cyclical nature of life.

Cette ballade cosmique reflète parfaitement son idée, le gars qui mentionne Wilco n'a pas tort.

' Reckoning.' capture pleinement le sentiment de la perte d'un être cher, un texte quasi récité sur fond musical gothique et guitare passant du crasseux aux effets reverb à la Chris Isaak, 

Profondeur et émotion se côtoient, sans se nuire.

Dans la vie il y a des choix à faire, elle le confesse en mode quasi narratif dans le lent ' Take it or leave it' que des choeurs opalescents colorent à peine.

Pour conclure l'album, elle a décidé d'adopter la tournure country/ folk, 'In the End' évoque à la fois
Kris Kristofferson , Arlo Guthrie ou Neko Case!

 

On lui laisse le dernier mot:

 
Honestly, I never dreamed I’d be releasing an album like Snapshot at this point in my life. 10 songs inspired by the sudden loss of someone I love. The grief was so acute at the time, I knew nothing else to do but pick up my guitar and write songs. 

 

'Snapshot' by Juanita Stein: un must pour tout amateur d'americana et de roots music qui se respecte!





 

 

Television - Marquee Moon extrait de Marquee Moon (1977)

 Television - Marquee Moon extrait de  Marquee Moon (1977)

Elektra Records- rock alternatif

 

 

Flashback.

Considérations en période de reconfinement... par NoPo!

 

 

TELEVISION se forme aux Etats-Unis à la même période que Patti Smith Group, Talking Heads et Blondie.
Son penseur, Tom Verlaine fricote et boit des vers avec la poétesse pendant que son bassiste Fred Smith (homonyme du futur mari de la Patti) joue et fume avec la blonde... vous suivez toujours?
Tout ce beau monde se produit au CBGB, célèbre club de New-York, où on les baptise tous 'punk' et pourtant leur musique élaborée n'a pas grand-chose à voir avec celle des Anglais.
Dès 1977, TELEVISION ouvre son programme en fanfare avec 'Marquee Moon' et on peut mettre à leur œuvre, le grade de chef.
La pochette, aux couleurs fadasses (pas rassurantes quant au diagnostic santé basé sur les visages!), expose les 4 musiciens, pris au trois-quarts, debout, face à l'objectif.
Verlaine leader gringalet, se tient donc devant et me fait un peu penser à David Byrne (chanteur des Talking Heads).
Tout comme ce dernier, sa voix frêle, un peu nasillarde, semble hésitante, calquée sur sa stature grande mais fragile de poète maudit.
La photo (par le même auteur que 'Horses' de Patti Smith) qui ressemble à un espèce de griffonnage accentué aussi inquiétant qu'une radiographie flashy (effet obtenu, bien avant photoshop, au hasard d'une photocopie) s'insère dans une case encadrée par le nom du groupe en haut et le nom de l'album en bas, écrits en blanc.
Tout sauf accrocheur! Néanmoins, ce disque jouit d'un son sec et éblouissant à la fois, produit par Glyn Jones (Led Zep, Stones, Who... ben tant qu'à faire!).
L'album marque l'histoire du rock pour toujours par son originalité et sa puissance d'évocation poétique.
Au firmament, la fragrance du morceau titre envahit l'espace et parfume les sillons du vinyle comme une madeleine de Proust.
La poésie des paroles nous embarque dans un rêve hypnotique où se mêlent lumière et obscurité, joie et tristesse, vie et mort.
L'ovni décolle à la guitare, par 2 simples notes, rapidement débordées par un riff inoubliable joué 2 fois dans 2 tonalités différentes. Le frotté des cordes fait vibrer l'épiderme.
La basse et la batterie arrivent ensemble et nous incitent à balancer notre corps comme des autistes jusqu'au bout du bout et croyez-moi, c'est long, très long : plus de 10mns!
La voix aigrelette et fragile pourrait bien être celle de l'extraterrestre, conducteur de l'ovni, elle ne nuit pas à l'obscurité (oups!) parfois rayée d'éclairs.
Un pont sur la voie lactée interrompt le voyage quelques instants et l'oriente ('just waiting'), aux ordres de captain (pas 'Major') Tom , vers une autre planète sans doute la 'Marquee Moon'.
Le voyage reprend par une 2è boucle jusqu'à ... 'Hesitating'. Le solo, lui, n'hésite pas un seul instant, Richard Lloyd illumine.
On y retourne jusqu'à 'I ain't waiting uh uh'. Le second solo du pilote (y'en a un!) lui-même, n'attend pas et on sent bien qu'il sait voler... longtemps et très haut! La batterie en bégaie encore.
Vers la fin du cycle, le rythme monte en intensité avant une pluie de notes au piano et le chant plaintif d'un oiseau sous les cordes... de guitare.
Encore une boucle, puis l'atterrissage en courte explosion à la verticale. 'Marquee Moon', un kiff (oups) addictif!
Après çà, rideau (déchiré? 'Torn curtains')! On peut éteindre TELEVISION (reoups!), non pas que la suite soit mauvaise mais le meilleur est ailleurs... avant.
Pourtant le chanteur publie jusqu'en 2006, en solo, des albums de haute volée comme 'The wonder', magique, en 1990 toujours avec Fred Smith mais il doit manquer un Wesson pour faire vraiment mouche (oups oups!).
Comme dit si bien Verlaine au vent mauvais, emporté TELEVISION l'a été par la réputation d'un album définitivement intouchable.