mercredi 14 octobre 2020

Yael Naim à La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc, le 13 octobre 2020

Yael Naim à La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc, le 13 octobre 2020

 

Une première quinzaine d'octobre monstrueusement pluvieuse... en cette morne soirée, il a fallu  sérieusement se contraindre à quitter un chaud domicile, où le chat ronronne à 20 cm du poêle à bois tournant à plein régime.

Traverser Saint-Brieuc sous une pluie battante n'est pas un exercice te conduisant vers le nirvana, à peine 5 minutes de marche et tu dégoulines, mais pas d'amour.

Après avoir décliné ton identité et collecté ton ticket, tu prends place sur le siège H 17, les jeans trempés, que tu conserves, mais tu jettes  la veste détrempée à tes pieds, il te reste à attendre le coup d'envoi comme les centaines d'autres masqués ayant affronté les intempéries.

Derrière-toi, Yvonne glisse à monsieur: Assez glauque, l'ambiance...

Tu n'as pas souri!

20:15', obscurité intégrale, Yael Naim, précédée d'un technicien muni d'une lampe de poche, s'installe derrière le piano et les claviers, elle se produit en solitaire pour la seconde date d'une tournée entamée aux Nuits Botanique à Bruxelles.

La clef de voûte de son répertoire repose sur son dernier album ( le sixième) , le bien-nommé ' Nightsongs'.

Quelques notes parcimonieuses, histoire de se délier les phalanges, elle vient d'entamer le somptueux nocturne ' Shine', qui brille de mille feux dans une salle plongée dans une pénombre vert émeraude.

L'artiste passe du piano aux claviers, la complainte, majestueuse, céleste, déjà, te refile la chair de poule, à moins que ce soit tes frusques mouillées qui t'amènent à frissonner. Bonsoir, Saint-Brieuc, je suis si heureuse de retrouver la scène après un trop long silence, elle attaque ' How will I know' qui amalgame anglais et français.

La voix est ample, caressante, l'orchestration fastueuse, et pourtant, elle se produit seule, sur le disque un choeur féminin, aérien,  habille la composition.

Un sourire, un merci d'être là, la dame blanche, nous révèle la genèse des ' Nightsongs', l'album est le fruit d'un confinement personnel, il est en grande partie autobiographique et baigne dans une mélancolie et une gravité qui la rapprochent d'artistes de la trempe d'Agnes Obel, de  Soap and Skin ou de Marissa Nadler.

'She' , et ses touches Keren Ann, bouleverse, 'Familiar' marie douceur, émotions,  sensualité et grâce.

L'album contient deux plages en français, 'Miettes' en est une, Yael fait astucieusement rimer la langue de Molière et celle de Shakespeare, cette comptine minimaliste va droit au coeur, ellet est capable d'attendrir la brute la plus sombre. 

Le pointilliste 'Des trous' est le second morceau en langue romane et si tu pensais au "Poinçonneur des lilas", tu t'es fourvoyé, elle esquisse avec pudeur la difficulté d'aimer. 

C'est à 39 ans que l'on se pose des questions, qu'on sent sous soi la terre trembler, qu'on réfléchit au sens de la vie...  mon père s'est envolé vers un ailleurs, cette chanson ( ' Daddy')  s'est imposée à moi. 

Close your eyes, listen to your heart beat... une liturgie en clair obscur, tu suis son conseil, tu fermes les yeux et  écoutes le chant de la pluie, par la fenêtre, tu entrevois des arbres, quasi dénudés, qui oscillent au gré des vents d'automne, tandis que Yael murmure puis vocalise et laisse la mélodie s'estomper.

Saint-Brieuc, pas trop déprimé, voici un uptempo.

Pourtant ' My Sweet Heart' démarre paresseusement avant de s'activer et de prendre de l'envergure.

Au terme de 'Watching you' et de ses  allures de gospel gothique, elle propose au public de choisir la suivante.

'Coward' ou ' Go to the river' ( écrit par David Donatien)  sont proposés, c'est ce dernier titre, extrait de l'album  "She Was A Boy" qu'elle entreprend après quelques balbutiements.

Superbe souvenir, rythmé et optimiste, accompagné par nos battements de mains, Yael enchaîne sur le hit 'New Soul' à la grande joie de l'assistance.

Toujours dans le réservoir du passé, elle ressuscite la ballade  'Lonely' avant de se diriger vers la guitare pour revenir au dernier album et interpréter le lumineux 'The sun', une chanson parlant de regrets, de conscience et de gratitude.

Eclairagiste, pouvez-vous plonger la salle dans le noir?

Ell a emmené une lanterne, s'éclaire, divise la salle en trois groupes, priés de démarrer un canon biblique, elle se promène au bas de la scène pour chanter ' Leave it there'  a capella  et terminer ce concert fascinant.


Saint-Brieuc la rappelle, elle nous rejoint, hésite, piano/guitare ?, le roadie a escamoté les trois micros installés près de l'instrument à cordes, elle en déniche au dessus du piano pour amorcer ' Paris', chanté en hébreu.

Une pure merveille suivie par ' Coward' au piano.


How did I become a coward ?, tu t'es posé la question en reprenant le chemin du retour, Stromae ne t'a fourni aucune réponse!


Anyway, un grand concert!

 

 

 


  

lundi 12 octobre 2020

Les Poupées Gonflées- les NoctamBals- Port de Pontrieux, le 10 octobre 2020

 Les Poupées Gonflées- les NoctamBals- Port de Pontrieux, le 10 octobre 2020

 

2020, année maudite,  et pas uniquement pour les producteurs de foie gras, ce ne sont pas les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle mais les annulations en tous genres. 

L'Association Bal et Art avait prévu d'organiser une troisième édition des NoctamBals d'été à Loguivy de la Mer,....à l'eau, le Covid passait par là!

On ne va pas se laisser abattre, on prépare des festivités pour l'automne, "Un pas de Côté" aura lieu du 10 octobre au 28 novembre: pas de fest noz, mais des ateliers, des concerts, du cirque, du cinéma, du cabaret et de la bonne humeur!

Un chapiteau est dressé au Port de Pontrieux, des sièges, une scène, une buvette et du chauffage ( euh en option) 

Le samedi 10, on inaugure avec un show des Poupées Gonflées!

Tu dis, Nabila, Pamela Anderson, Beyoncé?

Non, les dames ne sont pas originaires de Malibu mais du Béarn!

Le flyer disait 20:30', avec des portes s'ouvrant à 20:15', tu peux facilement imaginer que le concert ne débutera jamais avant 21h, il te reste à admirer un décorum guinguette en manque de moyen et à t'asseoir sur tes mains, t'avais laissé tes moufles chez toi.

Peu avant 21h, une escouade féminine se charge de présenter le festival avant de nous signaler que les dolls se sont égarées dans l'estuaire du Trieux et actualisent leur assistant de navigation.

Elles sont gonflées, ces filles, poireauter dans un frigidaire, c'est mortel!

21:15', trois robes à pois surgissent: Valérie Charlot ( Madame Charlot, no comment) ,  majorette en chef, compositrice, chant, ukulélé, concertina/ Julie Ann Lambert ( Jujubi) , accent British, chant, U-bass, xylophone guitare acoustique et la longue Christine Lecourt ( c'est pas vrai) alias Bebob, un sosie de Catherine Deneuve, au chant, à l'accordéon, à la guitare, aux percussions improbables ( claquettes de buste, planche tablier à balai, brosses d'entretien, couvercle inoxydable, triangle,etc...)

Ces drôles de dames  ont décidé de nous promener dans leur univers pétillant, coquin, voire libertin, sur fond sonore allant du swing au tango en passant par la bossa nova, la java, la valse ou la chanson Rive Gauche.

On débute en faisant la connaissance de ' Lulu et Loulou', de douces fragrances Andrews Sisters embaument l'air, rare, sous nos masques, les girls minaudent, jonglent avec les mots et les sous-entendus et séduisent l'assistance, pas très nombreuse.

' Le cul sur le sofa' est dédié à toutes les ménagères débordées, rêvant de Scarlett O 'Hara, et aux hommes qui les débordent. 

Cette douce pantalonnade au goût merengue est extraite de leur premier long playing,  "Chansons pétillantes à voix frétillantes!".

Irrévérence et provocation sont au rendez-vous  avec 'l'Allumeuse' au buisson ardent.

Tu dis, Fanny?

N'ai rien dit!

Place au tango avec ' l'Hôtel des Miroirs', un bordel à Buenos-Aires, des soupirs, des regrets, des désillusions.

Agnès Varda, ça t'inspire?

Mesdames et Messieurs, nous sommes des oeuvres-d' art, un musée en raccourci, écoutez 'Le clou de l'exposition',  dont la mélodie rappelle ' La Parisienne' de Marie-Paule Belle, on passera par le Musée d'Orsay pour admirer la toile la plus célèbre de Gustave Courbet.

Après avoir croisé ' Le fumiste', c'est ' Norbert' qui déboule, il aurait été le chauffeur de Lady Chatterley, t'as essayé en vain de joindre D H Lawrence, car t'avais des doutes.

Sinon, Norbert devrait pouvoir s'entendre avec Jacques Demy.

Celle que tu préfères s'intitule ' Sad song', avec des effluves raffinées; dignes de Marguerite Duras.   

Ce titre nacré met fin au premier set.


Pause boisson et reprise en mode instrumental,  'La Jalouse', le concertina virevolte, les filles s'agitent, youpie!

Un petit tour à la foire pour admirer  ' La femme à barbe' et autres curiosités du freak show, de passage sur la place du village.

Séquence yodeling et gestuelle théâtrale pour ' Le sauvage' qui précède le morceau carré blanc de la soirée, pour éviter la censure on le chante en espagnol, 'Eres mi salsa' .

Faisant fi du protocole sanitaire, une brigade en jupon a entamé une danse chaloupée tout en encourageant la blonde andalouse qui  pirouette sur scène.

'Carlito' est beau comme un camion et le swing des 'Triplettes' a fait danser tout Belleville.

Olé.

Un bis, ladies?

Après une tarentelle instrumentale justement baptisée ' La Tarentule' , Ulysse et les autres marins se dirigent vers  'Le Café des Méduses' , poupée, tu nous sert du  rhum, du vin vieux ou du gros rouge qui tache,  avant d'appareiller, cap sur Macao.

La mélodie de l'ultime salve ' La Douce Ambiance' a été empruntée à Django,  c'est par de dernières acrobaties vocales que le trio prend congé de la Bretagne pour regagner les Pyrénées.

 

 






 


 

Album - Skøpitone Siskø – Kaleidoskøpe

 Skøpitone Siskø – Kaleidoskøpe par NoPo

 

 

My neighbours are rock
Skopitone Sisko Kaleidoskope2018
Après feu l’onirique ELK ESCAPE, et la légèreté pop folkisante de Fingers and Cream, en parallèle du sombre brillant Thomas Howard Memorial et de son pendant émoustillant STADE (pour une future finale), j'aime SKOPITONE SISKO dont le curieux nom sonne comme un héros flamboyant.
Vincent ROUDAUT à la basse et aux synthés (ex. ELK ESKAPE et THM cités plus haut), Baptiste LE SOLLIEC à la batterie et aux synthés (ex. ELK ESKAPE), constituent la garde rapprochée d’ELOUAN JEGAT, musicien accompli et inventif, à la guitare, au synthé et au chant. Elouan, originaire de Paimpol, a rejoint Vincent dans le Finistère mais pas pour se taire.
En provenance de Rennes (sans les tirer), Baptiste complète le trio.
Pendant un temps, Ugo Heon, en soutien, promène son clavier mais il quitte le groupe pour le Sud (on dirait mais pas le Morbihan).
Bien que Scopitone ramène au jukebox (hero, c'est certain) à images des années 60, la personnalité du groupe s'ancre plutôt dans un style actuel, empreint d'élégance. On y retrouve la rêverie selon ELK ESKAPE mais aussi un mix entre pop dansante et petites touches électro débouchant parfois sur des envolées planantes. La guitare d’Elouan, prépondérante même lorsqu'il la joue discrète, impulse la mélodie bien soutenue par des nappes de claviers. La rythmique basse/batterie bouge, métronomique et puissante.
Les bretons publient Kaleidoskope', 2è EP, en 2018, qui porte bien son nom. Le voyage musical, toujours captivant, fait, en effet, défiler des reflets à variations contrastées.
Le CD ouvre le périple avec 'Sad day'. On pressent des larmes comme la pluie, au goutte à goutte, dans un ciel nostalgique. On goutte aussi une douce mélopée à la guitare, qui sèche les larmes et introduit une voix en écho puis la combinaison batterie/clavier découpe un pan de ciel pour laisser passer une lueur dans une averse synthétique. La voix, haut perchée, danse sur quelques arpèges de guitare puis glisse sur un refrain apaisé. Un petit break, à touche de clavier furtif, annonce une averse plus forte qui inonde, avant que l'éclaircie ne prenne le dessus et s'arrête sur un chœur abrupt..
Le contraste saisissant nous laisse une grande impression de bien-être addictif.
Un trait de clavier recouvert par une basse répétitive démarre 'In cage'. 2 notes de piano accompagnées de clapping hands prépare le terrain à une voix fragile. Quelques chœurs soulignent la mélodie hypnotique. Au 2/3 du morceau, le ton se fait plus sombre et insistant avant de s'éteindre dans le rythme nu d'introduction.
Aussi court que fascinant !
Un arpège lointain caresse les cordes, soudain cassé par un claquement de batterie qui, en connivence avec la basse, fait frémir une ligne synthétique. Une nouvelle cassure laisse une voix légère s'exprimer sur un filet de guitare acoustique. Avec une belle harmonie, les inséparables basse/batterie viennent donner du rythme entraînant et la guitare devient clavier. Au 2/3 du voyage, un synthé (ou plusieurs) s'envole et plane. Le morceau prend une nouvelle tournure et finit par s'évaporer au son d'une guitare dans des craquements vinyliques.
On l'aura deviné, il s'agit du 'Kaleidoskope', tubesque !
'BRSTMM' joue un rôle d'interlude énigmatique par ses wha wha et sa voix trafiquée. Le rythme pesant s'oppose à la légèreté musicale. A la fin de cette promenade, le son au ralenti, finit par se figer.
Une corde pincée puis un synthé tournoyant, comme une astéroïde dans le noir profond du ciel, laissent place à un leitmotiv de guitare cavalcade envoûtant. Un rythme un peu tribal projette la voix toujours plus haut. Des frappes sur le bord de la caisse alternées avec des coups sur la caisse claire, tout en intimité avec la basse, lancent la poursuite ('The pursuit'). On se laisse entraîner par cette spirale. Des nappes de guitares languissantes tapissent une mélodie pastorale qui s'élève crescendo, comme le poil sur le corps. Soudain la batterie s'emporte entraînant le riff de guitare et les chœurs dans son jeu avant un atterrissage délicat au milieu d' un entrelacement de cordes.
Un démarrage synthétique 'sous décollage à la gomme arabique' laisse exploser l'arôme rythmique consistant.
Un clavier menaçant contraste avec une voix radieuse et le retour du gimmick synthétique.
Un autre clavier déclenche, avec emphase, le refrain. La basse sinueuse ne se laisse pas semer et, une nouvelle fois, l'osmose transporte intensivement avant un break évanescent à mélodie Nelson. L'éphémère s'allonge et se prélasse sans lasser.
'Randomized' ne doit rien au hasard, sa construction jouit d'une grande finesse.
Elouan porte en lui la passion de la musique. Par son souffle, on sent son cœur battre la mesure ... à sa mesure, si grande! Qui dit passion dit émotions et comment rester de marbre en écoutant Skopitone Sisko.
 
tracklist:
 

Sad Day



In Cage


Kaleidoskøpe


Brstmm


The Pursuit


Randomized



vendredi 9 octobre 2020

Jazz ô Château couleur fauve, cela donne Jazz ô Châtaignes

 Jazz ô Château couleur fauve, cela donne Jazz ô Châtaignes

 

Maudit Covid, la sixième édition du plus sympa festival en Côtes- d'Armor, prévue du 21 avril au 3 mai, fait naufrage.

Les bénévoles de l'association "Quand le jazz est là" pestent et  s'arrachent les cheveux ( quand ils en ont), des mois et des mois de labeur inutile, ils auraient pu se lamenter pendant des semaines, mais non, pas question de se laisser abattre, de broyer du noir, d'afficher sa mauvaise humeur au foyer et de risquer un divorce, une idée( géniale) germe, pourquoi pas créer un mini-festival pendant les vacances d'automne...

Oui, mais, le château de Pommorio n'est pas libre because Fête des Jardins, on rebaptise l'affaire en mode André Derain, en gardant l'idée castel, et voilà Jazz ô Châtaignes qui se déroulera du 24 au 28 octobre.

La parole est laissée à l'organisation:

Ce festival est notre façon de :

-proposer au public un événement culturel malgré le contexte difficile
-remercier les sponsors qui ont maintenu leur confiance pour le festival 2021
-axer la programmation sur les groupes locaux pour soutenir les artistes
-au programme : 4 concerts gratuits, un film et un unique concert payant.
 
Fort bien et le protocole sanitaire?
Les mesures usuelles:
Respect des gestes barrières, port du masque, mise à disposition de gel hydroalcoolique, sens de circulation, service à table obligatoire dans les établissements recevant du public.
Il est hautement préconiser de réserver sa place aussi bien pour les représentations gratuites que pour  le concert payant!
 

Réservations
  • –billetterie en ligne sur  le site internet du festival : jazzochateau.fr
  • -à l’Office de Tourisme de Saint-Quay-Portrieux : 02 96 70 40 64
  • –à l’office de tourisme de Binic / Etables-sur-Mer : 02 96 73 60 12

Le programme:

  Samedi 24 octobre : Pikey Butler, à 11 h 30 place du Bourg, à Tréveneuc.

 Soirée jazz aux Barriques sur Pattes, à Saint-Quay-Portrieux, avec le groupe Hurluberlu Sextet, dès 19 h.

Petite restauration prévue: marrons chauds et galettes/saucisses.

 Dimanche 25 octobre : CC Workshop, à 16 h au Kasino de Saint-Quay-Portrieux.

A 19h, Coast ar Jazz,  aux Cochons Flingueurs, toujours à Saint-Quay!

Le mardi 27 octobre, ( 20:30)  projection du film-documentaire  « The Connection », de Shirley Clarke (1961) au Cinéma Arletty de Saint-Quay-Portrieux. ( Tarif plein: 7,50 € - Tarif réduit: 6 € -)

Concert payant ( 10 €)  à la salle de l’Estran de Binic à 20h: Dexter Goldberg Trio!

 

Ne pas lésiner pour réserver, tel est le message:

Jauge:

Aux Barriques: 100 personnes!

au Kasino: 80

aux Cochons Flingueurs ( service d'ordre assuré par Lino Ventura): 60 personnes.

 

A l'Estran: 250 personnes.

 

Marc?

Let's swing, baby...

 



 

Gallows Pole @ le Nut's, Bastogne, le 25 septembre 2020

 

Gallows Pole : le Nut's, Bastogne (BEL) - 2020.09.25
 
 
Une semaine après le Zik Zak, c'est Guillaume du Nut's qui ouvre les portes de son bar-restaurant à nos Hennuyers préférés. Rendez-vous compte, 180 bornes rien que pour venir en extérieur sous une tonnelle alors que le ressenti de la température est proche de zéro degré et qu'une pluie battante laisse le vent disperser les averses au gré de sa fantaisie.
Et pourtant, ils sont là, tous les 6, avec un sourire qui leur mange le visage tellement le bonheur de jouer est vital, plus fort que tout, jouer comme si leur vie en dépendait. C'est sans doute là que réside la nature profonde des véritables artistes, les passionnés qui donnent sans compter.
Heureusement que l'accueil chaleureux et la mangeaille de qualité servie au Nut's sont là pour nous donner un peu de réconfort parce que je vous le jure, ça caille ! Et dire que Maria qui nous accompagne pourrait peut-être rentrer en Harley... courageuse la gueuse !
Bon, et le concert ? me direz-vous. Pour avoir la chance d'être moi-même un modeste musicien, je peux vous dire que jouer d'un instrument dans de telles conditions relève de l'exploit ! Là où la plupart des groupes auraient refusé de jouer, les gars de Gallows Pole y vont avec un coeur gros comme ça et dès les premières notes de "Rock And Roll", ils mettent le public en poche et si d'aventure, il restait quelques sceptiques, "Immigrant Song" déboule comme un assassin qui attendait sa victime, tapi dans l'ombre et lui saute soudain à la gorge. Notre Jack a retrouvé sa voix et il laisse s'exprimer toute la rage et aussi la retenue que le répertoire du dirigeable exige.
En ce 25 septembre, on fête les 33 ans de mon fils mais aussi le 40ème anniversaire de la mort de John Henri "Bonzo" Bonham le légendaire batteur de Led Zeppelin. C'est donc à Vincent que revient le périlleux exercice de lui rendre hommage en interprétant "Moby Dick" le morceau qui était le cheval de bataille de John en concert, l'exercice est difficile car Bonzo était aussi efficace en puissance qu'en retenue et les conditions d'exécution ne sont pas idéales. Mais chez Gallows Pole, les défis sont faits pour être relevés, donc... let's do it boys !
S’il faisait aussi beau que l'ambiance est chaude, on serait carrément en maillot tellement c'est "Hot & Roll" in Bastogne. Il manque juste un petit coup de talc mentholé, on se croirait ailleurs, transportés par la musique de Gallows Pole.
La suite du programme ? C'est le gouvernement qui en décidera, à moins que ce soit le hasard puisque à partir d'une certaine heure, notre virus intelligent, sait qu'il ne peut plus rien contre les cinq qui s'enlacent dans une bulle tandis que dans certaines rues on va alterner le port du masque sur les trottoirs... et merde après tout : Whole Lotta Love !
Merci Gallows Pole.
Mitch "ZoSo" Duterck

jeudi 8 octobre 2020

BACK TO BEFORE AND ALWAYS .....Patti Smith

  Flashback.

Considérations en période de (post)-confinement... par NoPo!

 

 

BACK TO BEFORE AND ALWAYS
Patti Smith -  Privilege (Set me free) extrait de Easter 1978
En 78 après l'explosion punk, je suis à l'affût de tout ce qui tonne (avec le sourire ou pas comme l'acteur Keaton, oups!) et qui sonne. Au lieu d'internet pas encore inventé, je développe mon réseau capillaire de potes branchés.
Le mercredi midi, nous galopons jusqu'au 'Cheval Blanc' pour retrouver notre serveur et mettre 1 ou 2 pièces dans le jukebox (Deezer avant l'heure). Place au vote pour l'élection du meilleur nouveau groupe de la semaine (ou du siècle)!
En cette période, nous plébiscitons 2 titres "Fade away and radiate" de Blondie et "Privilege" de Patti Smith.
Auparavant, 'Horses' sorti en 75 annonce déjà le bon cheval et 'Gloria', écrit par Morrison (Van pas Jim, pourtant d'une même sensibilité poétique), fait bien sonotoner les cloches lettre par lettre ('G' 'L' ...).
Patti aime Rimbaud mais s'entoure de Verlaine (Television) et de Lanier (Blue Oyster Cult) qui inspirent sans doute le titre la mer(de) tant ils se pouillent pour le cœur de la belle.
Le suivant 'Radio Ethiopia' contient de superbes compositions mais la poétesse prend l'habitude de faire de longs morceaux foutraques, expression de ses délires un peu déroutants.
Le 3è album, 'Easter' trouve sa voie et ne déboussole plus personne grâce à sa cohérence et sa détermination.
Sur un fond marron, la pochette présente la Patti (pourtant en mouvements gracieux... oups!), bras levés, les mains glissées négligemment dans ses cheveux, le geste permettant d'apprécier son épilation.
Un peu débraillée dans un top à fines bretelles, aussi léger que sa silhouette en liberté farouche, elle arbore simplement, un bracelet et un collier très discrets.
Son nom attribué à 'group' en minuscules et le nom de l'album en majuscules prennent une couleur rosée.
Produit par Jimmy Lovine, l’œuvre frappe d'entrée jusqu'à la victoire hargneuse ('Till Victory').
L'extraordinaire collaboration avec Springsteen pour 'Because the night' (la 'boss' du rock!) donne le la, et toute les partitions obtiennent la note maximale!
'Privilege', tiré et personnalisé à partir de la musique du film du même nom (1967), ouvre la 2è face.
Le christianisme, très présent chez l'artiste ('Easter' signifiant 'Pâques'), possède totalement ce morceau qui démarre en marchant sur des braises comme sur des œufs.
Un orgue d'église lancinant et un chœur lancent la cérémonie, puis la voix, profonde, transporte et porte une parole plaintive. Cependant, il s'agit d'une messe rock, la batterie l'atteste par 2 coups de grosse caisse et de flagrants roulements.
La voix balance jusqu'au refrain brûlant et glaçant qui réclame une raison de vivre 'Give me something, something to give oh God give me something a reason to live... Come on and love me come on set me free' dans un écrin de guitares discrètes.
Vient le psaume 23 au bord des lèvres tout naturellement et sans cassure. Puis la frappe leitmotiv rappelle durement Dieu à l'ordre. 'Hey Lord I'm waiting for you' tremble la voix avant de revenir au refrain comme une évidence.
'Set me free', libère moi, répète, à double voix et avec ferveur, la si jeune perdue 'I'm so young so goddamn young' puis à nouveau le psaume 23 qui s'évanouit dans une conviction d'existence ... bon Dieu, me voici! 'Goddamn, Goddamn Here I am'
La passion de Patti Smith... la messe est dite en 3'33, bouleversant!
Quelques années plus tard, au milieu des remparts de St Malo la Jeanne d'Arc du rock m'impressionne autant par sa simplicité et sa gentillesse hors scène que par sa virulence et son intensité sur scène.
Ni une saint,e ni un ange, ni un démon, elle vit son œuvre dans la vérité et la sincérité.
Autant de raisons de s'en souvenir dans la postérité!

mercredi 7 octobre 2020

Album - Life Is a Lie - Santa Claws

 

My neighbours are rock par NoPo
 
Album - Santa Claws -- Life is a Lie 2018
Ma 1ère rencontre avec les Santa Claws (groupe formé à Guingamp), je ne l'oublierai pas de si tôt.
Un ami m'avait proposé d'aller voir le prof de batterie de son fils à la morue en fête à Binic. Le concert avait lieu le samedi 14 Mai 2015 assez tôt dans l'après-midi et nous étions quelques pelés (quoique pour moi, le terme n'est pas approprié!) à braver les intempéries.
Le trio démarre bien l'affaire (sans Louis absent ce jour là) et j'accroche instantanément au point de ne pas la lâcher (l'affaire), jusqu'au bout et sous les cordes (pas que celles des guitares)!
Leur morceau phare, dans la bourrasque, s'appelle 'Angel dust' (sur youtube, on trouve une bonne tranche de ce moment épique et ploc et flac pour la météo!).
Après changement de batteur et rechargement de batterie, le groupe se produit épisodiquement mais toujours aussi impliqué, sincère et passionnant.
Je les revois, plusieurs fois, avec autant de plaisir (notamment dans le Trégor de Greg et Eva, Tony ayant choisi le Sud de Nino Ferrer euh non, du Morbihan mais c'est pareil!).
Sortie d'un CD en 2018, 'Life is a Lie', mais pas celle des musiciens!
La pochette présente une photo en nuances de gris des 3 artistes. Bien campés devant la porte d'une maison en bois, on les sent confiants et décidés. Deux reflets fantômes pour chacun d'entre eux les encadrent. Pour EVA, son reflet de droite s'eva...nouit! Le nom du groupe et le titre figurent en blanc mais les 'A' ressortent en rouge. Malgré ce 'Fade to grey', leurs visages ne reflètent aucune influence électronique mais plutôt un rock chaud à la Red Goes Black du tonnerre de Brest.
Produite par Greg Gordon (Red Hot Chili Peppers, Rival Sons, Ghost...), la galette flambe dans un brûlot de blues rock racé et le son s'étoffe avec l'arrivée d'un second guitariste, Antoine (parisien; pas voisin), grand échalas, dégingandé et sympathique, barbu/chevelu et donc ... au poil!
Ça fleure bon les 70's, la crème de Clapton millésimé, le Robin Trower vieilli en fût de chêne, et même le grand cru Rory Gallagher. Quant aux contemporains, sans mentir, nous tenons là nos Rival Sons bretons! ... et chez les 'claws', on peut le dire... Santa guitare tu n'es rien!
'Vibes in a spine' rampe dans un marais poisseux (swamp rock). La voix inquiétante de Greg nage sur une rythmique implacable (la fratrie solidaire et si complémentaire Eva la bassiste et son frère Tony le batteur), enlacée par une guitare barbelée.
Les chœurs subtils s'élèvent comme une brume épaisse qui s'eva...pore. Un blues venimeux bouillonne. Sous des mouvements ondulés, la bête; tapie dans un coin, s'apprête à attaquer. Le suspense monte à son comble et explose sous les hurlements déchirés de la 6 cordes.
'Destiny Robber' débute sur un riff bien accroché aux 70's pendant que la voix scande plus qu'elle ne chante. Que dire du refrain soutenu par la voix légère d'Eva puis des ohoh tout en cœur?
Juste enjôleur et pourtant le sujet des voleurs de destinées tire durement vers le grave!
'Lost' démarre en déflagration métallique et ne se perd pas en chemin. Une guitare tranche, la batterie démonte une voix bien remontée, 'I don't even know who I am'.
Un pont fait la jonction en passant par un clin d’œil rythmique à Stewart Copeland (batteur de The Police). Les guitares s'enchevêtrent en arabesques devant des chœurs qui lancent des ohohohoh d'admiration.
'Ticket to nowhere' (après 'Lost' ça ne s'arrange pas question orientation!), ouvre par une batterie lourde en écho et cymbales sonnantes et trébuchantes. Une voix légèrement trafiquée se la coule douce.
La frappe joue du rebond pour une guitare chaloupée et une basse tournoyante qui nous entraînent vers une émotion trempée au Gallagher/Trower 40 ans d'âge à la recherche d'une 'place to be safe'.
'Is it' me fait sauter partout. La batterie bondissante et la basse sautillante portent un riff quasi funky à la guitare. Le refrain plus psychédélique rompt la cadence et s'envole en volutes eva...nescentes, toujours à recherche d'une échappée belle... "Let's start a new day, Let's start a new life, Let's get another chance!"
'My boots on' utiles au voyage, car une fois enfilées, elles nous transportent sur un trajet serein. Quelques touches de piano tombent en gouttes légères sans déstabiliser la guitare qui connait la route... N'est-ce pas encore une fois, la fuite pour '... a new life'?
'Be yourself' déménage d'entrée. Le riff véloce emmène tout sur son passage. Une guitare c'est bien 2 guitares c'est encore mieux!
Les ouh ahah, en fond d'espace, tombent à point comme dans le 'Space monkey' de la grande Patti Smith... Le titre rime avec 'Life is a lie'... 'What about the life? What about the world?' reste la grande question existentielle.
'I don't wanna choose' La voix de Greg plane, chaude, profonde et gorgée de feeling. La basse bien ronde d'EVA dessine un écrin à la frappe tout en retenue de Tony. Un piano égrène quelques notes...
On pense au 'Presence of the Lord' de Clapton, ce n'est pas le bon Dieu qui devait être au Bataclan évoqué, ce soir là!
Santa Claws sait autant sortir les griffes que caresser ou dresser le poil. Leur son live organique analogique et vintage apporte un cachet classieux d'une solide cohérence.
Juste du grand art! 
 
Greg Aubert Chant, Guitare
Eva Montfort Basse, chœurs
Tony Montfort Batterie, chœurs
Antoine Montgaudon Guitare, Piano

Tracklist
A1 Vibes In A Spine 3:39
A2 Destiny Robber 2:57
A3 Lost 3:59
A4 Ticket To Nowhere 6:10
B1 Is It 4:22
B2 My Boots On 3:02
B3 Be Yourself 3:00
B4 I Don't Wanna Choose 3:15