dimanche 12 septembre 2010

Festiv'Halle 2010 , J Possozplein, Halle, le 11 septembre 2010

Nouvelle édition de ce sympathique et pas cher( 00,00€) festival coïncidant avec la rentrée scolaire.
Une organisation impeccable, une équipe technique douée et un programme varié, en prime le Bon Dieu( tu choisis toi-même son appartenance ethnique) avait envoyé le soleil.


15h00 Gus Luxmore

Lourde tâche que d'ouvrir sous le chapiteau alors qu'Halle se dore sur la terrasse ensoleillée.
Les adeptes du bronzage eurent tort, Joris D'Hooghe (Vocals/Guitar) et Maxime Tolbecq (Drums) nous ( +/- 25 individus)ont offert un concert prometteur.
Encore un duo, guitare/batterie me dis-tu, ça commence à bien faire: White Stripes, Black Keys, Black Box Revelation, Madensuyu, Stone & Charden.... n'en jetez plus!
OK, mais Gus Luxmore possède un je ne sais quoi qui risque de les propulser sur les ondes: des compositions bien léchées ne demandant qu'un habit stylé pour passer sur Pure FM, Studio Brussel ou FM Brussel.
30', dix titres , on s'est pas emmerdé.
Joris a le timbre bluesy adéquat, son jeu est sans fioritures et Maxime assure une rythmique solide à lui seul.
'Down to the ground' un blues/garage - 'You're on the wrong side', non , je préfère être ici qu'à côté du frietkot - 'Back and Forth' carré et sec - 'Got it all' a waltzy ballad décorée de riffs acérés et épileptiques- deux pièces plus lourdes: 'Take me Home' et 'It's all over now' - un downtempo catchy 'Set on you', inconsciemment, tes tarses battent la mesure et ta caboche headbange gentiment, c'est bon signe- 'Saturday Sinner' irai me confesser demain - 'old man, you don't know how to fight' j'habite pas à Molenbeek, ket, et suis d'un naturel pacifiste jusqu'à 20h et 'All you need' pour finir sur quelques notes à la Bo Diddley.
Pas cons, ces gugusses, hein, Guy Lux!

Black Tartan Clan
Les Bhelg sont de furieux celtes, demande à Jules.
Les membres du Black Tartan Clan sont les dignes enfants d'Ambiorix ou autres Eburons gonflés à bloc.
Toute la tribu a fait le déplacement dans le Pajottenland: jeunes mamans allaitant, mâles aux mollets velus et vêtus de kilts noirs et gosses peinturlurés....Caledonian ale au petit déjeuner, idem pour le lunch et encore quelques gallons en soirée.
Et sur scène?
Sont 5, plus un petit jeune de temps en temps
Mac Touche: Guitar-Mac Pië: Bass-Mac Loud: Vocals-Mac Hoze: Bagpipe-Mac Mot: Drums
et Mac Hoze Jr - Djembe/Snare.
Genre?
Du Celtic punk-rock endiablé et vachement tonique.
Intro de cornemuse des Hautes Terres: 'Highland Cathedral', l'armée anglaise met les bouts rien qu'à voir la tronche de ces guerriers, des copains du monstre.
Voilà Braveheart, le singer:' Black Tartan Clan' , leur profession de foi...I drink some Scotch, I drink some beer...
Aussi léger que les Dropkick Murphys ou les Pogues irlandais.
Les hymnes Celtic punk se succèdent et sur scène ça déménage: ' Here we go'- 'Proud to be Kelt', sont pas maghrébins , imagine la Scottish Rugby Union chantant un cantique de Noël après avoir ingurgité 36 bouteilles de single malt (chacun)- 'Beer and Women', c'est les anglais qui boivent du Lipton- 'Kilt Song' t'as vu la pub William Lawson's - une cover du classique country de John Denver 'Country Roads' - pas pour les tapettes ' Strong, Loud & Proud' - encore une romance élégante ' Barroom Hero' - pour Alexandre Dumas ' All for one' - 'Na Fir Dilias' hot piping, et méchante guitare - 'If the kids' time to rumble Halle, la guitare vient se promener off stage et un peloton de fans sur le podium à s'époumoner en choeur...carnaval à Halle - pour calmer les ardeurs 'Amazing Grace' version pub du Loch Lomond et une dernière danse des Highlands pour finir en beauté et de plus c'est excellent pour la ligne ' Ye-de-la-Hey'.

Une Guinness, please!
Dat hebben we niet...
Une pintje, alors!

De Skangoeroes
Bye , bye les lochs et Nessie, en route pour la Tasmanie.
7 marsupiaux sur scène: menés par la dynamique et pimpante Veerle Slootmans (zang, alt sax), les autres se nomment Floris Slootmans (gitaar, viool, backing), Marloes Sobrie (keyboard, backing), Frederik Vanhoutte (bas), Christophe Wéry (euphonium, backing, percussie), Ward Belsack (trompet, percussie), Jurgen Moriau (drum) déjà vu chez Codt Cole Band... mais nous on a vu deux trompettes et pas d'euphonium, ce second trompettiste ressemblant à Bart Vanderkammen de Zonko et Codt Cole Band.
Et ces bêtes jouent pas de didgeridoo et ne chantent pas comme les Bee Gees?
Non, leur dada c'est le ska, décoré de touches de reggae, de salsa et de rock.
Motivations: fiesta, baila, baila...
Et ils ont atteint l'objectif: c'est frais, dansant, énergique et agréable à l'oeil.
'Pez'.Une intro ondoyante, des claviers prédominants, arrivée des cuivres:c'est parti, que la fête commence.
'Olvida' exotisme latino- 'Hit by a girl' un vrai spirou speedé, Veerle!
Des cuivres bouillants, un bain turc.
'Nigelachen' un gars qui rit jamais, 't ès ne zeure...
'Encore une fois' du français balkanique...bla, bla, bla...Sarkozy aimait pas!
'Niets Meer' à la Eva De Roovere en voyage à Kingston.
'Abri de la nuit' ...il y a des jours où j'ai besoin de sommeil.... du prozac?
Une polka ska: 'Vodka', c'est mieux pour se soigner.
Voilà la maréchaussée, alcootest pour Skippy et Hoppy !
'Mon cha cha cha' Invitation lubrique?...viens vite près de moi, je te montrerai mon cha cha cha...
La Mano Negra/Les Négresses Vertes et une touche La Fille d'Ernest, on aime!
Une petite salsa arrosée de canne à sucre 'Ron' et, pour finir, 'Africa Jungle': Sheeta, Kââ, Bagheera + Stanley en éclaireur.
Concert sympa!

Chupa Libre
Second groupe festif d'affilée, celui-ci de Halle et formé par un ex Mama's Jasje ou Citizen Jane :Jan Vanlaet!
Sont 6( trompettes, trombone, congas, acoustique et basse) à produire une world dégoulinante et riche en lipides.
Si les Skangoeroes étaient vifs et scintillants, Chupa Libre, par contre, est vettig et boursouflé.
C'est du flamenco/gypsy/ska/latino label De Wever.
La clientèle locale appréciait en bondissant, ton estomac te signale que c'est l'heure de s'envoyer une tranche de junk food, recommandée par Dr Cholestérol.
Madame Gerda un hamburger ketchup, bitte!
T'avales cette cochonnerie et retournes sous la tente.
Toujours ce ska breughelien aux effluves Lange Jojo repris en chorus par la populace!
Direction le bar!

AC/DC Revisited
On recense 153 AC/DC tribute bands all over the world.
Les Brabançons: Dr Tube Arnout : vocals/ Zen Master Jeff : guitar/ Toe Cheese Peter : guitar/ Bassie Berlanger : bass/ Fill Sekke : drums, nous jouent les brothers Young, Brian Johnson ou feu Bon Scott et comparses, sans culottes courtes, mais avec une énergie folle et un respect total pour l'oeuvre des australiens.
Arnout est incroyable aux vocals, ce type a des amygdales bétonnées, il se donne à fond pendant plus d'une heure.
Halle ne s'y est pas trompé et a fait un triomphe au band managé par Bart de Smedt, le programmateur du Candelaershuys.
Après 26 secondes, en reconnaissant les mesures de 'Hells Bells', la foule vient se masser aux pieds du podium.
Va y avoir du sang et de la sueur, le carillon de la Basilique est recouvert par les cloches de l'enfer.
Dantesque!
La lead guitar s'énerve, ce Jack est pire que Palance, faut le balancer et m'en trouver un autre.
..My friend Jack eats sugar lumps... souffle The Smoke.
T'es prêt?
Ja.
'TNT' prix Nobel en 1975 - an earhquake : 'You shook me' j'en tremble encore - 'Money Talks' pas dans mon portefeuille, il est empty - ' Dirty Deeds done dirt cheap' guitare vicieuse même s'il a fallu à nouveau remplacer le câble et toujours ce chant Bon Scott - doigt sur la gâchette 'Shoot to thrill' ...too many women with too many pills... vais tirer dans tous les sens.
Légèrement macho, non?
Du hard macho, t'as rêvé!
'Riff Raff' - ' Runaway Train' ...living on the edge of sin... seulement on the edge... - explosion sous la tente ' Whole Lotta Rosie', mon voisin en piste pour la médaille d'or d'Air Guitar, j'en profite pour vider sa chope - sont passés au travers de la barrière de péage 'Highway to Hell' - gros orage en vue' Thunderstruck' et une dernière avant la douche ' Back in Black'.

Une relecture d'AC/DC, excellente pour tes méninges et pour ta silhouette!

School is Cool
Top of the bill: le Humo's Rock Rally winnaar, vu il y a quelques semaines à Bruksellive.
Craignaient un peu de passer après la furie AC/DC Revisited, mais ils s'en sont sortis sans égratignures.
La bande à Johannes a écumé les festivals cet été, mais ils n'ont rien perdu de leur allant, enthousiasme et de leur fraîcheur.
Ce concert à Festiv'Halle fut tout bonnement radieux.
Les lycéens(ennes) leur ont fait un triomphe, mérité mille fois.
Un premier titre court et sautillant , effectivement proche du monde d'Arcade Fire. Mes voisines déjà gigotent dans tous les sens...before you know it comes to shore....chante Johannes.
Les frères Van Ostade se démènent comme de beaux diables, Mathias torture son mini kit et la petite Nele passe des claviers au glockenspiel en souriant, le violon ce sera pour plus tard.
'The Junkyard Kids' sont pas polis ces kids...Fuck you, qu'ils répètent sans cesse, mais ce truc balance joyeusement.
'Car, backseat, parking lot' Andrew se démenant comme un dément derrière son floor tom.
' O, Delusions' sont passés au resto chinois, ont piqué des baguettes et jouent à Zorro.
Belle fougue!
Le prophétique 'The world is gonna end' au decorum majestueux.
Le sport peut tuer, le surf en particulier ' On the beach of Hanalei' , structure complexe, vocaux acrobatiques, ces écoliers n'ont peur de rien.
La fabuleuse cover des Talking Heads 'Road to Nowhere' avant de suivre une autre voie 'Road to Rome' , les instruments passant de main en main.
Et comme aux pieds de l'Atomium, un numéro Spartacus versus Crixus. Kubrick dirige!
Le catchy 'I want something' et le big hit ' New Kids in town' engendrant la folie à mes côtés.
Feux de Bengale et hurlements hystériques, Johannes surpris se trompant dans les lyrics.
Une nouvelle ' Nothing ever lasts' avec des relents celtiques épiques à la Horslips.
'See if dance' un singalong nerveux et cabriolant.
Bling, corde foutue, continuez sans moi, vais chercher une autre acoustique, signale le brillekop.
Allez pour votre peine vous avez droit aux Pixies, un 'Levitate Me' débridé.
That's it folks!

Clameurs euphoriques et grands sourires du band, leur joie fait plaisir à voir !

Place aux DJ's , sans moi.
Buena notte!





Saint-Jazz-Ten-Noode ( Radoni's Tribe & Toots Thielemans Quartet), Place de Saint-Josse le 10 septembre 2010

25 bougies sur le gâteau, un anniversaire fêté en grande pompe à St Josse.
Jean Demannez a invité le haut du panier pour ce Saint-Jazz-ten- Noode 2010 qui se déroule sur 2 jours.
Un vendredi outdoor et un samedi avec une dizaine de concerts dans différents établissements de la commune chère à feu Cudell, un copain du fumeur de pipe le plus connu après Magritte.

Radoni's Tribe (19h30' )
Paolo Radoni nous quitte le 21 décembre 2007, un grand vide dans les coeurs des amoureux du jazz, nés dans ce plat pays dirigé(?) par une bande de crétins.
Leila Radoni n'a pas voulu que papa Paolo sombre dans l'oubli et, avec des amis musiciens, crée un tribute band de pointures.
Un CD 'Let me hear a simple song' est gravé et le projet tourne aux quatre coins du pays.
Leila, par ailleurs, organise le festival Musicalix au Parvis Sainte-Alix (1150 Bruxelles) qui se déroulera le 25 septembre cette année ( tu entendras Bai Kamara Jr -Alexandre Furnelle et la clique à Castellucci e.a.).
L'éminent Marc Danval, en présentateur aristocratique, dévoile le nom des membres de la tribu.
Aux vocals latins: Chrystel Wautier- trompette/bugle: Gino Lattuca -sax et flûte: Ben Sluys - guitare: Paolo Loveri- contrebas: Basse Cooijmans - piano: Charles Loos et à la batterie: bompa Bruno Castellucci.
Une belle brochette de requins, tu me dis.
Effectivement, pas facile de trouver mieux dans le coin.

Chrystel affine son make-up, les mâles attaquent sans elle: 'Touch of Silver'( un hommage à Horace?) , une composition musclée de Paolo, arrangée par Michel Herr.
Gino, à toi l'honneur pour un premier solo. Il passe le relais au grand Ben sur rythmique galopante.
Reprise du thème, petite envolée du Charel et final à six.
Difficile de rester assis devant une telle fougue.
Voilà Mademoiselle Wautier: ' Ricordo', changement de destination: Egberto Gismonti, Nara Leão, Elis Regina... chaud, chaud!
'Let me hear a simple song ' une ballade aux lignes de guitare lyriques et à la flûte ou trompette mielleuses.
C'est beau, te souffle une brave dame.
Vais pas la contredire.
Tom Jobim 'Luiza', un mellow tone langoureux aux arabesques de sax impudiques.
Un superbe travail de Paolo Loveri: dextérité, feeling, élégance.... Paolo Radoni considérait cette Luisa comme une des plus belles mélodies jamais composées.
Va boire un coup, maske, on va leur jouer un petit swing qui balance pas mal: 'My li'l angel'.
On sort la grosse artillerie: Castellucci en sergent-major dirige les opérations, les fantassins, à tour de rôle, à l'offensive, une méchante rafale de Loveri . Souffle un coup lui dit Loos, je prends le relais, on te couvre Charles, annoncent Bruno et Bas.
En final les six troufions quittent la tranchée pour un dernier assaut.
Grand.
'Trapeze' acrobaties en onomatopées et tour de manège du côté de Rio.
Toutes les écluses sont ouvertes, le Sluys fait gicler un torrent de notes de son sax collant.
Une dernière ' Brigas Nunca Mais' , un second Tom Jobim.
La bossa nova suprême, avec un dernier trait de génie de Ben Sluys.
Grand concert!

Toots Thielemans Quartet

als toots de lippen
op het metaal zet
de ogen sluit
en zijn ziel
door de houten schotjes blaast
dartelen er
zwermen vogels door je
borstkast
Dixit Nico Dijkshoorn, un poète de chez Beatrix.

Jean-Baptiste Frédéric Isidore se tape 88 printemps, mais l'âge n'a aucune emprise sur lui.
Un coeur de teenager et un jeu empli de noblesse.
Le Baron de la rue Haute a fait pleurer St-Josse. Ce peï combine tout: classe, humanisme, aura de sympathie, modestie, gentillesse et humour.
A la fin du concert des centaines de fans, de 7 à 177 ans, ont sorti les mouchoirs pour camoufler les larmes s'échappant sur leur faciès heureux, même les poulets sanglotaient.
Encore une citation:
Trésor national chez lui en Belgique, véritable légende vivante au Japon, “officier des Arts et des Lettres” au Brésil (sa seconde patrie), Jean “Toots” Thielemans est un phénomène. Un cas unique dans l’histoire du jazz et de la musique.
Philippe Krümm.

21h10':
Toots prend place sur le tabouret au centre de la scène.
Pour l'accompagner, des pointures: Nathalie Loriers au piano- Sal La Rocca à la contrebasse et un second concert pour Bruno Castellucci à la batterie.
Au menu, plusieurs titres que tu retrouves sur son dernier enregistrement: Toots Thielemans European Quartet Live'.
Le standard 'In your own sweet way' ne se trouve pas sur ce CD.
Un harmonica lyrique, un jeu de piano syncopé et un sale petit solo de Sal, c'est bien parti.
Le Toots nous décore la mélodie de quelques lignes Il était une fois à St Josse vraiment pas cloches.
Une ballade fondu enchaîné 'I loves you Porgy' + 'Summertime' sur la rythmique de 'All Blues' m'explique Nathalie Loriers après coup.
Clos les paupières, oublie la Tour Madou, retrouve-toi du côté de Manhattan, un feutre sur le crâne, mains enfouies dans les poches de ton trench et pose-toi une question: où avaler un dernier Scotch avant de regagner ta chambre minable?
Snorremans en pleine forme, les petits jeunes se et nous régalent.
'The Dolphin' une ballade aquatique pour Willy Claes.
Les dauphins aussi sont romantiques.
'Days of Wine and Roses' Mancini/Mercer .
Une version 24 carats: des transalpins démoniaques, un piano ivre de vin et un harmonica embaumant la rose.
St Josse en extase.
'The Island', Toots et le Brésil... il explique: le titre portugais répond au nom de 'Comecar de Novo'.
Version suave et aérienne, Miss Loriers en vedette.
Premières larmes, suivies d'une première standing ovation: 'Les Feuilles Mortes' , c'est de saison!
Carioca time: 'St Thomas', pour oublier l'automne, ses brumes et son spleen.
Anecdote: Bruno , c'est depuis quand qu'on joue ensemble, menneke?
1972, papy!
Papy, toi-même, tu viens de nous présenter ton Oscar de petit-fils!
J'ai joué avec Paul Simon, voilà son ' I do it for your love' que j'ai enregistré avec Bill Evans.
Sobre et élégant.
Ressortez les Kleenex !
Depardieu et Montand rendent l'âme : le thème de 'Jean de Florette' .
Bande de salopards, c'est une honte de faire pleurer les braves gens.
Un standard swing ' All the Things you are' 1939.
Et pour finir, l'estocade finale 'Bluesette' .
Point d'orgue d'un concert fabuleux.
St Josse debout, dix minutes d'acclamations.
'Vous êtes bien gentils' qu'il nous sort, vous savez dans les années 40 j'ai joué dans le coin.
Au Claridge, il y avait le 'Hot Club de Belgique' en concert, m'ont laissé interpréter un truc avec eux, 'Sweet Georgia Brown', m'en souviens comme si c'était hier...
Arrête de radoter Toots, on va leur faire un rappel, annonce Sal.
Wat zeg je?
Jacques Brel, ajoute le Castel.
Juste, Bruno!

'Ne me quitte pas'
Là, pas moyen de cacher tes émotions, des couacs dans la gorge et des larmes de crocodile.
Sans voix, on est.
Merci, Toots!

jeudi 9 septembre 2010

Baby Monster au Witloof Bar du Botanique, Bruxelles, le 9 septembre 2010

Un chicon peu gratiné pour la reprise au Botanique: Baby Monster n'a pas atteint le degré de notoriété permettant de remplir le caveau.

Baby Monster
naît il y a deux ans du côté de Portland (Oregon) .
Les parents du bébé bicéphale , au lieu de lui refiler des crécelles, hochets, ou autres jouets Fisher- Price pour l'occuper dans son parc, lui ont offert une panoplie de synthés, claviers, computers, drum machines, une guitare et des tas de brols électroniques pour produire des guili-guili mélodieux.
Le petit, Danny Sternbaum, et le grand Asian-American, Marty Larson, ont tous deux un passé.
Danny comme producteur ( paraît qu'il était appelé à produire le dernier Michaël Jackson) et Marty s'ébattait dans différents groupes locaux, dont Rock and Roll Soldiers.
Après le concert donné à Bruxelles, hier soir, on peut leur prédire un bel avenir dans les charts. Leur indie synth pop chatoyant et décoré de jolies harmonies vocales te colle aux oreilles et tes jambes ne demandent qu'à bouger en mesure.
Au niveau comparaisons, tu peux oser The Big Pink, Passion Pit, certains lancent MGMT.

20h30'
Voilà le duo, quelques réglages techniques, go: ' Kalookan Queen' .
La timbre fluet de Marty est couvert par le soundscape majestueux envoyé par le bébé monstrueux.
Danny le rejoint vocalement et tu te laisses envelopper par cette mélodie vaporeuse et mélancolique.
'She comes alive' un hit aux States.
Marty a ramassé la guitare et ajoute quelques riffs grinçants à cet aria aussi beau qu'un cantique de Noël.
'Alex Trebek', paraît que c'est un Nagui canadien, cet animateur baigne dans un coulis de synthés aux colorations psychedelic pop.
Second hit: ' Ultra Violence and Beethoven' que tu dois pas essayer de comparer à Chuck Berry.
Une structure complexe, des vocaux en chambre d'écho, ce morceau hyper-original est étonnant.
'Fresh Biscuits' annonce Mr Larson d'une voix pitchée.
Vas-y Danny, keske t'attends, ket?
Désolé, Mac Intosh fait la grève, veut plus travailler, va falloir penser à mieux le rémunérer.
Promets lui une augmentation et refile lui deux cachets d'aspirine.
Brussels, it's really awkward, on est confus, on va vous refiler des Cd's gratos en fin de concert.
Here we go, mais ce sera 'University Street' au groove sexy.
Les pâtisseries 'Fresh Biscuits', elles sont craquantes et moelleuses à souhait.
'It's all come back home' toujours aussi dansant, fluorescent et poppy.
Imagine les jeunes Depeche Mode croisés avec les Beach Boys pour les voix.
Organic mash-up of electronica and rock and roll, c'est ainsi qu'ils décrivent leur musique, et cette purée légère plaît à la jeunesse.
'Russian Lights' amorcé par de gros beats. Break, changement de cap: superposition de claviers séraphiques. Nouveau virage: chilling vibes et retour des sexy beats .
Vachement bien foutu.
La dernière 'The Fear of Charlie Sunng'(?) . Que craint ce Charel ? Question mark.
Mais ce disco track est un des highlights du set.
Baby Monster termine fort et prouve qu'l a un potentiel énorme.
45' et Bruxelles veut plus.

Le groupe n'a pas encore de full CD et n'a plus rien dans ses machines, on vous refait un remix différent de 'Ultra Violence and Beethoven'.

Public heureux et comme promis Danny et Marty refilent une vingtaine de CD's aux jolies nanas pressées frontstage.
T'as pu prendre un exemplaire pour moi, me demande Fred Cerise.
Nein, ni pour moi, je te paye une Blanche.
Son chagrin fut de courte durée.

The Jim Jones Revue au Café Central à Bruxelles, le 8 septembre 2010

The Jim Jones Revue turned Camden's Jazz Cafe into a mad asylum of rock'n'roll psychosis last night, titre the Mojo Magazine.
Tu remplaces Camden's cafe par Central Café et t'as la meilleure description possible de cette occurrence.
Vers 20:45' le Central est déjà blindé.
Le parcours du combattant pour t'approcher de la scène, si tu veux saluer Madame Pipi: même topo!
Toute la Belgique (ça existe encore?) veut assister au premier gig bruxellois des furieux londoniens!

The Jim Jones Revue

naît en 2004, sur les cendres de Thee Hypnotics et Black Moses, bands précédents de la bête (lead vocalist/guitar+ acrobaties diverses) Jim Jones.
Il fonde la Revue après avoir rencontré le guitariste Rupert Orton, oui c'est le frangin de Beth Orton.
Aux drums, le Jones n°2: Nick. Gavin Jay à la basse( il joue aussi chez The Rum Circus, un groupe de AA distingués) .
Au piano, le formidable: Elliott Mortimer .Imagine un croisement entre Jerry Lee Lewis et Little Richard et t'auras une petite idée du jeu de ce Mortimer , mon cher E.P.!

21h10' Feu!
Pas de round d'observation, immédiatement dans le vif du sujet: 'Dishonest John' , un garage punk rock qui tue et que tu retrouves sur leur second CD sorti en septembre ' Burning Your House Down'.
Shit, j'ai oublié mes ear-plugs , puis-je lire sur les lèvres de la mignonne nana à laquelle, par la force des choses, je suis collé.
Effectivement ça canarde sec, des brutes d'une autre époque.
'High Horses' aussi crapuleux que 'Great Balls of Fire' avec ce piano méchamment malmené.
Un conseil' Shoot First' si tu veux pas te retrouver raide étendu.
Le Central, transformé en Cavern anno 1963, gueule, saute, sue... tu dégoulines et tes panards baignent dans 5 cm de bière, éjectée des chopes balançant au rythme du piano infernal.
Le Jim vient prendre le pouls des premiers rangs, après avoir repéré quelques poulettes plus appétissantes que du boudin.
T'as l'impression de revenir aux années de gloire du punk, sans les épingles à nourrice et les crachats.
'Burning your house down' il est à espérer que le zinc soit bien assuré , ces mecs sont encore plus sauvages que le Sensational Alex Harvey Band.
'Big Len' l'ouragan revient en force.
'Killin' Spree': rollin' piano, riffs de guitare vicieux et crunchy, rythmique Panzerkampfwagen et J J haranguant les petits bruxellois...Say yeahhhhh... du rock'n soul irrésistible.
Are you ready for a ballad, Brussels?
'Righteous Wrong' pas le style de romance à l'eau de rose, mais un blues poisseux, chanté du plus profond de la gorge, traitée au Scotch, de J J.
'Elemental' on est prié de l'aider pour le refrain.
Pas trop dur: tu gueules ..elemental, elemental, elemental... comme si t' étais une nana en train de se faire violer et appelant à l'aide.
Brussels, give us one minute, just one minute, faut que Rupert passe aux lieux d'aisance pour s'humidifier, il sue comme un boeuf!
57'' plus tard, sont plus rapides que Manneken Pis les sujets de sa majesté, c'est reparti la fleur au fusil!
'512' tu mélanges Chuck Berry, les MC 5, les Stooges, les Small Faces et les déjà cités Little Richard et J L Lewis , tu secoues bien fort... miracle t'as le band du 21è siècle: Jim Jones Revue.
Le vociférations du preacher diabolique rendent nuts tous les premiers rangs, t'es propulsé sur la table de mix qui recule de 2 mètres.
Rock'n Roll, baby!
'Who's got mine' hystérie collective et c'est pas le psychotique rockabilly 'Rock'n roll psychosis' qui va calmer les esprits!
Cerveau au point mort, place aux instincts, à la bête qui sommeille en nous .
'They’re a riot of energy and hedonistic excess' tu lis chez Indie London, ce docteur sur Tamise a rendu un excellent diagnostic!
A last one, Brussels: un conte de fée halluciné 'Princess and the frog'.
Grenouilles, crapauds et autres amphibiens du Central bondissant anarchiquement, comme une nuée de baveux Kermit rêvant de se faire Blanche-Neige.
La folie!

Un bis:
'Another Daze'
Hébétés, on l'est tous!
The Jim Jones Revue: la résurrection du rock'n roll!

mercredi 8 septembre 2010

L'Armée des Romantiques: Vive la mélodie française au Klara Festival à la Monnaie (Salle Fiocco), Bruxelles, le 8 septembre 2010

Le Klara Festival 2010 est dédié à Gustav Mahler et à son héritage: The Mahler Connection.
Un premier concert de salon, à l'heure du lunch, a lieu ce mercredi dans la magnifique salle Fiocco de La Monnaie

Midi trente, public installé, le brillant et trilingue Kurt Van Eeghem présente le plat du jour:

Alain Buet: baryton- Rémy Cardinale: piano, un splendide Bechstein de 1860 et Alexis Kossenko: une flûte tout aussi ancestrale (me demande pas si c'était une Boehm ou une Bontempi à 5€90, ni connais rien!), qui constituent l'Armée des Romantiques.
Ces centurions ont pour but de nous faire redécouvrir le répertoire français du 19è siècle, comme on le jouait chez Madame Sophie de Castellane ou chez Madame Adèle d'Osmond, comtesse de Boigne, lieux où bourgeoises et aristocrates étaient parées de mouches, permettant la mise en valeur de la blancheur de leur teint.

Une première oeuvre instrumentale composée par Charles-Marie Widor , compositeur et organiste Lyonnais .Une ' Suite pour flûte et piano, opus 35' (moderato) :aérienne, bucolique , invitant à la flânerie dans les sous-bois.
On alterne les duos.
Le baryton remplace le flûtiste pour un premier chant, extrait de l'oeuvre chorale ' Les nuits d'été' d'Hector Berlioz, le plus allemand des compositeurs français.
'Vilannelle'
...Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet aux bois ....
Tu as dit, naïf, tu as raison, mais Alain Buet n'est pas Fernand Raynaud!
Personne n'avait envie de piquer un fou-rire!
Le second extrait est d'ailleurs d'une noirceur tragique, le lamento 'Sur les Lagunes' ...Que mon sort est amer !
Ah ! sans amour, s'en aller sur la mer !... désarroi profond pour pleurer l'être cher, à jamais perdu!
Les textes sont du fracassant Théophile Gautier.
Gabriel Fauré' Le Papillon et la fleur' , une fantaisie frivole.
Du même Gabriel 'Tristesse', du pre-Françoise Sagan romantique.
Repos pour le baryton- basse et retour de la traversière pour une suite virevoltante de Charles-Marie Widor, à nouveau.
Camille Saint-Saëns/Victor Hugo: 'Attente' , un chant héroïque et exalté.
Du moins connu, Benjamin Godard une 'Suite de trois morceaux opus 116' toute en contrastes.
Un allegretto lyrique, l'idylle animée et la valse rondement menée.
Alexis Kossenko, tout à son jeu énergique, arrache les participations de son pupitre pour les envoyer voler à ses pieds.
Camille Saint-Saëns/ Victor Hugo bis: ' Le pas d'arme du roi Jean', un poème battlefield , tournant au carnage, avec le trépas du beau page.
Un chant acrobatique du maître baryton.
Pour terminer sur le 'Prélude à l'après-midi d'un faune' de Debussy, une maître pièce du répertoire romantique.
L'oeuvre symphonique ayant été retranscrite par Gustave Samazeuilh pour un duo flûte/piano.
Une pure merveille!

Un encore:
'Danse Macabre' un poème d'Henri Cazalis mis en musique par Camille Saint-Saëns.
Du James Ensor teinté de Félicien Rops: amours bestiales à la cour !
...Zig et zig et zig, quelle sarabande! ...
Morale: Et vive la mort et l'égalité !

Le festival se poursuit jusqu'au 17 septembre.


mardi 7 septembre 2010

Adeldone au Café Central à Bruxelles, le 7 septembre 2010

Rue Borgval à l'heure de la rentrée des classes: un échantillon de BB (= bekende brusseleirs) se retrouve agglutiné au bar du Central.
L'affiche indique: concert d'Adeldone à 9PM.
20:45' divers instruments sommeillent sur le mini-podium, dans la salle une caméra, des spotlights et autres accessoires to shoot in low lights.
Faudra, tu le savais, patienter jusqu'à 22h avant de voir apparaître le groupe.
Et, effectivement, c'est à l'instant où la petite aiguille se pose sur 10, qu'un pingouin, de la race m'as-tu-vu, annonce Adeldone en priant les spectateurs de dire adieu à leur mobile pendant la durée du concert.

Adeldone

A l'origine du projet: Leila Albayaty (voice, guitar, synths).
Brève bio:She is singer, composer, film and video director, cameraman, actress in her own films, sound designer, painter, dj....
Born in France. Half Iraki.... elle s'éveille soit à Berlin, soit à Bruxelles.
Pas de Ivan Imperiali ( resté à côté de l'ex mur) à la guitare, mais Cristoforo Spoto (bass & sax), un compatriote de Berlusconi, et Alain Rylant (drums).Tous deux crèchent également à Berlin.
Cristoforo y a son propre projet, PECULIAROSO, et Alain, le batteur de Maxon Blewitt e.a., tambourine à droite et à gauche.
Le truc démarre fort, par une version lynchienne de 'Bang Bang'.
Leila est affublée d'un timbre pas banal, naviguant entre Laurie Anderson, Marianne Faithfull époque 'As tears go by' , Nico ou Jane Birkin fraîchement débarquée chez Pompidou.
De l'art rock brumeux.
Premier contretemps: Miss Albayaty a pété une corde de son jouet, après un seul morceau.
Nevermind ,non, mec, on a pas parlé de bollocks, il en reste 5 , on continue ainsi.
La setlist indique 'Flowers' et ces fleurs ont un parfum Velvet Underground prononcé...I never really wanted your heart ... chante la voix mélancolique.
Opération changement de string( de la guitare, monsieur).
Alain en bricoleur, Leila en standby.
Cristoforo en solo pour un impromptu free jazz au sax/ basse( sur son myspace tu peux entendre de quoi il retourne: 'Wild Silver')... le transalpin y ajoute un spoken-word philosophique.... I'm riding away from the future....
Un gars citant Anthony Braxton comme influence ne peut être classé dans la catégorie polichinelle et, lorsqu'il attaque un funk blanc à la basse et que le brave mécano le rejoint derrière ses caisses , ça groove un max.
De la belle ouvrage.
Retour au programme initial, en trio : 'Fall in Love' , un midtempo accrocheur.
On poursuit dans les mêmes climats ténébreux avec le titre 'Alone' ( toujours repris de la setlist, mais à vérifier) .
Noirceur, sensualité, mystère.... du Angelo Badalamenti féminin.
Bordel, que vient faire ce mariole?
Le metteur en scène, hyper-directif, sur scène, tripotant: micros, spots, hauts-parleurs et donnant des consignes aux musiciens.
Il a pas pensé à maquiller les figurants, cette marionnette!
C'est plus un concert, c'est Cinecitta!
Plus question de playlist, Mocky l'excité, prenant les choses en main.
Le public commence à se poser des questions et déserte l'espace face à la scène pour se coller au comptoir et discuter bruyamment, il nous brise les filaments cet agité.
Spielberg, un rock syncopé bilingue, ça te va, fiston?
...je suis perdue sur un chemin...avec des intonations Brigitte Bardot.
Tu peux oublier la spontanéité, le pseudo Godard en remet une couche.
Mon voisin est prêt à le lyncher, il y a des limites à pas dépasser, si c'étaient des prises pour un film fallait pas nous présenter la chose comme un concert!
Un sax et une voix boîte de nuit pour un jazzy blues superbe 'Dans le Soleil'.
Pince-moi, le clown est pas content, on refait a take et, crie plus fort, Leila!
Un sax dément, une guitare rageuse et des beuglements paroxystiques à t'arracher le coeur.
Tu crois qu'il est heureux?
Mais non, palabres, consignes, gestes névrotiques....
Sommes plus que 5/6 à supporter les grimaces de cette chose.
Mr Rylant déserte ses fûts et pique la guitare de Leila pour entamer un slow hanté... I can see you You can't see me... I'm a stranger in this galaxy....: 'Dark Fashion'.
En duo basse/ batterie pour deux rocks minimalistes, proche de Lou Reed, interprétés par Cris.
Tu te rends compte que ce groupe a un potentiel énorme, pourtant ce faux concert est des plus frustrants.
Alors que tu crois qu'ils sont arrivés au terme du voyage, on insère une nouvelle bobine dans la machine pour refaire un 'Bang Bang' sexy en diable!
Leila, tendre enfant, tu peux en faire une en solo?
Je peux rien te refuser, Woody!
Une voix, un synthé et une complainte fragile...mieux vaut ne penser à rien, que ne pas penser du tout....
On pense qu'il est l'heure de se tirer, car ils ont décidé de tout recommencer en noir et blanc!

dimanche 5 septembre 2010

Uckelrock (Sharko- Curry&Coco- Mockingbirds) au parc du Wolvendael, Uccle, le 4 septembre 2010

Troisième édition du festival rock, organisé par le service ucclois de la jeunesse et le légèrement frimeur Echevin de Tutelle ( vise mon look, Curry, et ma manière de vider une Corona).

Au menu, en cette douce soirée de septembre, trois groupes habitués des festivités en plein air.
Pour débuter, non pas à 19h, comme l'indiquait l'affiche, mais à 19:40' par l'envol des

Mockingbirds

Soundcheck laborieux te permettant de reconnaître les lieux.
Un gugusse ventru annonce les oiseaux moqueurs. Tu te frottes les yeux:un, deux, trois...sept, au Fespival, en 2008, zétaient 9, ces oisillons!
Un coup des pies?
Tombés du nid, de fortes précipitations peuvent accroître l'indice de mortalité des oiselets...
Place à la musique: jump, jump, jump...pouet, pouet... boum, boum, boum... tsoin, tsoin, tsoin....Même cinéma qu'il y a deux ans: du ska festif, décoré de lignes de guitare vaguement surf ou de cuivres fanfare des Balkans.
Amusant, mais légèrement gras du bide.
Les fans adorent et se secouent sur les shake, shake, shake... balancés par le shouter.
Allons-y pour une petite salsa pas trop pimentée et un reggae, dose minimale de ganja, pour varier le menu.
Uccle on va se quitter sur le dernier morceau.
Non, le gars se nomme pas La Palisse, fils!
Avanti pour un ultime bouge-fesses rythmé.
40' en upbeats, idéales pour digérer le hamburger dégoulinant, arrosé d'une blonde qui mousse.

Curry & Coco

Mamie Zazie:
'Verser dans la cocotte : le curry, le bouillon, le lait de coco et le gingembre râpé. Assaisonner et couvrir. Laisser mijoter 45 minutes à feu très doux. Pendant ce temps, préchauffer le four à 220° C (th. 7). '
Et ça donne? Un mix de disco, new wave , electro kitsch, synthpop, Italo dance de Lille... à consommer frais: date de péremption, fin décembre 2010!
Dix recettes proposées et Uccle conquis!
Curry= Thomas Binocle, un cousin de Juliette la pas noche, à la batterie et Coco= Sylvain, petit-fils de Jean-Pierre Talbot, aux synthé, claviers et vocaux.
Ces petits ont tout compris au showbizz et au tri des déchets: ils recyclent Depeche Mode, Erasure, Pet Shop Boys, A-Ha, Duran Duran, Human League, Devo, Daft Punk... pour en faire un produit irrésistiblement dansant et fun!
Grosse ambiance pendant 40'.
L'intro pompier tue déjà.
Sylvain, un Vince Clarke de 1981, coiffé par Hergé et Thomas, l'intellectuel aux baguettes, s'ébattent comme des majorettes en folie, le public hurle de joie.
Ensuite ils vont nous servir quelques perles de leur premier cd 'We are beauty'( oui, ils sont modestes, ma chère Pompon!).
Toutes délicieusement rétro.
Quoi?
Quelques titres?
Ok!
'Sex is Fashion'
...I need satisfaction
Sex is fashion to me
Sex is fashion, so let's get trendy! ..
T'as pigé de quoi il retourne?
Tiré du livre de la jungle: 'Dancing like Monkey' , c'est un peu cheap, mais ça scintille.
Ouille, ça s'énerve frontstage, un singe imbibé s'attaque à de jeunes vierges effarouchées.
La Security se voit obligée de l'éjecter manu militari, c'est pas ce détail qui va empêcher Sheeta et Koko de continuer à twister, lunettes fluo sur le tarin.
C& C sont bien plus rigolos et moins vulgaires que les Naïve New Beaters, l'Asti et le Dom Perignon, tu peux pas comparer!
'Meteors' - 'Who's Next' ( connaissent même les Who!)... cette gay new wave réjouit toute la plaine.
On termine en feu d'artifices: ' Top of the pop' avec séance handclappings et le clin d'oeil à Cindy Lauper ' Girls just wanna have fun'.
Boys, too, les petits, boys too!

Sharko

Sharko chez les bobos, avec son blanc chapeau et ses poteaux: Laurens Smagghe (Sioen, Barbie Bangkok...) aux drums et le fidèle Teuk Henri aux guitares.
El cowboy d'Arlon assurera les lead vocals, maniera la 4 cordes (pour un titre, une six ficelles), tripotera quelques touches et nous vendra ses salades habituelles, emballées dans ses délires Louis Scutenaire.
Bref, du Sharko comme on l'aime.
Une intro plus noisy que les efforts de Sonic Youth pour 'I'm so stupid, the things I did, I regret it', une fausse confession applaudie à tout rompre par la jeunesse uccloise.
5 x 'Bonsoir,Merci' histoire de prendre quelque distance pour attaquer 'Mouse/ Animal/Facebook/Danger' , encore une plage de 'Dance on the Beast'.
Un hymne scandé et saccadé.
Ma voisine n'était pourtant pas endormie, mais le méchant gueule 'Wake up' et ajoute ..without any make-up... le trouvais très sobre son maquillage!
Ce mec, faut pas le contredire !
Ce début de concert sera très rock, Teuk et Laurens abattant un travail titanesque, permettant au petit David de terrasser tous les Goliath de la planète.
Un conseil à Elio, en passant: 'No More I give up', bien punky.
Haut les coeurs, Elio: ' Rise Up' en singalong social.
Séquence Hollywood ...I'm a new James Brown, I'm a cowboy ... pour entamer 'Motels' et sa danse Travolta.
Il a peur de rien, Sharko et enchaîne sur 'Excellent' son titre le plus humble.... I'm special, good in bed...
Dikkenek! Farceur!
On poursuit dans le policé, le polisson, le Sting légèrement psychédélique : ' I went down'. Super efficace!
Intro de basse bien lourde, relayée par la guitare de Teuk pour le rock aux touches reggae:'Rip off ( a phone call)' .
La ressemblance avec Police est sidérante.
La friandise 'Sugarboy' mettra fin au 1/4h Copeland/Summers/Sumner et sera suivie de la minute crooning et trémolo: ' Spotelite' , bienvenue sous le clair de lune .
Pour les enfants refusant de grandir 'Sweet Protection', et un passage à Couleur Café, annonce Mister cheveux blancs ' Yo Heart Afwica' au goût de cannelle et de gingembre.
Un scénario interactif, je leur fais chanter n'importe quoi: 'Buffalo Soldiers' de Bob Marley, par exemple, sur gros beats electro.
Daft Punk is in the Park.
Fondu enchaîné sur 'Since you called' , suivi d'un 'Trip' l'amenant à l' état de béatitude..in my galaxy Life is so sweet...
Le trio achèvera le concert sur le sulfureux 'Rock One'.

Uccle, merci d'être venu, bonsoir!
Ils se tirent backstage pour ne pas revenir malgré les vociférations de la foule.

Sharko, une machine bien huilée, une valeur sûre du rock à la belge.