vendredi 4 octobre 2013

Radio Moscow - Carousel au Magasin 4, Bruxelles, le 3 octobre 2013

Carousel, tu dis!
Cadet Rousselle?
Non!
On a carousel, The Hollies?
Non, Carousel nous vient de Pittsburgh et pratique un hard sans concessions, le genre qui t'agresse dès les premiers guitar licks et boum boum boum soutenus du frappeur, après 26 secondes, t'as les cheveux, si t'es pas dégarni, qui se dressent sur le crâne, les oreilles qui bourdonnent, les pieds qui frappent le sol et les doigts qui triturent une guitare qui n'existe pas.
Ce quartette, c'est de la nitroglycérine, ce sont de fougueux Vikings qui te rentrent dans le lard de la première seconde à la dernière et, même quand t'es mort, Carousel frappe encore... des sauvages!
Sont tous barbus et moustachus mais ne portent ni djellabah, ni babouches: le plus terrible, c'est le géant Dave Wheeler - Guitar/Vox- le petit mignon, le préféré du curé, Chris Tritschler- Guitar  -Jake Leger  maltraite les  drums  et Jim Wilson te sort des sons de  basse phénoménaux.
T'as bien des gens autour de toi qui ont fait la fine bouche: rien d'original, un hard comme en 70, c'était mieux à l'époque...
Tu dis rien, mais tu penses, t'en connais beaucoup des pareils dans notre scène rock nationale en 2013?
Donc, merci au Magasin 4 et à HeartBreakTunes d'avoir permis à ces efféminés de se produire pour la première fois dans notre glorieux royaume!
Tu dis, Daniel?
Amen!
Ils viennent de pondre une première galette grand format ' Jeweler's daughter' et avant cela ils avançaient un EP, ' Tears of Stone', comme marque de fabrique.
Hi, we're called Carousel and we play rock'n roll, ça a le mérite d'être clair!
JP, très près du podium, est prêt à shooter , un accord de guitare de Dave, il fait un bond de 3 mètres en arrière pour se cogner à Linda, une rouquine à l'air intellectuel, il bafouille une molle excuse et avise de protéger ses tympans avec une paire de earplugs fluo, 'Blast off' se nomme la romance.
Hargne, férocité, du muscle et de la sueur..
Ton cerveau déterre plusieurs anciens combattants: le Black Sabbath de quand Ozzy ne se mouillait pas dans des soaps aussi débiles que toute l'oeuvre de Britney Spears, Thin Lizzy, Judas Priest, Uriah Heep sans claviers... bref, les papes du heavy metal du début des seventies.
Pas le temps d'applaudir, 'Light of day' est sur les rails, suivi d'une rafale tumultueuse ( New Song indique les écritures), tu sais pas s'ils jouent toujours le même morceau, la machine continue à tourner à haut régime, s'il y a un léger ralentissement parce que le chauffeur  a le regard attiré par une gonze, le drummer relance le moteur aussi sec.
Un rouleau compresseur dont le système de freinage n'a plus été révisé depuis des lustres.
Et le contrôle technique?
Tu fais chier, ni CT, ni assurance, ni permis d'ailleurs!
Le chef nous rassure, that was a slow song, attachez vos ceintures, kids: 'On my way'.
A du 130 dans  le tunnel ( on te parle de miles an hour) !
'November' s'annonce chaud, les mammouths n'ont pas l'intention de débuter la période d'hibernation.
'Long time' et surtout 'Waste of time' te rappellent le Zep des débuts, quand ils pilonnaient lourd.
Pour les Anversois, 'Jeweler's daughter' et une dernière, une reprise de notre groupe préféré ' Let there be rock'.
Tiens, t'avais oublié AC/DC!
Un set tonifiant!

Radio Moscow
Naissance 2003 en Iowa, genre: psychedelic bluesrock, animateurs de la station: Parker Griggs - Guitar/Vocals,  Anthony Meier , nouveau bassiste depuis peu, une Rickenbacker imposante et Paul Marrone - Drums, en rayon, quatre albums et en 2013,  un EP, 'Rancho Tehama', un nouveau CD est  en gestation.
Wah wah omniprésente pour un premier blues psychédélique aux accents hendrixiens, comme le band jouait sans setlist et que ce que baragouinait Parker était quasi  inaudible, les titres mentionnés sont à prendre avec les réserves d'usage, on avance ' I don't need nobody' comme ouverture.
Amorce TYA pour 'Broke Down', reverb sur la voix ...I've been mistreating my babe...  le style de truc qui s'imprègne immédiatement dans ton cerveau, une basse qui pulse, un jeu de batterie en ciment et un guitar hero de la veine Alvin Lee, Clapton époque Cream ou Tommy Iommi du Sabbath, les amateurs de bluesrock de facture classique sont à la fête.
La suivante est prévue for the next album, un nouvel exemple typique de Band of Gypsys sounding bluesrock, pour citer un spécialiste de chez Tonton Sam: breakdowns, unpredictable tempo changes, crazy rave-ups and fuzzed out psychedelic guitar work...
Pas certain que la plage suivante ait été 'Turtle black rider', mais une chose est claire, Parker Griggs a beaucoup écouté Cream/  Beck, Bogert and Appice/ Cactus/ Mountain/ Blue Cheer/ Humble Pie et a probablement passé des heures à baver devant des clips de Jimi Hendrix.
Le stoner blues de Radio Moscow captive, subjugue et voit la population du Magasin 4  collée aux pieds du podium .
Une autre nouveauté, 'So Long', suivie d'un morceau d'où les effets wah wah sont absents, l'ensorcelant '250 miles'.
Démarrage tout en finesse, voix douce, implorante, guitare lyrique, drumming discret. Lorsque la basse entre en action, le son s'amplifie, la guitare décolle pour voler haut, très haut...énorme morceau!
Gimme one minute, dois changer une corde, il bricole, s'agite, se décide à changer de jouet, tandis que Paul, impatient, tabasse un tom et que la basse d'Anthony musarde gentiment.
OK, here we go again, l'instrumental lave-cerveau ' Brain cycles' puis une succession  de titres étiquetés fuzzy blues rock jam, on avance à tout hasard ' City Lights' et ' Insideout', on est à peu près sûr de l'homérique  'No time'.
Parker, toujours aussi confus, bredouille un intitulé, on pige que dalle, tout le monde s'en fout, la wah wah se fait agressive, retour au front la fleur au fusil, on parie sur 'Hold on me'.
Bruxelles, merci, la dernière avant le curfew, l'intense ' Open your eyes'.

Les bluesrock freaks n'ont pas l'intention de quitter l'entrepôt et après 3'  le trio rapplique.
Si vous me laissez le temps de raccommoder ma première guitare on vous confectionne un bis.
A ta guise, Parker!
The first song of the first album, qu'il dit, Google répond 'Frustrating Sound', oui mais, la plaque '3 & 3 Quarters' sortie en 2012 est une ré-édition de l'album que Griggs avait enregistré solo en 2003, et dans ce cas le premier titre est 'You're doing it to me'...
T'es frustré et tu veux des précisions, t'envoies un mail au chef!
Second bis: ' No good woman' !
Groovy as fuck,  profère un gars qui a connu Woodstock et Monterey!

Demain, samedi, HeartBreakTunes fait venir Audrey Horne et Karma to Burn au VK!