samedi 30 novembre 2024

Stade au Barbe, Plouha, le 29 novembre 2024

 Stade au Barbe, Plouha, le 29 novembre 2024

 

michel

 La 22e édition du festival Culture Bar-Bars se déroulera le jeudi 28, vendredi 29 et samedi 30 novembre dans près de 60 villes.... dont Plouha.

Le Barbe a prévu deux épisodes: Stade ( pas à guichets fermés) le vendredi et Mystikal Man, du reggae contemplatif, le samedi.

Stade, ce sont de vieux briscards du coin, pour ce match à domicile, Elouan Jégat ( guitare, chant) - Baptiste Le Solliec ( batterie)   et  Yann Ollivier ( basse)  ont répété pendant au moins dix minutes.

Pas besoin de plus, ils se connaissent depuis le jardin d'enfants  et se sont côtoyés dans d'autres formations à l'univers moins hardcore ( Thomas Howard Memorial, Skopitone Sisko).

 Yann, le panda dépendu ( ex Craftmenn Club et assistant du père Noël australien Maxwell Farrington)  , a pour l'occasion délégué son boulot de lightning technician à Alain, qui s'est amusé comme un fou avec les petits boutons, manettes et touches.

On nous signale qu' Elouan et Baptiste jouent également avec Fidlow ( folk pop).

 Elouan, quand il s'ennuie , mixe, arrange et produit des morceaux pour ses copains, ainsi c'est lui qui a peaufiné ' Honey' le dernier méfait du Panda qui, pour l'occasion, a mis sa fille au boulot. 

Revenons à Stade qui chaque année donne 3 ou 4 concerts, Pascal a assisté à une de leurs rares  prestations en 2019  ( cf bulletin)

20:25', Pierluigi Collina a sorti son petit sifflet et donne le coup d'envoi.

L'entrée en matière est des plus  ramassée avec une basse salement saturée , des riffs de guitares mordants et un jeu de batterie sec , 'Millionnaire' se nomme cet instrumental, ils ne nous ont pas dit si c'était en l'honneur de Tim Vanhamel ou d'Elon Musk.

'Nu song' dit le papier chiffonné, à ne pas confondre avec nu soul, car cette nouvelle composition, chantée et  plutôt rêche, présente de sérieux accents grunge/post hardcore , teintés d'envolée jazz., comme si Fugazi ou Black Flag flirtaient avec Fantômas ( pas Jean Marais, non, le groupe de Mike Patton) ou Tomahawk du même général.

Ce n'est pas parce que Elouan profère...  I see you, I feel you...  que tu dois penser à Tommy.

Yann: mon ampli est malade.

 Comme il n'y avait pas de vétérinaire dans le bistro, Stade envoie  l'incandescent ' Keep it burning'. 

Ils travaillent à l'arrache, ça cogne, gronde, mord et bastonne sans répit, puis vient la cassure, un bridge mélodique, mais lors du sprint final la bête grogne de plus belle, on attend toujours les pompiers pour éteindre  l'incendie. 

'Mercurochrome' gueule Yann.

Pourquoi pas, Thomas Fersen a bien chanté le formol.

Ce post rock instrumental et  pharmaceutique  soigne tout, sauf les blessures de coeur.

On passe au tendu ' Human robot' , ce n'est ni du krautrock, ni de la science fiction à deux balles, c'est du caustique et  du rebelle, le chant, scandé, griffe les pavillons, la basse et la guitare ferraillent sans pitié et, à l'arrière, Baptiste brutalise tout son attirail sans indulgence. 

C'est d'une voix de fausset que Elouan psalmodie ' Pamplemousse',  un fruit amer, sur lequel, posé sur la tête de Guillaume Tell,  avec son pote Yann, il tire en rafales.

Eh,  Plouha, tu te rapproches, t'es trop distant, quelques villageoises ont compris le message et se collent  près de la scène.

This is not a lovesong, marmonne Elouan avant d'attaquer 'Petit pont'  pour Marcus Rashford de Manchester United.

L'instant pub est présenté par Laurent Mariotte:  comment fabriquer des langues de chat avec un minimum de farine, à consommer avec un sorbet à la fraise, supplément chantilly sur demande.

Pas très sucré ce ' Cat's tongue' , la basse vire post punk, la guitare fouette, les chats se font la malle, ils préfèrent Cat Stevens   à Sonic Youth .

D'un chant phtisique, Elouan entame l'expérimental 'Physique-Chimie', un truc à ne pas confier aux charlatans.

Sont espiègles ce soir, après un interlude comedy capers , à moins que ce soit La Croisière s'amuse (une tranche de faux Nirvana, une amorce désamorcée de Queen, une mini-virée de Gary Moore à Paris) , ils attaquent 'A serious man' , aussi grungy que du Soundgarden ou  Alice in Chains.

Il était grave, il s'est caché, voici  ' Hidden man'   avant la reprise improbable et odieusement destroy  de 'These boots are made for walking'.

On te déconseille ces godasses pour tes randonnées, gare aux ampoules!

Quelques vannes plus tard, ils nous signalent que le train est arrivé en gare.

Vous plaisantez, lance Irène, et le bis?

Bon, on refait ' Millionnaire' , le tirage d'EuroMillions est passé, tant pis, pour terminer en dilettante par ' 176 BPM' .


Stade à Plouha, c'était un match sans enjeu, il est à noter que Mbappé n'a pas raté son coup de pied de pénalité, et comme le Réal veut s'en débarrasser, l'Avenir Guingamp est sur les rangs, du coup,  tout fier, Baptiste a sorti son écharpe de fan.




 





mercredi 27 novembre 2024

A Murder In Mississippi – Reverie, album

 A Murder In Mississippi – Reverie, album

 

michel

 americana, country, folk, blues, bluegrass

For the Road Records.

1964: James Chaney, Andrew Goodman et Michael Schwerner, militants pour les droits civiques, sont assassinés du côté de Philadelphie par des membres du Ku Klux Klan et des sbires du shériff du comté de Neshoba.

Indigntaion monstre aux States, l'histoire est relatée dans le film  'Mississippi Burning' d'Alan Parker et aussi dans le low budget movie 'Murder in Mississippi' de Joseph P. Mawra.

Plusieurs romanciers ont mentionné ces événements dans leurs bouquins, Paul Simon, Tom Paxton , Mimi Farina, Phil Ochs , Barry McGuire ou Pete Seeger ont évoqué ces faits horribles en chanson.

L'histoire semble avoir inspiré six musicien de la région de Gand, ils ont choisi la dénomination A Murder in Mississippi pour propager leur musique. 

Seconde raison  pour le choix du patronyme: Leander Vandereecken est impliqué à 100% dans les Folk & Americana Jams du Missy Sippy Club de Gand, un club qui chaque semaine programme plusieurs  concerts roots ( blues, folk americana...) de haut niveau.

Ce grand copain du regretté Tiny Legs Tim fait aussi partie des Muddy Sippy Boys et depuis peu tourne avec  l'harmoniciste Olivier Vander Bauwede  ( un EP est sorti en février).

En 2014, lui et sa frangine Mirthe Vandereecken, atteinte du même microbe, décident de former un band. Leander qui libère sa fougue dans quelques metal bands du cru ( dont 6 days of Justice) , enrôle son copain Dieter Vanhede, Mirthe fait de même pour Lore Heyerick, une amie venant du jazz .

Plus tard, ils débauchent Alexandra Van Wesemael, une violoniste issue du classique et Stijn Bontinck qui a troqué sa guitare contre une contrebasse.

Un premier album portant le nom du groupe paraît en 2018, il est suivi par ' Hurricana'  en  2021, ' Reverie', un troisième jet vient de passer par les fonts baptismaux.

Tracks:

 
Black Train
Highfield Lane
Mary Lou
Midnight Roller
Banjer City
Kingfisher
Whirlwind
Black Cats Dance in the Barn
Medicine Man
Bright City Lights

 The band:

 Leander Vandereecken - Guitar, Lead vocals
Mirthe Vandereecken - Percussion, Vocals
Lore Heyerick - Banjo, Vocals
Dieter Vanhede - Keys
Alexandra Van Wesemael - Violin
Stijn Bontinck - Double bass

 Artwork by Costin Chioreanu, a Romanian graphic designer, illustrator and video artist.

Un dessin  fouillé qui illustre parfaitement le titre de l'album: Rêverie.

On peut toujours rêver du paradis et de l'innocence perdu(e)s.  

On embarque dans le 'Black Train' .

Les trains et le bluegrass communient depuis des lustres, celui du Nashville Bluegrass band était bleu, Claire Lynch l'a vu partir au loin, le 'Carolina Special' de Irene Kelley vient de débouler , celui de Dave Evans a emmené sa petite amie loin de la ville, quasi partout le banjo et le violon s'affolent, il en va de même à Gand.

 Le mix vocal masculin/féminin fait mouche,  t'as qu'une envie, en dehors de frapper le sol du talon, c'est d'entonner le refrain avec eux ... Oh black train can't you hear me howling? Oh black train, knocking on my door Leave my body here in Virginia and then black train, I don't need you anymore. 

Une fois arrivé en gare, tu te renseignes, station keeper where can I find 'Highfield Lane'?

Ecoute Leander et ses copains, ils vont t'y  mener prestement et sans détour.

Tu veux des détails:perfect bluegrass harmony stack-up, violon, banjo , contrebasse et guitare, tout le tralala est   hyper nerveux,   le drum beat  est  brossé proprement,  et ce n'est pas parce que tu les entends   répéter cry, cry, cry.. .que tu dois te mettre à pleurnicher comme Johnny Cash.

On sait depuis Ricky Nelson que dans l'univers country toutes les filles se nomment Mary-Lou, elles  portent une chemise à carreaux, des jeans, un ceinturon et un Stetson et aiment faire l'amour dans le foin.

La 'Mary Lou' de A Murder in Mississippi  a beaucoup écouté les close harmonies des Andrews Sisters, elle swingue effrontément et,  forcément, tous les ploucs en sont fous.

Quoi, Ronnie Hawkins...  tu la connais cette fille, elle a piqué tout ton fric, ta Rolex, ton diamant,  elle a démoli ta Cadillac...

C'est pas la même, fieu! 

Et si on se tapait un petit tour du côté des Balkans,  car la country et la polka se marient mieux que jazz et java, 'Midnight Roller' a beau débuter comme un chant gospel, dès que les instruments s'activent tu ne penses qu'à danser.

Tu dis Buck?

I've got a tiger by the tail.... c'est une pub pour Esso?

Après ce  cheerful feel good track  vient la poignante et  mélancolique cabaret song,   'Banjer City'   qui évoque Tom Waits dans ses chansons les plus calmes  ou encore l'univers de Bertolt Brecht et Kurt Weill.

'Kingfisher' s'engage au ralenti, le martin -pêcheur , perché sur un roseau émergeant du fleuve boueux,  contemple les pauvres hères working on the chain gang ( souviens -toi de Sam Cooke).

Ce blues, porté par un banjo omniprésent et un fiddle chagrin, vire gospel lorsque les filles rejoignent  Leander pour psalmodier la morne complainte, rythmée par des fingersnaps méthodiques.

Un titre émouvant nous ramenant du côté de Parchman farm où on ne rigolait pas souvent.

'Whirlwind 'ne tourbillonne pas, ce gentil folk tune magnifiquement chanté par Mirthe, dégage un tel sentiment de pureté que tu  t'es mis à rêver d'un monde sans violence.

Non,  ne pense pas aux Poppys,  ni aux bisounours, mais enfin si George Harrison chantait give peace on earth, tout comme U2, qui espérait Heaven on Earth,  l'espoir est permis.

 En cette fin novembre, l'esprit de Noël  nous pousse vers un  optimisme  candide.

Et pendant ce temps les chats noirs dansent la gigue dans  la grange, ' Black cats dance in the barn' ,  pour le plus grand plaisir des souris.

Chacun se tape un petit solo allègre, Leander s'essaye même au yodel,  et c'est qui  qui se trémousse avec les chats,  mais oui, Marijke Hulsmans,  la frontlady de Along Comes Mary.

On peut se remettre de cette débauche d'énergie en écoutant l'amorce en forme de  gypsy ballad  de  ' Medicine man' , un titre  qui touche l'âme, comme un chant russe psalmodié par une dame aux yeux noirs.

 Oui mais, après 150 secondes la guitare donne le signal de la débandade, du coup les bateliers de la Volga entament un kazatchok fébrile.

Même les cosaques peuvent s'essouffler, comme la plage annonce 9 minutes, on revient au calme, le temps de boire un coup, pour repartir de plus belle en vue de la flamme annonçant le dernier kilomètre.

Un emballage final qui demande une photo finish pour désigner le vainqueur. ( le jury a vu Abdoujaparov devancer Mario Cipollini).

Non , tu confonds Jimmy Reed,  c'est Bright Lights, big city', A Murder in Mississippi termine l'album par 'Bright city lights'  , une ballade lumineuse sous forme de valse country, qui transforme Gand en capitale du Tennessee.

Amen!

 

Si ta route passe par Bruxelles ce 30 novembre, arrête-toi au Botanique, A Murder in the Mississippi s'y produit lors du Tough Enough Festival. ( au stand merch, il y aura peut-être leur dernier album!).



 




 

 





 




mardi 26 novembre 2024

Deva Mahal à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 24 novembre 2024.

 Deva Mahal à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 24 novembre 2024.

 

michel 

Hello la France ( et la Suisse) , j'arrive, tu notes?

15.11 / Atelier des Môles - Montbéliard
16.11 / L'EMA - Genève
17.11 / Le Sonograf - Le Thor
19.11 / Sortie 13 - Pessac
21.11 / Jazz Club Etoile - Paris
23.11 / Maison Folie Beaulieu - Lomme
24.11 / La Grande Ourse - Sainte Agathon

Noté, Deva, on sait il faut prononcer diva ( ça te sied), on se voit à Saint-Agathon.

Et t'étais pas le seul à te diriger vers La Grande Ourse,  qui, à deux ou trois poids plumes près, affichait complet.

Normal, Deva Mahal, fille de  Henry St. Claire Fredericks Jr., alias Taj Mahal, est probablement une des plus grandes voix soul actuelle.

On pourrait citer des centaines de témoignages, on emprunte celui de Peter Lindblad ( Elmore Magazine) :  "Deva Mahal’s singing will give you goosebumps. It’s intoxicating and beautifully sculpted, matching the seductive melodic contours it rolls over. Mournful and soothing, and liberated and dynamic, it is worth the price of admission alone."

A l'issue du concert on doit concéder que pas mal de frissons  ont parcouru ton épiderme, que t'as senti des choses remuer au niveau des tripes, qu'avec des centaines de gens tu as chanté, tapé dans les mains, tu as  souri, parfois pleuré...  bref, comme tout le monde, tu as vibré  pendant  90 minutes.

Deva ( 42 printemps) , née à Hawaï, a vécu en Nouvelle-Zélande, et si elle a commencé à chanter à l'âge de 5 ans, il lui a fallu du temps avant d'entrer dans un studio d'enregistrement pour graver des disques sous son nom;

'Run Deep' un premier album paraît en 2018,  il succède à un EP de trois titres sorti en 2017, en 2023   l'EP  'Future Classic:,Vol 1: Classic' est édité.

Un second full album est en prévision.

Un léger retard sur le programme te permet de considérer l'étonnante configuration de la scène; sur une estrade, à notre droite sont installés un orgue et la batterie, l'emplacement des amplis  nous indique que la basse et la guitare seront en retrait, le devant de la scène est occupé par deux micros sur pied, une position centrale pour le premier, à 4 mètres, à gauche, se niche le second.

Le band cosmopolite: un Suisse, un Londonien et quelques Kiwis.

 Aux keys, un crack: Ashley Henry ( London, origines caribéennes ) , deux albums sous son nom/ aux drums: Sam Notman (New Zealand)/  à la basse , le grand Benjamin Gabriel Muralt ( Suisse)/ à la guitare, une autre pointure, Noel Ashton Mihail Sellars ( New Zealand, désormais London)  et aux secondes voix, la talentueuse Iris Little ( New Zealand).

Par quelques riffs non électrifiés, Ashton donne le signal, basse, claviers et drums enchaînent, puis viennent les filles ' Run Deep' est sur les rails, il ne faut pas 20 secondes pour comprendre que cette madame a hérité d'une voix incroyable, les fantômes d'Aretha Franklin, Nina Simone , Etta James ou Amy,  surgissent, la genuine soul ( pas celle en plastique servie par des gamines singeant Aya Nakamura)  ruisselle de partout

La nouvelle reine de l'afterbeat vient de frapper très fort dès le premier titre du set., un ace!

Elle embraye sur un extrait du dernier EP, 'Run me through', a song about falling in love with the wrong person... une histoire connue!

Deva et Iris excellent dans  un dialogue élégant, les garçons nous la jouent en mode blue-eyed soul soignée, style Hall and Oates , Robert Palmer ou Simply Red.

Le tempo demeure flegmatique avec la ballade ' Fire' décorée d'étonnants effets ebow à la guitare.

La voix sereine au début monte insensiblement  en puissance, le feu  couve, comme quand les Pointer Sisters reprennent Bruce Springsteen, dehors le thermomètre était monté jusqu'à 18 degrés (étonnant pour un mois de novembre), dans la salle on dépasse allègrement les 30 degrés.

J'ai mis toute mon âme et tout mon coeur dans 'On read', une lettre destinée à quelqu'un qui m'a blessée, quelqu'un  qui a menti.

La voix vient des profondeurs de l'âme, les backings sirupeux et le solo de guitare douloureux,  ajoutent une couche de souffrance supplémentaire à la complainte.

T'as failli quitter ton siège pour lui tapoter l'épaule, lui dire 'ça va aller, viens je te paye un verre' , t'as hésité, elle a terminé sa tirade, nous a remerciés d'avoir écouté et réagi avec enthousiasme,  avant de présenter l'équipe et de signaler que la tournée s'achève ce soir.

La lovesong 'I want you (for all time) '  repose sur un piano câlin et dégage un groove dégoulinant de sensualité.

Binky Griptite (  Sharon Jones and the Dap Kings) est crédité comme compositeur de 'It's down to you', une nouvelle heatbreaking song,  sur laquelle le solo de  guitare d'Ashton  a arraché quelques larmes à une voisine sentimentale..

Vas-y Benjamin, attaque, c'est donc la basse qui amorce la suivante, qu'elle qualifie de stinky, with a little dirt on it, this is the sexy, groovy part of the show.

Le sulfureux  'Goddam'  colle  sans bavures  et quand l'orgue décolle, le fruit mûr   exsude  un  jus aussi poisseux que du  liquide séminal.

Elle nous avait prévenus, a skunky one.

Avec le palpitant  ' Snakes', Deva marie avec astuce rhythm'n'blues, soul et gospel, les serpents, au lieu de ramper, sautillent , cabriolent et dansent, à la manière de Joséphine Baker, sur fond de piano tumultueux.

Saint -Agathon bat des mains, les pieds écrasent le sol, on a ramassé deux ou trois orvets piétinés, Deva sue, se débarrasse de son étonnante veste et nous incite à chanter avec elle... hey, hey, hey, ooh, ooh ooh... c'est la révolte des esclaves!

On se calme, les amis, Ashton can you play some late night guitar chords to start 'Travel with me', un voyage au pays  du slow immortel, celui qui tue ( et pas que les mouches) , un slow  qui pique comme un scorpion chantant 'Still loving you'.

Décidément cette fille possède un timbre pas humain, si le Taj Mahal est fait de marbre blanc, la tessiture vocale de Deva est faite de caramel, de miel, de vanille ou de cannelle,  le tout saupoudré  de poudre magique, distillée par la fée Musa.

Il en reste une, 'Will anything change' , un titre funky qui montre son engagement politique:  le civil rights movement, le droit des femmes,  le racisme...  elle évoque d'ailleurs 'strange fruit' de Billie Holiday dans ce texte perspicace.


Saint-Agathon a compris le message et applaudit pendant de longues minutes Deva et son band impeccable, ils reviendront  pour interpréter une dernière flèche en plein coeur  ' Stand in' .

 

 

Allons- y pour les superlatifs pour décrire ce concert: magistral,  sublime, fabuleux, impérial, homérique, monstrueux....

Quoi, Eloy?

T'en fais pas un peu trop?

Rabat-joie!


 







 

dimanche 24 novembre 2024

Cots + Bry Webb au Chaland qui Passe, Binic, le 23 novembre 2024

 Cots + Bry Webb au Chaland qui Passe, Binic, le 23 novembre 2024

 

michel 

Les tempêtes se succèdent dans les Côtes- d'Armor, la dernière en date a été baptisée Bert ( à se demander qui détermine toutes ces appellations, des gens sérieux nous dit-on,  et on a lu ceci ...Everyone is welcome to suggest names for future consideration via email... l'adresse proposée est celle des Doors, des spécialistes en tempêtes, depuis 1970).

Bert a fait des dégâts, les rafales  dépassaient allègrement la speed limit autorisée sur nos routes.

Tressignaux a trinqué, Lannion est restée sans courant,  la station balnéaire de Binic a été épargnée,  raison pour laquelle ton antique véhicule t'a déposé à 300 mètres du Chaland pour que tu puisses assister au concert de Cots.

Ce qu'on ignorait, c'est que Steph Yates ( alias Cots), une jeune personne multipliant les projets artistiques avait emmené un copain dans ses bagages.

Pas n'importe qui: Bry Webb!

Le duo se partage l'affiche de la soirée.

Première mi-temps: Bryan Webb ( natif de London, dans l'Ontario)  en piste.

47 piges indique Wiki, ex - Shoulder, lead vocaliste pour  Constantines, des copains de Lemmy Caution pratiquant un indie rock hautement recommandable. Depuis plus de dix ans  Mr Webb voyage solo, sa disco se chiffre à 3 albums + une kyrielle de singles.

Le grand frisé ( on n'a pas vérifié la teinte de ses chaussettes), armé d'une Epiphone écarlate , démarre par  'Ask me everything' , un extrait de l'album de 2023, ' Run with me' .

La voix  est sombre et profonde, le rythme est paresseux, on a face à nous un storyteller dans le moule Leonard Cohen , Robert Fisher ( Willard Grand Conspiracy ) ou Vic Chestnutt, tous des gens torturés.

Le chaland se tait et écoute, ayant d'emblée compris que Bry est de la race des grands.

Désolé, mon français est élémentaire, merci de m'écouter avec attention, il enchaîne sur le plus ancien  'AM blues'  ( album ' Free Will' 2014), un morceau légèrement plus rythmé, évoquant un train défilant à une vitesse de 35 miles an hour, ce qui te permet de contempler le paysage, même si tu te tapes une gueule de bois après les excès de la veille..

Pour les chercheurs d'or, voici, 'Rivers of gold' , un blues aussi  nonchalant  que le cours d'eau  décrit dans la chanson, le soft croon du Canadien remue ton âme, son jeu de guitare subtil émoustille tes sens.

A great tune!

Steph Yates le rejoint, elle se case sous l'escalier où niche un mini drumkit, elle assure les backings susurrés sur ' Idlewyld', un titre non retrouvé dans sa discographie, mais,  il existe une idlewyld inn , une auberge qui occupe un manoir classé à London (Ontario).

Next one is a rock'n'roll song, effectivement 'Outbound only, no return' remue  fièrement, Steph tapote la grosse caisse, la guitare de Bry cavale  joyeusement, en mode Dire Straits détendus.

Avec ' Viva', chanté d'une voix brisée, on revient à l'introspection, on a aimé ... bark like a mule... sans oser lui demander comment s'exprimait son chien.

Pendant ' Translator' , après un faux mouvement, le jack de sa guitare se fait la malle, il venait de murmurer .. fix the sound... du coup he has to plug in his guitar, o k,  I've fixed it, on reprend!

Il m'en reste une avant le récital de Cots,   c'est une reprise de Michael Hurley , ' O my stars', une radieuse berceuse  qui doit nous préparer aux Christmas carols qui vont incessamment bercer nos oreilles païennes.

A great gig!

Un break d'une dizaine de minutes doit permettre à la clientèle de se ravitailler.

Cots

Il ne s'agit pas de lits de bébé, mais de la singer-songwriter Steph Yates.

Eléments biographiques:  Steph Yates is a writer and artist in several media: poetry, bookmaking and design, song, video, installation, and more. Alongside independent and collaborative artistic projects, she performs and records music under the moniker “Cots,” and designs and produces books for Publication Studio Guelph. 

Yates lives in Montreal.

Discographie, bandcamp mentionne un album et un EP.

Ce coup-ci,  les rôles sont intervertis: Steph est debout, armée d'une acoustique, Bry passe sous l'escalier pour manier les percussions sommaires et un minuscule synthé/sampler.

On a bien aperçu un papier près du synthé, un pense-bête !

D'une voix haut perchée, Steph entame la plage mélancolique  'Last sip' , Bry écoute sans siroter quoi que ce soit, quand elle marmonne ... lidl , lidl, lidl...  Ghislaine, caissière chez Super U, tique.

Bry est mis à contribution sur 'Our breath'  à la texture fantasque: fractures, inspirations, expirations... le titre est explicite!

La respiration est le berceau du rythme, merci  Rainer Maria Rilke!

Next one is rather tricky, rien à voir avec le gars de Bristol, pendant un temps actif au sein de Massive Attack. 

'Moonlit building'  prend toutefois des coloris trip hop lunaires, le synthé confectionne des sonorités d'harmonium, la voix fragile de Miss Yates évoquant  la poésie mystique de W.B. Yeats.

La plage minimaliste, salée et sablonneuse, ' Salt or Sand'  suit le mouvement des marées  et sert de bain dérivatif  qui éliminera toxines et stress.

Séquence palabres, on leur joue quoi maintenant?

'Devil does'?

Non, plus tard , joue leur ' Sun-spotted apple' .

Ce nouveau titre ténébreux, malgré les rayons de soleil, nous confirme que l'univers de  Cots  n'est pas banal et qu'Arnaud, comme toujours, a réussi à signer un(e) artiste passionnante.

Bry est prêt, il a ramassé sa guitare, 'Devil does' un slowcore folk , école Low, nous signifie que le diable, parfois, s'amuse  à embrasser le soleil.

La suite: une reprise de Richard Laviolette, un singer-songwriter de leurs amis, décédé en 2023.

Un album posthume est sorti il y a peu, Cots reprend le merveilleux titletrack  'All Wild Things Are Shy', une ballade d'une douceur salutaire.

Les deux voix, poignantes, se répondent, puis s'harmonisent.  

La suivante, concise, n'a pas été retrouvée sur bandcamp, elle dit notamment... children play with knives...  au grand dam de la police.

Le synthé combine un fond nébuleux pour entamer 'Flowers' , une bossa nova apportant des couleurs dans le jardin.

Binic savoure, l'air embaume de fragrances exotiques, même le chien d'Arnaud séduit s'est approché pour renifler la grosse caisse.

Steph a souri, Bry a dit ...nice dog,  au Canada les chiens ne sont pas mélomanes,  ils ont poursuivi en mode Brazilian jazz  avec 'Bitter part of the fruit'.

C'est beau,  ont réagi Georges Moustaki et Michel Legrand.

' Sing about' is a new song, annonce la fille.

Chanson à peine entamée, quand soudain, semblant venir  de nulle part surgit, non pas un aigle noir, mais le cousin de Yasser, légèrement embrumé, d'un pas décidé et tendant son I-phone vers Steph, il lui dit, faut que t'écoutes ça,  le dernier mix de  Medhi Aichaoui qui fait un tabac à Baba Hassen.

Arnaud intervient, gentiment, et prie l'individu d'aller cuver  sa mousse sur le port.

Cots reprend ' Sing about'.

Arnaud, can we play two more songs?

Only two?

'Disturbing body', aussi  gothique qu'un roman de' Emily Brontë,  donne son titre à l'album de 2021, elle décore la plage d'une séquence de trompette buccale,  avant un retour vers  des contrées plus ensoleillées,  où la caïpirinha se boit frappée, avec le léger 'Midnight at the station'.

On a cru voir le fantôme d'Astrud Gilberto.

 

Pascal, rien à ajouter?

 COTS au Chaland qui passe le samedi 23 Novembre, des airs de dark Bossa du bout des lèvres à la Mark Hollis... Un concert comme à la maison d'une grâce incomparable!

Paroles, paroles... ( talk, talk)!

 

 



 

 





 


 


jeudi 21 novembre 2024

Album - Cunningham Bird - Andrew Bird and Madison Cunningham

 Album - Cunningham Bird - Andrew Bird and  Madison Cunningham

 

michel

 Wegawam Music Co & Verve Label Group.

Americana/Folk rock/Indie 

1973, avant de rejoindre la mouture américaine de Fleetwood Mac, Lindsey Buckingham et Stevie Nicks gravent leur unique album studio sous leur nom: 'Buckingham Nicks'. Le couple se connaissait depuis l'aventure Fritz Rabyne Memorial Band, un groupe qui n'a jamais officiellement enregistré de disque, mais étant donné la notoriété post split de Lindsey Buckingham et Stevie Nicks, un best of Fritz (1968- 1971) en deux volumes, s'écoute désormais sur Spotify. 

Plus de cinquante ans après la sortie de 'Buckingham Nicks', un album cruellement ignoré par le staff promotion de chez Polydor, qui se vendra bien grâce à quelques disc-jockeys d'Alabama, qui le passaient à longueur de journées sur les stations de radio locales, Andrew Bird et   Madison Cunningham décident de le réinterpréter à leur sauce.

Andrew et Madison se côtoient depuis pas mal de temps,  celle qui en 2022 décroche un Grammy Award pour son troisième  album 'Revealer' , prête sa voix sur plusieurs albums du singer-songwriter de l'Illinois ( ex  Squirrel Nut Zippers et Quality Six), on l'entend sur Hark, My finest work yet et Inside problems.

En avril dernier, Andrew Bird sortait un album de reprises jazz (  "Inside/Outside Problems") sur lequel il chantait, e a, Duke Elligton, Cole Porter ou Rodgers & Hart, Madison n'était pas de la partie.

Tracklist: Cunningham Bird:

01 Crying in the Night
02 Stephanie
03 Without a Leg to Stand On
04 Crystal
05 Long Distance Winner
06 Don‘t Let Me Down Again
07 Django
08 Races Are Run
09 Lola (My Love)
10 Frozen Love

 Credits:

Andrew Bird: vocals, violin 

Madison Cunningham: vocals, acoustic guitar

  Mike Viola: acoustic guitar, piano, keys,  bass guitar, drums, percussion.

 Griffin Goldsmith: drums and percussion

 

Si la pochette de l'album de 1973 frappe les imaginations, car le photographe  Jimmy Wachtel ( artwork pour e a Bruce Springsteen, Bob Dylan, Joe Walsh, Warren Zevon, Graham Nash .. et des dizaines d'autres)  avait demandé au duo de prendre la pose torse nu ( ça n'avait pas trop plu à Stevie Nicks), sur Cunningham Bird, les protagonistes sont nettement plus sages.

La photo, un noir et blanc, les voit assis sur un tabouret, Andrew fixe l'objectif, tandis que Madison, pensive , les mains posées sur les cuisses,  a le regard tourné vers la gauche, contemplant, peut-être, l'oiseau dans la cage.

L'artwork quadrillé peut faire penser à la pochette de  'More Songs About Buildings and Food' de Talking Heads, signée  par le punk art photographer Jimmy De Sana. 

Sur la platine, go..

'Crying in the night', une composition de Stevie Nicks qui sur l'album de 1973 est dominé par une guitare acoustique aux reflets Laurel Canyon,  la voix presque enfantine de Stevie se colle sur une instrumentation  folky.

Chez Cunningham/Bird, l'accent est mis à la fois sur les belles harmonies vocales, dignes des Beach Boys ou des Carpenters, la voix de Madison étant aussi limpide que celle de Karen Carpenter, Andrew reste légèrement en retrait, et sur les voltiges  au violon d'Andrew, qui alterne jeu majestueux et pizzicato.

Le pizzicato pointilliste entame ' Stephanie' , à l'arrière Madison nous la joue en picking.

Le violon d'Andrew part en lament tandis que le  précieux gazouillis de la demoiselle  semble émerger du brouillard.

L'instrumental conçu par Lindsey Buckingham pour une certaine Stephanie Lynn Nicks prend ainsi  d'autres coloris .

A l'écoute de la version originale de “Without a Leg to Stand On” on comprend  l'idée des rescapés de chez Fleetwood Mac, ils ont sérieusement  insisté pour incorporer Lindsey Buckingham et Stevie Nicks dans leur nouvelle formule.

Sur le remake, Andrew et Madison, tantôt alternent les vocaux, tantôt harmonisent, guitare acoustique et violon transforment la plage en sixties pop song aux arrangements élégants.

'Crystal', une imparable   ballade  que l'on doit à la plume de Stevie Nicks, avait déjà été reprise par Fleetwood Mac sur l'album 'Fleetwood Mac' de 1975, le morceau est devenu un classique.

La lumineuse  version de 2024, portée par le timbre cristallin et pétillant de Madison, n'a pas à rougir face à l'original, au contraire elle doit refiler la chair de poule à tous ceux qui admirent Simon & Garfunkel, Angus et Julia Stone  ou les Wevbb Sisters.

De la magie pure!

 Dès le départ la relation entre Stevie et Lindsey aura été tumultueuse,  dans "Long Distance Winner", ..tu me fascines  mais you're too hot to touch et, puis,  tu veux toujours gagner...  le titre, très rock,  repose autant sur la voix de la belle Stevie que sur les riffs endiablés de Lindsey, sans oublier que le producteur Keith Olsen avait fait appel à quelques pointures, dont Jim Keltner aux drums.

Si la version proposée par Andrew et Madison est moins saignante, elle ne manque pas d'atouts. L'accent, une nouvelle fois, repose sur les harmonies vocales, tandis que le violon évoque ' Eleanor Rigby' des Beatles.

Chez les futurs Fleetwood Mac  'Don't let me down again' sonne comme un titre turbulent des Doobie Brothers , Madison et Andrew ont gardé l'esprit rock pour transformer le titre en folk rock/rockabilly avec des touches Electric Light Orchestra ou John Dummer's Famous Music Band., une réussite!

'Django',  le jazz manouche composé par John Lewis du Modern Jazz Quartet,  sert d'interlude aussi bien dans le monde de 1973 que dans celui du 21è siècle , la différence apparaît dans l'instrumentation, une guitare pour Lindsey, un violon pour Andrew.

Comme si Django avait fait un clin d'oeil  à Stéphane Grappelli.

... Races are run,  some people win, some people always have to lose... chantait Stevie Nicks, avec la voix de Lindsey en backing, d'un timbre  nasal sur ' Races are run' .

Pour Christine McVie, le meilleur titre de l'album!

Andrew et Madison ont opté pour une intro ample, avant d'entendre Andrew pincer les cordes du violon, avec l'acoustique à l'arrière, après 20 secondes Madison lance les vocaux, elle est rejointe par la voix mâle quelques instants plus tard.

D'un ton nonchalant la plage, empreinte de mélancolie, s'éloigne passablement de la version initiale, elle  prend quelques libertés. Déjà la voix de Madison présente un caractère plus velouté et la mise en évidence du violon, joué en staccato, ajoute un brin de fraîcheur aux arrangements subtils . 

Chez les neo Fleetwood Mac, le   bluesy ' Lola' ( my love)  orné d'une fingerpicked guitar, d'un banjo,  et d'un drumming rectiligne, sent bon les swamps, Bird et Cunningham ont opté pour un côté country folk, dominé par la voix souple de la douce Madison, ( elle aurait beaucoup plu à Clint Eastwood) , le violon ajoutant une pointe de mystère sur un  morceau,  où les percussions jouent en sourdine.    

'Frozen Love' une des pièces maîtresses de l'album de 1973 avait tellement impressionné Mick Fleetwood que son index a fait tourner le cadran rotatif du téléphone pour appeler Stevie et Lindsey et leur proposer de rejoindre le Mac.

Cette pièce épique faisait plus de sept minutes, chez Bird et Cunningahm on en reste à 4:43, et c'est peut-être le seul titre qui reste en retrait par rapport à la version originale.

Ce gentil folk sentant bon les British folk bands des sixties  ( Fotheringay, Steeleye Span  ou les oubliés Trees , on recommande ' Polly on the shore' ), met un terme à un projet surprenant, qui au final s'est avéré  une réussite notable.





 

 


lundi 18 novembre 2024

Dirty Douchebag au P'tit bar de Tréguidel,association du Contrevent, Tréguidel, le 16 novembre 2024

Dirty Douchebag au P'tit bar de Tréguidel,association du Contrevent, Tréguidel, le 16 novembre 2024

michel

L'horaire est une notion flexible, si facebook annonce 20h, sur place, à Tréguidel, le tableau indique Dirty Douchebag à 21h. ( heure d'automne).

Et que font les Bretons dans un,bar pendant une heure?

Une mise en condition, cadence combat, car  la bière nettoie  les gosiers asséchés.

Question d'une ouaille, Dirty douchebag, on peut expliquer!

Deux possibilités, la plus technique et intime:  To perform a vaginal douche, a mixture of water and other ingredients is placed in a bottle or bag.

Plus argotique: in slang it's an insult usually hurled at slimy, stupid men.

Et à Niort?

Dirty ( le contraire de clean) Douchebag est un groupe de garage rock qui contribue au rapprochement entre les peuples et à la promotion de l'hygiène corporelle, on occulte le côté mercantile de l'association!

Ils sont trois, ils ont été jeunes et  à jeun, ils ont sorti un EP  "Old, Deaf and Gracious" en février 2024,  ils se tapent les Côtes 'Armor car leur batteur est originaire de Cesson.

Présentation: Benoit Ventana ( ex Empirik) à l'orgue, guitare et backings, Xavier Le Roux ( batterie minimaliste, choeurs  et négoce de spiritueux)  et Guillaume Fougère ( guitare, lead vocals) .

Vu la moyenne d'âge du public ( nombreux) et les séquelles d'une gueule de bois peu  orthodoxe , on démarre mollo  par une gentille intro.

Bande de charlatans, l'amorce déjà bien saturée, annonce un concert dans la lignée des prestations des Suédois The Hives,.

Benoit, déjà, se balade sur un monitor, guitare pointée vers les premiers rangs.

Un message: on est vieux, sourds et on aime les petites filles...

Zont du bol, les féministes étaient absentes, réunies chez Bénédicte pour une soirée Chippendales. 

' Little girl' un garage rock oléiforme déferle, les deux guitares lâchent des riffs basiques mais oh combien efficaces, Guillaume, en conquérant, s'époumone, les petites filles ( oui, il y en avait 2) n'ont d'yeux que pour lui, normal, il a la dégaine adéquate.

 Sur le même tempo précipité, c'est ' Do you wanna it' qui fuse à la manière d'un ascenseur en route vers le treizième étage.

Qui a soif, pour ma première communion j'avais reçu une bouteille de Suze ( 1 litre) vous pouvez la faire circuler dans la salle et la siroter.

Merde, de la Suze, t'as pas du Jack Daniels en rayon?

'The Chess' dit le papier, ... I used to dance all night... I used to sing ...  hurle la cigale, tu le sais la fourmi ne prête pas, donc  faut pas sonner à sa porte si t'as faim.

Le groupe a le bon goût de ne pas se cantonner dans un style, la suivante présente des funky vibes, mises en valeur par l'usage de la pédale wah wah.

On évite de mentionner les titres repris sur la setlist, elle n'est pas fiable ( 'Sweet Suzy' était peut-être exact)  , par contre on vient de piger la raison pour laquelle les jeans du chanteur sont troués au niveau des genoux, il multiplie les génuflexions  sans  pratiquer le signe de croix, il a les mains occupées par sa guitare.

Comme The Kinks avant eux, Dirty Douchebag  chante l'alcool , deux groupies attendaient ce moment plus calme pour entamer un ballet plus ou moins esthétique, pas de bol, le morceau monte en puissance, elles s'adaptent. 

Alfred, qui passait dans le coin, constate... qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse... il n'aime pas trop  la Suze, Suzy ne le laisse pas indifférent.

On te l'a déjà dit, leur garage n'est pas fermé aux autres influences, la suivante épouse des sonorités psychédéliques très doorsiennes grâce à l'orgue manipulé par Benoit.

La plage avait débuté relativement calmement, une montée en puissance était inévitable, résultat, une cymbale se fait la malle en dansant le charleston.

Pour retrouver le papillon de serrage paumé,  on a fait appel à un spécialiste des bottes de foin.

1, 2,3, 4 ( in French), les Ramones?

Non ce truc bien chaud  ( 'In formation' ?  ) avec ses guitares baïonnettes,    présentait plutôt   un caractère Blue Cheer ou Pretty Things.

Pour rire: la suivante, ' Get around' est une reprise des Beach Boys, des charlatans, on t'a dit!

Après un faux départ, ce morceau aux senteurs Lords of Altamont  décape mieux que le xylophène 5.

A l'arrière le cousin de Gérard Jugnot se démène comme un poulain ombrageux.

Aucun signe de relâchement ' Hey!'  doit remettre sur pied le paralytique sans faire appel à Jésus.

' Born 74' est décoré d'un duel de guitares digne de Wishbone Ash, il est suivi par ' My Queen' qui démarre comme un twist, mais pas à Saint-Tropez,   avant une cavalcade névrosée sentant bon le 'Psychotic reaction' des Count Five et un entrefilet ' Blue suede shoes'  pour Carl Perkins.

Un petit blues, Tréguidel?

Leur notion du blues diffère de celle des puristes , 'Brown Widow' sonne plus  comme les Sonics que comme Muddy Waters.

La voix de Guillaume s'éteint peu à peu, heureusement on arrive au dernier morceau prévu: ' Parcel buy' , qui voit les champions d'air guitar des Côtes d'Armor donner la pleine mesure de leur talent.


Un bis?

Vite, alors, on a soif: ' Dig your mother'.

Au fond, NTM n'a rien inventé! 

C'est par un final apocalyptique, trois moribonds couchés sur scène,  que prend fin ce concert  old skool!

 







 


 

 


 



samedi 16 novembre 2024

Anaïs Rosso - Centre culturel Le Cap, Plérin, le 15 novembre 2024

 Anaïs Rosso - Centre culturel Le Cap, Plérin, le 15 novembre 2024

 

michel 

 Dans le cadre de la création du fonds vinyles « Féminin Pluriel » proposé par la médiathèque Le Cap  à Plérin et profitant du Festival itinérant Les Femmes s'en Mêlent, le service culture de Plérin propose un concert ( gratuit) d' Anaïs Rosso dans l' impeccable Auditorium du centre culturel.

Si Anaïs Rosso, une des lauréates du programme d’accompagnement WomenBeats de 2022, ne peut pas encore étaler une discographie imposante, à peine deux titres sur les plateformes, sa carte de visite "concerts", par contre,  peut  être exhibée, rien qu'en 2024  des prestations un peu partout en France, avec déjà un passage dans le 22, en juillet elle était sur scène à La Roche Jagu, et quelques premières parties intéressantes, notamment Keziah Jones.

Après une brève allocution d'un membre de l'organisation,  l'artiste, née à Paris et ayant vécu pendant quelques années en Afrique, puis  en Australie, histoire de peaufiner son anglais et d'admirer la faune locale, se présente face au nombreux public.

Parenthèse: avant de tenter l'aventure solitaire, elle  a fait partie du  groupe Oscar Meïka.

Sur scène on avait aperçu un mini synthé et un  échantillonneur  multi-pads, sur le sol traîne un jeu de loop effects pedals, qu'elle utilisera à bon escient.

Polie, l'aimable et souriante jeune dame nous salue, place quelques accords de guitare aussi sobres que ceux de Tracy Chapman ébauchant ' Fast Cars', avant de ricaner comme une hyène dérangée, après avoir d'un doigt actionné le sequencer, elle annonce une chanson traitant des oiseaux de mauvais augure. 

Toi qui voyais la colombe comme un messager de la paix, tu es surpris d'entendre que  la colonie de ' Colombes'  ressemble plus aux oiseaux de malheur décrit par Alfred Hitchcock dans le thriller ' The Birds'.

La guitare bluesy et le chant narré, ont tôt fait de  captiver l'assistance, quand soudain, la voix d'Anaïs prend des intonations lyriques avant de nous  surprendre en la modulant pour adopter des inflexions enfantines, comme si elle s'adressait à son  chat.

Après avoir introduit quelques bribes de ' La Marseillaise' dans son couplet, elle nous refait le coup des gloussements du kookaburra, un volatile qu'elle a  dû croiser Down Under.

Tout le monde a des ami(e)s, ceux d'Anaïs se nomment Verlaine, Yourcenar, Maya Angelou, elle évoque ces gens avant  d'attaquer un second titre inspiré et mélodieux , qu'elle décore de miaulements destinés à sonner comme une trompette ou un saxophone buccal.

( On a bien vu une setlist  qui mentionne ' Paradis' comme second titre, mais après le set elle te mentionnera que la chronologie  n'a pas été  forcément respectée et ' Paradis' viendra bien plus tard, a-t-elle interprété ' Les immortels', maybe? ).

Miss Rosso aime raconter, elle est de la race des storytellers  baratineurs, après avoir cité quelques Rosa qui l'ont inspirée ( Rosa Luxemburg, Rosa Parks... ) et confié avoir prénommé sa fille Rosa, c'est logiquement qu'elle enchaîne sur  'Facing Roses' , un titre bilingue qui  justifie un parallèle avec Joan Armatrading. 

Mon ami ' June' est timide, il est là mais ne se montre pas...  au synthé, d'une voix soul, profonde et malléable, elle chante son June... a guy like another guy... 

Par quel miracle a -t-elle pu adopter ce timbre viril nous confirmant la présence de l'homme invisible?

C'est incroyable ce qu'on peut faire avec le voice modulator, effet magique garanti!

Elle termine ce titre imparable par une petite promenade face au premier rang.

Toujours au synthé , elle propose ' Till there was you' , a lovesong, débutant par une intro majestueuse avant de virer jazz / trip hop tune qui la voit  crooner à la manière de Nina Simone.

'OVNI' est une lettre destinée à ma mère.

La chanson, au texte rancuneux, est amorcée par des sonorités ondulantes et caoutchouteuses au synthé, mais lorsqu'un doigt écrase une touche  de l'échantillonneur, ce sont de gros beats qui jaillissent, un essaim de choristes invisibles ajoutant  un fond africain à ce chant prophétique.

L'univers d'Anaïs est à la fois déconcertant et enivrant.

Voilà ' Paradis', un synth pop track où l'électronique sonne comme un accordéon et où Adam et Eve respirent  en créole. 

Elle revient à la guitare pour chanter les peurs enfantines... I see monsters... this is awesome...  elle pleurniche... slow down, slow down... my suffering is insane...  ( Endless darkness'?).

Ce titre suffocant est  à rapprocher  des compositions sombres d'Alela Diane ou de Shannon Wright.

Plérin, je n'aime guère les silences, mais une guitare doit être accordée!

Après ce bref blanc vient 'Eveille- moi',  un morceau qu'elle a composé à l'âge de 14 ans.

Verlaine et la Seine copinent.... Anaïs, toute gamine, déjà, maniait  rimes et métaphores.

Il m'en reste une, ' From the sea with love' a été composée en Australie, it is the story of a fairy tale.

Ce titre folk aux relents  Cat Power, Tracy Chapman ( déjà citée), Sharon Van Etten ou Valerie June..., met un terme à un concert  singulier,  donné par une artiste à la tessiture vocale étonnante et au charisme magnétique.