mardi 18 janvier 2022

EP - Gender Studies - M(h)aol

 EP - Gender Studies - M(h)aol

 

 label TULLE

 

( michel) 

 M(h)aol, named after an Irish pirate queen,  is pronounced “male”, le groupe irlandais ne manque pas d'humour,  si tu sais que ses membres se considèrent comme féministes.

Jamais entendu parler, tu dis, t'inquiète, ça va venir.

M(h)aol semble exister depuis 2015, année où paraît le single 'Clementine' qui n'a aucun rapport avec John Ford, ni Henry Fonda.

Cinq années vont s'écouler avant la sortie de ' Laundries.

En 2021, le groupe s'active , un nouveau single 'Asking For It' paraît, qui démontre leur engagement socio-politique , it speaks to the violent cultural misogyny inherent in the murder of Sarah Everard in London et de tant d'autres filles, victimes de brutalités misogynes,  il précède la livraison d'un premier EP "Gender Studies", enregistré en 3 jours.

Six titres sur le vinyle,  cinq sur la version digitale ( celle qui nous concerne).

1. Gender Studies
2. Desperation
3. Kinder Bueno (Vinyl Only)
4. Laundries
5. No One Ever Talks To Us
6. Óró Sé do Bheatha Bhaile


Line-up:

 Róisín Nic Ghearailt on vocals, Constance Keane ( Fears)  on drums, Jamie Hyland on bass, il a produit l' EP et ce n'est pas son coup d'essai, il a fait de même pour quelques enregistrement d'autres gens de Dublin, aussi célèbres que James Joyce: Girl Band,  Zoe Greenway on bass, and Sean Nolan on guitar.

 Artwork: Zoe Greenway.

Une photo en noir et blanc d'un esthétisme rayonnant, deux mains féminines, aux doigts, fins s'élèvent dans les airs, elles semblent vouloir intercepter une bulle, ressemblant au globe terrestre, sortant du cadre du cliché. En arrière-plan, un paysage vallonné fait d'une prairie, la ligne d'horizon la sépare du ciel.

Cartier Bresson s'est dit impressionné! 

Avec 'Gender Studies'   le groupe oeuvre dans l'urgence. Aux riffs cinglants, semblant sortir tout droit d'une aciérie où le métal en fusion aveugle les pauvres ouvriers sidérurgistes, succède un roulement de tambour mortel, tout baigne dans un fuzz industriel décapant, tandis que  Róisín débite son texte d'un timbre froid, évoquant le spoken- word de Kate Tempest.

Tu t'en doutes, il n'est pas question d'un roman à l'eau de rose, comme Harlequin en produit des tonnes, le propos est nettement moins fleur bleue, 'Gender Studies' aborde les relations hommes-femmes,  la violence physique et verbale, les préjugés, les insultes à l'adresse des transgenres, l'intolérance et le machisme.

Rarement entendu une entrée en matière aussi abrasive et radicale.

 Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?... ce n'est pas la crainte de la  vieillesse que  RNG vomit en chantant 'Desperation' , les deux basses agressives, la guitare métallique en distorsion, le schéma itératif proposé  par Fears, qui martèle les cymbales sans relâche, dessinent un décor sombre et inquiétant .  

Mec, ou miss, va savoir, les trucs que tu m'as raconté se sont enracinés dans ma cervelle et franchement ça m'a pas mis de bonne humeur, j'ai qu'un seul corps, tu vois, faut que je le préserve.


De l'air, il me faut de l'air!

' Laundries' sorti en 2020 trouve une place sur l'EP.

Schéma identique,  Róisín Nic Ghearailt en spoken-word s'énerve subitement et expulse toute sa rage en poussant des cris hargneux, à l'arrière le bataillon forge un wall of sound sourd, fait de percussions fracassantes, de guitares brouillées et de basses vrombissantes.

Le titre retrace le destin de femmes "perdues" internées dans les sinistres Magdalene laundries ( les blanchisseries Madeleine), déjà dépeintes dans le film 'The Magdalene Sisters' de Peter Mullan.

Tu ne ressors pas tout propre de cette machine à laver infernale!

Le groupe embraye sur un nouveau cri de colère et de dégoût : ‘No One Ever Talks To Us’!

...No one ever talks to us 

Unless they want to fuck...

 

Combien de fois a-t-elle répété no one ever talks to us.... trente, quarante fois?

En tout cas, la phrase,  prononcée d'un timbre agacé et désabusé,  s'imprègne dans ton cerveau, le décor sonore bruitiste  rapproche les Irlandais de groupes tels que Fuck Buttons ou  Holy Fuck ou des expérimentations soniques que  Lou Reed  avait dénommé Metal Machine Music.

Le thème  expose  une nouvelle fois les démêlés hommes/femmes, les embûches que doivent subir les filles dans un monde dominé par le sexe opposé.

La vidéo, flippante,  illustrant la chanson fait référence, notamment,  à l'ouvrage de Barbara Creed ' The Monstrous Feminine'  qui s'attaque à certains concepts freudiens, notamment celui où il rapproche le sexe féminin d' un monstre mythologique.

Le traditionnel irlandais  'Oró, Sé do Bheatha 'Bhaile' boucle la revue.

Ce  'Bella ciao' irlandais était repris en choeur lors de la   guerre d'indépendance irlandaise.

Que les activistes post punk ait ajouté le titre  à leur répertoire n'est guère surprenant, la ballade traite de Gráinne Mhaol, alias Gráinne Ni Mháille, la femme pirate aussi célèbre que Vercingétorix chez les Gaulois.

Rebelle  indépendante, féministe convaincue,   farouche  et astucieuse, elle  a passé sa vie à combattre l'Anglais qui a toujours voulu faire main mise sur l'Irlande.

 

Dommage que John Osborne ne soit plus de ce monde, il aurait pu écrire un nouveau 'Look back in anger', cette fois- ci consacré aux angry young women,  les filles de Mhaol auraient pu  servir de modèle!


Political art existe, ' Gender Studies' en est un satané exemple !

 


 


 


 


   

 

lundi 17 janvier 2022

Armelle Dumoulin à la Fabrique à Parole, Paimpol, le 15 janvier 2022

 Armelle Dumoulin à la Fabrique à Parole, Paimpol, le 15 janvier 2022

 

(michel)  

Si la semaine précédente l'événement "LéON/Les On Spectacle improvisé" avait dû être reporté, en ce samedi, où le thermomètre flirtait avec le degré zéro,  Armelle Dumoulin, comédienne, chanteuse, auteur et compositeur, avait bien trouvé le chemin de la Fabrique à Parole.

Armelle, qui n'a rien d'un petit couteau, ni d'un canapé vendu soldé à 670 €, se paye une tournée bretonne, qui l'avait emmenée à Douarnenez  la veille.

Quoi, si Armelle Dumoulin a un  talent épistolaire, aucune idée, Alphonse?

Revenons au sujet: Armelle, désormais Parisienne, est instruite (   maîtrise de Lettres et  de Théâtre), elle aime les poètes calligraphes et voue un culte à Henri Michaux, 

On lui doit trois pièces, un feuilleton radio et, comme chanteuse, sa discographie se chiffre à 5 albums et un EP.

Son dernier méfait a été baptisé 'Brise Vitrail', c'est cet album qu'elle vient défendre chez les augustes Bretons.

Salle bien remplie, lorsque peu après 20:30', madame Patricia vient présenter son amie, Armelle Dumoulin.

La grande fille saisit une guitare électrique, égrène quelques notes et attaque 'Désordre' , une gabegie poétique construite sur un fond sonore minimaliste.

Où situer son univers singulier?

Pas du côté des conventionnels, c'est une certitude, ses textes demandent une lecture analytique pouvant faire appel à la psychologie et à une certaine forme d'ésotérisme, pas que la madame utilise un vocabulaire sibyllin, mais les associations d'idées et les jeux phonologiques demandent un minimum de  travail cérébral.

OK, tu veux des noms: Arthur H, Albin de la Simone, Florent Marchet ou Bertrand Belin, avec lequel elle a d'ailleurs collaboré. 

Le jeu saccadé de ' Danser 76'  ne plaira guère aux amateurs de menuet, par contre, si Scout Niblett devait l'entendre jouer et chanter, elle pourrait devenir fan.

M'en vais pousser du doigt sur  un pad du sampleur-séquenceur,  une voix off débite une histoire incongrue, Armelle prend le relais et questionne, tu fais quoi avec les enfants quand il pleut?

Moi, papa et maman m'emmenaient sur le plateau de Gergovie, à 700 mètres d'altitude. Elle enchaîne sur ' Gergovie' au texte surréaliste, fait de subtils collages: rocailles, verre de Ricard, Rabelais, Hibernatus, quelques Romains égarés, des fourmis et des Gaulois, évidemment.

Nouveau fragment enregistré pour amorcer ' Tout ce bleu' , une ritournelle au texte répétitif, paraissant  moins absurde, elle parvient toutefois à y glisser une incongruité qui  fait sourire .... anomalie pleine de grâce, soyez ici je vous en prie... 

Donc, hier, c'était Douarnenez, un bar, les gens y ont des visages terrestres, en vous regardant de plus près, vous n'êtes pas mal, non plus, je vous  dédie, ' A l'Ouest' , rien de nouveau, simplement il est à la masse, et je suis une idiote.

Après ces quelques titres plus anciens, Armelle revient au dernier album avec ' Normal' qui rime avec Epinal, normal.

Une rupture c'est émouvant, sauf chez Miss Dumoulin, qui adopte un ton badin.

Elle ramasse un mini-piano, saisit une chaise, tapote les touches et entame un chant en catalan/andalou basque/ galicien où il est question de dolore et de mano.

Déjantée, tu dis, à peine!

' Brise vitrail', mesdames et messieurs est un hommage à la dyslexie, alors si tu entends braise  virale ou baise ventrale, c'est pas un problème, tu vois!

Voici, ' Comme un coup de poing'  , une chanson d'amour construite sur un rythme de tango milonguero, pas évident à danser sans l'accordéon de Marcel Azzola.

La playlist  mentionne ' Le pays des Pistes', un morceau non retrouvé sur album mais dont l'imagerie particulière et les collages dadaïstes saugrenus interpellent.

Le mélancolique ' Une heure m'a perdue' précède 'Puisse le jour' un titre littéraire  d'une lenteur aristocratique.

Le show est truffé de séquences parlées, on a droit à une nouvelle anecdote que tu peux baptiser ' ma vie est géniale', elle précède ' Bien'  une fausse valse nonchalante.

' T'y a posé tes mains ' n'est pas tout à fait zouk mais s'en approche, puis c'est au piano qu'elle balance la berceuse philosophique et thérapeutique 'Perchoir' .

Nouvelle intervention parlée sur bande avant de proposer sa dernière tirade, ce sera un slow, annonce-t-elle,  un nouveau titre, pas encore passé sur les fonts baptismaux.

La guitare tricote, le bébé tangue, on croit y entendre un air connu, c'était pas "Put your head on my shoulder"  ni  un truc de Sardou, c'était sympa, drôle et déroutant comme ce qui avait précédé.

On a applaudi, elle est revenue pour balancer 'Honneur' au doux parfum Jacques Higelin, avec un clin d'oeil pieux à  Juan de Yepes Álvarez, alias Saint-Jean de la Croix, poète mystique prônant le dépouillement absolu.

 

 À vous qui cherchez Dieu, bienvenue chez Carmel!

 

 


dimanche 16 janvier 2022

Asteroid Blues - EP Asteroid Blues

 Asteroid Blues - EP Asteroid Blues

 no label found

NoPo 


Asteroid Blues 2021

Loin, loin, ils viennent de loin ces asteréoides. A partir de Sydney, ils nous apportent leur son intersidéral sous forme de 4 rayons laser.
1. Blackstar 05:14
2. Infinity Man 04:11
3. Hallucination Bay 05:56
4. Caffeine & LSD 04:02

Les 5 cosmonautes, en formation depuis 2018, prennent caféine et LSD qui leur procurent des hallucinations d'homme infini (descendant des personnages de Jack Kirby dans DC Comics) en direction d'une étoile noire (courtesy from David Bowie).
Ils puisent leur imagination, non pas dans le cosmos, mais dans des souvenirs de jeunesse et d'insouciance dans leur ville d'origine.
Ils s'appellent :
Tristan 'Danger' Walsh
Corey 'The Lorax' Woods
Brenton 'Lemon' Petrov
Ewan Borthwick
Keegan 'Big Sauce' Coulduck (le surnom pourrait être autant canard cool que grosse sauce!)

Le design ouvre un trou noir dans un ciel bleu, floqué de nuages blancs. Cette brèche déformée, digère 'Asteroid blues' (tout aussi déformé) et ses musiciens photographiés live en noir et blanc.
'Not a blues band' précisent-ils sur le net. Vous pourrez le vérifier ici https://asteroidblues.bandcamp.com/album/asteroid-blues

Et bien non, 'Blackstar' ne rend pas hommage à David Bowie. On s'installe sur une première orbite géostationnaire pour observer cette étoile.
Un faux démarrage laisse place à des arrangements chaloupés, légèrement reggae. L'ambiance générale se situe parmi des tonalités English Kooks. Happé d'entrée et capté jusqu'au bout, je tape du pied et je goûte cette délicieuse mélodie.
Sur le refrain, guitare, basse, batterie rockent à qui mieux mieux et miaule le chant. Il s'élève en bout de piste n'hésitant pas à abandonner les textes au profit de 'whoho' avant de libérer Keegan qui envoie la sauce dans un solo de guitare brûlant.

'Infinity man', s'est fait la malle en single l'année dernière déjà. La batterie guide un rythme régulier ajusté aux battements de la basse-coeur. Il s'agit d'un morceau pop-rock aux douces effluves psyché.
Fragile, la composition autorise un arpège à tisser sa toile pour des vocaux précieux couverts de bonnes manières.
Un frottement de cordes accompagne ensuite la gratte arachnéenne qui achève son périple dans un solo aux effets wahwah (après les whoho de 'Blackstar', un rock clébard adapté aux bistrots?).


'Hallucination bay' porte la classe dandy des Arctic Monkeys. La voix aux teintes d'Alex Turner croone, résolument séductrice.
Pour les plus pointus ou les locaux, je citerais Nathan Jacques des Fabulists, (groupe originaire de Bressuire dans les 2 Sèvres http://www.concertmonkey.be/reports/fabulist-au-carnaval-de-quessoy-le-20-avril-2019) qui mériterait plus d'exposition.
Dès les 1ères secondes aux cordes crissantes et voix quasi a capella, frêle et pourtant pleine d'assurance, la magie opère.
L'allumage s'effectue dans une allure flegmatique sous des mouvements lascifs de basse et guitare en reverb... une rampe de lancement pour un crescendo poignant. La guitare part d'abord en battements puis le riff cingle le palpitant.
Le procédé se répète dans un 2è tour puis un 3è où la voix, immergée, souffle, à chaque fois, des bulles d'émotion. Au risque de me répéter, je trouve cette composition fabuleuse.

'Caffeine & LSD', choisi en single, s'annonce par un riff tournoyant. Faux départ, le couplet préfère poser des fondations sur une basse, bien ronde, roulant sur une batterie sobrement subtile.
Le riff sidérant revient sur le refrain où la voix s'emballe. Au terme, l'envoûtement se rompt dans un rythme cassé et saccadé.


Encore une fois, la valeur n'attend pas le nombre des années. Aucune démonstration n'est nécessaire, la musicalité fine s'affirme, innée, inéluctable, inébranlable.
Les Australiens ne mentent pas, aucun blues, le voyage dans les astres procure un bien être indescriptible!

vendredi 14 janvier 2022

Split album - Little Green Fairy et The Sonic Preachers.

  Split album - Little Green Fairy et The Sonic Preachers. 

Closer Records

(michel)

Le format split est  très prisé dans les scènes punk-rock, hardcore, grindcore, black metal, noise ou encore indie pop...

Quoi, et Lio, alors? 

Et puis, c'est réducteur ta définition.

Regarde: Ella Fitzgerald and Billie Holiday at Newport is a 1958 live album by Ella Fitzgerald and Billie Holiday, recorded at the 1957 Newport Jazz Festival 

Du punk?

On continue?

Jana Hunter/Devendra Banhart is a self-titled split album by Devendra Banhart and Jana Hunter, released in 2005

The Birds and the Bees is a split EP between Australian bands Trial Kennedy and Horsell Common, released 4 April 2006. It features three songs by each band,

Sunshine / At the Drive-In is a split EP released under the independent record label Big Wheel Recreation on April 13, 2000. It featured songs by the Czech band Sunshine and the American band At the Drive-In.

Non, même si JoeyStarr a un faible pour Sylvie,  il n'existe aucun split  NTM/Sylvie Vartan!

Venons- en au fait: The Sonic Preachers from Sète et Little Green Fairy, de la même cité, dont le cimetière est entré dans la légende grâce à Brassens et à Paul Valéry, non, il n'a jamais fredonné "Qu'est ce qu'on a dansé sur cette chanson", sont sur le point de sortir  officiellement leur split.

 On sait que tu es fan des Groundhogs, mais il n'y a aucun rapport.

 Les cinq titres des Little Green Fairy sont repris sous l'étiquette "Sex games and life" , sur la face B tu entendras 'Go to the Station' des Sonic Preachers.

 Little Green Fairy - "Sex games and life"

1.
Nowhere to hide 03:39
2.
Just a game 03:27
3.
Ray of Life 03:30
4.
A Forest 04:23
5.
Quick Fuck 03:20
 
Pochette -  Buck Danny s'amuse dans son petit avion jaune, pas peur de Dan Cooper et encore moins de Tanguy et Laverdure, c'est pour Buck que va craquer la pin-up déguisée en fée clochette, Peter Pan n'est pas dans le coup.
 
Présentation du verdâtre conte de fée occitan:  "4 useless noisy cunts play loud rawk with fuzz and wah wah feedback!!!The Worst French export since the nuclear tests in Mururoa!!!"
 
En fouillant dans les fiches de la PJ  on avance des noms: J.P. Molinier, alias  Rauky, guitare, clavier et chant,   Pippo Pasquini à la batterie, Guillaume Brugvin, chant, basse, Shap Preachers, guitare.
Ces beaux jeunes gens ont tous une carte de visite éminemment rawk and rawl.
Rauky s'est affiché chez Tabasko, Sonic Assassin ou Velvet Powder, e a /  Shap au look Johnny Mastro ( Mama's Boys) s'ébat au sein des Sonic Preachers et d'Electric Comédie/ Guillaume  est également comédien et s'amusait chez Velvet Powder/ Pippo a été aperçu chez Sonic Assassin, Electric Manchakou The A-10 et d'autres formations  dont les membres avaient les oreilles percées de safety pins.
 
Un petit coup  d'absinthe, un clin d'oeil à Degas et c'est parti. 
Avant de lancer ' Nowherte to Hide', on te signale en passant que Chris Bailey des Saints, devenu un supporter de l'Ajax Amsterdam, a produit le cinq-titres et puis si on t'annonce que le groupe, dans une formation différente, existe depuis le début du siècle, tu considères déjà que le truc va sentir le vieux.
C'est là que tu te trompes allègrement, ces braves gars rockent encore,  à l'ancienne assurément, ' Nowhere to Hide' en est la preuve.
Une pincée de garage, une rasade de punk, des grattes qui   couinent , une rythmique jouant serré, un gimmick ' Race with the devil' ( Gun) et une voix soignée au Bourbon et à la clope.
Que demander de plus? 
Une acoustique introduit 'Just a game', un midtempo, au chant désabusé,  évoquant à la fois Johnny Thunders, les Triffids, pour rester en Australie, et Gil Riot ou Crocodile Boogie, pour revenir en France.
Accélération conséquente avec un  ' Ray of Life',  truffé de reverb, la vibrato handle à l'action avant de prendre un   virage fuzz au cordeau, on pousse davantage sur le champignon pour  une séquence à  la limite de la sortie de route, elle est dominée par des effets  wah wah à rendre jaloux Tom Morello et Joe Satriani. 
Sète: la forêt domaniale des Pierres Blanches est  riche de 700 espèces végétales dont certaines très rares...
Euh, tu t'égares!
OK, Little Green Fairy a décidé qu'un bain de jouvence pour  'A Forest' , de The Cure, s'imposait.
Leur version vitaminée, une nouvelle fois  gavée à la wah wah,  doit faire merveille, interprétée live.
Voix éraillée et guitares post punk, on est à cent mille lieues du traitement bossa nova proposé par Nouvelle Vague.
Une petite baise avant de se quitter?
A 'Quick Fuck', d'accord, dans le garage, alors!
Laisse tourner le moteur de la Porsche , ça couvrira le bruit de nos ébats.
Coït après 3'20"", record presque battu!
 
Plus besoin d'aller sur  YouPorn pour t'adonner aux sex games, tu  glisses ( je te vois venir, attends j'ai pas fini,) la rondelle de Little Green Fairy dans le lecteur: orgasme garanti!


B- side: Go to the Station - The Sonic Preachers
 
Pochette tout aussi bariolée montrant une  automotrice vintage, sans Little Eva posant sur une micheline,  mais avec un autre beau-châssis en mode bikini rockabilly prenant une pose figée, légèrement burlesque; se pavanant à droite  de la  machine, selon l'endroit où tu te trouves.
Designer: Djo!
 
tracks
1.
LAST FRIEND 01:55
2.
I WANNA KNOW 02:45
3.
GO TO THE STATION 02:50
4.
GUN CITY 01:50
5.
I REALLY MISS YOU 03:46
 
line-up présumé:
Eric "Djo" Chazottes (chant), Shap Preachers  (guitare), Laurent Richard  (guitare), Alain Mairet (batterie) et Romano (basse, chant)
Comme Romano avait rendez-vous avec une petite romaine pendant l'enregistrement, Guillaume Brugvin propriétaire du studio d'enregistrement s'est chargé des lignes de basse.
Si tu y vois des traces de  consanguinité avec Little Green Fairy, ce n'est pas un hasard!
Historique: naissance en 2017, un album en 2018, des concerts à la pelle, avec quelques premières parties légendaires: les Fleshtones ou Supersuckers, et un futur s'annonçant radieux, ils sont annoncés en avant-programme du Pape  François au Vatican cet été, sauf si Jules Ferry bloque les visas.
Envoie, Dio!
Aïe, j'étais pas prêt, ce  ' Last Friend'  secoue un max, mais dis-nous, c'est qui la nana qu'on entend en bruit de fond.
Est-ce bien une fille, ou un de tes copains, châtré pour l'occasion, on s'en branle du moment que ça cogne et  que  ça morde salement  dans les mollets, car les Dogs sont des modèles.
De vertu?
Ouais, de petite vertu!
 ' I wanna know' est toujours survitaminé, le rock ( garage/punk) australien servant de modèle , Radio Birdman, les Saints, Lime Spiders  ou Laughing Clowns, l'indice d'octane est élevé, alors s v p,  tu oublies  la Kia machin truc , autonomie 430 km et accélération en option, avec reprise à peu près  nulle, si tu veux la revendre.
Dans le bush, il nous faut de la puissance, t'as saisi?
Les hérauts de l'Hérault nous donnent rendez- vous à la gare, ' Go the Station'.
Laquelle, mes mignons et puis vous vous fiez à la SNCF, vous?
Une guitare élastique introduit le morceau, après un tchik tchik , le signal du chef de gare, le titre s'engage mollo, le voyage se déroule sans accrocs, avec tout de même une sérieuse montée en puissance après un wouah fulgurant.
Du coup, ton chat a mis les voiles mais pas  sur un motorcycle comme dans la chanson. 
Pas sûr que ' Gun City' ait été repris sur la bande - son de 'La sombra de la ley', par contre c'est certain  que ce punk rock bestial va laisser des cadavres sur les trottoirs de la cité.
Quoi?
Eddie & The Hot Rods, ouais, bien vu, et pourquoi pas Stiff Little Fingers!
Pour terminer sur une note quelque peu déprimante, les moralistes proposent 'I really miss you' que tu ne confondras pas avec l'easy listening tune  susurré par le charmeur Paul Anka, on a affaire à un groupe de garage tout de même!
 
Tu la trouves où cette marchandise?
 
 Pour ceux qui veulent obtenir le split album LITTLE GREEN FAIRY / THE SONIC PREACHERS, contacter Gregory Fatalbazuka à l'adresse mail suivante : greganne@hotmail.com 
 
C'est gratuit?
Presque, 15 boules + frais de port.
Pour l'instant pas de scène en prévision!

 

 

 

  
 
 



 



Album- The Fragments Of Wonder by Wonders

 Album- The Fragments Of Wonder by Wonders

 Limb Music!

 

NoPo

 WONDERS The fragments of wonders 2021


Ce simple nom m'évoque les 7 merveilles du monde (des fragments ici?). Je me souviens de les voir réunies sur la pochette de 'Empires in the Sun' des belges Thorium dans un style musical assez proche mais Wonders ne vient pas du plat pays.
Tiens? Au chant Marco Pastorino de Cristiano Filippini's Flames Of Heaven (que j'avais chroniqué en 2020) et ex. Temperance; ce n'est pas le seul, Luca Negro, à la basse, l'a suivi.
Ah? Bob Katsionis au clavier... Bob... l'éponge du métal; on ne compte plus ses multiples participations à des projets : Firewind, Revolution Renaissance (Tomi Tolki ex.Stratovarius), Serious Black, Septic Flesh, Outloud, Warrior Path... n'en jetez plus!
Les frères Lunesu, Pietro Paolo (guitare) et Giorgio (batterie) complètent le line-up plutôt italien donc, à part le super mercenaire grec. Le métal est une grande famille!
Ces 3 derniers musiciens amorcent le projet dans Even Flow en 2020 avant d'aboutir à Wonders.

Quelle pochette utopique! Il faut privilégier l'édition vinyle. L'écorce terrestre d'ocres se brise et se soulève dans la poussière sous la poussée d'une sphère bleutée semblant contenir une ville.
3 personnages observent le phénomène sans inquiétude apparente. On dirait que le ciel, bleu profond et agité, opère une attraction.
'WONDERS' s'écrit dans une police argentée moderne et sophistiquée. Le nom des 3 créateurs du groupe se positionne juste au dessus et le titre dans la partie basse du dessin.
Félicitations à son concepteur Gustavo Sazes (Angra, Amaranthe, Arch Enemy, Serenity... Firewind! Ben oui, la famille).

Question esthétisme, on casera l'objet proche de Stratovarius pour la vitesse de l'éclair et le design, Rhapsody pour le feu, Malsteen pour la virtuosité et et Rainbow (75-78) pour les racines.
On les éloignera de Beast in Black, parfois cité, mais aux compositions plus commerciales.


'Good and bad', on pourrait garder uniquement la 1ère proposition. Le power metal brille dans toute sa splendeur. Les zébrures de gratte, incisives, rappellent Stratovarius et Rhapsody à d'autres moments.
La mélodie, brillamment portée par Marco, s'accroche facilement aux parois des tympans. La basse soutient l'allure et renforce l'impression de puissance.
Un passage 'Devil Djent" nappé d'un clavier virtuose vient mettre l'ensemble au goût du jour dans un décor de théâtre onirique.

L'air de 'Pretender' frappe d'entrée par sa fluidité, on sait de quelle famille fait partie Wonders. Le petit passage quasi a capella, sur piano, n'y change rien, l'euphorie prédomine.
On focalise sur l'équilibre entre les instruments, tous audibles (cette guitare laser!) et jouant magnifiquement ensemble.
Le final, travaillé, enchaîne un riff gratté en mur de béton (spécial headbangers), un arpège en duo délicat puis l'orchestre au complet pour conclure.

L'entame de 'Losing the Dream', adaptée aux futurs live, se fait comme une présentation des instruments un par un :  basse métallique (qui en jette), batterie agrémentée d'une frappe sur une cloche puis riff de guitare où l'on ressent le palm-mute et enfin le clavier magmatique se superpose au riff.
Une 2è guitare épaissit le trait. La voix vient porter la mélodie pleine d'entrain. Elle donne clairement, peut monter dans les octaves, et produire un peu de grain.
Le morceau, émoustillant, possède une partie majoritairement instrumentale superbement maîtrisée.

Le riff tranchant et la double-pédale caractérisent le démarrage de 'Beyond Redemption' qui fait trembler le sol. L'arrangement alterne ce tempo de ouf avec des passages à voix suave et choeurs angéliques qui se la coulent douce.
Marco se faufile aussi à l'aise dans les notes basses que dans ses feulements lyriques. Le clavier continue de se frayer son chemin flamboyant dès qu'il trouve l'ouverture.

'Freedom' offre une orientation plus symphonique et moins rapide. Les guitares gratouillent et caressent sans agression. Le clavier parsème la mélodie de lignes obsédantes.
Ces 2 instruments interviennent au top de leur complicité. Le refrain, simple et direct, accroche facilement mais je préfère les petites secousses, saccades et dérapages brefs et totalement contrôlés des couplets.

Changement de tons sur 'Where The Sun Doesn’t Shine', cette espèce de ballade (au rythme pesant au début) se fait bouger, régulièrement, par un clavier/piano et la double pédale tueuse.
Cette rupture bienvenue procure un instant de répit surtout lorsque le duo guitare/piano fait les yeux doux. Le solo de gratte, éclatant, reste sobre, malgré tout. Les choeurs discrets agissent en jolis ornements.

Superbe prélude au clavier pour 'Indigo World'. La guitare ne s'en laisse pas compter et dégaine une ligne cristalline.
La plage combine moments techniques somptueux, notamment le bref solo de 6 cordes, et refrain beaucoup plus feutré.

Bien que courte, chaque intro demeure particulièrement travaillée, en voici une nouvelle démonstration en entrelacement piano/guitare sur 'Sacrifice'. Le riff reprend ensuite la main, façon prog-métal avec claviers.
On sent à peine le poids de l'instrumentation tellement elle forme un bloc articulé parfaitement huilé, impressionnant de virtuosité comme le solo de claviers suivi d'un passage très technique à la Dream Theatre.

'Miracle of life' fait croire à une pause sur un plan rythmique plus lourd et des vocaux crooner en préambule puis tout s'emballe. Lorsque Marco escalade ses cordes vocales, on pense à Lou Gramm chez Foreigner.
Au final, ses vocalises viennent lécher les harmonies et donner du brillant à la mélodie qui n'en demandait pas tant.

Le groupe offre une lyric video pour 'Fragments of wonders'. Les textes (pas transcendants mais faciles à apprendre) parlent de voyage seul dans le froid, imagé par de jolis paysages de montagne.
Autant les paroles jouent la simplicité autant la composition musicale recherche progression, ruptures, dénivelé dans les tons. Le son précis n'oublie pas de faire entendre les cymbales.
Guitare, synthés à sonorités de violons, en liminaire, nous câline avant un souffle épique aux arrangements grisants.


On sort de cette écoute tellement ébouriffé que je m'éponge le front et finalement je jette l'éponge (pour ceux qui n'auraient pas suivi la ptite blague du début) alors que Bob (l'éponge) et les Wonders ne semblent même pas transpirer. 
La puissance de l'orchestration, fouillée plutôt que fouillis, révèle une grande richesse qui donne toute son ampleur par un son méticuleux.
L'album jouit d'un équilibre remarquable autant par la durée des morceaux de 4 à 5 minutes que par leur qualité. Les 48 minutes passent très vite!
J'ai un doute sur l'application du slogan 'Wonder ne s'use que si l'on s'en sert'... je pense qu'avec un 's' à la fin, 'Wonders' se recharge au fil des écoutes.
Dans la grande tradition power métal, 'Wonders' c'est wonderful!


Tracklisting:
01. Good & Bad 4:11
02. Pretender 4:20
03. Losing The Dream 5:10
04. Beyond Redemption 4:03
05. Freedom 4:00
06. Where The Sun Doesn’t Shine 5:45
07. Indigo World 4:24
08. Sacrifice 4:14
09. Miracle Of Life 3:18
10. Fragments Of Wonder 4:36
CD only Bonus Track:
11. Empire 4:28
Total Playing Time: 48:3
Produced and mixed by Bob Katsionis
Recorded at Sound Symmetry Studio, Athens, GR
Mastered by Nasos Nomikos at VU Productions, GR
All music and lyrics written by Marco Pastorino & Pietro Paolo Lunesu


mardi 11 janvier 2022

Album- Margo Cilker: « Pohorylle »

 Album- Margo Cilker: « Pohorylle »

 Fluff & Gravy Records

michel

 

Tim Hardin, Meredith Brooks, Pink Martini, Laura Veirs, The Dandy Warhols ou Esperanza Spalding.... point commun?

Ils sont tous originaires d'Oregon, c'est dans cet état que  Margo Cilker ( 28 ans, selon Coachella Valley Weekly),  après avoir traîné sa bosse en Californie, Caroline du Sud, quelques autres States, puis dans le pays basque espagnol  et  à Brighton, a atterri, sans toutefois se lancer dans l'élevage de bétail. Comme Zouk Machine, la jeune personne a la musique ( pas le zouk, ne panique pas) dans la peau et donc embrasse la carrière de singer-songwriter.

Encore gamine, elle monte  The Smith Sisters avec sa soeur, prend des leçons de piano, puis de guitare, fait du garage avec des potes, monte sur scène pendant des Open Mic Nights, tourne au UK avec des musiciens locaux puis revient aux States et se lance comme solo act.

Un premier EP ( Boots and Spain and Boots Again,) paraît, suivi par une poignée d'autres mini-enregistrements, tous audibles sur Bandcamp.

Novembre 2021, un premier full CD,  'Pohorylle' voit le jour.

 

Gerta Pohorylle, dite Gerda Taro, née à Stuttgart, était une photojournaliste connue notamment pour ses reportages sur la guerre d'Espagne. L'oeuvre et la vie de la compagne de Robert Capa ont inspiré Margo , d'où le titre donné au florilège.
 
Tracklist:
01. That River
02. Kevin Johnson
03. Broken Arms In Oregon
04. Flood Plain
05. Tehachapi
06. Barbed Wire (Belly Crawl)
07. Chester’s
08. Brother Taxman Preacher
09. Wine In The World
 
Credits:
Margo Cilker: vocals, acoustic guitar, electric guitar
Sera Cahoone: ( Band of Horses) : producer , drums, vocals
Jenny Conlee (The Decemberists) on piano, organ, mellotron, accordion
Jason Kardong (Sera Cahoone, Son Volt) on pedal steel,
Rebecca Young (Lindsey Fuller, Jesse Sykes) on bass,
Mirabai Peart (Joanna Newsom) on strings,
Kelly Pratt (Beirut) on horns
Sarah Cilker ( her sister): backing vocals
The album’s engineer John Morgan Askew (Neko Case, Laura Gibson) on baritone guitar and electric guitars
 
Cover photo by Matthew W. Kennelly.
Margo dans la pénombre, tête penchée, contemple ses pieds, à l'arrière-plan un paysage flou donne un caractère Jean-François Millet au cliché.
 
Entrée en matière pastorale avec ' That River', une  country waltz pourvue de tout l'attirail nécessaire pour succomber à ses charmes: intro nonchalante à l'acoustique, un piano sémillant et une voix délicieusement traînante. Quand le violon entre en action, c'est avec lui que tu suis les méandres de cette rivière paresseuse; bordée d'arbres ayant adopté un costume automnal, tu apercevras quelques bergers et leur troupeau, et comme, il ne fait pas très chaud, tu imagines de souffler sur tes mains engourdies.
Le country folk ' Kevin Johnson',  joué en mode uptempo,   est doté d'un  touché de piano sautillant  aux allures  typiquement bastringue ( remember ragtime). Le texte, peut-être à prendre au second degré, décrit un Southern guy caractéristique: famille unie,  bon croyant, une vie conforme à ce qu'on attend de lui, une gentille femme, des enfants, on ne le dit pas, mais son doute une Winchester accrochée au mur, car il faut avoir le droit de défendre son bien et son clan.   
A droite et à gauche, on déballe les noms de Lucinda Williams, Gillian Welch, ce n'est pas idiot, Alison Krauss ou  Carlene Carter auraient également pu être mentionnées. 
 ' Broken Arms In Oregon' est-il autobiographique, le titre, où les sous-entendus affluent, dépeint   une jeune femme ayant subi une agression... When a young man closed his hand across her mouth
Now every room she sleeps in
She's gotta map out her escape plan...
Composé comme une ballade élégante, à l'instrumentation mélodieuse, Margo parvient à confondre l'auditeur qui ne s'attendait pas au coup de théâtre qui conduit la chanson vers un final bien plus agité. 
Si on dresse un hitparade des saddest country songs composées en 2021, il y a de fortes possibilités que '  Flood Plain' se hisse dans le top ten .
Tu risques de verser quelques larmes, comme tes aïeuls en ont versé en entendant  Patsy Cline chanté 'I fall to pieces' .
L'acoustique limpide, la voix tremblotante, l'orgue discret, le violon larmoyant et enfin, pour t'achever,  la pedal steel gémissante transforment ' Flood Plain' en élégie déchirante.
Changement de style avec  'Tehachapi' qui présente de sérieux  relents New-Orleans, grâce aux cuivres qui pompent généreusement.
Eh, mec, .... “Will you think of me on your way back to Tehachapi?”...
Il est où,  ce coin?
En Californie, en plein désert, le bâtiment le plus connu du bled est le pénitencier. 
Pour arranger son morceau, Margo s'est appuyée sur ' Willin' ' de Little Feat, un des titres préférés des truckers.
Quand le champ que tu veux traverser est entouré d'un fil barbelé, que fais-tu?
Grimper par-dessus, ramper sous les griffes, te frayer un passage entre deux câbles? 
Avec son copain elle arrive face au ' Barbed Wire' ....You step over it, I go through it... pour amortir les cris éventuels de celui ou de celle qui s'accroche au piège, la pedal steel  plaintive de Jason Kardong rythme la lente mélodie. Le jeu de Sera Cahoone, tout en retenue, permet également aux guitares et à l'orgue de tisser une broderie moins agressive que les picots; devant dissuader les flâneurs ayant dans l'idée de fouler le sol de l'exploitation agricole.
Mais si, Gilbert, la solitude, ça existe, écoute la morne ballade ' Chester's' chantée par Margo. 
La vie sur la route n'est pas toujours rose, le cafard pointe le bout du nez, surtout  lorsque tu te rends compte que ...I’ve made my bed on the side of the road,  seen my good friends get married and then feel alone,  I’ve seen the drunks in a line at Chester’s, I can’t let myself get lonely no more...
Bon, elle n'a pas trente ans, l'époque où les filles  vierges à 25 ans coiffaient Sainte- Catherine est révolue!
Le jus, pur sud, qui habille le texte  renvoie vers Townes Van Zandt, Guy Clark, Gary Stewart  et autres troubadours,  dont les compositions dégagent un spleen dévastateur, reflet des grands espaces américains. 
' Brother Taxman Preacher' montre un côté plus drôle de la singer-songwriter, dont le chant prend des intonations  Dolly Parton dans cet uptempo  emballant.
 Honky tonk piano, acoustique et violon frivoles,  t'invitent à la danse,  que tu sois infâme percepteur, prédicateur qui t'indique who to fuck, ou le frangin qui a réussi!
Pour clôturer cet album qui doit ravir tous les country afficionados, Margo a opté pour une slow waltz introspective ( ' Wine in the world') , elle jette un coup d'oeil sur  ce qu'a été sa vie jusqu'ici, ...  I've had my share of adventures... j'ai perdu des gens de vue... il est l'heure de faire le point... qu'est-ce que je veux, en fait...I wish I had all of the wine in the world ... qui au final se transforme en... I wish I had all of the time in the world...
Elle n'a pas trente ans!
 
« Pohorylle », un album éloquent d'une jeune personne au  potentiel prometteur.




 
 



lundi 10 janvier 2022

Malo chante Brassens à la Médiathèque de Guingamp, le 8 janvier 2022

 Malo chante Brassens à la Médiathèque de Guingamp, le 8 janvier 2022 


michel


Eternel recommencement ....les jauges sont rétablies pour les grands événements, concerts debout interdits, pas de piquette à l'extérieur, tu ne grignotes plus dans la salle de ciné, tu ne t'accoudes plus au comptoir, t'as pas de pass, tu débarrasses le plancher.... résultat des courses, les annulations de concert se multiplient.

Alors quand la possibilité s'offre au bon peuple d'assister à un show ( assis),  gratuit, à la Médiathèque de Guingamp, il se déplace en masse et à 14:58', deux minutes avant la prestation de Malo, l'auditorium est plein à craquer.

Le matin, Jérôme Arnould,  la tête pensante de Malo, avait donné une conférence consacrée à Georges Brassens.

Le sujet, il le connaît jusque dans les moindres détails, il a d'ailleurs consacré une thèse sur les manuscrits du plus illustre natif de Sète.

A 15h, il a sorti l'acoustique de sa housse et est  rejoint par Caroline Lacroix ( violon et chant) et Nicolas Naudet (clarinette, clarinette basse et chant)  pour entamer le programme Malo chante Brassens.

Un CD est sorti en 2016, il succédait à un premier album de Malo sur  lequel l'artiste  ( ex - La Gargote) interprète ses propres compositions.

Comme en 2018, lors du show donné à la Médiathèque de Lamballe, avant l'entame le tour du chant , on nous passe le fameux sketch de Pierre Desproges, qui bien avant la pandémie affirmait....Les chansons de Brassens sont un vaccin contre la connerie, mais il faut pas mal de rappels...,  c'est pas gentil d'associer Tino Rossi à un plat de moules, mais à l'époque on pouvait rire de ( presque) tout.

En 2018, le violon était tenu par Marino Dyonnet, désormais c'est  Caroline Lacroix qui fait gémir, frémir ou voltiger l'instrument préféré de Paganini, qui n'était pas l'inventeur des vignettes de footballeurs.

Feu... sur le Pont des Arts ' Le Vent' est fripon, le public sourit, certains chantonnent, l'archet glisse, la clarinette basse monte dans l'aigu, Jérôme s'accroche, pas question de faire le plongeon dans la Seine.

Bonjour les enfants, certains d'entre vous risquent d'être déçus, on n'a pas prévu de vous chanter du Maître Gims en cette venteuse journée, uniquement du Brassens, on continue avec une histoire d'amoureux qui s'embrassent.

A l'époque pas de masques,  "Les amoureux des bancs publics" se bécotent sans gêne.

Le final klezmer a réjoui Ashkénazes et  amoureux de Goran Bregović .

' Je rejoindrai ma belle' est moins connue mais pas moins poétique.

Georges Brassens a mis en musique ' Philistins' de Jean Richepin, un texte de 1876 qui à l'origine portait le titre “Chanson des cloches de baptême”, extrait du recueil 'La Chanson des Gueux' qui avait valu pas mal de déboires à l'auteur anarchiste.

Le confinement ne nous a guère permis d'évoluer sur scène, on a été de se rabattre sur les écoles et les EHPAD's , du coup certains titres de Tonton Georges sont passés à la trappe: Fernande, La Fille à Cent Sous ou Le Mouton de Panurge  ont fait place au 'Petit Cheval' de Paul Fort.

Caroline, qu'elle est ta préférée?

' La Princesse et le Croque-Notes'.

Brassens avait-il lu Nabokov? 

 Un détournement de mineure non consommé, est-ce répréhensible?

Vous ne pourrez pas valser, la danse est proscrite de nos jours, mais vous pouvez murmurer ' La Marine' avec nous.

Break, faut accorder la guitare avant de penser aux philosophes avec ' Oncle Archibald'.

Jusqu'ici vous avez étés bien sages il est temps de faire appel à la chorale de Guingamp, le refrain de la suivante est pour elle.

C'est pas compliqué... aaah putain de toi, aaah  pauvre de moi... pas de panique, les enfants, on ne dira pas à la maîtresse que vous avez proféré des gros mots.

Deux couplets puis une interruption inopportune.... non, non, ça ne va pas, vous êtes mous, mettez - y de l'entrain et du coeur ( bordel)!

Reprise fougueuse et franche rigolade car la morale de l'histoire ne ressemble guère à une fable de Jean de La Fontaine, tu imagines, rien ne vaut une escalope pour attirer dans son lit une véritable salope.

Les fleurs, c'est pour les has been!

Un impromptu jazzy Sidney Bechet meets Stéphanr Grappelli précède le quizz .

Tu reconnais tous les morceaux dont on joue l'intro, tu remportes toute la discographie de Malo.

Trois accords grattés, des titres fusent, non, Louise, ce n'est pas Le Gorille.

Léontine, on a déjà interprété ' Les amoureux des bancs publics'.

Poupée de cire poupée de son, ce n'est pas de Brassens, Jules! 

Certains, plus avertis, ont reconnu ' La chasse au papillon', 'J'ai rendez-vous avec vous'  ou ' Les copains d'abord'  avant que Malo ne fasse une infidélité au poète   pour placer ' Demain sera bien' un titre signé Jérôme Arnould.

Retour au répertoire du poète dont on  a fêté les 100 ans en 2021, ' Si le bon Dieu l'avait voulu' et ' Les oiseaux de passage', un second  texte de  Jean Richepin.

Le rebelle et l'anarchiste émeut, le violon, lyrique, s'envole,  la clarinette part en goguette, mais l'heure de la fin est proche.

Il manquait 'Chanson pour l'Auvergnat' , le texte humaniste clôture un concert apprécié par tous.

Un bis?

' La complainte des filles de joie'  car Georges avait un faible pour celles qui arpentent le trottoir, celles qui vendent de l'amour,  comme le chantait Germaine Lix.


Malo sera le 17 janvier à Loudéac.