samedi 4 septembre 2010

Damansa à l'Hôtel Vintage, Bruxelles, le 3 septembre 2010

Le Vintage Hotel, rue Dejoncker, à 2 pas de la Place Stéphanie.
The hotel has a 24-hour boutique wine bar and a spacious courtyard where you can enjoy the sun.
Atmosphère sixties Jacques Tati...

Tu nous la refais guide touristique?
Pas du tout, mon toutou, c'est dans le lounge bar de cet aimable établissement que doit se produire Damansa, en formation soft.

Damansa
C'est du folk/soul/rock bruxellois composé de six éléments.
Ce soir ils travailleront en trio semi-acoustique: la pétillante et volubile Maya Safar au chant (active chez Seven on a Dice ou Safeby, un trip hop collective spécialisé en protection des coffre-forts, ou, également, voix chez Dan-T e.a.)- Sebastien Monballiu à la basse et Frédéric Neiman, le compositeur, à l'acoustique.
En avril 2010, Damansa sortait une démo 13 titres et ce soir, avec l'aide de Fred Cerise à la table, ils vont interpréter un large échantillon de leurs oeuvres, devant un public composé, essentiellement, d'amis ou de parents.

20:45' c'est parti.
Oops, une acoustique catastrophique, le Fred avait pourtant tout réglé avant d'assister au showcase de Landfill.
Mama mia, une guitare en avant-plan, une voix à peine audible, une basse ronron, et un son étouffé.
Après coup, on apprendra que maître Florin, après manipulations peu heureuses, a introduit un câble dans une entrée inadéquate.
Une impédance impudente: une histoire d'hommes, ou d'homes, ou d' Ω·m, n'ai rien compris!
Bref , 'A new day' en version sabotée.
Dommage, cet acoustic groove, tendance nu-soul, pouvait enchanter nos pavillons.
Séance bricolage, et la souriante butineuse nous annonce 'I mean hell', dédié à Johnny Cash.
L'Enfer, c'est les autres... pense Fred Cerise, en tripotant sa mini-table.
'Is it an answer' sonne comme du Tracy Chapman folk, nourri au Meli.
J'ai également écrit en langue d'oïl, dévoile Miss Safar, la suivante se nomme ' La déraison' et se rapproche du monde de Pauline Croze.
'Je m'emporte' une confession féminine, décorée de touches romantiques.
C'est bien foutu.
'Breathe & Forget' un petit côté r'n'b lisse et propre. C'est joli, mais ça manque de tripes.
'Sober': pense-t-elle à Steven, qui n'a pas encore atteint un état éthylique prononcé?
Ce 'Sober' est plus nerveux, Maya prenant des intonations PJ Harvey.
'My fear of the dark' les angoisses d'une petite fille.
'Stuck in a race' India.Arie pour la neo-soul, ou Colbie Caillat pour le folk/pop.
Présentation des artificiers et deux dernières salves 'Had you there' et ' Not a Savior' , down-tempi implorants.

Copains, cousins, soeurs, pépés.... ravis.
On pleurniche, un bis s v p ...
Il est 22h, les touristes de passage( pendant tout le set ils sont passés entre la basse et la chanteuse pour prendre l'air ou regagner leur chambre) ont droit à une nuit calme, mais bon vous avez été si gentils que je vous emballe un extrait de 'Summertime' a capella.
Sebastien a trouvé une basse acoustique chez Madame Pipi, Frédéric se débarrasse du câble et le trio nous refait une version dépouillée, mais pas dénuée d'intérêt, de 'A New Day'.

Van Buyten vient de faire sa classique floche, la Belgique entame l'Euro par une défaite!

Landfill en showcase à la FNAC Toison d'Or à Ixelles, le 3 septembre 2010

Depuis le 7 mai 2010, la chaîne de distribution a ouvert une nouvelle succursale à la Porte de Namur et pour ce premier showcase, elle a invité le groupe de Grimbergen/Nieuwenrode: Landfill!

Le cadre est accueillant, le forum cosy, rien à voir avec le va-et-vient de City 2, et, en prime, tu as droit à quelques zakouskis pas dégueu et à un verre de pinard de chez Nelson Mandela.
Qui se plaint?

19:00 Landfill
Une décharge dirigée par 5 actionnaires: Maarten Michils, la pile électrique, au chant- Steven Van Gelder aux drums (Rainbow Sextet, De Modern Bop Society...) - Guus De Geyndt aux claviers, laptop et backing vc.- Nils Godddeeris aux guitares (Willow) et en principe PJ Seaux à la basse (Egon, Mojostar...). La PJ tourne,actuellement, avec Selah Sue et sera remplacé par Laurens Smet (Pensa Quartet, Metafour...).

'Ends' bizarre pour commencer un gig!
De l'indierock, tendance Britpop, soigné et catchy.
Un timbre vocal qui t'interpelle, de petites touches de claviers superbes et une assise rythmique solide.
Les critiques citent Muse!
Si on veut, mais sans le côté pompier et grandiloquent.
'Kite' un cerf-volant mélodieux, volant dans la stratosphère The Verve.
A la Fnac le groupe doit se contenir, mais à voir l'énergie déployée par Maarten,ce ket tape des mains sur tout ce qui se trouve à ses côtés, il est évident que sur scène Landfill doit se lâcher.
'Tug-O-War' encore un titre que tu peux entendre sur leur CD (titelloos) sorti en mars 2010 et produit par Bart Delacourt, bassiste chez Monza et responsable production de leur CD 'Attica'.
Leur nouveau single: 'Low' , entamé par quelques riffs de guitare sur lyrics narratifs. Lorsque les potes plongent dans le bassin , le titre prend de l'ampleur et c'est pas low que tu te sens, c'est même dur de rester sagement assis sur ton siège, ce truc t'invite à une petite gymnastique athlétique et bénéfique pour ta santé osseuse.
'Antidote' un hit potentiel, avec piano sixties et sexy vocals.
'Gentlemen' aussi attractif qu'un hit de Coldplay.
Le prophétique 'Moses' mettra fin à ce mini-concert emballant.
Brussel, jullie mogen met de zoon van Amram meezingen.
On ne s'en privera pas!
Moïse avait un bâton pour séparer les eaux du Jourdain, Maarten n'a rien sous la main, il quitte la position assise pour matraquer sauvagement son tabouret et nous inviter à le suivre dans sa traversée du fleuve sacré .
Moses, we will follow you!

Le 8 novembre, Landfill jouera au Roskam dans le cadre des Stoemp concerten!

mercredi 1 septembre 2010

Colin Moore à La Porte Noire, Bruxelles, le 31 août 2010

La Porte Noire or the Black Door, rue des Alexiens , home of the Brussels Folk Club ( Allan Taylor, le 7 novembre) accueille, en collaboration avec les Soirées Cerises, en cet ultime jour des vacances, le canadien Colin Moore.
L'endroit est chaud, enfumé et bruyant. Une cave voûtée, autrefois cuisine du couvent des Alexiens.
Sais pas si les glacières cachent encore quelques dépouilles de pestiférés indigents, mais au bar on te sert, quand le préposé a le temps, de la Stouterik , de la Grisette, de la Bärbar et autres breuvages fermentés.

Colin Moore

auteur-compositeur ( singer/songwriter si tu préfères) de Montréal, n'aimant pas le poisson, ni les marais.
Si en 2010 tu peux le classer dans le rayon folk, il a débuté dans diverses formations punk: Suburban Trash ou Road Bones.
Il a sorti, il y a peu, l'album ' Leaving Home' et tourne actuellement en Allemagne. Un trou dans le calendrier et, en dernière minute, Fred Cerise lui trouve un gig à Bruxelles.

21h15'
ils sont deux à s'enfoncer au plus profond de la caverne: Colin, une acoustique, un mouth harp et un timbre plus rocailleux que l' île de la Désirade, balayée par des vents hostiles et un gars maniant aussi bien l'acoustique, que l'électrique: son pote, Ryan Battistuzzi, qui, de temps en temps, l'aide à pousser la chansonnette.
'Time' une ballade folk écorchée .
Il doit l'avoir entendu des milliers de fois, mais sa voix et son style te ramènent vers le jeune Bob Dylan découvrant l'électricité.
Son petit côté Rebel Without a Cause le rendant plus qu' attrayant auprès de la gent féminine, toujours en quête de beaux ténébreux virils et romantiques.
Le hic, c'est le public, 85% des attablés se trouvent dans ce bouis-bouis pour boire un coup et le discuter, s'en suit une détestable cacophonie.
Les musiciens augmentant le volume et les causeurs de brailler de plus belle et pas en braille: ze big bordel!
'Falls Apart' même veine folk/acoustic rock (Cf. Dave Matthews Band, Ryan Adams , John Mellencamp ou Tom Petty...)
... got myself to the top of this mountain but I'm still looking for my dreams... le mec se cherche encore.
Un singalong, style morceaux acoustiques de Bon Jovi ou de Live: 'Had it all'.
'Twenty Years' toujours cet americana porté par la raspy voice de Colin.
C'est bien foutu, me glisse Fabrice, ce duo mérite mieux que ce public de beuglards déshydratés.
'Dusty Cadillac' du country folk chantant les jeunes filles de 17 ans... she was always on my mind... Les nanas, les bagnoles, les bars, la solitude... ok, t'oublies les thèmes novateurs mais aucun critique n'a jamais accusé Springsteen de vacuité intellectuelle.
'Forget You' rawk'n raule efficace et énergique.
'Not the same' aux exhalaisons country Jagger/Richards.
Une cover du groupe Lucero (from Tennessee), le bluesy 'Slow Dancing', décoré de lignes de guitare sublimes.
Fin du premier set, on déplore encore les conditions pénibles d'écoute.

Colin et Ryan reprennent en balançant 'Red Heads' et, c'est pas croyable, le vacarme s'est encore amplifié.
Johnny Cash 'Ring of Fire' , mais dans la dirty et speedée version de Social Distortion.
'Friends of Mine' et il les retrouve où, ses potes?
....down at the local bar, natürlich!
'Disease' la nausée, trop de Budweiser?
Solution: drink away, t'es pas le seul à avoir des problèmes existentiels, drink away your disease!
Les femmes peuvent pas comprendre ce traitement.
Les Traveling Wilburys:' Poor House'.
'Leaving Home', donnant son nom à l'album, sera suivi du country rock vicieux et amphétaminé ' 3 Fat Pills'.
A rock ballad, plus Tom Petty que nature et décorée d'une slide crasseuse et un dernier titre nouveau testament pour clôturer le gig, une 'Bible Song' aux relents Southern rock prononcés ne te donnant qu'une envie: revoir Colin Moore dans une vraie salle de concert, avec une assistance qui la boucle et écoute!

dimanche 29 août 2010

Diego's Umbrella : Août en Eclats 2010 à Soignies,le 28 août 2010

Dernier samedi des vacances, sixième édition du mini-festival pluridisciplinaire 'Août en Eclats' dans le centre historique de la cynique Soignies.
Une grosse kermesse familiale où les gosiers wallons s'emplissent de houblon aux sons de musiques diverses, proposées sur trois podiums, à peine distants de 30 mètres .
Ambiance bon enfant, pas de pluie (c'est déjà ça, n'est-ce-pas, Alain), une multitude de buvettes et d'échoppes pour se sustenter... les sonégiens aiment faire la fête et ne s'en privent pas (on te rappelle qu'une des stars locales, J J Lionel, est l'interprète de l'immortelle et intellectuelle 'Danse des canards', l'air préféré de Michel Daerden).

Avec JP, on décide de pas s'amener trop tôt, histoire de pas être mort-bourrés à 15h, c'est donc vers 19h qu'on atterrit au coeur de la ville sur la Senne.

Diego's Umbrella

19h35', sur la Place Verte.
Un sextet de joyeux californiens (San Francisco), faisant partie de l'écurie Boogietown, pratiquant un genre nouveau: le 'Mexicali Gypsy Pirate Polka' sentant la Tequila, la Zubrowka, la Szevanska ou le Dr Pepper... un mix vachement épicé.
T'as Vaughn Lindstrom (acoustic guitar,trombone, vocals, lead songwriter)-Tyson Maulhardt (electric guitar,vocals) - Kevin Blair (bass)- Jason Kleinberg(violin, vocals) -Jake Wood (drums, percussion) et la folle du village: Benjamin Leon (lead vocals, electric guitar, percussion).
Ce pépin S pas de D F a sorti trois albums, le dernier répondant au titre de 'Double Panther'.
On démarre à 5 sur un semblant de cumbia exotique 'Doppleganger' (sur Viva la Juerga-2008), un sifflet cajoleur et arrivée du fiddler.
Changement de cap, la sensuelle danse latino vire méchant gypsy/punk/ ska aux couleurs Gogol Bordello.
Les locaux, déjà imbibés à un degré capable de faire éclater l'éthylomètre, attaquent une danse de Sioux en faisant gicler leur blonde: folklore.
T'as vu, me souffle JP , ces tarés collent un nouveau-né à 15 cm d'un baffle diffusant des sons d'une intensité acoustique proche du doux ronflement du bolide de Kimi Raikkonen.
T'es à Soignies, mec, on soigne les bébés ainsi, par ici!
Un, deux, trois, quatre...en français dans le texte: ' Beastslayer of Valenar II' du gypsy/ ska abattoir qui prend un virage valse de Strauss avant un passage Oberbayern.
Ces comiques doivent se nourrir aux champignons multicolores, mais leur mix est diantrement entraînant.
Benjamin se saisit du micro:il s'époumone 'Joyeux Noël , Joyeux Noël, bonnes gens ...' that's all the French I know... c'est parti pour un track du dernier enregistrement 'Lasers 'n Lesbians', un truc complètement givré.
Du oumpapa mariachi sur fond bateliers de la Volga: ' Khosid Wedding Dance'.
C'est sûr, ces gars ont côtoyé le Dr Mabuse, interné chez le professeur Baum.
Qui les a relâchés?
Soignies s'en fout et danse le Kasatchok.
'Drinking in Spanish' pas besoin de traduction, sur scène c'est un grand Barnum.
La fiesta continue, une intro guerrière drums et percussions, ça va faire mal : 'Thrash Mexican Budapest' les Carpathes , la Jamaïque, le Yucatan, et Dick Dale... tout dans le shaker, tu secoues et t'avales!
La rumba festive 'Kings of Vibration' au violon charmeur de crotales .
Irrésistible!
Un line dance à la polonaise, avec break Gilles de Binche ( pour le Hainaut): 'Richarson'!
Une démonstration guitar hero du petit blond pour amorcer 'Strange Torpedo' , on ramasse un trombone en coulisse et c'est parti pour un nouveau tour de manège... take my hand... on y va gaiement.
La dernière, faut respecter le timing, le klezmer 'Hava Nagila' en version punky sautillante.
La place Verte décolle haut, le violon plonge bas pour nous rejoindre avant d'enjamber le cheval de bronze trônant au milieu du cercle.
Rodeo time, adrénaline et fureur , rien ne peut arrêter ces cowboys fous!

Diego's Umbrella se produit au Bar du Matin le 9 septembre.
Lucky Luke y sera!

samedi 28 août 2010

HUMb au Bar du Matin à Forest, le 26 août 2010

Météo sanglots longs des violons de l'automne, propice à la langueur et à l'absorption de tisanes, en cette fin août.
Le plan Feeërieën est enterré, ton ancêtre motorisé te dépose place Albert, au Bar du Matin!

HUMb

doit te rendre le sourire.
Humb, wat es da? J'ai lu sur Google:
To cause a girl to have an orgasm through quick penetrations...
Tu vires sexologue?
HUMb, avec quelques hoofdletters, nous vient de la région anversoise et pratique de la soul teintée de funk, hip-hop et acid jazz.
Normalement sont 10, hier, mes doigts en comptèrent 9.
Les brothers Van Leuven , Pieter aux drums et Thomas à la guitare- Hans tripote des platines - t'aurais dû avoir Jan Willems aux keys, il est remplacé par Jeroen Van Esbroeck - un autre remplaçant à la basse, Steven Van Loy, au lieu de Stijn Possemiers- on n'a pas vu la famille Doms aux cuivres, mais y avait un percussionniste pas annoncé - les virevoltant MC's se nomment Kevin et Rik , la touche vocale au chant charmant est assurée par Oljana Weyler.

Les 5 musiciens et le DJ envoient une intro groovy et scratchy, ça va être chaud ce soir!
Les micros sont saisis et ils attaquent le hip hop 'Home Comin' qui amorce leur CD 'Wet Sponge in a Dirty Box'.
Yeah, Yeah...
Basse ronflante, du rythme , du groove, des MC's agressifs, pas question de rester assis ce soir.
'The Fort' un acid jazz bandant , avec lignes de guitare saturées, à la Brand New Heavies, James Taylor Quartet, Corduroy, Guru ou Arrested Development....
'Gently down the stream' laisse-toi glisser et suis le courant, baby... Oljana susurre: we got the soulshine, we got the soulshine..., ça y est, suis amoureux !
'95 beats' in my head... une guitare qui chatouille, un piano qui swingue, Rik et Kevin t'invitant à la danse, la voix chaude et sexy d' Oljana fait le reste...please, baby take me home, tonight... Je vide ma pintje et on s'en va, baby!
Quelques critiques du nord les comparent à Wizards of Ooze , ils n'ont pas tort, un groove infernal.
'Coolcat': George Clinton, Parliaments, Funkadelic et une wah wah Johnny Guitar Watson.... les minettes du bar se déhanchent en mesure.
Pause pour les coolcats , les copains s'éclatent. Revoilà les matous et la catwoman, c'est reparti pour un tour, tous dans la gouttière.
Cool, baby, cool!
'They don't know' Oljana en vedette, un mellow tune aussi sexy que les plages chantées par Caron Wheeler pour Soul II Soul.
'Talk to me' elle fait tout pour nous exciter la belle enfant...do you want my number.... Thomas décore ce smooth jazz de riffs de guitare latino, pendant que la basse pulse un max.
Sont une bonne vingtaine à se trémousser sur la piste.
Une cover sublime de Spearhead ' People in the middle' , suivie de 'HUMB song' qui groove à mort.
Sont très noirs ces petits blancs, voisins du Dikke Bart à Mortsel, le chantre de No Value Added, à moins que ce soit de Niet Voor Apen, suis pas doué pour les acronymes.
Une intro Santana pour 'Fly with the funk' qu'ils nomment également 'Bootsy' et un virage funk lourd... shake your booty, Bootsy!
Grosse ambiance et dernière rafale ' Mon(k)ey Business' pour Tarzan et famille.

Un double bis pour les go-go dancers :
Une nouvelle version spongieuse et moite de 'Talk to me' et un 'Bootsy' bien greasy .

Keep it funky, baby!
On va suivre ce conseil, petit!

vendredi 27 août 2010

Eric Burdon & the Animals + Ganashake au Centre Culturel René Magritte à Lessines, le 25 août 2010

Initialement prévu sous chapiteau, le concert est déplacé au CC en dernière minute.
La salle de gym sera rapidement transformée en sauna, tout bénéfice pour les pompes à bière tournant à plein régime.

20:05' tu attends ton sésame ouvre toi aux caisses d'où tu peux entendre les premières salves bluesrock de

Ganashake

Ce jeune blues/roots trio de Erps-Kwerps, fondé en 2009, est le nouvel espoir du blues belge.
Ils furent à l'affiche de nos plus grands festivals : Peer en 2009 et 2010, Gentse Feesten, Gevarenwinkel... , leur EP a été produit par JM Aerts et, ils sont aussi populaires au nord et au sud du sillon Sambre et Meuse.
Jess Jacob (zang/gitaar) -Sander Goethals (bas) -Bert Minnaert (drums) n'ont pas attrapé un dikkenek et se donnent à fond à chaque gig.
Leur mix de shuffle, swing, rock, funk, slowblues fait mouche à tous les coups. Le public, plus tout jeune( des rescapés des sixties), ne s'y est pas trompé et n'a pas ménagé ses applaudissements.
'Strings & Things' hyper funky -'Cherry red lips' - ' Special sauce'.... du bluesrock aussi sanglant que celui de Rory Gallagher, tu retrouves l'énergie de Taste ou du Cream dans leur power blues.
Un 'If you believe' vigoureux, Bert a décidé qu'une séance striptease s'imposait et se débarrasse de son T-shirt pour marteler caisses et cymbales.
Jess se tape un joli numéro de slide et de vibrato pendant un instrumental crapuleux.
Terrible version du 'Ain't nobody's business ' de Freddie King, Magritte en perd sa pipe.
Un Hound Dog Taylor, 'Gimme back my wig', le blues préféré d' Helmut Lotti.
Et le trio termine par 'Graveyard Shuffle', avant d'enterrer le matos.

Ganashake, des fossoyeurs compétents, corpses are gonna shake in their graves!

Longue pause avant: Eric Burdon & the Animals.

Les discussions vont bon train: qui sont ces Animals, dans quel état sera Eric, et la setlist?
Sentiments divers: craintes et espoirs fous se frôlent.

21h30' l'organisateur annonce: pas de photos sauf pour les pros munis du bracelet et uniquement pendant les trois premiers titres.
Arrivée du band , tu peux voir le bedonnant Burdon en coulisses, armé d'une tasse de thé.
Une jeune dame doit le guider sur scène, sa démarche est hésitante.
Bordel, c'est pas possible, on l'a sorti de la maison de repos.
Ivan Nervous Shakes, Catherine la Grande, Luc Toogenblik ...on se regarde, on a du mal à ne pas s'étrangler.
Eric s'empare du micro ...
The rooms were so much colder then.
My father was a soldier then.
And times were very hard.
When I was young....
Un titre qui prend tout son sens quand tu sais que cette légende se tape 69 printemps.
Encore un peu hésitant, mais petit à petit la voix s'impose et, musicalement, il a pas choisi des clowns!
Le fantastique Red Young aux keyboards (dont un Hammond royal) , ce crack a joué avec Sonny & Cher, Freddy Fender, Willie Nelson, Noël Redding, Linda Ronstadt, Dolly Parton.... il nous a fait pisser dans notre froc avec ses interventions géniales, salaud!- Brannen Temple aux drums - à la basse, un autre glorieux vétéran, au palmarès éloquent: Terry Wilson. Ce gars a accompagné Paul Kossoff ou Townes Van Zandt - Billy Watts, des Mojo Monkeys, à la guitare .

Gros hit des Animals, en 1966:' Don't bring me down', ça y est, le thé a agi bénéfiquement sur les cordes vocales du boxeur, tu retrouves toute la puissance du shouter de Newcastle.
Et le show va devenir immense!
'Don't let me be misunderstood', j'en tremble encore.
Peux juste vous dire: bonswar et meuci bôcouuu... en français, the only language I know is broken English, I like things that are broken et il nous balance un 'San Franciscan Nights' stupéfiant.
'Red Cross Store'(Mississippi Fred McDowell), un titre récent (2006) gravé sur 'Soul of a man', magical organ et slide des bayous.
De la bombe, ce truc!
'I don't want to be a soldier ' John Lennon...mama, I don't wanna die..veux pas être avocat, non plus, veux pas mentir...ni curé, mama.... une version plus noire que noire.
Une longue et juteuse intro à l'Hammond B-3 pour le 'Believe to my soul' de Ray Charles.
Du rhythm'n blues purulent, le thermomètre de René indique 59°C et pourtant tu trembles, ton dos est parcouru de frissons.
Ce vieillard, à l'allure de bonhomme Michelin, a la salle à ses pieds.
'Boom boom' ...I'm gonna shoot you right down...mais on est déjà tous morts, mec!
Quand Burdon a le bourdon il rocke vachement sec.
Le délire avec l'enragé 'It's my life', and I'll do what I want.... les mods sont pas contents, ils le gueulent haut et fort.
Du blues: Memphis Slim 'Mother Earth', à nouveau un tout grand numéro de Red Young.
Il tue, ce gars.
I just love Tina Turner, nous aussi, petit, nous aussi: un démentiel 'River Deep, Mountain High' .
Espiègle, tonton Eric, nous pique une crise Freddie Mercury et pousse une pointe cantatrice obèse.
Fabuleux showman.
Une acoustique, on la sent venir celle-là: 'House of the rising sun'.
La version ultime, elle écrase les 153789 autres.
75' de bonheur intense.

Toute la salle, jeunes, quadragénaires, troisième âge, grabataires et mourants, en ébullition.
S'en vont en nous laissant le black aux drums, qui attaque un petit solo presque jazzy sous nos applaudissements nourris.
Une à une les bêtes rappliquent et s'attaquent à un white soul funky, en attendant le bon vouloir du patron.
Il s'amène, en douce, en sirotant un pinard, clameur gigantesque!
'We gotta get out of this place', le CC tremble aux sons de cet hymne révolutionnaire, gueulé par 500 voix furieuses.
De la dynamite. Malin comme un singe, le chef des animaux y introduit le 'Why can't we live together' de Timmy Thomas pour reprendre l'icône des sixties...faut qu'on se tire d'ici, baby, there's a better life for me and you....

Quel mec, quel concert!

mercredi 25 août 2010

Amatorski- DAAU aux Feeërieën (Warande Park)- Bruxelles, le 24 août 2010

Feeërieën:Nightfall will bring a magical and quite unique atmosphere to the royal park in Brussels....titrent les brochures pour attirer touristes et malandrins, ça pique dans le parc, et pas que les moustiques!

20h30' Amatorski
Inne( vocals, guitar, piano, programming)- Sebastiaan( guitar, lptop) - Hilke (double bass, synthsbass) et Christophe n'arrêtent pas de tourner depuis qu'ils furent n°1 à de Afrekening (Gentse Feesten, Maanrock, Fonnefeesten, Jolly Joker etc...) .
Leur dreampop mélancolique convenant merveilleusement au cadre du Parc Royal, un pur ravissement.
Une nouvelle composition entamera le gig: ' My Soldier', une longue intro atmosphérique et, forcément, ton cerveau te souffle Sigur Ros.
La mélodie est étrange, entêtante mêlant des éléments ambient et trip hop, la voix grêle d'Inne t'emportant au loin, vers de glaciales contrées nordiques.
Beau!
Des guests en piste: un sax quartet pour gonfler le son des Gantois.
'Our song' solennité sacrale sur background de beats bristoliens et vocaux gothiques.
Etonnant.
Le downtempo 'Same stars we shared', titre du EP, sold-out depuis des semaines.
'22 Februar' au piano d'obédience classique, une lente valse electro naviguant dans les eaux Ruby/ Portishead.
Le superbe single 'Come Home' et son atmosphère de bal d'après- guerre.
Un soundtrack idéal pour David Lynch.
Au lieu du quartet de saxes on eut, toutefois, préféré un ensemble de cordes.
Inne y réfléchit.
Bruxelles a le tournis.
'The King' une douce et lente mélopée.
Pour la cover de D Lanois/E Harris, ' Where will I be', Inne se saisit d'une guitare.
Une version soyeuse, empreinte de mélancolie.
'Peaceful' cérémonieux, un titre décrivant parfaitement leur univers sonore.
'8 november' de l'electro introverti, subtil, doucereux et secret , embaumé par le timbre Emiliana Torrini de la réservée enfant.
Amatorski achève le set sur une comptine enfantine chantée d'un voix fluette 'Soundtrack'.

Bruxelles, sous le charme, implore un bis!
'Never Told' d'une délicatesse touchante.
Si tu aimes le mysticisme, l' intimisme et la grâce, sonne chez Amatorski.

DIE ANARCHISTISCHE ABENDUNTERHALTUNG

Devenu DAAU, le quatuor expérimental désormais composé de Simon Lenski(violoncelle) - Roel Van Camp (accordéon) - Han Stubbe (clarinette) et le petit nouveau, Hannes D'Hoine( contrebasse) vient de sortir un huitième album ( The Shepherd's Dream) après un silence de quatre années.
Simon avait rejoint les jolies filles de Laïs, Roel tournait avec Dez Mona ou ajoutait quelques notes d'accordéon sur un album de This Immortal Coil, Han se retrouvait également sur le projet This Mortal Coil ou allait accompagner Auryn sur scène...bref, zétaient pas au chômage.
'A Matter of Time', qui ouvre le rêve du berger, ouvre également le set.
D'emblée, tu pénètres dans une galaxie sombre, aride, inquiétante ... si tu voulais de la gaudriole, du rock bien gras ou de la pop sucrée, t'as intérêt à quitter le parc. Si t'es partant pour une expédition aventureuse, sur base d'instrumentation classique ne reniant pas l'héritage avant-gardiste ou art-rock et menée par des guides improvisateurs , tu réserves tes vacances chez DAAU.
Ce 'Matter of Time' a tout du soundtrack idéal pour thriller psychologique, mention spéciale aux craquements sinistres produits par Simon.
'Into the Wild' ,non, Sean Penn était pas dans le parc!
De la musique de chambre champêtre, presque idyllique pour amorcer cette pièce.
Tu te mets à rêvasser, déguisé en Pan poursuivant l'une ou l'autre nymphette.
Pas pour longtemps, l'accordéon coince et répète, à l'infini, les mêmes accords semblant faux, le violoncelle suit la même voie.
L'aria optimiste se métamorphose en marche funèbre glauque et effrayante.
Inspiré par une piscine 'Girl, swimming' , du folk/classico rock jacuzzi, emmené par un violoncelle capitaine Nemo, ambiance 'La Piscine' featuring Romy Schneider, Alain Delon, Maurice Ronet.
Un drame psychologique.
On vous joue le numéro quatre nous annonce sans rire Mr Lenski.( 'Out of the Woods' ?)
Glissandos austères, accordéon et clarinettes morbides, tu navigues en plein cauchemar.
Une lueur d'espoir, la clarinette prend des accents de hautbois bucolique, proche de Rachmaninov avant d'assister à une méchante contre-attaque amorcée par les cordes et le piano à bretelles.
Ils ont décidé de t'hypnotiser en martelant ton encéphale, de dangereux charlatans.
DAAU est vraiment le buitenbeentje dans le paysage musical belge, bien plus audacieux que Wim Mertens.
Tu pourrais comparer leur musique à certains efforts de Rudy Trouvé, mais leurs travaux font preuve d'une plus grande rigueur.
Chez Rudy s'est souvent inabouti.
'Visions of Arcadia': plus poétique, jovial et aérien, avec certains passages à la 'Tubular Bells'.
Un dernier titre, de leur premier album (1995).
Du classique orientalisant avec cavalcade effrénée de mouniqis à la croupe anguleuse.
A court de souffle, les pur-sang halètent à la recherche d'un hypothétique point d'eau.
La chevauchée devient chaotique, une sirène pathétique donnant le signal de retour à l'écurie.
Et vint le silence!

Applaudissements nourris et un bis mélodieux , proche des scores de Michael Nyman.
DAAU, un groupe fascinant!